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16.01.2008

REVUE DE LA PRESSE

 
Revue de la presse congolaise en RDC et dans la Diaspora.
Chaque jour a partir de 14H00 GMT
 

Le Congo à travers les médias

Contact: jpmbelu@congoone.net 
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 La conférence de Goma: Kabila vient de jeter de l'huile sur le feu!

"Les fous de l'Internet" Congolais et leurs alliés doivent avoir lu sur le site d'Africatime que le président congolais est arrivé "incognito" hier (mardi 15 janvier) à Goma. Se confiant à l'agence Reuters, Joseph Kabila a affirmé que "personne ne va inviter Nkunda ici parce qu'il a des problèmes avec la justice". Et selon cette même agance, "le gouvernement a d'ailleurs transmis à Interpol, l'organisation internationale de police, un mandat d'arrêt congolais visant Nkunda". Il se pourrait que ces informations soient démenties par les gouvernants Congolais. Dans le cas contraire, ils vont donner raison aux compatriotes ayant vu dans la conférence de Goma "un cinéma " de mauvais goût.

I. Entendre les revendications du CNDP sans Nkunda?

Tenez. Avant le début de cette conférence, le président de l'Assemblée nationale et l'un des coordinateurs de ladite conférence, Vital Kamerhe, avait dit haut et fort après la débâcle de Mushake: " Nous ne pouvons négocier qu'avec ceux qui ont pris des armes." Mais peut-on négocier avec le CNDP sans Nkunda, lui qui n'a pas honte de dire pourquoi il a pris les armes? En fait, en dehors de Nkunda, une délégation du CNDP est présente à la conférence de Goma. Elle y a formulé 8 revendications dont celle-ci: " Le CNDP apprend par les médias que les mandats d'arrêt auraient été émis contre certains parmi ses Chefs militaires. Elle les déclare sans fondements et demande leur retrait pur et simple. Il exige en outre, la libération sans conditions, de tous les prisonniers politiques et de toutes les personnes détenues illégalement dans des conditions inhumaines et soumises à des traitements cruels et dégradants au simple motif de collaboration et/ou de sympathie envers le CNDP."

A lire l'agence Reuters, c'est encore une fois par les médias que le CNDP va apprendre que l'un de ses Chefs militaires " a des problèmes avec la justice". Comment va-t-il réagir? Cela d'autant plus qu'il a entendu affirmer du haut de la tribune de la conférence de Goma "que les présentes assises n'auraient pas le mandat d'apporter des solutions durables aux questions de fond que se posent au pays, mais qu'elles se contenteraient de faire des propositions aux Institutions de la République qui jugeraient de la nécessité ou non de leur mise en œuvre." Les membres du gouvernement congolais présents aux assises de Goma pourront-ils présenter, en bonne et due forme, à leurs participants, "le mandat d'arrêt congolais visant Nkunda" dont parle l'agence Reuters? 
S'il est vrai qu'un mandat d'arrêt est lancé contre Nkunda, le gouvernement congolais répondrait à l'une des attentes des Maï Maï de Fizi qui, condamnant le fait que ce gouvernement ait toléré la présence de multiples groupes armées dans les zones sensibles de l'Est de la RDC tel que "Laurent Nkundabatware au Nord-Kivu" réclament, dans leurs recommandations, son arrestation afin qu'il réponde de ses actes. La situation de Nkunda est l'une de celles auxquelles le manque de solution inciterait les Maï Maï à ne pas quitter le maquis. Kabila et son gouvernement vont-ils, cette fois-ci, tenir leur parole?

Et pourtant, il semble, à en croire Grands-Lacs Confidentiel, qu'à Goma, dans les coulisses de l'équipe de Laurent Nkundabatware, "avant la réunion (de Goma), une délégation de Laurent Nkundabatware a rencontré en toute discrétion Joseph Kabila avec des revendications. Celui-ci les aurait acceptées. C'est pourquoi, il a convoqué la conférence afin que la population congolaise décide." 
Alors, à quoi jouerait Kabila en soufflant le chaud et le froid? Selon Grands-Lacs Confidentiel, "Joseph Kabila est conscient que s'il signe des accords avec Nkundabatware sans l'approbation de la population, il y aura certainement une insurrection populaire et une guerre qui pourra déborder les calculs des stratèges." D'où l'option qu'il aurait prise de peser "dans la balance pour que soient nommées trois personnalités originaires du grand Kivu: l'Abbé Apollinaire Malu-Malu, Vital Kamerhe et Jean-Luc Kuye Ndondo Wa Mulumera, avec pour mission de convaincre les populations du Nord et du Sud-Kivu de se joindre à l'initiative."

