Interview Exclusive
de Maitre Marie-Therese Nlandu
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« Kabila tue »
dixit Maître Marie-Thérèse Nlandu !
Par Jean-Pierre Mbelu
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Après sa sortie de la prison et son départ du Congo, Marie-Thérèse Nlandu vient de donner une interview sur Congonetradio. (Cette grande radio est en train de jouer un rôle déterminant pour notre devenir commun !) Ecouter cette interview devrait être un devoir citoyen pour des Congolais(es) responsables. A travers cette interview, il y a lieu de palper du doigt la maturité politique dfune fille de notre peuple qui ne doit sa vie sauve qufà la main toute-puissante de Dieu et au volontarisme politique de certains hommes et femmes de notre monde.

 

I. « Maman, oyeli biso nini ? » (Maman, que nous as-tu apporté ?)

 

A entendre parler Maître Marie-Thérèse Nlandu, on dirait qufon a affaire à une future Ségolène Royal congolaise. Sa référence aux valeurs lui permet de mettre au banc des accusés le peuple congolais dont le degré de prévarication a dépassé le seuil du tolérable. Ce peuple traîné dans la boue de lfhistoire est aussi responsable de sa misère : il ne pense pas ses choix et il est facilement corruptible. Pendant que Marie-Thérèse Nlandu faisait sa campagne électorale à la présidence de la République, ce peuple lui a demandé : « Maman, oyeli biso nini ? »  

Espace photoIl est rare que les journalistes congolais, critiques sévères de lfélite politique et intellectuelle mettent en cause ce peuple esado-masochistef et irresponsable. Malgré le fait qufil prie du matin au soir et du soir au matin, il nfa pas réussi à comprendre cette parole de son ami Jésus : « Lfhomme ne vit pas seulement du pain. » Notre peuple meurt à cause de sa boulimie toujours de pain. Il est capable de pactiser avec le diable pour avoir du pain. Quitte à accuser après Dieu, le diable lui-même, le sourcier, lfhomme politique ou lfélite intellectuelle de ne lfavoir pas contraint à refuser le cadeau empoisonné !

Lfune de grandes révélations de cette interview est que « le pouvoir de Kabila tue ». A Kin-Mazière comme à la prison de Makala. A Kin-Mazière, il a été ordonné que les gens soient tués au moment où Marie-Thérèse y était. Au moment où elle faisait son interview, elle entendait encore « les cris de ces gens torturés et tués » par les bourreaux formé à lfécole du colonel Raüs. A la prison de Makala, affirme Marie-Thérèse, on va chercher les gens à quatre heures du matin pour aller les tuer.Elle-même a failli être tuée à Makala. Elle a eu la vie sauve grâce à (Dieu !) lfun des ses bourreaux lfayant placée dans une chambre inconnue des autres au cours de la nuit prévue pour la triste besogne. Pour elle, le démantèlement de Kin-Mazière, de la DEMIAP et un contrôle régulier des prisons congolaises sont parmi les conditions sine qua non de lfavènement dfun début de démocratie au Congo.  

Elle est dfavis que la banalisation de la mort par Kabila a le soutien des élites politiques et intellectuelles congolaises travaillant avec lui. Marie-Thérèse Nlandu affirme que « notre pays ne nous appartient pas » et qufil est du devoir des Congolais(es) dfétudier des stratégies pouvant les aider à récupérer ce pays.

En effet, écouter le témoignage dfune prisonnière politique de la trempe de Marie-Thérèse Nlandu est une chance énorme. Cela permet dfapprendre et de confirmer certaines « prophéties ». Mais aussi de confirmer certaines thèses défendues par certaines élites politiques et intellectuelles congolaises constituant ce « petit reste » dont le scepticisme sur lfavenir dfun bonheur collectif partagé au Congo est une constante.Elles-mêmes, comme Marie-Thérèse Nlandu, soutiennent depuis belle lurette que « Kabila nfest pas à sa place ».

