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«Les clefs de la libération»
21 dimanche ordinaire, 24 août 2008
1.ECOUTER
Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu 16, 13-20
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. » Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas: ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Messie.
2.REFLECHIR
Jésus a déjà posé cette question à ses disciples dans le texte proposé le (29 juin 2008, Fête de Pierre et Paul). Voici une autre réflexion sur ce texte.
« Que dit-on de moi, du Fils de l'homme ? »
Le terme Fils de l'homme est un terme qui décrit l'humanité de Jésus. Jésus demande ce que les gens (non ses adversaires) disent de cet homme qufil est. La question de Jésus a pour but d'en préparer une autre, pour ainsi passer à un niveau supérieur de pensée. Le peuple voyait que Jésus faisait des miracles au-dessus de la puissance des hommes. Il était donc un grand homme, mais sans plus.
Qui dit-on ... « On » cfest facile, "on", ce sont les autres. Quand « on » est responsable, je ne suis pas concerné
« Et vous, que dites-vous de moi? »
Quand Jésus pose la question directe aux disciples, interpellante, et personnelle à la deuxième personne et non plus à la première personne trop vague, neutre et générale, les disciples entrent dans leur vocation de témoins. Ils apprennent à rendre compte avec précision, douceur et respect, de ce qui les anime au contact de Jésus. Pierre dit la filiation divine de Jésus, non pas comme ceux qui, dans la barque disaient: gCelui-ci est vraiment le Fils de Dieuh. Ceux-là ne furent pas déclarés bienheureux. Ils considéraient Jésus comme ayant été élevé à ce titre. Pierre, lui, déclare Jésus comme étant Dieu.
« Il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Messie. »
Mais, pourquoi le « secret » de Jésus sur sa messianité ? C'est peut-être que ce mot était chargé de préjugés et de passion, ce qui le déformaient. Il fallait aussi attendre la résurrection. Parce qu'ils avaient la foi, les disciples ont eu cette révélation. Ils ont compris les signes des temps, ils ont reçu la Parole et ils ont compris qui est Jésus. Il ne voulait pas que les gens se convertissent sur la base d'une ferveur nationaliste ou d'un messianisme mal compris.
« Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux »
C'est désolant que dans l'Église et dans lfhistoire, plusieurs ont fait attention plus à des clés, aux pouvoirs de lier et de délier qu'à la question que Jésus a posée, qu'à la volonté d'approfondir son identité et d'aider les gens à lui répondre. Lfappel de Dieu concerne tous les humains, chacun est appelé à témoigner en retour de la grâce qui lui a été faite.
Chacun a pour vocation de délier la vie de son prochain de lfimbroglio de son passé. Qufil soit laïc ou prêtre, protestant ou catholique, engagé dans un ministère ou non, la valeur de sa vie chrétienne sera jugée à la une de sa capacité à délier, à libérer, en témoignant de Jésus. Les questions de Jésus nfont rien perdu de leur force et de leur pertinence à notre époque. Une crise certaine affecte lfÉglise mais en même temps on parle dfun retour au « religieux ». Oui, aussi dans nos Eglises dfAfrique, et en particulier de la RDC, souvent distantes des problématiques de ces membres. Des Eglises qui se perdent derrière des recherches effaneuses de moyens matériels. Des églises malades, qui on besoin dfaide, de conseils, de soutien. Car ces églises sont nous tous, hommes et femmes très fragiles et pécheurs.
Ceux qui cherchent Dieu, sincèrement, du plus profond de leur cœur, ceux-là ne se contenteront pas dfune succession dfaffirmations et de mots. Jésus sfadresse à la fois à nous tous et à chacun. La véritable question posée par Jésus est de savoir quelle est la responsabilité de ceux qui le suivent. Pour comprendre qui est Jésus « pour moi ». Cette audace et cette capacité à dire personnellement qui est Jésus, cfest cela qui a fait la force des témoins.
3. AGIR
Pour vous qui est Jésus ? Celui qui vous a pardonné, qui vous a mis au large, qui vous a redonné un avenir ? Ou bien un simple penseur ou moraliste de génie, parmi beaucoup dfautres ? Est-il le fils de Dieu ou simplement un fils des hommes ? Nous tous, avons le pouvoir des clés, pouvoir de faire sfapprocher les hommes du Royaume ou de les faire fuir. Tous, nous avons le pouvoir de lier, de laisser notre semblable à son passé, en le lui rappelant d'une façon plus ou moins consciente, comme si la grâce nfavait opéré pleinement pour soi.
Notre responsabilité de prêtres et de laïcs est de témoigner : et de quoi donc, si ce nfest de ce que, comme le dit Jésus, « Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » ? Sommes-nous de ceux qui lient ou qui délient, de ceux qui ouvrent un chemin vers la grâce ? Ou de ceux qui enferment les gens vers leurs culpabilités ? Sommes-nous des hommes et des femmes dfespoirs perdus ?
Nous avons en main les clefs de la libération de nos frères et sœurs, encore accablés et esclaves.
4.PRIER
Seigneur Jèsus, tu rassembles le peuple des sauvés, prends pitié de nous.
O Christ, tu est le Messie, le Fils du Dieu vivant, prends pitié de nous.
Seigneur, tu fais de nous des membres de lfEglise, prends pitié de nous.
© Kakaluigi, 2008
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La prière
dfune étrangère
1.ECOUTER
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15, 21-28
Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon. Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent pour lui demander : « Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues d'Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. - C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.
2.REFLECHIR
Jésus est à lfétranger avec ses disciples. Une étrangère, une païenne, est au centre du récit. Les juifs traitaient les païens de chiens. On disait qu'ils étaient des non juifs. Cette étrangère est désespérée. Elle crie, parce qu'elle sait que le salut vient de Jésus. Elle interpelle Jésus avec une telle insistance que les disciples en ont assez. Cette femme crie sa douleur de mère qui voit son enfant affligée d'un mal mystérieux. Elle se montre d'une foi audacieuse, mais les mots de Jésus sont regardés par plusieurs comme étant injustes, incorrects :
- Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël.
- Laisse d'abord les enfants se rassasier; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens.