Encore une tactique de diversion? 

Dans ce contexte, il se pourrait que les déclarations médiatiques de Joseph Kabila (non suivies d'actes) soient une énième tactique de diversion. Cela dans la mesure où Nkunda poursuit la mission que le RCD n'a pas pu mener à bon port et pour laquelle Joseph Kabila a été imposé aux Congolais(es): forcer Kinshasa à reconduire les accords de Lemera après "la trahison" de Laurent-Désiré Kabila. Voilà pourquoi, "le Rwanda et l'Ouganda avouent ouvertement leur appui à Nkundabatware. Quelles que soient les conditions, les parrains de Nkundabatware ne sont pas prêts à lâcher leur homme car l'échec de ce dernier au Congo signifie l'échec du Rwanda et de l'Ouganda. Ces deux pays sont déçus: Laurent-Désiré Kabila les a déjoués. Les ententes que le Rwanda et l'Ouganda avaient déjà signées avec les puissances impérialistes (Etats-Unis, Angleterre, Belgique, Allemagne, Afrique du Sud) sont restées lettre morte." (Lire Grands-Lacs Confidentiel du 10 janvier 2008).
Dans ce contexte, sacrifier un pion de l'impérialisme ne poserait pas tellement de problème: les nombreux pions sont interchangeables. 

En effet, les vrais enjeux de Goma sont ailleurs. Les mises en scène de Kabila couvrent le nerf de la guerre: l'accès aux richesses naturelles des Kivu. Gustave Lobunda, rédacteur en chef de l'Agence catholique de presse à Kinshasa estime qu'"avec cette conférence de Goma, les Congolais ont fait leur part du travail. La communauté internationale devrait aussi faire la sienne en mettant d'accord lors d'une conférence internationale toutes les puissances économiques qui veulent exploiter le Congo. Il y a de la place pour tout le monde. Il ne faut plus que les forces extérieures manipulent les minorités. Sinon il n'y aura jamais de paix." (Lire Le Temps.ch du 16 janvier 208).

Or, pour ceux et celles qui savent que, pour la communauté dite internationale, la guerre est une tactique commerciale, croire qu'elle en arrive un jour à couper la branche sur laquelle elle est assise relève de la naïveté pure et simple.

Face aux intérêts "trahis" de la communauté dite internationale, plusieurs scénarios sont envisageables chez nous. Le premier est celui d'un éventuel état d'urgence à décréter après des pillages fabriqués de toutes pièces. Cet état d'urgence neutralisant le Parlement permettrait à l'un des alliés du désordre néolibéral, Joseph Kabila, d'imposer les décisions prises à Goma avec le soutien de ses "zorro de service". (Lire Alerte aux Sénateurs et Parlementaires de la RDC: Kabila veut décréter l'état d'urgence, dans L'œil du patriote du 15 janvier 2008). 
Un autre scénario serait celui de la mise en commun des recommandations du "cinéma" de Goma et de la Conférence Nationale organisée à Kinshasa par la Société Civile Nationale et la mise sur pied d'un comité de suivi chargé de faire pression pour la mise en pratique de ces recommandations par les institutions de la troisième République. 

Ce scénario aurait trop peu de chance d'aboutir dans la mesure où il sera senti par "le raïs", ayant été pris au dépourvu par la Conférence de Kinshasa, comme un défi à sa "toute-puissance imaginaire". Un autre scénario serait que les forces de l'opposition et de la résistance congolaises intègrent les différentes recommandations de ces deux conférences dans les instruments de leur lutte pour la libération du Congo du joug de l'impérialisme capitaliste par les supplétifs interposés. Les deux conférences serviraient à l'approfondissement de l'enjeu congolais, à l'identification de véritables patriotes congolais, à la prise en compte du sens de leur lutte et à l'affûtage "des armes de destruction massive" du nouveau désordre néolibéral mondial.

