Congoone
en sait un peu plus sur la motion de méfiance visant Vital
Kamerhe, le président de l’Assemblée nationale. A l’UMP,
les langues se délient. Tant mieux pour la manifestation de
la vérité ! Plus royaliste que le roi, Kamerhe est dans la
ligne de mire de la cour royale kabiliste piloté par un
certain Augustin Katumba Mwanke, secrétaire exécutif de
l’AMP et chef de clan des faucons katangais.
Comme on
pouvait ne pas s’y attendre, le dossier de la livraison
d’armes au RCD-KML de Mbusa Nyamwisi et à d’autres
laquais du kabilisme, qui est à la base de la motion visant
à défenestrer Kamerhe n’est pas une initiative de la
fameuse opposition de collaboration parlementaire (congoone,
édition mise en ligne le 5 juin), mais bien une initiative
venue du camp présidentiel. En cause, la succession non
annoncée du patriote du Parti lumumbiste unifié dont le départ
de la primature est déjà planifié.
C’est
donc l’heure de grandes manœuvres politiques de
repositionnement surtout qu’il n’est plus question de
l’équilibre « géopolitique » Est-Ouest tant vanté
autrefois pour expliquer le flirt entre Kabila et Gizenga.
On affirme à présent haut et fort que Gizenga n’avait
pas apporté les voix nécessaires à l’élection de
Kabila Kabange au second tour de l’élection présidentielle.
Le PPRD veut donc reprendre la main pour diriger le
gouvernement. Pour autant, on explique que le partenariat
avec le Palu n’est pas remis en cause quand bien même le
prochain gouvernement ne serait plus dirigé par son gourou
et secrétaire général à vie. Il s’agit d’une option
qui ne manque pas d’intérêt pour la jeune génération
des collaborateurs d’Antoine Gizenga. Après avoir goûté
aux frasques du pouvoir, ces jeunes aux dents longues, singulièrement
Adolphe Muzito et Godefroid Mayobo, sont
disposés, signale-t-on, à continuer la collaboration avec
leurs collègues lumumbistes de la 25e heure.
Soit !
La gestion
des ambitions étant à la base d’intenses manœuvres
politiques à l’AMP, deux pistes sont à l’examen. La
première est celle du clan des faucons katangais, avec à
sa tête Augustin Katumba Mwanke, qui ne veut pas voir Vital
Kamerhe nommé premier ministre comme cela serait souhaité
par des chancelleries occidentales. La bande à Katumba
estime que Kamerhe pourrait dénoncer ses magouilles dans le
domaine des mines et des finances où on retrouve les
membres de ce funeste clan dans tous les coups. Ce
d’autant plus que les membres du clan ne sont pas sans
savoir que Kamerhe bénéficierait du soutien d’Olive
Lembe, l’épouse de Kabila Kabange, en plus du fait que le
champion de l’AMP le consulte souvent pour des problèmes
politiques que ce clan est, dit-on, incapable de résoudre
par des solutions politiques préférant privilégier le
chantage et les coups bas. Ce qui ne serait plus du coup de
Kabila Kabange. C’est à croire que l’enfant soldat porté
à la tête de l’Etat se serait émancipé !
La seconde
piste est celle de la filière du trafic d’armes et
munitions de guerre effectivement livrées à Thomas Lubanga
et Mbusa Nyamwisi.
Seulement
voilà ! Le clan des faucons piloté par Katumba Mwanke a réalisé
que l’exploitation de cette piste serait un suicide
collectif et donc susceptible de l’éclabousser également
étant donné que c’est Katumba Mwanke qui est au four et
au moulin de toutes les manœuvres financières, car c’est
lui qui connaît les filières bancaires utilisées pour
servir et se servir. MPR oyée ! Pardon, PPRD oyée, AMP Oyée
!
On signale
d’ailleurs à ce sujet que c’est Augustin Katumba Mwanke,
encore et toujours lui, qui fut derrière la famille Kirti
Jobanpatra et la Banque Congolaise ‘une affaire
abondamment commenté par les principaux quotidiens kinois
en 2003)qui ont financé le trafic d’armes au profit de
Joseph Kabila et des Interhamwe.
Comment
donc ne pas rappeler dans ce contexte qu’en Août 2003,
quand le quotidien La Tempête des Tropiques avait publié
« une correspondance particulière » mettant en exergue
l’enrichissement sans cause des collaborateurs de Joseph
Kabila à travers l’achat d’armes en Sierre Leone par le
biais d’une citoyenne de ce pays via un patron de la MIBA,
une fatwa avait été décrétée contre la direction de la
rédaction de la Tempête des Tropiques. Il avait fallu
l’intervention d’une personnalité de la société
civile aujourd’hui membre d’une institution législative
pour dissuader Katumba et sa bande de renoncer aux représailles
programmées contres les responsables de la rédaction en
soutenant que leur bonne foi avait été trompée. La réparation
exigée a été faite à travers une communication voulue
comme droit de réponse. Y avait-il seulement un choix face
à ceux qui disposent et abusent de la puissance publique ?
Il reste
qu’en mettant à la lumière du soleil le trafic d’armes
opéré par ses propres membres pour disqualifier d’aucuns
dans la course à la succession d’Antoine Gizenga, des
bonzes de l’AMP se sont tirés une balle dans le pied en
livrant de précieux renseignements aux Congolais et à la
CPI. A chacun son travail !
Nous y
reviendrons.
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