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Aux exclus de la société un « relève-toi et va » suffit-il ? 

  28e dimanche TOC , 10 octobre 2010   Cliquez >>>

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Edition en francais. Chaque Dimanche

 QUI EST KAKALUIGI ? 
Pere Luigi est congolais de coeur du Grand Kivu. Il a vécu pres de 40 ans au Congo, son pays d'adoption. Ses paroissiens, ses amis, ses freres et soeurs congolais l'appellent affectuesusement "Kakaluigi". Sur Congonet Radio, il vous parle chaque dimanche de l'Evangile et de son pays: la RDC. 

Kakaluigi est actuellement en séjour en Italie. Vous pouvez aussi lire ses ecrits sur son blog ( http://kakaluigi.unblog.fr/ ) et contribuez aux actions qu'il soutient au Congo a travers l'Eglise ou les ONGs des Droits Humains...Ecoutez bio >>>

 

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Aux exclus de la société un « relève-toi et va » suffit-il ? 
28e dimancheTOC, 10 octobre 2010
«»

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc, 17, 11-19

Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » En les voyant, Jésus leur dit : «Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu; il n'y a que cet étranger ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé.»


La scène rapportée par Luc se déroule à la frontière de la Samarie et de la Galilée, dans une région caractérisée par une instabilité et des incidents ethnico-religieux. Aux abords dfun village, deux groupes de personnes se croisent. Lfun est formé dfune douzaine dfhommes remplis dfespoir se dirigeant vers Jérusalem. Lfautre groupe est composé dfune dizaine dfhommes pleins de désespoirs, et qui nfavaient pas où aller, car tous ces dix étaient des lépreux 

Jésus est en chemin vers Jérusalem, le lieu où atteindra le sommet de sa mission : donner sa vie pour le salut du monde. Sauver tous les hommes, faire en sorte qufaucun dfentre eux ne se perde.. c'est-à-dire sa mort sur le bois dfune croix.

La lèpre était une maladie sociale. Quand on avait la lèpre, on était chassé de la société d'autant plus qu'on croyait que c'était Dieu qui envoyait la lèpre comme une punition des péchés. Selon la Loi juive appliquée à cette époque, les lépreux ne pouvaient pas communiquer avec les personnes ; ils s'étaient réunis, afin de se rendre mutuellement les soins que tous leur refusaient. C'est à cause de la même interdiction qu'ils étaient arrêtés à distance et qufils durent élever la voix pour implorer la pitié de Jésus. 

Jésus entre dans le monde des exclus. Il va à la rencontre de ceux qui sont chassés, oubliés, les marginaux, de ceux que nous ne voulons pas voir. Le groupe de lépreux crie vers Jésus, et Jésus leur dit dfaller se montrer aux prêtres, car c'était les prêtres qui avaient le pouvoir de décréter si quelqu'un était lépreux ou s'il était guéri. 

C'était les prêtres qui effectuaient la réintégration sociale. Quand Jésus dit aux lépreux dfaller vers les prêtres, tout comme Élisée disait à Naaman dfaller se baigner dans le Jourdain, les lépreux comme le syrien Naaman auraient pu mal réagir devant la banalité du propos. Mais ils font immédiatement confiance à Jésus. Il fallait beaucoup de foi à ces dix lépreux pour se rendre au Temple et y faire constater une guérison qui ne se produisit que sur leur route. 
Jésus, mon Sauveur je le rencontre souvent sur la route, aux croisées des routes, là où il y a des hommes et femmes qui pleurent, qui manquent du nécessaire pour vivre, qui luttent chaque jour pour survivre.
Cfest sur le chemin de la vie que nous rencontrons les pauvres, les affamés, les femmes violées, les enfants sorciers, les clochards, les étrangersc


Un seul, un étranger, – probablement un Samaritain- jugea plus urgent d'aller remercier Dieu et Jésus plutôt que dfaller voir les prêtres. Lui l'étranger, il n'avait rien à faire au temple. De toute façon, les prêtres l'auraient chassé. Alors comme beaucoup d'autres dans l'Évangile, il prend le seul chemin qui vaille, celui de Jésus. Un seul sur les dix à qui Jésus venait de faire du bien. Neuf se sont contentés de la compassion générale de Dieu sans aspirer à rencontrer le Dieu compatissant, sans faire une Action de grâce, sans se vérifier avec ce Jésus miséricordieux et plein de pardon. Les neuf étaient tous de la maison, et ils se croient bien autosuffisants. 
Lfétranger au contraire a compris que lui faut quelque chose en plus, que la seule guérison ne lui donne pas.


Dans les lettres de Paul, les Actions de grâce sont nombreuses, car elles reflètent la vie de lfÉglise qui se laisse peu à peu féconder par la Pâque de Jésus. LfAction de grâce, ce nfest pas simplement dire merci. Cfest une action. Cfest le don de soi dans lfémerveillement et la gratitude. Pour Jésus, l'amour de Dieu et la reconnaissance envers lui priment les préceptes de la Loi, parce qu'ils témoignent dfune vraie foi, celle qui nous sauve et nous qui transforme. Cfétait choquant pour les témoins de voir un étranger reconnaitre les bienfaits de Jésus au moment où les juifs ne savaient pas le faire. Qufen est-il de chrétiens aujourdfhui par rapport aux païens? Qufest-ce qui est le plus urgent? Est-ce que le plus urgent c'est d'accueillir d'abord dans nos communautés les personnes qui sont déjà dans la société, ou plutôt celles qui n'ont pas leur place dans la société ? Est-ce que le modèle est basé sur des règles, ou sur le cœur de Dieu et de toute personne? Est-ce que les exclus doivent attendre d'être guéris pour être aimés, ou est-ce que nous aimons tout le monde et même ceux qui sont marginaux ? 

Les soucis que nous avons aujourd'hui, c'est trop souvent comment faire pour nous débarrasser de tous ces lépreux venus d'ailleurs, de tous ces parias qui mangent notre pain quotidien, celui que dans nos prières nous demandons à Dieu. 
Lfétranger cfest toujours étranger et il nous fait peur. 

Comme Élisée nous devons accomplir la parole de Dieu, nous devons changer nos comportements, reconnaître dans l'autre notre frère, notre sœur. Chasser, marginer, assassiner lfautre cfest un acte ignoble contre lfhumanité. Jésus était arrivé à dire : « Priez pour vos ennemisc » Mais pourquoi classer tous comme des ennemis à éliminer ? Parce qufils ne pensent comme moi, ne se comportent comme moi, 

Nous sommes capables de guérir toutes les lèpres du cœur, même la lèpre de la guerre, même la lèpre des conflits, même la lèpre des rancœurs. Dieu nous accompagne, mais c'est à nous de savoir comment guérir en disant oui à Dieu, puis en passant à lfaction.


Cfest ce que vit le lépreux. Il revient et tombe aux pieds de Jésus comme pour dire : « Je suis à toi », je me remets à toi ! Cfest ta vie qui me fait vivre. Et le lépreux reste là aux pieds de Jésus, en remise de soi, en attente, en offrande de tout son être. Et cela, jusqufà ce que Jésus lui dise: « Va, ta foi tfa sauvé ». 
Relève- toi et vac suffit-il ? Non. Il faut une foi qui sauve, qui engage, qui devient partage et solidarité.

Nous sommes tous les lépreux. Nous sommes tous atteints de la lèpre du cœur. On sfenferme en soi et on va. Mais avons-nous le réflexe de venir à la rencontre de Jésus, et de le supplier dfavoir pitié de nous ?

Comme nous le dit Paul : « on n'enchaîne pas la parole de Dieu. » C'est une parole qui ne sera libre que si nous la mettons en pratique. C'est une parole libre, parce qu'elle engage à l'amour, à la charité... 