J.-P. Mbelu

Nkunda dit que Joseph Kabila est son frère. Que peut "le cinéma" de Goma?

Certains compatriotes ayant pris connaissance du message de l'agence MISNA sur "une fausse interview de Laurent Nkunda attribuée à MISNA" n'en croyaient pas leurs yeux en lisant ce 06 janvier le communiqué officiel du CNDP.

Voici ce que dit ce communiqué: "Le Congrès National pour la Défense du Peuple porte à la connaissance de l'opinion tant national qu'internationale la déclaration suivante:

Nous venons de prendre la décision de fermer provisoirement la Radio Bwiza FM émettant sur un territoire sous notre contrôle. Cette décision entre en ...Cliquez >>>

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Rejet de la Conférence de Goma. Creuser au-delà des arguments avancés

01.08.2008 __  La plupart de nos compatriotes du Sud et du Nord-Kivu vivant en dehors de notre pays ont exprimé un avis négatif vis-à-vis de l'organisation et de la participation à la Conférence de Goma du 06 au 14 janvier 2008. Leurs avis négatifs sur cette conférence sont souvent très bien argumentés. L'une ou l'autre communauté a, bien que rejetant cette conférence, indiqué les mesures à adopter pour ceux et celles qui y participeraient en vue d'éviter la politique de la chaise vide. Les évêques de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) n'ont pas souhaité que la Conférence de Goma téléscope  les institutions issues des élections. En effet, les arguments avancés par les uns et les autres permettent de mettre un peu plus de lumière sur des secrets de polichinelle. Néanmoins, il serait salutaire que nous, Congolais(es) puissions continuer de creuser un peu plus en profondeur pour essayer de mieux comprendre ce qui nous arrive en vue des actions concrètes pour un bonheur collectif partagé chez nous. Essayons de passer en revue quelques textes ayant rejeté cette conférence dite de paix.

 

I. Mama Jeanne-Marie Sindani et les autres

 

Pour justifier rejet de "cette conférence de la mort", Mama Jeanne-Marie Sindani évoque la haute trahison du gouvernement de Kinshasa lors de la débâcle de Mushake. En outre, elle note: " Chers compatriotes, savez-vous pourquoi les milices rwandaises ont été mixées dans l'armée congolaise? Savez-vous pourquoi les nations unies sont au Congo? Comprenez-vous pourquoi les milices rwandaises avec Nkundabatware et leurs alliés n'ont pas voulu marcher sur Goma après la haute trahison du gouvernement d'occupation placé à Kinshasa?"

Elle répond elle-même à toutes ces questions en ces termes:" Eh bien, les Rwandais au pouvoir à Kinshasa et le gouvernement rwandais de Kigali veulent faire avaler à l'opinion nationale et internationale que leur occupation ne se fera plus seulement par la violence sauvage mais aussi par la voie des négociations piégées sous pression des puissances extérieures qui devraient apparaître comme "légitimée" par des accords dits "de paix", au travers des documents signés par des Congolais eux-mêmes dans une conférence frauduleuse pour céder leur pays à l'envahisseur rwandais. Et par la même stratégie, la haute trahison du gouvernement congolais sera ainsi couverte par la naïveté des leaders nationaux congolais du Kivu qui devront signer eux-mêmes des accords sous pression et l'achat des consciences par la corruption et la manipulation pour un suicide collectif. " Tel est, pour Mama Jeanne-Marie, "le vrai motif d'une telle conférence, un marché des dupes!" 

Ce texte de Mama Sindani lu et publié sur le site de Congonetradio la veille de l'Année 2008 a l'avantage d'évoquer la question stratégique.