Lfinterview de Marie-Thérèse Nlandu revient sur certains lieux communs comme ceux-ci : le manque dforganisation au niveau de la diaspora et de lfopposition congolaise est criante ; la nécessité de concevoir subrepticement les stratégies (secrètes) de notre lutte ardente et idéaliste pour notre autodirection  est indispensable ; etc.

Comme beaucoup dfautres analystes politiques congolais, Marie-Thérèse Nlandu est convaincue que le problème du Congo est fondamentalement spirituel. Elle propose dfallumer une bougie à la fin de chaque mois pour demander que la lumière chasse les ténèbres congolaises.

A ce point précis, si Marie-Thérèse Nlandu allie notre manque dforganisation à notre problème spirituel, son interprétation du  « fondamentalement spirituel » mérite dfêtre enrichi. Si les Congolais(es) ont besoin de faire et de refaire « lfopération vérité » avec leur Dieu afin qufils (elles) vivent des « valeurs douces » de la paix, de lfhonnêteté, de lfamour mutuel, du travail bien fait, du respect de la vie, etc., ils (elles) souffrent dfun sérieux « viol de lfimaginaire ». Le Congolais moyen a des difficultés à comprendre que cfest lui le responsable numéro un de son devenir. Il a vendu son cœur et son esprit ; il est devenu esclave du « petit dieu » argent, pouvoir et jouissance. Il croit, malgré les preuves historiques tangibles que ce sont les autres, ses parrains (qufil nomme « bienfaiteurs », « partenaires » « bailleurs de fonds ») qui finiront par lfaider à sortir de lfauberge.

Lfune de ces preuves est que le refoulement des Congolais(es) « sans-papiers » de la Grande-Bretagne (et ennemis jurés du pouvoir en place au Congo) risque dfavoir lieu au moment où la machine à broyer du Congolais est mise en marche par Kabila.

Prenons quelques deux ou trois exemples. Si Joseph Kabila arrive à faire sortir les prisonniers de Kin-Mazière ou de la prison de Makala pour qufils soient tués, il ne le fait pas lui-même : il a des émissaires congolais fabriqués à lfimage et à la ressemblance des bourreaux de leurs frères et sœurs. Pendant que lfAmérique Latine rompt avec les mécanismes de lfimpérialisme en cherchant à créer la Banque du Sud au dépens de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire (dit) international, le Congo demeure lfun des rares pays où « les experts » de ces IFI en faillite et très peu crédibles ont encore un mot à dire sur le fonctionnement de la politique économique. Et certains fils et filles de ce pays, journalistes ecoupagistesf, ont le culot de se faire les propagandistes de ces institutions de Bretton Woods, chiens de garde la mondialisation de la prédation.

Donc, la crise spirituelle nfest pas à réduire à sa dimension religieuse. Elle est principalement le déficit de la capacité propre à un être humain normalement constitué de formater spirituellement un monde simplement humain, à partager avec ses frères et ses sœurs en humanité. Cfest au niveau de ce déficit que le reformatage doit être amorcé. Il nfa rien à voir avec les slogans lancés par les bourreaux de notre pays du genre : « Changeons les mentalités », sans qufun état des lieux sur la question auquel « la population du dessous » devrait prendre la parole soit fait.

 

II. « Etre maîtres, chez vous, là »

 

Il y a un travail supplémentaire à faire au niveau de notre esprit et de notre cœur. Laurent-Désiré Kabila en parlait souvent : « Etre maîtres, chez vous, là. » Malheureusement, il nfa pas su emprunter la voie menant collectivement à la maîtrise de notre destinée commune : il est tombé dans lfidolâtrie de lfargent et du pouvoir. « Etre maîtres, chez nous, là » nous exigera, dans notre immense majorité, dfêtre les acteurs majeurs de futurs changements à amorcer au niveau de la gestion politique de la res publica. Le perpétuel danger que nous courrons à ce point nommé, est de croire facilement en des « libérateurs-parachutistes » au mépris de lfinstitutionnalisation des valeurs de liberté, dfégalité et de solidarité.