Pourquoi cette attitude chez Jésus ? Fait-il semblant dfêtre dur et indifférent? Bizarre ! On a lfimpression qufil est bêtement humain. Comme nous, sfest-il laissé entraîné par le poids des préjugés et des exclusions diverses.
Concernant, les premiers mots de Jésus, il faut savoir que l'Évangile de Matthieu était destiné d'abord aux Juifs devenus chrétiens et placés à un tournant historique. Ils traînent avec eux leur conception juive de la vie et de Dieu. De ce Dieu qui est en premier lieu Dieu dfIsraël et non pas Dieu des païens. Les disciples, juifs élevés à la juive, étaient habitués à être le peuple élu. Pourtant ils font preuve dfhumanité et en viennent à demander grâce pour cette païenne. Cfest ce que Jésus voulait obtenir de ces disciples. Toute l'attitude de Jésus avait également pour but que de faire grandir la foi de cette païenne, pour que son miracle appelle la conversion plutôt que le merveilleux.
Jésus nous invite à nous laisser emporter par un élan de compassion pour la souffrance, la détresse de ceux qui nous sont étrangers, de ceux qui nous sont lointains. Et cfest de plus en plus difficile car aujourdfhui, on voit tant de souffrance autour de nous, des cris des malheureux, et on fait semblant de ne pas les entendre. Des charrettes de la mer qui passent la méditerranée en provenance de lfAfrique avec son charge de dizaines de misérables à la recherche du bonheur et de la liberté dans ce vieux continent qui est lfEurope. Des enfants du Darfour, des enfants soldats, etc. Autant dfimages qui nous arrivent au quotidien et qui nous trouvent indifférentsc préoccupés dfautres choses. On en devient blasé. Jésus ne veut pas qufon se blase de cela. Il veut nous entraîner dans la compassion. Il veut nous entraîner à demander grâce pour ceux qui souffrent le mépris de leur intégrité dfhomme et de femme, aimés de Dieu.
Jésus ne franchit donc pas les frontières dfIsraël pour sféloigner de son peuple. Nous sommes invités à nous mettre à lfécole de Jésus lorsque nous sommes devant de nouveaux défis, peut-être un nouveau tournant historique. A quoi faut-il être ouvert? A quoi faut-il tenir ? Il faut oser comme chrétiens vivre des temps différents. Il faut oser apporter la particularité du dessein de Dieu tel que les Écritures nous le rapporte. Jésus veut aussi que notre action en faveur des malheureux soit un témoignage de la grâce que Dieu nous a fait de nous aimer, de nous arracher à nos ténèbres intérieures, de nous délivrer de la tyrannie de notre péché. De briser notre solitude.
3.AGIR
Oser donc dfaller contre courant. De poser des gestes de véritable solidarité. Dans notre vie, Dieu agit de la même façon qufavec cette mère qui ne doit pas être considérée comme étrangère. Personne est étranger devant Dieu. Tous les hommes de toute race sont ses enfants.
Souvent nous ne comprenons tous cela et nous vivons en patrons envers les autres. Fils du même Dieu, nous sommes des frères et sœurs orienté vers le même et unique objectif. Que ton règne vienne ! Ne nous décourageons pas si Dieu fait la sourde oreille ! Et si c'était pour faire croître notre foi. Dans la famille du Père, les lois sont au service de l'amour et nous sommes tous aimés de Dieu.
La foi a permis à cette mère de dépasser les apparences incompréhensibles, elle a fait confiance à lfidentité véritable de Jésus. Elle nfa pas accepté le non. Elle nfa pas accepté lfindifférence des apôtres. Oh, lfindifférence vers les pauvres de certains responsables dfEglises ! Qui ne savent pas lire les signes des temps. Qui vivent leur vie opulente, très éloignée de celle de ses ouailles.
La Cananéenne a eu confiance. Avons-nous aussi confiance qufelle ? Peut etre cfest ce qui nous manque.
4.PRIER
Seigneur, aide-moi à ouvrir mon cœur pour aimer les souffrances de mes frères et sœurs, et avoir le courage de savoir demander pour eux la solidarité qui leur manque.
© kakaluigi 2008
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L'ESPRIT QUI TRANSFORME LA CONFUSION EN
COMMUNION ET QUI NOUS POUSSE A ETRE TEMOINS SUR LES ROUTES DU
MONDE
Pentecôte
2008 : 11 mai 2008
ECOUTER
Jn 20, 19-23
C'était après la mort de Jésus, le soir du
premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé
les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient
peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au
milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous !
» Après cette parole, il leur montra ses mains et son
côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant
le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix
soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit
sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit
Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés,
ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez
ses péchés, ils lui seront maintenus. »
COMPRENDRE
Le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint descendit avec
puissance sur les Apôtres et la mission de l'Eglise dans le
monde commença. Jésus avait lui-même préparé
les apôtres à cette mission en leur apparaissant
plusieurs fois après sa résurrection (cf. Ac 1, 3).
La fete de Pentecote c'est l'aboutissement et le commencement de
la meme mission que le Christ à instauré. Avant son
ascension à la droite du Père, il leur donna l'ordre
de « ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce
que le Père avait promis » (cf. Ac 1, 4-5). Il leur
demanda de demeurer ensemble pour se préparer à
recevoir le don de l'Esprit Saint. C'est alors qu'ils se réunirent
en prière avec Marie au Cénacle, dans l'attente de
l'événement promis (cf. Ac 1, 14).
Demeurer ensemble dans la prière, être dans la
concorde, fut la condition posée par Jésus pour
accueillir le don de l'Esprit Saint qui pousserait les apôtres
à partir en mission. Une formidable leçon pour toute
communauté chrétienne que Benoît XVI exprime
par ces mots : « Pour comprendre la mission de l'Église,
nous devons revenir au Cénacle où les disciples restèrent
ensemble (cf. Lc 24, 49), priant avec Marie, la "Mère",
dans l'attente de l'Esprit promis. C'est de cette icône de
l'Église naissante que toute communauté chrétienne
doit en permanence s'inspirer. La fécondité
apostolique et missionnaire n'est pas d'abord le résultat
de méthodes et de programmes pastoraux savamment élaborés
et "efficaces", mais le fruit de l'incessante prière
communautaire (cf. Paul VI, Exhort. apost. Evangelii nuntiandi, n.