Seigneur, pitié ! Pitié de mon grand égoïsme ! Pitié de mon orgueil ! Pitié pour avoir manqué au rendez-vous du merci. Pitié, Seigneur et mets dans mon cœur le feu de ton amour et de ta solidarité. Amen.

Lecture du second livre des Rois : 2R 5, 14-17

Le général syrien Naaman, qui était lépreux descendit jusqu'au Jourdain et s'y plongea sept fois, pour obéir à l'ordre d'Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l'homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Je le sais désormais : il n'y a pas d'autre Dieu, sur toute la terre, que celui d'Israël ! Je t'en prie, accepte un présent de ton serviteur. » Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n'accepterai rien. » Naaman le pressa d'accepter, mais il refusa. Naaman dit alors : « Puisque c'est ainsi, permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays autant que deux mulets peuvent en transporter, car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d'autres dieux qu'au Seigneur Dieu d'Israël. »
Mois dfoctobre, mois des missions: Prions pour les vocations missionnaires.
© kakaluigi, octobre 2010


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[2010/10/08 20:52:11] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu: merci
 
Le juste vivra par sa fidelité
27e dimancheTOC, 3 octobre 2010


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1. ECOUTER
Deux passages de la Bible : Habacuc et Luc

Lecture du livre d'Habacuc, Ha 1, 2-3; 2, 2-4

« Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas ! Pourquoi m'obliges-tu à voir l'abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. Je guetterai ce que dira le Seigneur. » Alors le Seigneur me répondit : « Tu vas mettre par écrit la vision, bien clairement sur des tablettes, pour qu'on puisse la lire couramment. Cette vision se réalisera, mais seulement au temps fixé ; elle tend vers son accomplissement, elle ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, à son heure. Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité. » 


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc, Lc 17, 5-10

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit: « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait. Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.' Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.' »

2. REFLECHIR

Mois dfoctobre, mois du Rosaire, moi des missions. La saison des pluies, lfautomne reprennent leurs rythmes dans la nature. Dans certains pays de ce monde le soleil va se coucher et se lèver plus tard. Les problèmes sociopolitiques sont là sur les bureaux des grands de la terre. Et la vie des hommes et femmes continuent à suivre son chemin de préoccupations, de craintes et de doutes.
La Vierge Marie nous montre son arme pour vaincre notre bataille : la prière du chapelet. La mission, de son coté nous montre la souffrance de lfhumanité qui semble tâtonner dans lfégoïsme et sans Dieu
Il nous arrive à tous de ne pas être maître de nous-mêmes, de ne pas arriver de pardonner même une petite chose, ou dfignorer les valeurs qui doivent prévaloir, de continuer à agir comme si Dieu nfexiste pas. . Les disciples de Jésus ont donc raison, pour suivre Jésus il faut la foi. » Augmente en nous la foi ! Lorsque les disciples disent à Jésus « augmente-nous la foi », ils veulent sortir de leur quotidien, sortir lfordinaire, car seulement le juste vivra de sa fidélité. La foi que les disciples appellent de leurs vœux est une foi miraculeuse, une foi qui doit permettre de faire des choses extraordinaires. Une foi capable de vaincre lfinsolence, la violence, le mensonge. Jésus corrige le tir, car n'est-ce repousser le problème que de demander à Jésus d'augmenter leur foi. Jésus leur répond d'une façon mitigée, étrange.

Jésus leur dit d'abord : Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à un grand arbre de se jeter dans la mer. En réalité, la foi des disciples n'est pas trop petite pour faire déjà ce miracle. La question est donc tout simplement de la mobiliser, ou plutôt de laisser Dieu agir en nous grâce à notre petite foi pour qu'il nous débarrasse des médiocres obstacles qui nous encombrent. La foi est comme une graine, qui doit mourir dans la terre, qui doit être capable du changement. Elle comporte en elle-même sa propre capacité à grandir et à porter du fruit, mais nous devons la cultiver comme le précise Jésus dans la parabole qui suit. Nous devons piocher, approfondir, creuser un peu si nous voulons que notre foi grandisse, piocher par la prière et aussi par la réflexion. Piocher par la conviction que tout seul lfhomme est incapable de faire, dfagir, de se retrouver. Nous devons labourer dans l'attente de ce que Dieu sèmera et fera pousser. Et cette graine de foi que nous avons nous permet déjà de faire des prodiges de défrichage et de labourage. Ceux qui vont derrière les émotions miraculeuses momentanées, vivent seulement dfillusions. Ce nfest pas là la foi. La foi sans les œuvre est morte-
Jésus nous propose de nous mettre aujourd'hui, avec notre foi minuscule, au service, de Dieu et des autres. Il n'y a rien de tel que de témoigner de son début de foi pour qu'elle grandisse. 

Ce que Jésus nous promet, c'est une chose extraordinaire. Notre foi nous fera découvrir la présence de Dieu en nous. Dieu est là, au plus profond de nous-mêmes, l'urgence est de le nourrir. Cependant, nous vivons souvent comme si nous étions seuls sur terre, comme sfil nfexistait pas un Dieu Père qui nous aime. Croire, nfest-ce pas nous sentir regardés et aimés par Dieu ? Jésus ne demande pas une foi plus ou moins grande, il veut qufelle soit authentique, fondée sur lui. Si nous croyons en un Dieu qui nous aime, tout obstacle peut être surmonté. Si nous déracinons lfindifférence et lfégoïsme qui nous entourent bien souvent et qui prennent place jusque dans notre cœur, alors nous résoudrons des situations de divisions, nous saurons pardonner, nous saurons discerner les vraies valeurs. Si nous permettons à Dieu dfagir, tout est possible.

3. AGIR

« Augmente-nous la foi ». Cette demande des disciples nous la faisons nous aussi à notre tour, avec le même désir que les disciples. Jésus replace les disciples, et nous replace, non pas dans l'extraordinaire et le miraculeux, mais dans le quotidien de notre travail. Le miracle de la foi, c'est le quotidien de notre travail, le quotidien de notre service dans l'Église et dans le monde, le quotidien de notre engagement dans la société. 

Combien de nos politiciens, de nos administrateurs, de ceux qui nous gouvernent, dans notre RDC, sont passé dans nos Ecoles Catholiques, nos séminaires, nos paroisses. Aujourdfhui, ces gens donnent lfimpression de nfavoir rien appris et il se comportent, comme si les valeurs appris ne comptent plus, comme si la religion avec lfhonnêteté, la propreté, la justice , ne doit pas se mélanger avec la politique.
Mais qui est le sujet de votre politique, mes amis politiciens ? Nfest pas le bien commun, la nation, lfhomme ? Et cet homme nfa pas été crée par Dieu, père de nous tous, « selon son image et ressemblance » ?
La mèsquinité de la politique est vouloir séparer la religion, pour mettre en silence la conscience, mais aussi pour mettre en silence la voix de Dieu. 
Et ces politiciens sont très fier de vous dire : « Oh, moi jfétais enfant de cœur, jfétais dans le groupe de prière, jfai suivi le catéchisme à la paroissec je suis baptisé » Et chaque fois je leur répond : « Mon cher, voila le moment est venu pour le montrer. »

Le miracle de la foi, c'est d'être présent comme chrétien dans notre monde malgré tout ce qui pourrait nous en éloigner. Le miracle de la foi, c'est être constamment prêt à servir l'annonce de l'Évangile.


4. PRIER
Seigneur augmente-nous la foi! 
Mon Église est le lieu où des hommes et des femmes peuvent ensemble chercher le développement de leur foi, dans la réflexion, la prière, et le service de l'autre. Et pour voir notre foi augmenter, nous devons renouveler notre confiance en Dieu. Seigneur nous tfinvitons donc à réorganiser notre vie. 
Et alors, donne nous lfhumilité de vivre dans la communauté de nos Eglises et de te faire place dans nos vies. Si tes apôtres se sont sentis victorieux, il en sera de même pour nous. Amen.