Au jour dfaujourdfhui, le Congo dispose dfune Constitution (mal faite) ayant lfavantage de traduire en justice un egarant de la nationf ayant abusé de son pouvoir.(Même si la justice nationale est prisonnière de lfexécutif, le recours à la Cour Pénale internationale ou à dfautres juridictions peut être envisageable.) Il a des institutions souffrant de lfincompétence de la plupart de leurs animateurs mais pouvant être pris à témoin quand les faits parlent dfeux-mêmes de cette incompétence, de lfamateurisme ou de la violation flagrante des droits humains. Pour dire les choses simplement, sortir de notre imbroglio politique nous exige de lutter pour la pérennisation des institutions et le renouvellement de leurs animateurs. Ici, lfinterview de Maître-Nlandu est dfun apport incontournable. Si lfopposition congolaise veut par exemple devenir crédible, elle a tout intérêt à sforganiser : créer un comité de lfopposition composé de différents présidents ou membres délégués de différents partis politiques de lfopposition et élire démocratiquement le chef dudit comité selon un profil digne de ce nom et pour un mandat précis. Il en va de même de différentes forces vives de la société civile. Ceci peut, tant bien que mal, préparer des alternatives crédibles de gestion du pouvoir au sommet de lfEtat. (.)

Lfactuelle Constitution, malgré ses limites, laisse des marges suffisantes aux actions citoyennes révolutionnaires. La liberté de pensée et dfexpression, la liberté dfassociation et de manifestation y sont garanties. Les différentes associations des journalistes congolais en ont fait usage dernièrement en organisation un marche pour protester contre les assassinats des journalistes. Le dernier Forum Social Congolais est une preuve suffisante que nous disposons des marges de manœuvre qufil nous suffit dfexploiter. Donc, il y a lieu de recourir à cette Constitution pour construire, petit à petit, un autre Congo et même pour mettre hors dfétat de nuire les bourreaux de notre peuple. (Même si la question de savoir combien de Congolais(es) se sont donnés la peine de lire, en français et/ou en langue nationale cette Constitution reste posée !)

« Etre maîtres, chez nous, là » est un travail de longue haleine. Il devrait bénéficier des brèches qufouvre régulièrement le système actuel de gestion de la chose publique, de lforganisation-éducation de « la population du dessous » et de lfopposition politique pour devenir, subrepticement, une réalité.  Les révolutions violentes des « libérateurs-parachutistes » ont un coût exorbitant  en vies humaines, en matières premières et en la perte de liberté dfautodirection (collective) Lfexpérience de la révolution du MPR ou de celle de lfAFDL ne le dément pas.

 

 

CongoOne , Mise en ligne le 29-06-07

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FLASH

Diffusion le 27 Juin 2007
a 21H00
heure de Kinshasa

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Maitre Marie-Therese Nlandu
INTERVIEW en direct sur Congonet Radio. Diffusion le 28 juin 2007, a partir de 21H00 (heure de Kinshasa ).  Elle repondra a toutes vos questions que nous lui transemettrons fidelement. 

VOS QUESTIONS  Vous pouvez nous envoyer, avant 16H00,  vos questions par e-mail: congonetradio@gmail.com. Vous pouvez aussi  les enregistrer dans le FORUM DES AUDITEURS. Elles seront diffusees pendant l'emission.

 L'avenir de la RDC et la democratisation de notre pays seront les principaux sujets traites. Ancienne prisonniere politique et candidate aux elections presidentielles, elle est actuellement en Europe pour raison de sante. Injustement arretee et incarceree dans des conditions inhumaines avec ses collaborateurs, elle a eu la vie sauve grace a l'intervention de la Communaute Internationale et le soutien actif de la diaspora congolaise.

PANEL
Pour exprimer les preoccupations et poser les questions des auditeurs, un panel a ete assemble.
Le panel: Jean-Jacques Lunkunku (RadioTV Tshiondo), Didier Tshibangu (Analyste, Rome),  Don Kayembe (Congonet Radio, New York), Kabeya NKashama (Congonet Radio, Paris),  Lambert Ngoi (Congonet Radio, Tokyo)