75). En outre, l'efficacité de la mission présuppose
que les communautés soient unies, à savoir qu'elles
aient «un seul cœur et une seule âme» (Ac
4, 32), et qu'elles soient disposées à témoigner
de l'amour et de la joie que l'Esprit Saint répand dans le
cœur des fidèles (cf. Ac 2, 42). » (cf. Lettre
aux jeunes pour les JMJ 2008)
Les images utilisées par saint Luc pour indiquer
l'irruption de l'Esprit Saint - le vent et le feu - rappellent le
Sinaï, où Dieu s'était révélé
au peuple d'Israël et lui avait accordé son Alliance
(cf. Ex 19, 3sq). La fête du Sinaï, qu'Israël célébrait
cinquante jours après Pâques, était la fête
du Pacte. En parlant de langues de feu (cf. Ac 2, 3), saint Luc
veut représenter la Pentecôte comme un nouveau Sinaï,
comme la fête du nouveau Pacte, dans lequel l'Alliance avec
Israël est étendue à tous les peuples de la
Terre. L'Eglise est catholique et missionnaire depuis sa
naissance. L'universalité du salut est démontrée
de manière significative par la liste des nombreuses
ethnies auxquelles appartiennent ceux qui écoutent la première
annonce des Apôtres (cf. Ac 2, 9-11). Le Peuple de Dieu,
configuré pour la première fois, au Sinaï, est
aujourd'hui élargi au point de ne plus connaître
aucune frontière de race, de culture, d'espace ou de temps.
Contrairement à ce qui s'était produit avec la tour
de Babel (cf. Gn 11, 1-9), lorsque les hommes, désireux de
construire de leurs mains un chemin vers le ciel, avaient fini par
détruire leur capacité même de se comprendre
les uns les autres, à la Pentecôte, l'Esprit,
à travers le don des langues, montre que sa présence
unit et transforme la confusion en communion. C'est formidable,
n'est-ce pas ? C'est formidable pour nous que ne pensons qu'à
la division, aux frontières-
L'accueil de l'Esprit Saint conduit à œuvrer au
service de la communion entre les hommes.
Saint Paul rappele aux chrétiens de Corinthe que les dons
de l'Esprit Saint sont toujours conférés en vue du
Bien de tous et doivent par cela contribuer à constituer
l'unité de la communauté. Les dons de l'Esprit ne
sont pas une fin en eux-mêmes, ils sont toujours au service
de l'édification du corps. L'ultime finalité de
toute mission chrétienne est de construire l'unité.
L'humanité et le monde sont blessés par la division.
Celle-ci nous affecte intérieurement et touche aussi notre
relation au monde, aux autres et à Dieu. L'œuvre recréatrice
de l'Esprit Saint est précisément de rétablir
la communion là où la division s'est installée
depuis le péché des origines.
Le péché originel ne porte pas seulement avec lui la
division. La confusion est une autre de ses conséquences,
plus perverse car elle se déguise souvent sous la forme
d'une pseudo-communion. C'est ce que nous avons vu avec l'épisode
de la tour de Babel. Or l'Esprit Saint veut l'unité et la
multiplicité. En lui, les deux vont de pair. L'Esprit dans
ses dons, prend de multiples formes. Il souffle où il veut,
de manière inattendue, dans des lieux inattendus et sous
des formes qu'on ne peut jamais imaginer à l'avance.
Cependant, il opère tout cela non pas de façon
arbitraire mais en vue de l'unité. C'est ici que la
confusion est démasquée. Car l'unité qu'elle
prétend réaliser, fruit de l'orgueil et de l'égoïsme
des hommes, n'est qu'un totalitarisme. Elle ne conduit en réalité
qu'à créer des divisions, dresser des murs d'indifférence,
de haine et de violence.
AGIR
Au contraire, les fruits de la vie de l'Esprit en nous sont la
paix et la charité qui pour servir la communion se
manifeste sous le mode de la miséricorde. C'est la péricope
évangélique de ce jour qui nous rappelle cela. Le
soir du premier jour de la semaine après la mort de Jésus,
alors que les disciples se sont enfermés par peur des
Juifs, Jésus vient au milieu d'eux, souffle sur eux son
Esprit de paix et les envoie comme apôtres de sa miséricorde
: « Jésus leur dit de nouveau : 'La paix soit avec
vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi
aussi, je vous envoie.' Ayant ainsi parlé, il répandit
sur eux son souffle et il leur dit : 'Recevez l'Esprit Saint. Tout
homme à qui vous remettrez ses péchés, ils
lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils lui seront maintenus'. »
PRIER
« Aujourd'hui, Seigneur, par le mystère de la Pentecôte,
tu sanctifies ton Eglise chez tous les peuples et dans toutes les
nations ; répands les dons du Saint-Esprit sur l'immensité
du monde, et continue dans les cœurs des croyants l'œuvre
d'amour que tu as entreprises au début de la prédication
évangélique pour que dans la force de l'Esprit ils
puissent œuvrer à rassembler tes enfants dispersés.
» (Cf. Collecte de la messe de Pentecôte)
© kakaluigi 2008
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Voila un Dieu sans frontières
Fete de l'Ascension , 4 mai 2008
1.Pour écouter
Évangile de Jésus-Christ
selon saint Mathieu 28, 16-20
Les onze disciples s'en allèrent en Galilée,
à la montagne où Jésus leur avait ordonné
de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent,
mais certains eurent des doutes. Jésus s'approcha d'eux et
leur adressa ces paroles: « Tout pouvoir m'a été
donné au ciel et sur la terre. Allez donc! De toutes les
nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père,
et du Fils, et du Saint-Esprit; et apprenez-leur à garder
tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je
suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
»
2.Pour méditer
La fête de l'ascension était jeudi dernier, le 1er
mai, mais dans la plus part des églises on la fête ce
dimanche. Et cela est du aux transformations liturgiques dérivées
du Concile Vatican II et aux lois des pays où l'Eglise est
présente. L'Ascension est sur une montagne, 40 jours
après la résurrection de Jésus. Jésus
n'est pas revenu à cette vie comme ce fut le cas pour
Lazare ou dans les miracles de l'Évangile. Il a dépassé
cette vie, il est monté au ciel, il est entré dans
une vie nouvelle auprès du Père. L'Ascension apparaît
donc comme cette porte qui s'ouvre au-delà de la terre, et
qui manifeste autres réalités qui n'admettent ni
frontières, ni discrimination. L'ascension est l'étape
ultime de la résurrection, de cette vie nouvelle qui doit
marquer toute société qui demeure dans ce monde.