© kakaluigi, octobre 2010

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Sur quoi miser et risquer
 26e dimanche TOC , 26 septembre 2010

1. ECOUTER


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc,Lc 16, 19-31

Jésus disait cette parabole : 
« Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. 
Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. Alors il cria : 'Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. — Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.' 
Le riche répliqua : 'Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. J'ai cinq frères : qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture !f Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.' Abraham répondit : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.' » 

2. REFLECHIR

Voila deux mots qui semblent contraster entre eux : dfun coté la douceur de Jésus et de lfautre l'intransigeance d'un Dieu. Comment comprendre encore la sympathie de Jésus à l'égard des publicains, corrompus par l'argent et cette sévérité impitoyable à l'égard d'un nanti qui ne voit pas le pauvre à sa porte? Il faut généraliser la parole : «Toi, tu as eu le bonheur pendant ta vie et Lazare le malheur. Maintenant, il trouve ici la consolation et toi, c'est ton tour de souffrir» ? Non. Mais pourtant, elle est une indication, pour que nous puissions porter une attention spéciale à nos façons dfêtre.

Après la panique suscitée par la grande crise, très provisoirement endiguée à coups de deniers publics, la machine ultralibérale sfest remise en route, et les hyper-riches sont devenus encore plus riches. Si la question de leur place dans la société sfimpose comme une véritable question, cfest moins parce que la crise financière a aiguisé le sentiment dfinjustice que parce que les ordres de grandeur sont devenus effectivement incommensurables entre le haut et le bas de lféchelle sociale. La fortune cumulée des millionnaires de la planète sfélèverait à 50 000 milliards de dollars. Cfest trois fois et demi le produit intérieur brut américain ; 50 fois le montant des pertes occasionnées par la crise financière décrite comme la plus grave depuis 1929. 

Lfhomme riche de lfévangile reste inconnu, nfa pas un nom ; mais cfest un hyper-riche. Il est le pro type de tous les riches de ce monde. Le 18% de la population mondiale possède le 80% des richesses du monde. 

Comment ce riche est-il présenté dans lfEvangile ? Il porte des vêtements de luxe et fait «chaque jour» des festins somptueux. Le problème de cet homme, c'est que sa manière de vivre, sa philosophie de vie a fini par affecter sa vue. Il ne voit que son monde, le monde de sa richesse. Il nfest plus capable de voir ceux qui frappent à sa portec ou ceux qui nfont pas la force de frapper, et qui sont assis aux alentours de sa porte. 
Combien de fois notre égoïsme, nous enferme en nous, dans nos personnelles manières de voir la réalité, de nous rendre compte de la réalité. 

Ce riche à sa mort, il fait appel à Abraham, le père des croyants, qui est un symbole de la proximité de Dieu. Il implore Abraham. Il avait rêvé toute autre situation après sa morte, au contraire il se voit dans le plus profond châtiment, dévoré par le feu, dans la souffrance absolue, dans un état de détresse. Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.'

Mais, Abraham lui rappelle : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.' » 

Cfest ce que racontait le prophète Amos Lecture du livre d'Amos 6, 1a. 4-7
Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Jérusalem, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. Couchés sur des lits d'ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les meilleurs agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres ; ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique ; ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d'Israël ! C'est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n'existera plus

Voila donc des gens qui continuent se vautrer sur leurs divans pendant qu'un désastre est en train de détruire Israël. Cfest la photo de tant de situations pareilles que nous vivons jour après jour dans notre pays le Congo. Festins de tout genre par ci et par la, par nos autorités, nos pasteurs, nos richards, insouciants dfune situation socio-économique qui sfempire de plus en plus.

Lazare est là tous les matins couché à la porte de son château: le riche passe juste au côté de lui peut-être même par-dessus lui, et il ne le voit même pas. Pourtant, Lazare serait satisfait des petites miettes qui tombent de la table du riche. Les choix que nous faisons maintenant ont quelque chose à faire avec l'éternité. Nous ne pouvons pas vivre les valeurs du Royaume de Dieu dans l'au-delà, alors que nous avons toujours passé au côté du Royaume ici-bas, sans même le voir. La justice de Dieu est toute autre que la justice de ce monde.

La pauvreté des riches, c'est d'être incapables de combler, au moins un tout petit peu, les fossés qui existent entre eux et les plus pauvres. La richesse des pauvres, c'est de donner aux riches la chance de se faire un nom auprès de Dieu, un nom qui durera pour l'éternité, car la foi en Jésus, vainqueur du mal, ne peut conduire à l'indifférence devant la détresse du pauvre. 

3. AGIR
Encore une fois les sociétés riches nfont pas eu lfhardiesse de faire un grand pas en avant pour éliminer la pauvreté dans ce monde. La dernière rencontre ONU, encore une fois a échouée. Les politiciens ont besoin des populations pour être élus, mais ils ne leurs donnent que des miettes, pour les contenter et les obligés au silence. 

La façon dont se nouent les échanges entre les peuples et les personnes crée des privilégiés et des exclus. Le riche, c'est un anonyme comme c'est souvent le cas dans nos sociétés. Le riche, ce sont des multinationales qui peuvent faire des profits exorbitants, mais dont la tête se trouve nous ne savons trop où. «Les pays riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres, de plus en plus pauvres». Aujourd'hui, au vu et au su de tous, le libre arbitre de l'humain l'amène à détruire non seulement la terre, mais à se détruire lui-même en faisant un mauvais usage des biens. Nous devons apprendre à décider pour le mieux afin d'éviter de se placer en situation de malheur. Savoir discerner, tôt dans la vie, ce qui est bon pour soi et pour les autres constitue l'un des meilleurs atouts pour être heureux et vivre ici-bas le Royaume de Dieu. Dieu peut donner plus à l'un qu'à l'autre, mais il s'attend à ce que chacun utilise bien ce qu'il a reçu.

Les hyper-riches ? Ils ne sont pas hyper-productifs, hyper-inventifs, hyper-créatifs mais le plus souvent héritiers etc malins. Sans aller jusqufau chameau de lfÉvangile et le chas de lfaiguille à coudre, sans aller jusqufà condamner la richesse et son bonheur, nous devons nous interroger sur le bien-fondé dfune telle situation.

Nous sommes des hyper-riches de Dieu quand nous le gardons pour nous-mêmes. Quand nous ne témoignons pas de lui et de la Bonne Nouvelle. Nous devons propager ce qui nous rend riches afin de mieux vivre ensemble plutôt que de consommer seuls.


4. PRIER
Seigneur, ouvre mes yeux pour que je voie le pauvre Lazare qui, devant ma porte, attend mon aide et mon affection. Amen.

© kakaluigi, septembre 2010

 
Chercher ce qui est perdu
24e dimanche TOC , 12 septembre 2010
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1. ECOUTER

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : 15, 1-32

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre luicAlors Jésus leur dit cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? c Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Diront-ils 'Réjouissez-vous avec nous, car nous avons retrouvé ce que nous avions perdu »c 

Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs .Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils.. 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' 


2. REFLECHIR

Jésus raconte trois paraboles de miséricorde bâties sur le même modèle : quelqufun perd une partie de ce qufil possède, la retrouve et se réjouit en faisant la fête. La troisième parabole est plus intense que les deux précédentes. 

Le fils prodigue est un texte bien connu du Nouveau Testament Jésus monte à Jérusalem, entraînant des hommes et des femmes à sa suite. Pendant cette longue marche, il forme ses disciples. Les uns viennent à Jésus pour lfécouter, les autres pour récriminer à propos de son bon accueil aux pécheurs, pire encore, ils pensent même qufil cherche leur compagnie ! Il y aussi des curieux. 