En effet depuis plus d'une dizaine d'années, "un Institut des Grands-Lacs existe (c) et regroupe dans la plus grande discrétion les grands intellectuels tutsis à travers le monde. Dans les milieux tutsis, il s'appelle 'Institut de Havila' et 'rassemble pas moins de sept centres de Recherche, d'Intervention et de Rayonnement, implantés sur presque tous les continents." L'un des grands ténors de l'Institut Havila et Coordonnateur du Centre Gédéon, le capitaine CIRAMUNDA RICHARD-DELVAUX, est chargé de la défense et de la stratégie. "Ce jeune officier est spécialiste en Criminologie et en Etudes de stratégie militaire. Il a obtenu ses diplômes universitaires et militaires à l'Ecole Royale Militaire de Bruxelles et a choisi de mettre ses capacités d'analyse et d'engagement à la disposition de l'Institut Havila (c) (Lire E. KENNES, Mouvement d'extrême droite burundaise: comment pouvons-nous comprendre Havila?, Africa Museum, CEDAF, 2000). Le texte de Mama Sindani pose, en filigrane, la question de la prise en charge de la dimension stratégique de la guerre d'agression imposée à notre pays. Une conférence préparée dans la précipitation par "deux Zorro de service" saura-t-elle envisager l'approfondissement de cette dimension?

Beaucoup de compatriotes du Kivu rejetant "ce marché des dupes" estiment que confondre la vitesse avec la précipitation ne peut qu'être préjudiciable pour notre bonheur collectif.

Ce que Mama Sindani ne dit pas (et qu'elle sait) est que "ce marché des dupes" a un double fondement idéologique non évoqué dans les prises de positions sur la Conférence de Goma. Nous y reviendrons.

Pour sa part, la communauté Bembe de la diaspora justifie sont rejet de la Conférence de Goma comme suit: " Le pouvoir de Kinshasa a décidé de mettre fin au terrorisme de Nkundabatware et ses frères par la voie militaire. Or, on sait aujourd'hui par les médias occidentaux interposés (et par Honoré Ngbanda) que nos enfants envoyés au front ont été trahis par leur hiérarchie militaire entraînant ainsi un carnage de 3000 soldats tués sur les 5000 engagés dans les combats à Mushake. Un véritable génocide de nos enfants, remis en holocauste à Nkundabatware. La prétendue guerre totale contre Nkundabatware n'était finalement qu'une manœuvre du pouvoir tendant a envoyé nos enfants à la mort et fournir à Nkundabatware des stocks d'armes et munitions lourdes pour faciliter la conquête du Kivu. Il est en effet étonnant de constater que le pouvoir ait laissé dans ses fonctions de chef d'état major des forces terrestres le Général Amisi Tango Fort, issu du RCD, d'engager aux fronts du Nord-Kivu des soldats tutsi mixés de Nkundabatware pour le combattre! Le pouvoir a, sur ce point encore, trahi la nation."

Donc, cette communauté refuse de coopérer avec un pouvoir des traitres. Elle évoque, en passant, la question de l'infiltration des institutions de la troisième République par "les ennemis du peuple congolais".

Malheureusement, c'est l'Abbé Malu-Malu ayant mis la question du recensement des Congolais(es) entre parenthèse avant la mascarade électorale de 2006 et Vital Kamerhe ayant remis aux calendes grecques la question du moratoire sur la double nationalité au niveau du Parlement qui sont les coordonnateurs de la Conférence de Goma. Voilà qui pousse les Congolais(es) à soutenir la thèse du complot ourdi contre la démocratisation du Congo avec la complicité des Congolais(es) et justifie le rejet de nos compatriotes du Kivu de la conférence de Goma.

Un autre exemple illustre un rejet mitigé de cette conférence par crainte de pratiquer la politique de la chaise vide. En effet; celle-ci, dit-on, ne paye pas. L'Association des Congolaises et des Congolais du Québec (ACQ en sigle) tout en étant en "accord avec les élus du peuple ainsi que plusieurs communautés du Kivu qui se sont prononcées contre la tenue de cette conférence" recommande cependant aux patriotes congolais qui vont y participer de la faire de bonne foi, avec la volonté de rendre service à la nation" et attire leur attention sur  certaines mesures essentielles.

Citons-en quelques-unes :

 " -Rejeter catégoriquement le modèle Burundo - Rwandais des armées ethniques.