Après sa résurrection, la mort n'a plus de prise sur
Jésus. En montant auprès du Père, Jésus
entre dans la présence de Dieu pour régner avec lui
sur le monde et il tient la porte grande ouverte pour nous tous.
Dieu est toujours le même. L'ascension n'ajoute rien
à Dieu. L'ascension c'est comme le retour de Jésus
dans l'unité même de Dieu.
À l'Ascension, Jésus n'est pas devenu absent. II
a seulement changé le mode de sa présence au milieu
de nous, il a changé les manières de le rencontrer.
Une présence absente du Seigneur. Les disciples sont envoyés
à toutes les nations et non pas seulement aux Juifs. Cela
ne veut dire l'établissement d'une nouvelle Loi mais la création
d'un nouveau chemin de vie. Une manière nouvelle de
relations. Un monde sans frontières. Des hommes nouveaux
sans frontières.
L'Evangile est message pour le monde. Et alors nous ne
devons pas rester là bouche bée à regarder le
ciel... les disciples de Jésus ont baptisé au nom du
Père et du Fils et du Saint-Esprit. À la fête
de l'Ascension nous sommes invités à reconnaître
cet amour reçu et à le partager avec les autres.
Nous sommes invités à une démarche en
communauté. L'union est force. Une idée unique et
commune qui devient force créatrice de justice, de paix, de
solidarité, de tolérance. Garder les
commendements que Jèsus à donnés engage toute
notre personne. Jésus nous invite à témoigner.
Allons ensemble, prenons l'initiative et osons. L'amour de Dieu ne
connaît pas de frontières : c'est pour cela que Jésus,
aujourd'hui, nous envoie, au-delà de toutes les frontières,
jusqu'aux extrémités de la terre.
3.Pour agir
L'Ascension nous invite à nous mettre en marche à
la suite de Jésus, un Dieu sans frontières,
à devenir des pèlerins en prenant notre bâton
de marche et en parcourant les routes du monde. Être des
disciples, cela nous invite à poursuivre cette tradition de
transmettre la vie. Vivre l'Ascension, c'est prendre le risque de
donner la vie spirituellement, c'est faire tomber les frontières
comme les rois mages l'avaient fait. Nous devons abolir les frontières
politiques, financières ou sociales. La misère n'a
pas de frontière entre celle des uns et celle des autres.
La bonne nouvelle nous propose une autre manière de
regarder les autres peuples, non pas derrière nos frontières
à défendre, mais au delà des frontières
géographiques et politiques. La question est d'autant plus
urgente et complexe que si nous pouvons, si nous devons aller au
delà des frontières pour l'aide aux plus déshérités
de la terre, ce sont aussi ces malheureux qui viennent vers
nous. Les engagements personnels, les dévouements
individuels, les risques pris et parfois le sacrifice d'une vie
sont porteurs de sens et d'espoir pour tous. Jésus et son
apôtre Paul n'ont-ils pas été des
transfrontaliers, entre Israël et les nations, entre les
juifs et les grecs.
L'Esprit est dans nos cœurs pour nous faire passer dès
maintenant de la guerre à la paix, de la dureté
à l'amour, de la mort à la vie. Pour que dès
maintenant quelque chose de la joie de l'au-delà éclaire
notre vie et notre monde. Jésus n'a pas simplement été
un observateur de la misère et un dénonciateur des
malheurs que nous pouvons expérimenter dans notre vie. Il
s'est impliqué personnellement, il a soutenu les malades,
il les a guéris, il a écouté les gens en détresse,
il a partagé avec les plus pauvres, il a invité les
gens à l'honnêteté et à la justice.
Nous aussi nous devons permettre à tout être humain
de se libérer de ses chaînes.
Nos frontières ne montent pas jusqu'au ciel et Jésus
en tient la porte ouverte. Nous devons ouvrir la voie pour que
nous puissions rencontrer Dieu et partager sa vie ici, aujourd'hui
et demain dans la vie éternelle.
4. Pour prier
Seigneur, nous te prions en ce dimanche de
l'Ascension de Jésus au ciel, pour un monde sans frontières,
où tous ce sentent dans leur propre maison, où
les différences de langue, de races et de cultures sont
remplies par la fraternité et la tolérance.
Seigneur, nous te prions pour que cessent les guerres, la haine,
la concurrence déloyale, les intolérances de tout
genre.
© kakaluigi 2008
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PERSONNE NE VA VERS LE PERE SANS PASSER PAR
MOI
5e dimanche de Paques, 20 avril 2008
1. Evangile de Jesus-Christ selon saint Jean 14, 1-12
Ne soyez donc pas bouleverses : vous croyez en Dieu, croyez aussi
en
moi. Dans la maison de mon Pere, beaucoup peuvent trouver leur
demeure ;
sinon, est-ce que je vous aurais dit: Je pars vous preparer une
place ?
Quand je serai alle vous la preparer, je reviendrai vous prendre
avec
moi ; et la ou je suis, vous y serez aussi. Pour aller ou je m'en
vais,
vous savez le chemin. â
Thomas lui dit : á Seigneur, nous ne savons meme pas ou tu vas ;
comment pourrions-nous savoir le chemin ? â Jesus lui repond :
á Moi, je
suis le Chemin, la Verite et la Vie ; personne ne va vers le Pere
sans
passer par moi.? Puisque vous me connaissez, vous connaitrez aussi
mon
Pere. Des maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. â
Philippe lui dit : á Seigneur, montre-nous le Pere ; cela nous
suffit.
â Jesus lui repond : á Il y a si longtemps que je suis avec
vous, et
tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Pere.
Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le Pere' ? Tu ne crois donc
pas que je
suis dans le Pere et que le Pere est en moi ! Les paroles que je
vous
dis, je ne les dis pas de moi-meme ; mais c'est le Pere qui
demeure en
moi, et qui accomplit ses propres ?uvres. Croyez ce que je vous
dis : je
suis dans le Pere, et le Pere est en moi ; si vous ne croyez pas
ma
parole, croyez au moins a cause des ?uvres. Amen, amen, je vous le
dis :
celui qui croit en moi accomplira les memes ?uvres que moi. Il en
accomplira meme de plus grandes, puisque je pars vers le Pere.
2. MEDITATION
Combien de fois nous avons ecoute, medite les paroles de cette
page
dfevangile?? Combien de fois nous avons pu entendre ce Jesus qui
nous
dit?: Je suis le chemin, la verite et la vie?? Le discours de
Jesus n'est
pas facile a saisir et c'est pourtant une etape essentielle sur le
chemin de lfEvangile du Royaume et sur nos chemins personnels.
Demeurer
est ici un mot important. C'est lfoccasion d'une rencontre entre
Dieu
et l'humain.? Le but de cette rencontre nfest pas de nous
sauver, ni
dfavoir la paix et la joie en nous. Il ne sfagit pas non plus
dfavoir
bonne conscience, ni de se prevaloir dfune protection contre les
catastrophes. Non, cette rencontre a pour but de preserver et de
communiquer la vie divine. Cette vie est si fragile que
nfimporte qui peut la
crucifier. Elle est si precieuse qufil est impossible de vivre
authentiquement sans lfassimiler. Ce que nous avons vecu cette
semaine avec le
terrible et catastrophique crash dfavion a Goma en est une
confirmation de ce que nous venos de dire. Notre vie est tres
fragile, mais elle a
une valeur immense. Personne a le droit dien profiter dfelle, ni
de
lfeffacer, de lfeliminer, de la tuer.
Cfest cela qui est le tout de lfEvangile : sur la croix Dieu
sfest
remis entre nos mains parce qufil sfest revele justement comme
une
pauvrete absolue,? comme un vide infini ou chacun peut trouver sa
demeure,
ou chacun peut puiser lfeau de toute la vie, dans toutes ses
dimensions, qufelle soit humaine, sociale, religieuse, eternelle.
La vie
dans sa totalite, et qui devient source puissante pour chacun dans
la
mesure ou chacun accueille la Presence de Dieu et la laisse vivre
en soi.
Dieu sfest confie a notre amour. Il sfest rendu vulnerable.
Comme
chretiens, la premiere des exigences concerne notre relation avec
Jesus.
Un lien vital, profond, dans la confiance.
Demeurer en Dieu passe par l'amour que nous avons pour nos freres
et
s?urs. Concretement. Les mots ne suffisent plus. La croix n'est
pas un
concept abstrait et intellectuel. Aimer, donner un pardon, dire
son
amour, est quelque chose qui engage concretement. Le regne de Dieu
est en
nous, le regne de Dieu cfest nous. Le mal, cfest nous quand
nous sommes
en refus, et le bien cfest nous quand nous sommes une presence
dfamour. Mais il ne sfagit pas simplement dfimplorer par des
mots vides un
regne abstrait. Croire. Croire au-dela de toute peur. Croire en
Dieu,
en Jesus, par-dessus tout. Jesus se fait rassurant, bienveillant
envers
les siens. Nous ne croyons pas en un Dieu indifferent, froid,
lointain, mais en un Pere plein de tendresse, un frere attentif a
nos
angoisses, soucieux de nous avoir tous avec lui.
Pour celui ou celle qui ne croit pas, la vie est absurde, sans
issue.
Le passage secret qui nous mene au ciel, cfest Jesus, mort et
ressuscite, vivant pour toujours. A nous de le suivre, en toute
confiance, avec
foi. Et, avec lui, nous apprendrons que le paradis nfest pas un
simple
lieu de refuge pour la fin de nos jours; le ciel nfest une
simple
promesse de bonheur a venir pour surmonter lfamertume du temps
present;
Dieu nfest pas un opium pour sfevader loin des souffrances du
moment
present.
Jeudi passe au moment des obseques des victimes du crash dfavion
de
Goma, au moment que nous pleurions toutes ces victimes innocentes,
devant
les delegues du gouvernement et les politiciens tombes subitement
sur le leiu du desastre avec leurs bagages pleins de paroles et de
promesses, je me suis, encore une fois, senti avec une presence
qui
mfencourageait a comprendre et en meme temps me donnait la force
pour denoncer
leurs responsabilites et leurs culpabilites. La verite nfest pas
negociable.
Le ciel commence des ici-bas pour ceux et celles qui font les ?uvres
de
Jesus, qui repetent ses paroles dfamour et de pardon et refont
ses
gestes dfaccueil et de reconfort. Le ciel commence des ici-bas
pour ceux
et celles qui meurent a eux-memes, a leurs projets egocentriques,
pour
renaitre en realisant les projets de Dieu pour notre terre, notre
monde.
Nous pourrons veritablement temoigner de Jesus qufen vivant dans
son
intimite et son amour, qufen demeurant en Dieu. Demeurer en Dieu
non
pas dans une experience foudroyante, comme celle du chemin de
Damas, mais
un cheminement lent avec une presence aimante, enveloppante,
chaque
jour de plus en plus ressentie. Une presence qui entre dans la vie
et qui
se fraie un chemin jusqufau plus profond de lfetre. Dieu nous
aime
d'un amour total, unique, jusqu'a mourir pour notre salut. Amour
qui
bouleverse tout, tendresse inouie a laquelle on ne peut repondre
que par
l'amour. Nous ne pouvons repondre a l'amour que par l'amour.
c kakaluigi 2008
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«La route vers l'humanité»
4e dimanche de Pâques,
13 avril 2008
«La route vers l'humanité»
4e dimanche de Pâques, 13 avril 2008
1. Pour lfécoute
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10, 1-10
« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la
bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre
endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui
entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis. Le
portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses
brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les
fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il
marche à leur tête, et elles le suivent, car elles
connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles
s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix
des inconnus. »
Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens,
mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. C'est
pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je
vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont
intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais
les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la
porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé
; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le
voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire.
Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils
l'aient en abondance.
