Mon cher Romano Prodi,
Je me permets de t'appeller avec ton nom parce je suis
un émilien comme toi, pas d'origine mais d'adoption.
Jfhabite Parme à l'Institut pour les Missions Etrangères
construit par un grand émilien le Bienheureux
Évêque Monseigneur Guido Maria Conforti.
Aujourd'hui cet institut est bien connu avec lfappellation
gMissionaires Xavériens de Parmeh. Cfest
à partir de cette maison que les aiglons ont
toujours pris le vol pour atteindre toutes les parties du monde,
et annoncer le seul évangile de Jésus Christ, fait
dfamour, de justice et de droits humains.
Depuis plusieurs années, avec mes confrères, provenant tous de ce même Institut, je travaille comme missionnaire dans l'est de la République Démocratique du Congo, à la frontière avec la Rwanda, tout en cherchant de construire dans cette très belle région la civilisation de l'amour et de la fraternité. J'ai vécu les conséquences du génocide ruandais avec l'accueil en 1994 de milliers et milliers de réfugiés dans la Province du Sud Kivu, en particulier dans la ville de Bukavu. J'ai vécu les différentes guerres de libération du Congo, appuyés par la complicité ruandaise, jusqu'à sfachever aux tristes actes de mai- juin 2004, lorsque les soldats mutinés du colonel Mutebusi, avec lfappui des forces militaires du Général Nkunda, tous les deux des traits somatiques ruandais, avaient pris la ville de Bukavu, et avaient aussi tenté d'éliminer avec plus une trentaine de tirs de sfouvrir une brèche dans le grand portail de ma Radio Marie Malkia wa Amani (Radio Marie Reine de la Paix),
Je ne sais pas si tu es au courant que la situation de région demeure toujours alarmante et très précaire. Les vents de guerre soufflent insistants et semblent ne pas finir, tout en créant panique et peur au milieu des populations inermes que de 1998 elles ont vues succomber bien 4 millions et demi de leurs frères et sœurs.
Jeudi 27 août 2007, très cher Romain, tu,
avec tes amis radicaux, t'es prêté à un sale
jeu politique. Tu étais présent à la cérémonie
de l'attribution du prix gAbolitionniste pour l'an 2007,
invité par l'association gAucun touches Caïnh
association du parti radical promotrice du prix, et tu même
as délivré le prix au Président Paul Kagame
en affirmant que gil était un geste courageux et de réconciliationh,
gplein d'espoirs.h
Mon cher Romain Prodi, tu as fait mal à y aller, tu devais rester dans ta maison et penser plutôt aux choses plus nécessaires et urgentes de l'Italie, qui de toi attend des réformes concrètes. Je suis pour lfabolition de la peine de mort. Au mois de juin jfavais salué avec joie la décision du gouvernement ruandais. Mais ce qui a été écrit ne correspond pas à la réalité que le peuple ruandais est en train de vivre qui vit dans la peur et terreur quotidiennes.
Ton geste ne trouve pas tout à fait mon approbation, ni celle des missionnaires italiens qui travaillent dans ces zones tourmentées du Kivu et qui ont été témoins dfinnombrables violences perpétrées par des soldats ruandais, en tuant, en volant, en violant, et même, comme on dit un peu de partout, en semant le SIDA.
Ce nfest pas le moment pour te parler de tout le macabre festin que les soldats ruandais ont commis et qui marque nos yeux et nos cœurs, et qui demande une véritable et équitable justice.
Très cher Romain Prodi, je suis fort déçu de toi. Tu nfas pas pensé les conséquences de ton geste. Tu gtfen es foutuh de nous tous et des gens qu'affectueusement nous accompagnons dans cette vaste région des Grands Lacs. Tu as posé plutôt toute ta confiance sur un simple mot du Président Paul Kagame et tu lui as délivré le prix sans te demander beaucoup pourquoi.