 - Réaffirmer la démocratie comme seule voie d'accéder au pouvoir

 - Exiger des élus du peuple de défendre sans réserve les intérêts du peuple et de se comporter en homme d'état plutôt qu'en marionnettes au service de forces obscures parallèles.

 - Exiger l'arrêt de nominations des criminels à des postes de responsabilités ;

 - Exiger la poursuite en justice de toutes personnes responsable des exactions et crimes.

   -Mettre immédiatement fin aux pillages des ressources naturelles qui s'exportent via le Rwanda, le      Burundi et l'Ouganda avec la complicité tacite des compatriotes congolais". (Ce texte peut être lu sur le site de Congoforum) De quels moyens de coercition  disposerons les participants à la conférence de Goma pour exiger la mise en pratique de ces mesures? L'ACQ ne dit rien là-dessus.

Pour cette Association comme pour bien des Congolais et des Congolaises, "la RDC est agressée depuis bientôt 10 ans par le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda soutenus par la Belgique, les Etats-Unis d'Amérique et la Grande Bretagne sous couvert de différentes rebellions. L'objectif principal de ces agressions est de nous déposséder de nos terres et de nos richesses naturelles".

Les évêques congolais, qui eux,    considèrent l'organisation de la Conférence de Goma comme un fait dont les Congolais et les Congolaises doivent tenir compte, pensent qu'après que le pays ait été doté des institutions légitimes, "la Conférence de Goma sfabstiendra de légiférer en lieu et place dfinstitutions constitutionnelles. Celles-ci à leur tour réserveront aux recommandations de Goma le bénéfice dfurgence".

Ils formulent cette recommandation en pensant aux questions ci-après :
· un réel problème dfintégration des populations : certains habitants au Kivu ne se sentent pas entièrement intégrés à la communauté nationale ;
· des problèmes fonciers : la désappropriation des terres arables au profit des éleveurs, créant ainsi un conflit permanent entre les cultivateurs et les propriétaires des grands domaines pastoraux ;
· un problème de conquête du pouvoir: lfexploitation de la haine et de la division ethniques est devenue une nouvelle idéologie au service de politiciens pour la conquête ou la conservation du pouvoir ;
· une question de gestion et dfaccès aux ressources naturelles : tout montre que le contrôle des espaces où il y a des ressources naturelles est une des causes majeures de la guerre au Kivu (Cfr le rapport du Panel des Nations Unies, lfenquête de Human Rights Watch sur lfexploitation de lfor, le rapport Lutundula ou les différentes mises en garde de Institute Rescue Comittee). On se bat là où il y a des richesses que lfon veut exploiter : la guerre devient un paravent pour couvrir le pillage des ressources. On y exploite aujourdfhui le pyroclore, le coltan, lfor, le diamant, la cassitéritec et le pétrole en perspective;
· La conduite de certains hommes politiques congolais, caractérisée par la corruption, lfabsence de moralité politique et le manque de dignité est avérée : à cause de lfargent, certains politiciens congolais sont prêts à vendre leur pays. La débâcle au Kivu est la conséquence dfune série de comportements irresponsables et traîtres des Congolais eux-mêmes.
Il faut ajouter à cela que si cette situation perdure, cfest parce que le pays ne dispose pas encore dfune armée à même de protéger ses frontières et sa population".

Le Potentiel de ce lundi 07 janvier abonde à peu près dans le sens de ce constat quand il note à sa Une ce qui suit: " Cependant (au sujet de cette conférence), lfon ne doit pas se leurrer. Les guerres à répétition à partir du Kivu ne sont nullement des faits du hasard. Elles ne résultent surtout pas dfune question sempiternelle dfune rivalité interethnique, moins encore pour instaurer la démocratie en République démocratique du Congo. Si ces causes existent réellement, elles ne servent que de prétextes pour provoquer des « brèches » à un complot qui ne vise que à déstabiliser la Rdc, à lfaffaiblir davantage pour provoquer sa balkanisation".

