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L’élection
présidentielle de 2011 ne sera pas une partie de
plaisir pour Joseph Kabila. Non seulement parce que
l’annonce de la candidature à la plus haute charge de
l’Etat par Etienne Tshisekedi contraint Kabila et ses
« collabo » qui avaient misé sur la mort
annoncée du leader de l’Upds à revoir leur calcul,
mais surtout à la suite des ambitions révélées d’Olivier
Kamitatu Etsou et de Vital Kamerhe, deux cadres de l’Alliance
pour la majorité présidentielle.
Si la candidature de
Tshisekedi est considérée comme normale, ce n’est
pas le cas pour celles de Kamitatu et Kamerhe considérées
comme une trahison par le pré- carré présidentiel.
Qu’on se souvienne
qu’il y a plus d’un mois qu’ Olivier Kamitatu,
Antipas Mbusa Nyamwisi, José Endundo Bononge et Modeste
Bahati Lukwebo, tous membres de l’Alliance pour la
majorité présidentielle, annonçaient la création
d’une plate-forme dénommée Centre libéral et
patriotique (CLP).
Deux
jours après la conférence de presse de la création du
Centre libéral et patriotique, Kabila Kabange
suspendait ses vacances en Egypte et rentrait en
catastrophe à Kinshasa. Il convoquait aussitôt les
bonzes du CLP à sa ferme de Kingakati située sur la
route de Bandundu et les engueulait avec une rare
violence verbale jusqu’à leur dire : « si
vous étiez militaires, je vous aurai fait fusiller ».
Comme quoi, il ne suffit pas de trahir Jean-Pierre Bemba
Gombo pour se croire couvert d’une immunité éternelle !
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Pourquoi
le Congo est-il mal dans sa peau ?
Lundi, 23 Août 2010 10:27
Le
malaise du Congo est à la fois complexe et
contextuel. Pour le saisir, il faut le placer
dans une dynamique contextuelle dont l'Afrique
de la période des grandes découvertes est la
victime (1). Il est complexe parce que, de près
ou de loin, il est le produit de plusieurs
facteurs qui ont corroboré dans une direction
dévoyée de l'histoire. Ses protagonistes sont
sans doute restés toujours les mêmes.
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Kamitatu et sa bande avouèrent
s’être égarés et présentèrent leurs excuses au président
de l’AMP. La plate-forme CLP semble morte de sa belle
mort. On n’en parle plus d’ailleurs. Mais sait-on
pourquoi ?
Congoone est en mesure de
révéler à l’opinion que la colère de Kabila
Kabange fait suite à un BI ( Bulletin d’information)
indiquant que le parti politique ARC animé par Olivier
Kamitatu a été en réalité créé par un beau-fils du
président angolais Dos Santos qui le finance pour
noyauter l’AMP.
Et pour cause, le CLP
(qui continue à exister dans le cœur de ses
fondateurs) est considéré par les Kabilistes pur sang
comme le bras « armé » que ces politiciens
allaient utiliser pour, tout au moins, empêcher Kabila
de gagner les élections de 2011, faute de faire élire
un membre du CLP à la magistrature suprême. Ce n’est
pas pour rien qu’un ex-député indépendant, passé
avec armes et bagages à l’AMP dont il est devenu
membre du comité directeur, a « déterré »
les entretiens qu’il avait eus avec Olivier Kamitatu
qui voulait se présenter à l’élection présidentielle
de 2006. Le député- éditeur considérait et considère
encore qu’Olivier Kamitatu n’a pas les qualités
requises pour une telle fonction. Comment ne pas
s’interroger si le go du lynchage contre Olivier
Kamitatu n’a pas commencé quand le fameux éditeur,
dernier ministre de l’Information du dernier
gouvernement de Mobutu présidé par le général
Norbert Likulia Bolongo, écrit dans son journal du 26
juillet dernier que Kamitatu qui va assommer Jean-Pierre
Bemba à la CPI. Certes que cette assertion n’est pas
un scoop, mais qu’elle vienne d’une grande gueule de
l’AMP, on ne peut qu’applaudir des mains et des
pieds, car ceux qui avaient encore un doute sur la
politisation de la CPI sont servis.
Olivier Kamitatu est donc
accusé d’avoir touché des sommes colossales, 50
millions de dollars américains, pour financer une rébellion
à partir du Bas-Congo. Ces fonds, signale-t-on, ont
transité par les comptes de Kamitatu dont les jours au
gouvernement sont comptés
Mais pourquoi le soutien
angolais à Kamitatu alors que Luanda a toujours été
un allié de Kinshasa ? Il n’est secret pour
personne que le froid s’est installé entre Dos Santos
et Kabila Kabange à la suite du rapprochement et des
liens plus qu’étroits qu’entretiennent désormais
Kabila et Paul Kagame. Il faut y ajouter
l’activisme du FLEC (Front de libération de l’Enclave
du Cabinda) à partir du territoire congolais.
Edouardo Dos Santos
voudrait « rendre l’impolitesse » à
Kabila Kabange à travers une rébellion d’autant plus
que le FLEC est très actif dans le Bas-Congo et aurait
utilisé des camps de formation de Bundu dia Kongo pour
préparer ce coup.
En ce qui concerne Vital
Kamerhe, il est l’homme à abattre du groupe d’extrémistes
katangais dont Katumba Mwanke est le chef de file. Le
lynchage médiatique de l’ancien président de l’Assemblée
nationale est programmé à travers des articles
« inspirés » notamment sur la facture de la
villa située dans les environs du Grand Hôtel
Kinshasa, ex-Hötel Intercontinental, et des photos de
destruction méchante de ladite villa.
Agissant pour le compte
de Kabila, Evariste Boshab, le successeur de Kamerhe et
toujours secrétaire général du parti présidentiel (
PPRD), et Augustin Katumba Mwanke, le super conseiller
présidentiel, sont décidés à neutraliser Kamerhe, à
défaut de le liquider.
Comme toujours, Kabila se
tait dans toutes les langues. On sait pourtant d’où
souffle le vent : Kabila redoute la création
d’un autre parti politique par Kamerhe pour le défier
à la prochaine présidentielle.
C’est pourtant ce qui
est susceptible de se produire. Car, Kamerhe va refaire
son entrée à l’assemblée nationale le mois
prochain, lors de la rentrée parlementaire de
septembre. Et c’est là que son sort sera décidé.
En effet, Congoone a
appris que des proches de Kamerhe, dont nous faisons
mystère des identités, ont déjà créé deux partis
politiques. La stratégie de l’ancien président de
l’Assemblée nationale, selon un de ses lieutenants,
c’est de démissionner bientôt de l’assemblée
nationale, pour être désigné par l’un de (ses
partis) candidat président de la République, et se
lancer dans la campagne électorale.
Kabila qui sait mieux que
quiconque le rôle joué par Kamerhe lors de la présidentielle
de 2006 chercherait à le « récupérer » de
manière à éviter qu’il ne le gêne en 2011, surtout
que le Kivu n’est plus sa chasse gardée à cause des
promesses non tenues et du retour actuellement sur
les terres kivutiennes des centaines des milliers des réfugiés
tutsi congolais.
Quand bien même un flou
artistique est entretenu au sujet des choix et avenir
politiques du PPRD Vital Kamerhe, ceux qui savent lire
les signes de temps auront noté que, le jour du défilé
de l’indépendance le 30 juin dernier, Kabila et
Kamerhe avaient eu des entretiens visibles de tous. Cela
présage-t-il de la réconciliation ? On verra.
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