La curiosité fait partie de tout humain. Je ne sais pas si la curiosité est toujours positive. Jfen doute beaucoup. Surtout quand la curiosité se revêt de lfhabit de passivité, de lfintromission, de la malignité. Comme ces pharisiens qui sont toujours là, omniprésents, pour cueillir les fautes de Jésus.

La curiosité qui est blague, jugement, accusation, métrage, etcc La curiosité dans la recherche cfest formidablement une bonne chose. 
Mais la curiosité souvent sfassociée à lfindiscrétion, voire à lfespionnage, la curiosité est considérée comme un "vilain défaut" ! Pourtant, elle est loin dfêtre aussi négative et toute négative ! Elle traduit au contraire une attention portée au monde et lfenvie de connaître. Parmi les curieux qui sfapprochent à Jésus il y a aussi ceux qui veulent le connaitrec


Alors Jésus élève la voix pour que tous lfentendent et parle en paraboles. Il leur raconte les paraboles du bon Samaritain, de la brebis perdue, de la drachme perdue, du fils prodigue. Il invite ses disciples à se méfier des richesses et à gérer leurs biens au mieux en vue du Royaume de Dieu. Pour Saint Luc, Jésus est le Seigneur qui sauve ; à son contact, les aveugles voient, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Jésus veut nous révéler lfAmour de son Père qui est fait surtout de miséricorde et de pardon.

Deux mots clés sont présents dans les paraboles que nous venons dfécouter : la patience et le pardon. Dans un monde terriblement en mouvement et les gens semblent super excités et préoccupés, où la maladie de la dépression atteigne davantage les personnes, être patient devient toujours plus difficile. On sfénerve, on devient irascible, on est là toujours avec la montre en mainc

Il est parfois difficile de pardonner, dfoublier sa rancune, que ce soit envers ses parents, ses frères et sœurs ou ses amis. Voilà le bonheur du ciel : une brebis retrouvée, un pécheur qui se convertit, un fils qui revient vers son père, un trésor retrouvé. Pris dans les épines de la vie, de nos errances, de nos fuites, Dieu vient nous libérer, nous rendre à notre identité dfenfants de Dieu. Et Dieu agit avec tact, toujours patient envers nos fautes, nos doutes, nos négations. Dieu attend, sur la seuil de la maison , pour le retour de son fils. 

Et nous ? Nous les chercheurs de Dieu. Nous passons des entières âpres midi du dimanche dans des séances de prières en train de louer Dieu, et nous ne sommes pas capables de pardonner les torts reçus. Qui sommes-nous ? Nous nous croyons être plus que Dieu ?

Nous sommes aimés jusque dans la démesure, à lfimage du berger qui abandonne tout son troupeau pour aller à la recherche de cette brebis folle, à lfimage encore du père aux bras grands ouverts devant son fils qui était perdu. Dieu nfenferme aucun dans ce qufil est, il prend chacun là où il en est, et déjà il entrevoit toute la beauté et le possible qui sont en lui. 

Les paraboles dfaujourdfhui parlent également de notre conception, de notre regard et de notre façon de gérer et de vivre lfargent. Lfenfant prodigue a gaspillé lfargent, menant une vie dissolue avec des femmes, derrière la boisson, dans le plaisir. 

Si lfargent nfest là que pour soi et ses amis, si lfargent nous encercle, il nous enferme dans un monde qui semble nous ouvrir, bien sûr, à plein de possibilités. Mais si nous voyons tout à la lueur de cet argent, nous faisons fausse route, nous ne sommes pas sur le chemin du Royaume. 

Les hyper-riches de notre société sont la preuve vivante que quelque chose ne tourne pas rond. 

3. AGIR

Le monde que désire lfÉvangile est ouvert, difficile à construire, à gérer, à rendre plus solidaire. Un monde où tous sont capables de voir les besoins et que lfargent peut aider à changer, dans le partage, dans la solidarité, dans le fait de sfouvrir les yeux pour voir et les mains pour partagerc dans les rêves dfun monde plus juste, toujours à construire. Il est plus difficile dans la vie de travailler à faire la lumière et la justice que de se fabriquer un monde fermé où tout le monde se ressemble, là où on exploite la naïveté des gens; là où se jouent et sfinventent plein dfastuces pour éviter dfaffronter vraiment les difficultés de la vie. 

Pour suivre Jésus, cela suppose la liberté. Dieu nous a créés libres. Personne a le droit de nous lfenlever ou de nous la limiter. Etre libres de penser, dfécrire, de crier, de parler, de prierc Et devant la liberté de lfhomme Dieu sfincline et ne fait qufobéir. Grandeur de Dieu et grandeur de lfhomme !


Cela ne ressemble pas à un bonheur tranquille, mais à un bonheur qufon accueille en faisant la lumière, dans le respect de soi, des autres et aussi de Dieu. Notre propre vie, d'homme ou de femme, comme de communauté, est faite de bribes empruntées à chacun de ces personnages! Il nous suffit de regarder notre peu d'ouverture à autrui, surtout sfil nfest pas « de notre tradition », notre peu de souci de l'autre, mais aussi, ce peu d'effort individuel ou collectif que nous faisons pour que nos convictions soient plus présentes dans le monde pour que la Bonne Nouvelle dépasse enfin nos cercles fermés et se répande aux quatre coins du monde.

4. PRIER

Seigneur, donne moi la force et la patience de bien soigneur le bien de ma liberté et de la liberté des autres. On dit que ma liberté sfarrête là où rencontre la liberté des autres. Et alors, Seigneur : que je sois libre, mais avec mes freres et sœurs libres, eux aussi, comme moi. Amen !

© kakaluigi, septembre 2010

 
Necrologie:  Kakaluigi et Congonet Radio en deuil 
  Congonet Radio a la profonde douleur d'annoncer la mort de Mamade Glaune Marrocco, la tante maternelle de Kakaluigi (Pere Luigi) . Ce deces est survenu  en Italie le samedi 21 Aout 2010  à 17h (Italie). Kakaluigi et sa famille ont  passé une semaine terrible, toujours près de son lit de souffrances de la defunte. Mamade Glaune Marrocco nous laisse à l'age de 92 ans,10 mois et 17 jours. L'enterrement a eu lieu le dimanche 22 aout 2010. La Messe d'action de grace sera dite le 23 Aout 2010 dans son village natal (Lenola -Latina) dans l'église du Sanctuaire de la Madonna del Colle. Merci pour les prières pour le repos de son ame. Contact: lostocco@email.it 
 

Ne va pas te mettre à la première place

22e dimanche TOC , 29 août 2010

 

 

1.   ECOUTER

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : Lc 14, 1a.7-14

 

Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas. Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole :

« Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place', et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi.

Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »

 

 AUDIO: http://www.yousendit.com/ download/ aHlTWUhuTmFUME5jR0E9PQ

 

    2. REFLECHIR

 

 

Toute la réflexion dfaujourdfhui part dfune situation courante. Jésus est reçu à manger chez un chef des pharisiens. Il remarque que les invités choisissaient les premières places car le bien le plus précieux dfun être humain est lfhonneur, lfestime de soi. Cfest lfambition de tous être toujours le premier. Cfest la mode de lfexclusivité, du scoop. Nous voulons faire bonne figure et nous ne voulons pas être humiliés devant les autres.

 

Jésus part donc de ce constat pour sa parabole, et lfhistoire est celle de Jésus, cfest celle de sa vie. Il est celui qui a choisi de se mettre à la dernière place, sur la croix, dans la confiance en son Père dans un mouvement volontaire.

 

Que peut-on faire de la parabole de Jésus? Il y a quelque chose de profond à saisir dans ce passage de Luc. Mais quoi exactement?