 

 

 

II. Des secrets de polichinelle

 

Le temps que la guerre d'agression et de prédation a mis au Congo et le nombre de morts inutile qu'elle a entraîné a fini par mettre plusieurs Congolais(es) d'accord autour de certains secrets de polichinelle: la guerre est une tactique commerciale soutenue par les multinationales, l'absence de dignité et de moralité politique conduit certains congolais à troquer leur pays contre l'argent, l'instrumentalisation de la haine et de la division ethnique pour l'accès aux postes de responsabilité politique vus comme "une mangeoire"    est une des stratégies les plus utilisées par les politiciens congolais véreux, il y a des pays comme la Belgique, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui soutiennent les supplétifs de l'ordre néolibéral en Afrique des Grands-Lacs, depuis 1994 (et même un peu plus tôt, nos institutions politiques et militaires sont infiltrés par "les ennemis de nos populations", etc.

Sur ces questions précises, il y a des occidentaux qui partagent le même point de vue. Une lecture posée de ces trois livres  (Géopolitique du Congo RDC, L'enjeu congolais et Les nouveaux prédateurs) est à conseiller.

 Et le 02 janvier, Colette Braeckman publiait un article commentant un film (Du sang sur mon portable) qui a fait sursauter plus d'un compatriote. Elle notait ceci: "La violence qui ravage les deux Kivus et qui vient de jeter 8000.000 déplacés sur les routes ne nuit pas à tout le monde: elle permet aux trafiquants de ne pas payer les taxes et d'embarquer leurs sacs dans les aéroports de brousse, sous la protection des divers groupes rebelles, Hutus rwandais ou soldats (tutsi) de Laurent Nkunda. Ces derniers, en échange, reçoivent de l'argent ou des armes, avec au bout du compte, la même finalité: leur permettre de se battre pour conserver le contrôle du territoire."

Ce film du journaliste Patrick Forestier, "déjà diffusé sur Canal plus (c.), attend toujours d'être programmé en Belgique. L'attente risque d'être longue, car l'enquête démontre que notre pays est l'une des plaques tournantes des trafics de minerais en provenance du KivucVoilà qui explique peut-être la curieuse mansuétude dont bénéficie Nkunda, et les liens qui attachent à la Belgique les rebelles hutus, dont les chefs ont pris soin d'envoyer femmes et enfants dans l'ancienne métropole."

Quand on connaît ces secrets de polichinelle et que l'on sait que les multinationales sont tellement riches qu'ils disposent des fonds dépassant de loin les budgets de certains pays du monde occidental, on ne voit pas facilement par quel miracle  une Conférence convoquée pour une rencontre inter-congolaise (?) avec la participation des pays voisins et de quelques "petites mains du capital" peut apporter la paix au Nord et au Sud-Kivu en particulier et au Congo en général. Les véritables agresseurs du Congo ne seront pas à la table de négociationc

Quand nos pères évêques demandent que les recommandations de Goma soient traitées dans l'urgence par les institutions de la troisième République, ils donnent l'impression d'oublier leurs propres critiques à l'endroit des politiciens congolais: leur absence de dignité et de moralité est avérée; corruptibles, ils sont disposés à vendre leur pays pour avoir de l'argent.

Et l'expérience récente de notre pays a montré que tous les coups tordus portés contre notre peuple ont été orchestrés par ces institutions envahies par "les laudateurs" de l'ordre néolibéral. Les rapports et les enquêtes que nos évêques évoquent (le rapport du panel de l'ONU, le rapport Lutundula, lfenquête de Human Rights Watch sur lfexploitation de lfor, etc.) n'ont jamais été traités en profondeur au sein de ces institutions. Par quelle magie pourraient-elles, du coup, après Goma, se transformer en caisse de résonnance pour les intérêts de nos populations? Où ont-elles mis le dernier rapport de la Commission sur la revisitation des contrats léonins? Croire aujourd'hui qu'il y a lieu de sortir des crises multiformes que connaît notre pays par les institutions issues de la mascarade électorale de 2006 est un leurre: il nous faut un autre ordre politique porté par des populations acquises au processus de ce que le philosophe et théologien congolais, Godefroid Kä Mana, appelle "déformatage-réformatage de notre imaginaire".

