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Diviser pour régner ?
Réflexion pour
ce dimanche 19 aout 2007
Évangile
de Jésus-Christ selon Saint Luc 12, 49-53
Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme
je voudrais qu'il soit déjà allumé! Je
dois recevoir un baptême, et comme il m'en coûte
d'attendre qu'il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu
mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt
la division. Car désormais cinq personnes de la même
famille seront divisées : trois contre deux et deux contre
trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le
fils contre le père, la mère contre la fille et la
fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille
et la belle-fille contre la belle-mère. »
Il y a
juste une quinzaine de jour que je vous rappelais lfadage romain
« Divide et impera » Diviser pour régner.
Aujourdfhui nous y revenons et suivant les rumeurs de guerre qui
se prépare dans lfEst de notre Congo, je vous le propose
encore une fois dans cette réflexion qui a la seule
ambition dfapprofondir lfadage latin. Nous vivons dans une
société qui semble avoir perdu le raisonnement du
bon sens. Nous vivons dans une société dominée
par le principe de division. Qufil sfagisse de séparer
un territoire géographique occupé entre différentes
ethnies (diviser pour vaincre) et des stratégies de
superpuissances contre les fléaux dfun adversaire (diviser
pour régner). En politique et en sociologie, diviser pour régner
vise à réduire des concentrations de pouvoir en
éléments qui, pris individuellement, ont moins de
puissance que celui qui implémente la stratégie.
Nous pouvons aussi évoquer lfapproche scientifique des
chercheurs qui cherchent à percer les secrets de la vie en
décodant le génome humain (diviser pour comprendre),
ou encore de celles des économistes qui prônent la
segmentation de la production et des marchés (diviser pour
produire et faire des profits).
Ainsi,
toujours est mise en avant lfutilité de diviser pour
dominer. Mais, cette raison-là lorsque appliquée aux
relations humaines, est déraisonnable et porte en elle le
germe de ce qui peut-être perçu comme une nouvelle
maladie, la division de la société, conséquence
de la rupture des liens humains fondamentaux. En fait, nous disons
souvent que diviser pour régner est une stratégie
diabolique.
Ce nfest
pas ce que Jésus veut. Ce nfest pas dans la division
qufon trouve le sens à la vie. Les seules
valeurs matérielles et temporelles nfont pas de
consistance.
Diviser
pour mieux assujettir des personnes, cfest de lforgueil.
Cfest se croire plus importants que nos frères et sœurs.
L'orgueil provoque la fermeture du cœur et l'expérience
nous dit que le rejet systématique des valeurs de l'amour
ne peut que nous ouvrir la porte à la tristesse et à
la solitude, à lféchec.
Les
valeurs que Jésus nous propose sont d'abord des valeurs de
spiritualité qui doivent se refléter sur les valeurs
humaines. L'être humain n'est pas un objet de convoitise. L'être
humain est une personne à part entière qui se mérite
respect dans son âme et dans son corps.
Jésus,
comme du reste les
prophètes, est un provocateur. Ils dérange avec sa
parole, son enseignement et son action. Ils sont signe de
division. Ils appellent à Il est venu apporter le feu sur
la terre. Et cfest pour cette raison que Jésus, comme les
prophètes, a été condamné à
mourir sur une croix. Sa doctrine était dangereuse, trop
dangereuse.
L'amour
veut que nous portions notre regard vers l'autre, que nous
recherchions son bien et son bonheur. Un amour vrai est altruiste,
non égoïste, ni individualiste. Je suis le chemin, a
dit Jésus. Il nfy a pas dfautre chemin pour aller au
bout de soi-même que celui de Jésus. « Celui
qui croit en moi, a dit Jésus, ce nfest pas en moi
qufil croit mais en celui qui mfa envoyé ». Jésus
est le chemin qui mène à Dieu et à au
prochain.
Jésus
dérange car il donne à celles et ceux qui partagent
sa démarche vers le royaume de Dieu, un regard de vie neuf.
Voir la
lumière briller sur les visages les plus différents
ne peut que nous réjouir et nous inviter à devenir
chaque jour davantage ce que nous sommes, à témoigner,
au risque de déranger.
Un
soir d'hiver glacial, un homme a eu une crise cardiaque. Après
avoir été admis à l'hôpital, il demanda
à l'infirmière d'appeler sa fille. Il expliqua,
"Voyez-vous, je vis seul et c'est la seule famille que j'ai."
L'infirmière appela la fille. La fille qui s'appelait Julie
fut complètement bouleversée et s'est écriée,
"Vous ne devez pas le laisser mourir ! Vous comprenez, papa
et moi avons eu une discussion malheureuse il y a environ un an.
Je ne l'ai pas revu depuis. Durant tous ces mois, je voulais aller
le voir pour lui demander pardon. La dernière chose que je
lui ai dite a été, "Je te hais." Julie se
mit à pleurer et dit ensuite, "J'arrive tout de suite.
Je serai là dans une demi-heure."
Le
malade eut un arrêt cardiaque, et immédiatement on
essaya de le ranimer. L'infirmière fit cette prière,
"O Dieu, sa fille arrive, ne permet pas que ça ne
finisse comme ça." Tous les efforts de l'équipe
médicale furent vains. L'infirmière regarda un des médecins
parlant à Julie en dehors de la chambre. Elle pouvait voir
l'expression pitoyable sur son visage. L'infirmière prit
Julie à part et lui dit, "Je suis désolée
!" Julie lui dit, "Vous savez, je ne l'ai jamais haï.
Je l'aimais. Maintenant j'aimerais aller le voir." L'infirmière
l'introduisit dans la chambre, et Julie s'est approchée du
lit et cacha son visage dans les draps en disant au revoir
à son père décédé. L'infirmière,
détournant les regards pour ne pas voir ce déchirant
au revoir, remarqua un morceau de papier sur la table de chevet.
Elle le prit et le lu : "Ma très chère Julie,
je te pardonne. Je prie pour que tu me pardonnes aussi. Je sais
que tu m'aimes. Je t'aime moi aussi. Papa."
Ce qui
divise les familles habituellement, ce n'est pas l'Évangile,
c'est plutôt la politique, l'argent, les intérêts,
l'éducation des enfants, les vieux parents...la tiédeur
des relations interpersonnellesc
La
religion est la plus grande et la plus ancienne cause de division
et donc de conflit entre les groupes. La désunion est
toujours cause de difficulté, d'incompréhension, de
malheur.
Jésus
nous demande qui, dans nos vies, est le premier, Dieu ou moi ? Oui,
il arrive parfois que, pour être fidèles à Jésus,
nous soyons opposés à nos meilleurs amis, aux
membres de notre famille qui ne comprennent pas notre attitude.
Mais c'est surtout en nous, au plus profond de nous-mêmes
que la lutte se livre. Il faut savoir prendre des risques si nous
voulons rester fidèles. Prendre des risques pour
faire un retour aux sources, un recentrage sur l'essentiel.
Sommes-nous
toujours prêts à suivre le chemin issu de l'Évangile
?
@
Par-dessus
les frontières de langue, de race, de
nations,
unis-nous, Seigneur Jésus.
Par-dessus nos ignorances, nos préjugés,
nos inimitiés instinctives,
unis-nous, Seigneur Jésus.
Par-dessus nos barrières intellectuelles et
spirituelles,
unis-nous, Seigneur Jésus. |
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