L'humilité ? Cette humilité , qui aux yeux du monde est une faiblesse, se révèle comme la vérité, la nécessité dans la communication, dans les relations avec les autres et dans les solidarités. C'est le chemin vers la vraie grandeur.

 

Aujourdfhui on se croit grand si on est arrogant, orgueilleux, puissant, violent.

On se croit grand avec des armes dans la main, pour pouvoir exterminer qui ne la pense pas comme qui a le pouvoir.

 

Quand on nfa pas dfhumilité pour admettre ses propres échecs, on est capable de tout. Et la violence appelle autre violence, le mensonge appelle autres mensonges, lfarrogance autre arrogancec

Les nouvelles de ces jours nous racontent la vie de nos frères et sœurs du Congo, encore dans lfinsecurité, la peur et la violence. L'ONU en accusation après les viols collectifs de RDC et on se demandenpourquoi la Monusco, la mission des Nations unies au Congo, n'est-elle pas intervenue pour empêcher les viols massifs perpétrés du 30 juillet au 3 août à 30 km de sa base ? Un rapport de l'Onu évoque pour la première fois des crimes de « génocide » en RDC et Kagame dos au mur.
Le document fait état de tensions entre Kigali et les Nations Unies en raison de son contenu, le Rwanda étant particulièrement visé dans le rapport. L'acte d'accusation de dix ans de crimes au Congo RDC. Le rapport du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme, dont le quotidien français Le Monde publie une version présentée comme quasi définitive, fait état dfattaques systématiques et généralisées contre les Hutus réfugiés en RDC en 1996-1997 qui pourraient être qualifiés de « crimes de génocide ». A première vue, le rapport du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de lfhomme (HCDH) est accablant. Cfest lfavis émis par le journal Le Monde qui a pu se procurer une copie du document dont la parution est projetée pour septembre prochain. Cfest terrible ! Nous lfavions toujours dit ouvertement, mais personne nous avait donné un crédit à nos paroles. La vérité commence donc à faire ses pas et la lumière commence à se faire sur ces 4 millions et demi victimes congolaises  qui finalement auront, elles aussi, leur justice.

 

Sirac le Sage, dans son journal spirituel, a pressenti tout cela lorsqu'il écrit au deuxième siècle avant notre ère, « Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser. La condition de l'orgueilleux est sans remède car la racine du mal est en lui. »

 

La parabole parle à la fois de Dieu et de nous. Dfun Dieu qui nous désire et qui veut que nous trouvions notre vraie place dans la vie; que nous ayons un regard juste sur nous-mêmes. Dieu nous veut à notre place, et il nous redit : « connais-toi toi-même ». Cfest un appel à nous ouvrir les yeux, à nous ouvrir le cœur et à agir en conséquence. Un appel à prendre notre place dans la vie et pas la place des autres. En somme, une parabole qui parle de lfhumain, qui nous dit quelque chose sur la façon de recevoir sa vie, de se mettre à la suite de Jésus. En perdant notre vie à la manière de Jésus, à la manière du grain de blé qui tombe en terre, nous ne perdons pas définitivement, nous nous trouvons sur le chemin du Royaume. 

 

Jésus enseigne également lfart de nous mettre à table. Il  nous dit étrangement de ne plus inviter « ni ses amis, ni ses frères, ni ses parents, ni ses riches voisines » pour le repas. Il faut un brin dfhumour pour vivre lfespérance de Jésus. Il ne vient pas faire un discours moralisateur aux pharisiens et à nous-mêmes, il vient nous ouvrir les yeux. Il est là pour sauver tous les humains.

Quand nous progressons dans la foi, nous pouvons tomber dans le piège : je suis un bon chrétien, je vaux plus que les autres. Jésus nous rappelle aujourdfhui que la porte du Royaume est une porte par laquelle seuls les petits peuvent passer. Comme le dit la deuxième lecture, le Dieu de la nouvelle alliance vient sans les fastes du Sinaï. Il invite à la liberté, à la fête et à la joie tous les premiers nés du monde nouveau qu'il est venu établir. Ce texte se situe à la fin de Lettre dite aux Hébreux. Lfauteur ne cesse dfencourager les jeunes chrétiens qui doutent, se demandant comment se sanctifier sans les rites du Temple et sans faste liturgique. La sanctification nfest pas le produit dfun culte extérieur. La vie chrétienne, cfest être accueilli dans le Royaume de Dieu, cfest vivre une nouvelle relation dfintimité avec Jésus, par lfEsprit.

 

3. AGIR

Dans sa vie comme dans sa mort, Jésus a pris la dernière place pour inviter au festin des noces tous les pauvres et humbles de cœur, aux malchanceux dans la vie. Il nous demande d'aller à la rencontre de ceux qui refusent la parole car il est venu annoncer par sa présence un monde nouveau, une nouvelle échelle de valeurs, un autre ordre de préséance dont l'essentiel est de se mettre au dernier rang pour servir en toute confiance. Ce sont là les mœurs provocantes du Royaume des Cieux.

 

Plus nous restons uniquement entre nous, moins nous progressons. Il nous faut ouvrir une oreille qui écoute lfhumanité à lfimage de Dieu. Savoir prendre notre place, cfest avoir assez dfestime de soi pour ne jamais oublier les autres.

 

4. PRIER

 

Seigneur, Nous devons être  une communauté ouverte à tous, une communauté qui doit veiller à nous rendre meilleurs et à rendre le monde meilleur, à faire preuve dfhumanité, sachant que lfÉvangile ne passe que là. Seigneur, aide-nous- Amen

 

© kakaluigi, aout 2010

  

 
Assomption
15 août 2010



Lecture de l'Apocalypse de saint Jean : Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab

Le Temple qui est dans le ciel s'ouvrit, et l'arche de l'Alliance du Seigneur apparut dans son Temple. Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et elle criait, torturée par les douleurs de l'enfantement.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : Lc 1, 39-56

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
.

Au milieu de lfété, au milieu des vacances nous voila avec une fête pour la Mère de Dieu, Marie de Nazareth. 
Le 15 août est la fête de lfAssomption. Ce mot vient du latin et veut dire «prendre avec soi, du verbe assumer. Pour Jésus il y a eu lfAscension (monter vers le haut), pour Marie, sa mère Jésus la honore avec lfAssomption ( la prendre avec lui, là où il est éternellement. Dieu est partout et Marie est aussi partout comme son Fils. Parce qufelle a accepté dfêtre la Mère de Jésus, de le prendre en elle et le porter jusqufaux extrémités de la terre, de partout là où il ya des hommes et des femmes. 

Marie accompagne la vie de Jésus et elle est, à sa manière, une disciple. Ce nfest pas par hasard qufelle avait dit le jour de lfAnnonciation : je suis la servante du Seigneur, qufil fasse en moi, ce qufil veutc

Marie est une femme dfIsraël. À l'époque de Jésus, l'honneur de la femme c'est d'être mère. Lorsqu'elle met au monde un enfant, elle est estimée, valorisée, surtout s'il s'agit d'un garçon! Le danger, c'est de considérer la femme comme une «chose» dont on se sert pour avoir des enfants. Quand Élisabeth élève la voix et déclare heureuse la mère de Jésus parce qu'elle a porté et nommé le Messie, c'est le plus grand honneur qu'une femme juive pourrait espérer. La vie de Marie a été marquée par les joies, les peines, lfensemble de la condition humaine. Sa vie a également été remplie par la présence de lfEsprit de Dieu. 


Après sa mort (les chrétiens dfOrient appellent cette fête du nom de Dormition) Marie a été enlevée à la vie terrestre pour entrer dans la vie en Dieu. 