Ce processus révolutionnaire assumé par les ascètes du provisoire ayant fait du bonheur collectif congolais leur raison de vivre et/ou de mourir est l'une de meilleures voies à emprunter pour un nouvel ordre politique au Congo. Colmater les brèches n'aboutira à rien de consistant.  Ces ascètes du provisoire devront aussi être avertis sur les idéologies qui guident l'agression récurrente de nos populations.

 

 

 III. Les BMW et un mythe biblique

 

Au début de la guerre de prédation contre notre pays, une idéologie fut propagée dans les milieux décidés à le conquérir. Pour justifier cette guerre de conquête, il se racontait que les Congolais sont "les adorateurs" de la bière (B), de l'argent (Money) et des femmes (Woman). Nos politicailleurs véreux et nos autres compatriotes fanatiques du per diem confirment cette thèse.

Mais à la lecture des messages de rejet de la Conférence de Goma et vu le travail que les résistants congolais abattent au quotidien pour tirer leur pays des griffes des dinosaures de tous bords, croire en ce "mythe" pour la majorité d'entre nous ne se justifie pas. Même s'il faut avouer que notre éveil-réveil collectif semble être tardif. Nous avons dansé les "saka yonsa" pendant assez longtemps. Cela étant, mieux vaut tard que jamais! Encore faudrait-il que nous prenions le temps d'emboîter majoritairement le pas à nos compatriotes ayant créé des clubs de réflexion et des mouvements sociaux d'actions pour le salut de notre beau et grand pays!

En plus de la "BMW", il y a les fausses prophéties reconverties en idéologie de lutte par les tutsis appartenant à l'Institut Havila. "Selon eux, la guerre actuelle de conquête tutsie dans la région de Grands-Lacs 'Havila" et surtout au Congo est un fait prophétique, une volonté de Dieu d'Israël. Et pour preuve disent-ils le livre biblique d'Esaïe, chapitre 18, verset 1-2 est leur appui. Ici on parle des peuples de grande taille (les tutsis) qui hériteraient le pays situé entre deux fleuves au Sud de l'Ethiopie (le Congo)."

Recourir à la Bible, au nom de Dieu, exclut souvent tout débat et toute remise en question des thèses soutenues. Les idéologues voulant fonder leur conquête "divinement" le font au détriment de quiconque s'oppose à la prophétie idéologisée. Celle-ci bannit l'histoire et tout esprit critique et nourrit le fanatisme.

Néanmoins, l'histoire passée et présente du monde prouve que toutes les guerres faites "au nom de Dieu" ou de "sa parole" sortie du contexte et édulcorée n'ont été que du vol camouflé et/ou de la folie raciste et ségrégationniste.

Dans ce contexte idéologique nocif au bonheur collectif congolais, la création des centres d'études, l'invention, dans nos universités, des chaires pour la sauvegarde du Congo, la mise sur pied et/ou la multiplication des think tanks et des mouvements sociaux congolais demeurent des urgences. Nous avons besoin d'un "déformatage-reformatage" dans des interstices où nos diversités (plus de 200 ethnies) peuvent être mises au service du bonheur collectif partagé.

 

J.-P. Mbelu

 

Ce que Nkunda a dit ou n'a pas dit. Nous vous proposons la lecture d'une interview controversee du criminel et general dissent pro-rwandais Nkunda. Il ne mache pas ses mot s et affirme la Coference de Paix au Kivu a ete convoquee dans la precipitation. Les Congolais, kivutiens en particulier, restent radicalement opposes a toute tentative de legitimation forcee de la balkanisation du Congo avec l'annexion "programmee" d'une partie du Kivu par le Rwanda   Cliquez >>>
ITALIE 5/1/2008 17.34 
 ATTENTION!  Un article faussement attribué à lfagence MISNA est en train de circuler sur Internet. Il est intitulé "RDC : Le Chairman du CNDP le général Laurent Nkundabatware Mihigo brise le silence après sa victoire militaire face aux FARDC" ; il est publié sous notre en-tête, avec notre logo et notre copyright. Alors que nous tentons de découvrir qui est lfauteur de cette interview, se faisant passer pour un journaliste de notre agence – chose qui ne sera certainement pas facile - nous demandons à celui ou celle qui lfa publiée de la retirer et de ne pas se servir de la MISNA pour des manœuvres médiatiques et politiques. Sans entrer dans le mérite du texte – QUI NE NOUS APPARTIENT ABSOLUMENT PAS – nous faisons appel à la compréhension de nos lecteurs, surtout les francophones, afin qufils nous aident à priver de fondement ce genre dfopérations illicites. (CO/CC)
[CO]
VOICI LE TEXTE DE L'INTERVIEW CONTROVERSEE