2. Pour la méditation
En ce dimanche du vrai berger, du bon pasteur, nous sommes invités
à prier pour les vocations sacerdotales et religieuses. En
effet nous célébrons aujourdfhui la 45e journée
Mondiale de prière pour les vocations. Chaque année
le Pape envoie à toutes les Eglises un message, et cette
année 2008 le message a comme titre : les vocations au
service de lfEglise-mission. Nous sommes invités à
réfléchir sur notre cheminement chrétien, sur
notre propre vocation. Au fond, où allons-nous ? Vers où
sforientent nos pas ? Qui suivons-nous ? Chacun de nous est
marqué par sa propre vocation, toujours à découvrir,
toujours à faire croitre, toujours à donner une réponse
franche et sincère.
La relation entre le berger et son troupeau a souvent servi
dfimage pour illustrer les relations entre le peuple et son roi,
entre les humains et Dieu. Jésus est le vrai berger et il
est prêt à tout pour que ses brebis soient heureuses
et qufelles aient la vie en abondance. Au contraire, celui qui
sfintroduit en cachette dans la bergerie nfa pas du tout
à cœur le bien-être des brebis ; il ne pense
qufà son propre petit bonheur. Cette image parlait aux
Juifs. Avec un peu dfeffort elle nous parle à nous aussi.
Jésus nous invite, au fond, à le rencontrer
personnellement. Et cfest à partir de cette rencontre
personnelle que nous decouvrons notre propre vocation, c'est-à-dire
la place à prendre dans lfimmense champ du Seigneur. Et Jésus
ajoute que « Pour vivre pleinement, il faut donc passer par
la porte de Jésus, il faut sfadapter à ses
dimensions. Sous certains aspects, il nous faut grandir et nous
dilater ; sous dfautres aspects, il faut nous abaisser en toute
humilité et nous réduire à la mesure de Jésus.
J'ai un corps, un esprit, une âme. Pourquoi rester enfermé
en soi. Il faut sortir de soi-même pour exister, pour faire
vivre lfhumanité. Jésus nous ouvre les portes pour
aller rencontrer l'autre. Il nous ouvre les portes et nous invite
à sortir de nous-mêmes. Essayons tous de traverser
souvent la porte, c'est-à-dire, essayons souvent d'aller
vers l'autre.
Mère Térésa contait qu'il y avait en Indes un
mouroir pour enfants handicapés et elle disait qu'elle
avait été bouleversée parce que parmi ces
enfants, certains n'avaient pas de mains, d'autres n'avaient pas
de pieds et d'autres n'avaient pas des yeux. Mais ce qui l'avait
le plus bouleversée, c'était que ceux qui avaient
des mains prêtaient leurs mains à ceux qui n'en
avaient pas. Ceux qui avaient des jambes portaient les enfants qui
rampaient et ceux qui avaient des yeux devenaient les yeux de ceux
qui étaient devenus aveugles. Elle disait que c'était
beau ! C'était beau parce que les gens mettaient toutes les
choses en commun et lorsqu'on met nos trucs en commun, on est sûr
d'aller vers l'autre et d'avoir traversé la porte, on est sûr
d'avoir choisi Jésus.
Dieu est venu chez des gens, peut-être bien tranquilles,
mais toujours pour les mettre en route. Pensons aux disciples bien
cachés après sa mort sur la croix, à Thomas,
aux disciples dfEmmaüs c Dieu veut-il me faire quitter
mon pays pour aller vers lfautre ? Mère Teresa a quitté
son Albanie natale pour aller en Inde. Mais, à la grande
majorité d'entre nous, c'est à un autre voyage que
nous sommes conviés : sortir de nous-mêmes.
3. Pour lfagir
Que faire ?
Sortir de notre égoïsme, c'est évident mais pas
toujours facile. D'autant plus que parfois nous l'habillons de générosité
: nous voulons faire du bien, mais à notre façon
à nous. Il se peut que le Seigneur nous demande de faire
autre chose...
Sortir de nos idées toutes faites, sur la façon d'être
chrétien, pour vivre la même foi, mais autrement.
Paul, juif jusqu'au plus profond de lui-même, est devenu
l'apôtre des gentils. Des chrétiens, bourgeois de par
leur naissance, sont devenus apôtres des pauvres : Saint
François dfAssise, notre patron, est un exemple bien
connu.
Sortir de nos habitudes, de notre façon de voir, pour vivre
avec des gens d'autres horizons, d'autres cultures c Et, dans
ces rencontres, nous trouverons Jésus.
Nous mettre à lfécoute de Jésus, le suivre,
mettre toute notre vie dans ses mains et nous laisser conduire par
lui. Nous devons être attentifs à tous les signes de
la présence de Dieu dans nos vies. Jésus emploie
différentes manières pour nous appeler. Et notre
monde, malade et distrait a fortement besoin de prêtres,
religieux et religieuses. Je pense qufil nous faut en plus de générosité,
et cela à partir de nos familles.
Pour que Pâques devienne cette source d'espérance, il
nous faut sortir de nous-mêmes, sortir de notre petit cocon
confortable et nous intéresser à ce que vivent nos
frères et sœurs autour de nous et prendre des décisions
pour les bien servir. Prendre en compte les joies et les peines,
les inquiétudes, les soucis, mais aussi les espoirs de ceux
et celles que nous côtoyons. Nous sommes invités
à sortir de nous-mêmes pour aller à la
rencontre de nos frères et sœurs. La vocation est un
appel à la perfection, mais aussi un appel au service de
Dieu et de nos frères et sœurs. La vie est belle si on
la donne.
4. Pour la prière
Prier le patron de moisson pour qufil envoie des ouvriers :
Seigneur, continue à appeler nos jeunes, nos filles,
donne-leur courage et force pour qufils répondent avec
joie et mettent toutes leurs vies à ton service et au
service de nos frères et sœurs dans un Eglise toujours
et davantage en mission.
Donne-nous Jésus de sortir de nous-mêmes, de nos
isolements, de nos certitudes, de nos égoïsmes, pour
vivre vraiment la rencontre de l'autre. Aide-nous à ouvrir
la porte de nos maisons à ceux qui, dehors, n'ont pas de
pierre où reposer la tête. Donne-nous de savoir
ouvrir nos greniers débordants de provisions, pour que les
affamés se rassasient de ta justice. Que s'ouvrent les
frontières de notre pays des droits de l'homme à
ceux qui errent sans espérance et sans toit en ce monde.