Les écrits du Nouveau Testament ne font aucune allusion à cette assomption de Marie. Tout est affaire de tradition et du bon sens de la foi du peuple de Dieu. Pour les premiers chrétiens, la mort de Marie ne pouvait n'être qu'un sommeil - une dormition - qui a été un passage vers le Royaume de Dieu. L'achèvement total de Marie, après la fin de sa vie terrestre, comprend dès maintenant sa réalité corporelle. Marie fut la première à vivre la Résurrection. Fêter l'Assomption de Marie, c'est célébrer son passage de la mort à la vie, de la terre à la gloire de Dieu. Cfest fêter les véritables valeurs, que malheureusement, notre monde semble avoir perdues. 


Dieu prend au sérieux l'être humain dans toute son histoire. Marie n'était pas seulement un emballage qui entourait le Fils de Dieu. C'est en elle que le Fils de Dieu a pris corps. Cela anoblit le corps humain et lui promet une victoire sur la mort. Lfhomme est fait pour vivre. Vie terraine qui prépare lfavenir de la vie éternelle. Et Dieu ne veut pas nous sauver sans nous, sans notre apport de responsabilités et de vie.

La vision de Jean : « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles », dans lfassomption elle se réalise et ouvre des lumières et dfespoir pour lfhumanité.

LfAssomption, c'est la célébration de l'espérance chrétienne. Pour suivre Marie, nous devons nous laisser féconder par la Parole de Dieu afin dfêtre des porteurs de la Bonne Nouvelle.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous. Amen
© kakaluigi, aout 2010
  
Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur 
19e dimanche TOC , 8 août 2010


1. ECOUTER

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 32-48

Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail.
Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »

2. REFLECHIR

Au moment où Luc écrit son évangile, les chrétiens semblent sfêtre un peu assoupis car ils trouvent que Dieu tarde à revenir, comme il lfavait promis. « Mon maitre tarde à venirc mais soyez comme des gens qui attendentc en tenue de servicecet les lampes alluméesc » Ont-ils les disciples oublié qufil avait annoncé son retour à lfimproviste ? « Heureux les serviteurs qufil trouvera à veiller » « tenez-vous prêts. »

Luc revient sur lfévangile de dimanche pour le compléter.
Jésus tient beaucoup à faire déguerpir toute sorte de peur, même de lfhomme riche qui avait accumulé ses richesses pour lui-même. : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. »
Mais Luc souligne aussi qufil nous faut gagner ce don. 

Cfest notre vie de chrétiens, bien actuelle qui est également évoquée dans lfévangile dfaujourdfhui. Il faut avoir le courage dféliminer toutes les causes qui entrainent cette peur. Il faut vivre une vie dans une manière plus radicale et dans toute sa totalité. 


Vendre ses biens, les distribuer en aumône pour acquérir des placements plus sûrs et un trésor au ciel, est-ce vraiment faisable ? 
Se retrouver sans rien, être dénué de tout, qui peut envisager cela à moins dfêtre un peu fou? 

Et pourtant, au cours des siècles, certains hommes et femmes nfont pas hésité à le faire. Lfexemple de François dfAssise qui encore aujourdfhui enthousiasme et ne fait que conquérir les cœurs de tant de jeunes et filles. Même si exceptionnel ce choix nfest pas impossible. « Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône ; faites-vous une bourse qui ne sfuse pas », nous dit Jésus. 

Il nous invite à accumuler autrement pour constituer un autre trésor. 

Nous cherchons à le faire, mais comment ? A partir de ce qui se voit et sfévalue dans la société, à partir de ce qui est de lfordre dfune concurrence l es hommes cherchent tout autre trésor, comme celui de la beauté, de la richesse, de la notoriété, de lfinfluence, du pouvoir, des jouissances diverses et jfen passe. Et lorsque ce trésor nous paraît inaccessible alors , nous devenons sombres, nous entrons dans un état de ténèbres où plus rien de beau ne nous goûtera, où lfamertume sera la reine de notre cœur, ou le sourire nous manquera.

Jésus nous propose au contraire de nous faire un trésor dans le ciel, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur nfapproche pas, où la mite ne ronge pas : là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Notre cœur est le bien le plus précieux, et savoir à quoi nous appliquons notre cœur est le choix le plus grand que nous avons à faire. Pour atteindre la vraie stature dfhumain, plusieurs ont quitté et refusé les biens qui, en les encombrant, ne les nourrissaient pas. Ces exemples nous attirent, mais en même temps nous sentons en nous une certaine repousse. Sans aller à ces extrêmes, nous sommes tous invités à vivre la liberté intérieure apportée par Jésus. Il nous conseille de veiller. Car attrait et repousse font partie de ce choix incontestable du ciel. 

3. AGIR

Le Père nous donne le Royaume à construire, à cultiver, à faire advenir ; nous en voyons déjà les signes autour de nous et en nous. Dieu est toujours avec nous, au cœur des événements humains, cfest pourquoi il faut rester éveillé. La trace de Dieu est sans cesse présente. Cfest à nous de la découvrir, mais la société nous distrait de mille façons. Il nous faut allumer notre lampe intérieure, et donner des réponses à la question fondamentale: Qufest-ce que nous faisons de beau de notre vie? Qufest-ce qufil y a de grand, dféternel, de vraiment digne dans notre vie? Qufest-ce qui est notre trésor ? 

Veiller renverse totalement la routine. Cfest lfattitude de celui qui attend et qui manifeste ainsi que la personne attendue a du prix à ses yeux. Et que cfest bien cette personne qui sera son trésor. 

4. PRIER

Seigneur Jésus, tu nous dit de ne pas craindre, et que Notre Père nous a donné le Royaume. Cela nous rempli dfimmense joie, car cfest précisément ce Royaume que nous cherchons incessamment dans notre vie. Le Royaume est l'héritage de ceux qui se sont mis en route comme Abraham, comme les Hébreux et tant d'autres. Le Royaume est pour ceux qui mettent toute leur confiance en toi, Seigneur Jésus. Le Royaume est le trésor éternel de ceux qui ont donné tout ce qu'ils avaient reçu pour te suivre, même dans les coins les plus reculés de la terre. Seigneur Jésus tu nous invites à rester vigilants et à travailler pour le Royaume au quotidien. Et alors sois notre accompagnateur sur le chemin de notre vie, car « a qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage » . Amen.

© kakaluigi, aout 2010
 
1.ECOUTER

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc :Lc 12, 13-21
Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » Puis, s'adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. »
Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait : 'Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte.' Puis il se dit : 

 

SOS   Aidons nos compatriotes de Sange.

Aujourdfhui nous sommes appelés à faire des gestes  pour aider nos compatriotes de Sange. Je vous propose de vous unir à la campagne que ASFCO (Antenne Libre Amis Sans Frontières du Congo à Bukavu) est en train de faire. Vos aides peuvent leur parvenir :

* via WESTERN UNION adressé à Me JEAN CHRYSOSTOME KIJANA,  Bukavu, RDCongo. (E-mail:criskijana@yahoo.fr Tel. +243810651917 ou +243859446686)

* par lfintermédiaire de moi-même  P. Luigi Lo Stocco. Je suis membre fondateur de notre groupe et qui coordonne lfAntenne dfItalie en employant son CCP n‹ 75212407 et sans oublier de bien spécifier « pour Sange ».

* par lfintermédiaire de notre Congonet Radio (CongonetRadio.com)

Et je remercie de tout cœur tous ceux qui sfaccompagneront à nous pour solidariser avec nos frères et sœurs de Sange.

@

'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence.'
Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ?' Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. 