Cfest triste ! Pourtant chaque fois que je
me suis rencontré avec quelqufun de la diplomatie
italienne il m'a toujours répété : gnous
savons tout, nous connaissons toutch Non, n'est pas
suffisante une loi de dix articles sur l'abolition de peine de
mortes, pour assainir les immenses blessures encore bien
ouvertes, et pour garantir le respect des Droits Humains et une
équitable administration de la Justice.
Kagame a aboli la peine de morte, mais pourquoi l'a-t-il fait ?
* Cfest sa stratégie pour faire plaisir à l'Occident, en espérant surtout de continuer à percevoir leurs bénéfices et de se montrer bien devant la Communauté internationale qui lui a imposé, comme condition « sine qua non », de terminer les procès en première instance, concernant les accusés de génocide, pour la fin de 2008.
* Kagame veut pouvoir mettre ses avides mains, nettement génocidaires elles-mêmes, sur toute cette masse de ruandais accusés de participation au génocide de 1994 (environ 43.000 personnes) qui vivent à l'étranger et en obtenir ainsi leur extradition pour les pouvoir faire juger par la Justice rwandaise.
* Kagame est un homme très rusée et la loi sur l'abolition de peine de mort au Rwanda cache autres mires politiques. Kagame veut être plus libres de faire et défaire comme il veut, et agir comme un dictateur, pour continuer à tuer, et à partir ce jeudi 27 août 2007 avec le consentement même de l'Italie. Je me sens terriblement lésé et blessé dans mon identité patriotique dfitalien et dans ma conscience chrétienne.
* Au Rwanda, aujourd'hui encore, il y a des gens qui meurent, qu'on fait disparaître, qu'on subordonne à la cruauté des tribunaux populaires des gacaca. Les suicides au Rwanda sont augmentés, et cela à cause de ces « gacaca ».
* Dans les provinces du Sud et du Nord- Kivu en RDC il y a encore une présence, pas indifférente, de militaires ruandais. Des infiltrés passent librement les frontières. Militaires en civil se promènent dans les rues des villes dfUvira, Bukavu et Goma. Un mandat df arrêt international pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité a été émis pour le Général Laurent Nkunda Batware, mais, libre de tout mouvement, continuent à que semer de la peur et de l'insecurité, et prépare avec la complicité de Kigali une IIIe guerre.
* Oui, une nouvelle guerre se prépare. Tous en parlent, tous en connaissent les promoteurs, mais personne n'intervient. La région des Grands Lacs nfintéresse à lfoccident que seulement pour les richesses du sous-sol qui servent à enrichir qui est déjà riche et à construire la gnouvelle Kigalih.
Maintenant que la bêtise a été faite comment pouvoir y remédier ?
Très cher Romain, je ne sais pas si tu as le courage de réparer les torts que tu as fait à tous ces missionnaires italiens de toute la Région des Grands Lacs (il y en a assez), et aux 4 millions et à moitié à des victimes innocentes de la guerre qui de 1998 a sévi les provinces du Kivu, d'Ituri et de Maniema.
Très cher Romain, tu as eu même mon vote pour devenir Président du Gouvernement Italien ; j'avais espéré que quelque chose changerait et qu'on tracerait un nouveau chemin de relations de solidarité avec les pays émergents et en état de guerre. Hier Veltroni, aujourd'hui tu, tous les deux vous avez épousé la cause de la Ruanda.
Le chemin de la réconciliation des ruandais est long et plein d'inconnues. Et alors je vous prie de pousser le gouvernement ruandais à un dialogue inter-ruandais, et l'aider à se questionner et à reconnaître ses erreurs et donner ainsi au peuple ruandais et à toute la communauté de la région des Grands Lacs l'espoir d'un futur de paix et de sérénité.
Je te remercie, Président du Conseil Italien, pour la bonté que tu as eu à me lire et mfécouter. J'ai employé une formule familiale, parce que je crois que gles habits sales doivent être lavés en familleh.
Salutations fraternelles.
Rome, 1er septembre 2007
P. Luigi le Stocco - des Missionnaires Xavériens de Parme