Amen
© kakaluigi 2008
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MESSAGE
DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI POUR LA XLV JOURNÉE
MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS
13 AVRIL 2008 - IVe DIMANCHE DE PÂQUES
Thème : «Les vocations au service de l'Église-mission»
Chers frères et sœurs !
1. Pour la Journée mondiale de prière pour les
vocations, qui sera célébrée le 13 avril
2008, j'ai choisi pour thème : Les vocations au service de
l'Église-mission. Jésus ressuscité a confié
aux Apôtres le mandat : «Allez donc ! De toutes les
nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père,
et du Fils, et du Saint-Esprit» (Mt 28, 19), en leur
promettant : «Et moi, je suis avec vous tous les jours
jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20). L'Église
est missionnaire dans sa totalité et en chacun de ses
membres. Si, en vertu des sacrements du Baptême et de la
Confirmation, tout chrétien est appelé à témoigner
et à annoncer l'Évangile, la dimension missionnaire
est spécialement et intimement liée à la
vocation sacerdotale. Dans l'alliance avec Israël, Dieu
confia à des hommes, choisis par avance, appelés par
Lui et envoyés au peuple en son nom, la mission d'être
prophètes et prêtres. Il fit ainsi, par exemple, avec
Moïse : «Maintenant, va ! – lui dit le Seigneur
– Je t'envoie chez Pharaon : tu feras sortir d'Égypte
mon peuplec quand tu auras fait sortir d'Égypte mon
peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne»
(Ex 3, 10.12). Il en fut de même avec les prophètes.
2. Les promesses faites à nos Pères se réalisèrent
pleinement en Jésus Christ. À ce sujet, le Concile
Vatican II affirme : «Le Fils est donc venu, envoyé
par le Père qui nous a élus en lui avant la création
du monde et nous a prédestinés à lfadoption
filialec C'est pourquoi le Christ, pour accomplir la volonté
du Père, a inauguré sur terre le Royaume des cieux,
et nous a révélé son mystère et, par
son obéissance, a effectué la Rédemption»
(Const. dogm. Lumen gentium, n. 3). Et, comme proches
collaborateurs dans son ministère messianique, Jésus
se choisit des disciples, dès sa vie publique, pendant sa
prédication en Galilée. Par exemple, lors de la
multiplication des pains, quand il dit à ses Apôtres
: «Donnez-leur vous-même à manger» (Mt
14, 16), les incitant ainsi à prendre en charge les besoins
des foules, auxquelles il voulait offrir la nourriture pour les
rassasier, mais aussi pour leur révéler la
nourriture «qui se garde jusque dans la vie éternelle»
(Jn 6, 27). Il était saisi de compassion pour les hommes,
parce qu'en parcourant les villes et les villages, il rencontrait
des foules fatiguées et abattues, «comme des brebis
sans berger» (cf. Mt 9, 36). De ce regard d'amour
jaillissait son invitation aux disciples : «Priez donc le maître
de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson» (Mt 9,
38), et il envoya les Douze d'abord «aux brebis perdues de
la maison d'Israël», avec des instructions précises.
Si nous nous arrêtons pour méditer cette page de l'Évangile
de Matthieu, que l'on appelle habituellement «le discours
missionnaire», nous relevons tous les aspects qui caractérisent
l'activité missionnaire d'une communauté chrétienne
qui veut rester fidèle à l'exemple et à
l'enseignement de Jésus. Correspondre à l'appel du
Seigneur nécessite d'affronter, avec prudence et simplicité,
tout danger et même les persécutions, puisque «le
disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur
au-dessus de son seigneur» (Mt 10, 24). Devenus un avec le
Maître, les disciples ne sont plus seuls à annoncer
le Royaume des cieux, mais c'est Jésus lui-même qui
agit en eux : «Qui vous accueille m'accueille, et qui
m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé» (Mt 10,
40). Et en outre, comme véritables témoins, «revêtus
d'une force venue d'en-haut» (Lc 24, 49), ils prêchent
«la conversion et le pardon des péchés»
(Lc 24, 47) à toutes les nations.
3. Cfest précisément parce qu'ils sont envoyés
par le Seigneur que les Douze prennent le nom d'"apôtres",
destinés à parcourir les routes du monde en annonçant
l'Évangile comme témoins de la mort et de la résurrection
du Christ. Saint Paul écrit aux chrétiens de
Corinthe : «Nous – c'est-à-dire les Apôtres
– nous proclamons un Messie crucifié» (1 Co 1,
23). Dans ce processus d'évangélisation, le livre
des Actes des Apôtres attribue aussi un rôle très
important à d'autres disciples, dont la vocation
missionnaire provient de circonstances providentielles, parfois
douloureuses, comme l'expulsion de leur terre en tant qu'adeptes
de Jésus (cf. 8, 1-4). L'Esprit Saint permet de transformer
cette épreuve en occasion de grâce et dfen tirer
profit pour que le nom du Seigneur soit annoncé à
d'autres peuples et qu'ainsi s'élargisse le cercle de la
Communauté chrétienne. Il s'agit d'hommes et de
femmes qui, comme l'écrit Luc dans le livre des Actes,
«ont consacré leur vie à la cause de notre
Seigneur Jésus Christ» (15, 26). Le premier de tous,
appelé par le Seigneur lui-même à être
un véritable Apôtre, est certainement Paul de Tarse.
L'histoire de Paul, le plus grand missionnaire de tous les temps,
fait émerger, sous de multiples points de vue, le lien
entre vocation et mission. Accusé par ses adversaires de ne
pas être autorisé à l'apostolat, il fait
maintes fois appel à la vocation qu'il a reçue
directement du Seigneur (cf. Rm 1, 1 ; Ga 1, 11-12.15-17).