Lecture du livre de lf Ecclésiaste : Qo 1, 2; 2, 21-23 

Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité ! Un homme s'est donné de la peine ; il était avisé, il s'y connaissait, il a réussi. Et voilà qu'il doit laisser son bien à quelqu'un qui ne s'est donné aucune peine. Cela aussi est vanité, c'est un scandale. En effet, que reste-t-il à l'homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? Tous les jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n'a pas de repos. Cela encore est vanité. »

2. REFLECHIR

Tout nfest vanité, cependant il nfy a aucun scrupule à recevoir de lfargent dûment et honnêtement gagné, ni à hériter. Cfest comme sfil y avait toujours quelque chose de louche et de suspect à être riche. Jésus fait lfeloge de la pauvrete, jamais de la richesse. Au contraire il dira malheur aux riches. La question donc ne porte pas sur la morale de la richesse, et du travail ou sur les théories économiques. Le malaise devant la richesse mine les relations entre les êtres quand la sagesse nfest pas là, quand nous tendons vers les réalités terrestres plutôt que vers celles de Dieu.

Lfextrait d'évangile part du refus de Jésus de prendre partie dans une histoire d'héritage matériel. Un homme vient solliciter la justice. La loi portant sur les droits de succession était assez bien détaillée mais elle ne couvrait pas toutes les situations de la vie de sorte qufil fallait parfois faire appel à lfopinion dfun rabbin quand il y avait un désaccord. Dans ce cas-ci, Jésus était sollicité pour réconcilier deux frères qui nfarrivaient pas à sfentendre. Qui mfa établi pour être votre juge? répond Jésus. Il ne veut pas assumer un rôle de juge. 

Mais Jésus répond par une parabole. Les paraboles sont en référence permanente avec les psaumes, qui étaient la prière du peuple juif, ainsi qufavec les textes prophétiques, dont les passages étaient lus et commentés dans les synagogues. Les psaumes éclairaient la vraie mesure des jours pour que les cœurs pénètrent la sagesse. 

Ce nfest pas révolutionnaire ou extraordinaire le choix à faire devant les biens matériels. Tout est vanité ! Tout passe ! Cfest la traduction de la sagesse populaire qui nous dit : le jour de la mort tu ne lfemporteras pas avec toi. Par contre, ce que Jésus demande, cfest plutôt qufest-ce que nous apporterons au paradis. 
Dfun point de vue purement spirituel, la richesse est beaucoup plus perçue comme une épreuve que comme un bien en soi. La richesse nfa pas à être mal ou bien vue. Sfenrichir pour entreprendre et fructifier les investissements en vue de produire et faire profiter tout lfentourage et la société est un acte louable. Amonceler des fortunes sans les recapitaliser ni les réinjecter dans les circuits de production est vraiment détestable. Accumuler de lfargent pour ses propres intérêts personnels cfest un mal. 

La parabole de Jésus sfadresse à la fois à celui qui réclame et celui qui refuse le partage. Elle semble prononcée pour notre époque de société de consommation et de recherche du profit comme finalité de lfexistence et ou les problèmes financiers sont devenus le souci incontournable de la société. La crise financière ne fait qufaccroitre la préoccupation et on pense et on parle seulement dfargent, de salaires, de taxes, de fin du mois. 

Jésus ne prend le parti de personne, mais sa parole tranche dans le vif. 
Ne ferions-nous pas comme le riche propriétaire fermier? 

La force de cette parabole réside dans le fait que le comportement de cet homme semble tout à fait raisonnable. La folie du riche est d'entasser pour lui seul toutes les richesses de ses terres. Il avait sans doute le sens des affaires mais il nfavait pas le sens des réalités spirituelles. Il a planifié sa vie sans tenir compte des plans de Dieu. Et sans tenir compte de ses semblables. Dans ce sens, il est un insensé. Il ne sfest pas occupé de ses intérêts éternels, de valeurs humaines de fraternité et de solidarité. En consacrant ses énergies à accumuler des richesses, il nfa pris en considération qufun seul aspect de lfexistence humaine, lfaspect matériel. Tout le côté immatériel, tout le côté spirituel a été délaissé. 

3. AGIR

Lfargent est nécessaire, mais nfest pas tout dans la vie. Lfargent répond à beaucoup de besoins matériels, mais il ne répond pas à tout. Difficile de prétendre aimer Dieu si nous plaçons lfargent au premier rang de nos amours. Il nfy a que deux amours sur terre : lfamour de Dieu et lfamour de soi. Lfamour de soi passe par lfamour de lfargent, tandis que lfamour de Dieu ne passe jamais par aucun autre amour, sauf par lfamour de celles et de ceux qui nous entourent. Pour Dieu, la manière dont lfhomme considère la richesse et les façons dont il lfaccumule et en dispose sont dfune importance capitale. Lfargent nfest pas la condition nécessaire au bonheur. Bien au contraire, cfest plutôt la générosité qui rendra heureux et procurera un sentiment de satisfaction. 

Il faut savoir discerner où est la vraie richesse, celle que la mort ne peut nous enlever. La vraie richesse est celle du cœur. Le seul héritage est le royaume de Dieu. La vraie vie, cfest celle à laquelle nous appelle Dieu et pour laquelle il nous a créés, cfest la vie éternelle. Il est possible dfemployer nos possessions terrestres afin qufelles produisent des dividendes éternels. Il est toujours temps dfinvestir dans les cieux. Cfest ainsi que nous saisissons ce qufest vraiment la vie.

La justice de Jésus nfest pas affaire de code, elle se situe dans le cœur dfune personne. Aimer son prochain en Dieu, cfest dfabord lui donner le pas sur soi-même. Dieu ou lfargent ? Cfest lfévidence même, diront certains : Dieu dfabord, lfargent ensuite. Pas si sûr pour bon nombre de chrétiens.

« Tous les jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n'a pas de repos. Cela encore est vanité » (Ecclésiaste : Qo 1, 2; 2, 21-23)

4. PRIER

Seigneur, lfargent et les richesses me font rêver et parfois je les emploie très mal et je les mets à la première place dans mes soucis quotidiens. Seigneur, je ne suis pas libre vis-à-vis de lfargent et de la richesse. Je tfimplore alors de me faire libre. Amen.
© kakaluigi, juillet 2010
[20:46:19] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu: Ficher audio: Here's the link to this file:
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Dieu s'invite comme ami parmi des amis

 16e dimanche TOC ,  18 juillet 2010

  1. ECOUTER

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc :Lc 10, 38-42

 

Alors qu'il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m'aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. »

  1. REFLECHIR

Jésus est peut-être arrivé à lfimproviste chez ses amis Marthe, Marie et Lazare. Il les aimait, nous dit lfÉvangile. Il se sentait à lfaise dans leur maison. Il sfest invité sans préavis, sans réserver, sans sfannoncer.  Comme aux chênes de Marbré, comme chez Zachée. Il sfinvite sans toquer, car il y a des amis, et les amis ne sfinvitent, ils se rencontrent à nfimporte quel moment.

 

Notre monde est plein dfinvitations, de faire part, et les relations entre les hommes sont terriblement changées et se sont abimées. La véritable amitié semble nfexister plus, car au fond il ya toujours des intérêts qui doivent être sauvegardés. Cfest terrible, mais cfest ça.

Mais continuons avec le passage de lfEvangile. 

Alors que Marthe s'affaire à son travail, absorbée à servir ses invités, sa sœur ne fait apparemment rien. Marthe doit préparer le diner, faire des derniers achats, les invités sont arrivés à lfimproviste. Marie reste assise aux pieds de Jésus, elle l'écoute. Jésus dit à Marthe de ne pas trop sfénerver dans les préparatifs et le service de la table. Une des clés pour comprendre la signification et la portée du texte  se trouve dans le contraste entre les coutumes sociales et religieuses de lfépoque, et l'attitude de Jésus. Jésus vivait dans une société patriarcale, le père dirigeant la famille et la communauté. Les femmes dépendaient de ce dernier jusqu'à leur mariage, pour ensuite dépendre de leur mari. La femme se dédiait pour la maison, pour les enfants,  et pour lfaccueil des invités en préparant lfeau, lfendroit, la nourriture, la chambre à coucher, etcc.