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO   02/01/2008   10.17

RDC : Le Chairman du CNDP le général Laurent Nkundabatware Mihigo brise le silence après sa victoire militaire face aux FARDC
Divers, Standard
 Kinshasa, 02 janvier 2008 (Misna) : Lfouverture de la conférence de Goma prévue pour le 27 décembre 2007 a été reportée au 06 janvier 2008 sans trop dfexplications de la part des organisateurs de cette messe, que certains Congolais nfhésitent plus à qualifier de conférence pour la signature de la capitulation ou de la reddition officielle des FARDC après leurs débâcles spectaculaires, à Mushaki, Karuba et Mweso, face à une poignée des rebelles du CNDP du général dissident Laurent Nkundabatware Mihigo. Au cours de cette longue interview réalisée par téléphone depuis Kinshasa, nous avons a bordé tous les sujets qui fâchent, notamment : les soupçons de haute trahison au sein des FARDC ; la problématique du retour des réfugiés Tutsis ; la sécurisation des Congolais dforigine Rwandophone et des Tutsis en particuliers ; le redécoupage des territoires administratifs du Nord et du Sud-Kivu ; lfinfluence croissante du Rwanda dans la gestion de la crise à lfEst de la RDC  ; lfexhumation des accords de Lemera ; la possibilité de sécession des certains territoires ainsi que la création dfun Tutsiland indépendant ; Et enfin la plainte déposée à la CPI contre le CNDP.  La détermination dont fait preuve ce général dissident doit faire réfléchir tous ceux qui nfont pas encore pris véritablement conscience des conséquences de la tragédie qui endeuille lfEst de la RDC depuis 1996.
 
- Le report de lfouverture de la conférence de Goma est-il un bon ou un mauvais signal pour la suite des événements à lfEst de la RDC ?
 
Je ne suis pas un devin, mais je crois qufil y a eu un peu de précipitation dans le chef des organisateurs. Tout ceci donne un peu raison à ceux qui croient, à tord ou à raison, que la défaite des FARDC était organisée par le gouvernement dans le but de faire accepter à la population lfidée même dfune telle assisse. Ce qui est loin dfêtre le cas.
 
- Vu le flou qui entoure lforganisation de cette conférence (le nombre pléthorique des participants 500 à 700 invités dont un tiers dfétrangers, les critères de sélection des participants sont complètement subjectifs, les thèmes à aborder sont imprécis, la mise à lfécart de la presse indépendante, la non-publicité des débats en direct sur tous les médias publiques et privés, la sécurité des participants nfest pas garantiec), pensez-vous que cette conférence aboutira tout de même à un résultat positif pour les populations martyres du Kivu ?
 
Nos craintes sur la possibilité dfun flop sont tout à fait légitimes. Le manque de neutralité des personnalités choisies afin de piloter cette conférence est en soit un problème. En effet, toute la société civile du Nord et du Sud-Kivu connaît très bien les limites de lfAbbé Apollinaire Mulu Malu Muholongu. Tout le monde sait dfoù il vient, comment et pourquoi il fut littéralement parachuté à la tête de la CEI lors de la signature des accords de Sun City le 22 décembre 2002. Personne nfignore la raison de sa reconduite à la tête de la CENI  ! Quant à Vital Kamheré, vous nfavez qufà écouter les chansons de Koffi Olomidé où son nom est toujours cité en bonne place, et vous allez comprendre la bassesse de ses mœurs. Ce Monsieur a transformé la chambre basse du parlement, dont il en est le président du bureau, en un fan-club pro-Kabila. Tous les dossiers sérieux qui touchent à vie de la population congolaise y sont systématiquement renvoyés dans des commissions dites spéciales qui siègent toujours à huit clos, à lfimage