4. Au début, comme par la suite, c'est toujours «l'amour
du Christ» qui «pousse» les Apôtres (cf. 2
Co 5, 14). En fidèles serviteurs de l'Église,
dociles à l'action de l'Esprit Saint, d'innombrables
missionnaires ont suivi les traces des premiers disciples au long
des siècles. Le Concile Vatican II fait remarquer : «Bien
qu'à tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge
de répandre la foi, le Christ Seigneur ne cesse cependant
dfappeler parmi ses disciples ceux qu'il veut pour qu'ils soient
avec lui et pour les envoyer prêcher aux peuples païens
(cf. Mc 3, 13-15)» (Décr. Ad gentes, n. 23). En
effet, l'amour du Christ est communiqué à nos frères
par lfexemple et par la parole, et par toute lfexistence.
«La vocation spéciale des missionnaires ad vitam
– selon les paroles de mon vénéré Prédécesseur
Jean-Paul II – conserve toute sa valeur : elle est le
paradigme de l'engagement missionnaire de l'Église, qui a
toujours besoin que certains se donnent radicalement et
totalement, qui a toujours besoin d'élans nouveaux et
audacieux» (Enc. Redemptoris missio, n. 66).
5. Parmi les personnes qui se dévouent totalement au
service de l'Évangile, on trouve en particulier les prêtres.
Ils sont appelés à dispenser la Parole de Dieu,
à administrer les sacrements, spécialement
l'Eucharistie et la Réconciliation, dévoués
au service des plus petits, des malades, des pauvres, des
personnes qui souffrent et de celles qui traversent des moments
difficiles dans des régions de la terre où il y a
parfois des multitudes qui, aujourd'hui encore, n'ont pas véritablement
rencontré Jésus Christ. Les missionnaires leur
apportent la première annonce de son amour rédempteur.
Les statistiques montrent que le nombre des baptisés
augmente chaque année grâce à l'activité
pastorale de ces prêtres, entièrement consacrés
au salut de leurs frères. Dans cet esprit, il faut
remercier tout spécialement les «prêtres fidei
donum, qui, avec compétence et généreux dévouement,
construisent la communauté en lui annonçant la
Parole de Dieu et en lui partageant le Pain de la vie, sans
épargner leurs forces dans le service de la mission de l'Église.
Il faut remercier Dieu pour les nombreux prêtres qui ont
souffert jusqu'au sacrifice de leur vie pour servir le Christc
Il s'agit de témoignages émouvants qui peuvent
inspirer beaucoup de jeunes à suivre à leur tour le
Christ et à donner leur vie pour les autres, trouvant ainsi
la vie véritable» (Exhort. ap. Sacramentum caritatis,
n. 26). À travers ses prêtres, Jésus se rend
donc présent parmi les hommes d'aujourd'hui, jusque dans
les lieux les plus reculés de la terre.
6. Dans l'Église, il y a aussi depuis toujours beaucoup
d'hommes et de femmes qui, poussés par l'action de l'Esprit
Saint, choisissent de vivre l'Évangile d'une manière
radicale, professant les vœux de chasteté, de pauvreté
et d'obéissance. Cette multitude de religieux et de
religieuses, appartenant à d'innombrables Instituts de vie
contemplative et active, a encore «une très grande
part dans l'évangélisation du monde» (Décr.
Ad gentes, n. 40). Par leur prière permanente et
communautaire, les religieux de vie contemplative intercèdent
sans cesse pour toute l'humanité ; les religieux de vie
active, par leurs multiples formes d'action caritative, apportent
à tous le témoignage vivant de l'amour et de la miséricorde
de Dieu. À propos de ces apôtres de notre temps, le
Serviteur de Dieu Paul VI tint à dire : «Grâce
à leur consécration religieuse, ils sont par
excellence volontaires et libres pour tout quitter et aller
annoncer l'Évangile jusqufaux confins du monde. Ils sont
entreprenants, et leur apostolat est marqué souvent par une
originalité, un génie qui forcent lfadmiration.
Ils sont généreux : on les trouve souvent aux
avant-postes de la mission, et ils prennent les plus grands
risques pour leur santé et leur propre vie. Oui, vraiment,
l'Église leur doit beaucoup» (Exhort. ap. Evangelii
nuntiandi, n. 69).
7. De plus, pour que l'Église puisse continuer à
accomplir la mission qui lui a été confiée
par le Christ et qufil y ait toujours les évangélisateurs
dont le monde a besoin, il est nécessaire que lfon ne néglige
jamais dans les communautés chrétiennes une
constante éducation à la foi des enfants et des
adultes ; il est nécessaire de maintenir vivant chez les
fidèles un sens actif de la responsabilité
missionnaire et de la participation solidaire avec les peuples de
la terre. Le don de la foi appelle tous les chrétiens
à coopérer à l'évangélisation.
Cette conscience est nourrie par la prédication et la catéchèse,
la liturgie et une continuelle formation à la prière
; elle grandit par l'exercice de l'accueil, de la charité,
de l'accompagnement spirituel, de la réflexion et du
discernement, ainsi que par un projet pastoral dont le souci des
vocations fait intégralement partie.
8. C'est seulement dans un terrain spirituellement bien cultivé
que fleurissent les vocations au sacerdoce ministériel et
à la vie consacrée. En effet, les communautés
chrétiennes, qui vivent intensément la dimension
missionnaire du mystère de l'Église, ne seront
jamais portées à se replier sur elles-mêmes.
La mission, comme témoignage de l'amour divin, devient
particulièrement efficace quand elle est partagée
d'une manière communautaire, «afin que le monde croie»
(cf. Jn 17, 21). Ce don des vocations, l'Église le demande
chaque jour à l'Esprit Saint. Comme à ses débuts,
recueillie autour de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, la
Communauté ecclésiale apprend d'elle à
implorer du Seigneur la floraison de nouveaux apôtres qui
sachent vivre en eux la foi et lfamour qui sont nécessaires
pour la mission.
9. Alors que je confie ces réflexions à toutes les
Communautés ecclésiales, afin qu'elles se les
approprient et surtout qu'elles s'en inspirent pour la prière,
j'encourage l'engagement de tous ceux qui agissent avec foi et générosité
au service des vocations et de grand cœur j'adresse aux
formateurs, aux catéchistes et à tous, spécialement
aux jeunes en chemin vocationnel, une particulière Bénédiction
Apostolique.
Du Vatican, le 3 décembre 2007.
BENEDICTUS PP. XVI
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