Les évangiles apportent comme un vent frais et nouveau sur ce monde en renversant un ordre établi et en bouleversant des coutumes parfois très peu humaines. Par son attitude envers les femmes, le respect qu'il leur a témoigné et la place qu'il leur a donnée dans ses paraboles, Jésus détonne complètement d'avec les pratiques de l'époque. La manière dont il approchait les femmes était toute différente de celle de la société: il considérait les gens, hommes ou femmes, comme des personnes, des êtres humains créés et aimés par Dieu.

 

Une leçon à nous tous : le respect de nos femmes,  car elles ont  nos mêmes droits à nous les hommes. Les fléaux terribles des maux que nous enregistrons presque chaque jour, où la spirale des violences de tout genre envers la femme semble sfaccroitre  tous les jours, fait montre dfune incapacité et mauvaise volonté de ces qui ont le pouvoir en main. 

La femme est devenue partout  objet de plaisir publicitaire et de jeux sexuels pour beaucoup de personnes.

Deux sœurs, très différentes lfune de lfautre  

Luc présente Marie comme disciple de Jésus tandis que Marthe incarne  le rôle traditionnel de la femme. Jésus déclare que Marie a choisi la meilleure part : La quelle ? Etre disciple de Jésus ? Se mettre à lfécoute ? Contempler Jésus ?  

 

Tous sont appelés à devenir de véritables disciples. Cela prend diverses formes. Nous croyons souvent que lfaction est primordiale. Tous nos sens sont en éveil pour travailler, aimer, jouir de la vie, créer. Toute notre personne, quelle soit masculine ou féminine doit louer, servir, aimer, suivre Dieu sur cette terre, pour le contempler enfin pour lféternité.  Mais nous sentons vite que cette énergie à nous dépenser est limitée. Prendre régulièrement le temps pour revoir sa vie est essentiel pour que nous puissions voir avec discernement nos faiblesses et nos forces et ce qufil faut changer chaque jour dans nos vies. Cfest lfattitude de Marie.  Cfest sa meilleure part.

 

Prendre le temps. Savoir de temps en temps reculer du quotidien, des préoccupations du quotidien. Parfois il semble que tout dépend de nous, et si on ne le fait nous même, personne dfautre le fera. Et alors nous sommes toujours surchargés. Rien est possible faire sans nous?  Cfest nous seulement les seuls capables de faire cette chose ?  Etre indispensable !

 

  1. AGIR

 

Marie communique avec Jésus. Elle le met au centre de son attention et sa présence l'illumine : elle l'écoute. Écouter au lieu  de s'agiter.  Marie, ensuite, est apte à se mettre au service. Jésus  ne voulait pas minimiser la table dressée par Marthe. Il voulait dire : « Je suis là, avec vous. Ne perdez pas une minute pour que je vous laisse mon message ». Jésus veut qufon fasse le tout en Lui, par Lui et avec Lui.  Être disciple revient  à jeter un autre regard sur la perspective traditionnelle des relations humaines et change les priorités. Il y a en chacun de nous du Marthe et du Marie. L'important est de bien choisir la bonne hiérarchie : Marie d'abord, Marthe ensuite ou savoir conjuguer les deux dans une manière juste et claire. Marthe ne doit prendre la parole de Jésus comme une reproche, au contraire savoir discerner.

 

Ce Dieu que nous avons tendance à imaginer là-haut, loin dans son ciel, ce Dieu sait entrer dans l'étroitesse de nos cœurs et de nos âmes, avec son Esprit. 

 

Dieu sfinvite au cœur de la vie, de notre vie, en nous laissant libre de faire lfhistoire. Dieu est au milieu de nous comme le rappelle Paul. Nous sommes appelés à parler de Dieu comme à une personne qui se fait rencontrer et apprécier comme un cœur plein dfamour. Jésus peut venir se proposer dféclairer nos nuits, celles du doute, celles de lfimpatience, celles de la souffrance. 

 

Dieu s'invite aujourd'hui chez moi, chez toi, chez chacun d'entre nous, dedans l'étroitesse de nos vies et de nos espérances.

 

Dieu sfinvite. Ne gaspillons pas ces moments. A Zachée dira : « Aujourdfhui le salut est entré dans cette maisonc »

 

  1. PRIER

Seigneur, les journaux de ce matin mfapportent nouvelles de meurtres, de violence, de souffrance et me parlent aussi des hommes plus riches du monde.  Seigneur, nous les hommes nous sommes toujours, avides, orgueilleux et égoïstes, et avec notre comportement, nous ne faisons que creuser davantage des énormes frontières dfincompréhensibilités, de divisions, de la haine.   

 

Mais pourtant nous portons en nous dans notre imaginaire les rêves dfun monde meilleur, plein de paix, de justice, et de légalité. Seigneur, nous sommes très pris par les choses matériels, préoccupés, jusqufau paroxysme et à la dépression, et nous oublions davantage lfessentiel, la partie meilleure, ce qui compte. Seigneur, donne-nous la lumière pour bien discerner et tfaccueillir pour tfécouter, et te servir. Amen.

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© kakaluigi, juillet 2010

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QUI EST DONC MON PROCAIN ? UNE RENCONTRE

15e dimanche TOC ,  11 juillet 2010

 

AUJOURDfHUI RECOLTE DfAIDES POUR LES RESCAPES DE SANGE

 

 

1. ECOUTER

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc :Lc 10, 25-37

 

Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-IL d'écrit ? Que lis-TU ? » L'autre répondit : « Tu aimeras Le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute at force et de tout ton esprit, et ton prochain comme to-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et TU auras la vie. » Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc EST Mon prochain

Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et IL tomba sur Des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en Le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; IL Le vit et passa de l'autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; IL Le vit et passa de l'autre côté.

Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; IL Le vit et fut saisi de pitié. Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis IL Le chargea sur as propre monture, Le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, IL sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que TU auras dépensé en plus, je te Le rendrai quand je repasserai.' Lequel Des trois, à ton Avis, a été Le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains Des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et to aussi fais de même. »

 

2. REFLECHIR

 

Dans Le livre du Deutéronome (Dt 30, 10-14) lfauteur nous dit qu'il n'y a pas à chercher bien loin Le Royaume de Dieu. La loi n'est pas au-delà Des mers. Elle EST tout près de nous, dans Notre bouche et dans nos cœurs Tout Le monde peut prendre les chemins de la vie. Elle EST tout près de to, cette Parole, elle EST dans at bouche et dans ton cœur afin que TU la mettes en pratique.

 

Dans la seconde lecture  Paul dit aux Colossiens que Jésus EST l'image du Dieu invisible. Il peut donc nous faire comprendre Le Dieu Amour.

 

Dans lfévangile dfaujourdfhui, Jésus répond à deux questions suite à as rencontre avec Le légiste. Ce sont Des questions qui pourraient être les nôtres. Le légiste voudrait délimiter l'espace où IL devra exercer l'amour fraternel. Sfagit-IL dfun clan, dfune race ou Des croyants ? La première question EST que faire pour avoir son «nom inscrit dans les cieux »? Et la seconde : «Qui EST Mon prochain? » Les vraies réponses à ces questions vont bien au-delà Des mots Des textes que Le légiste maîtrise bien.  La Loi de Dieu EST simple. Dieu nous l'a fait connaître par ses prophètes et son Fils Jésus. Toutes les réponses résident dans Le commandement de l'amour: « Tu aimeras Le Seigneur ton Dieu, et ton prochain comme to-même. » Pour bien saisir ce qufil y a derrière les mots, Jésus répond en racontant une parabole. Une histoire sur laquelle chacun pourrait mettre Des noms, son propre nom. Le blessé EST un juif et l'aidant un samaritain : en Principe, ils sont ennemis; ils NE se parlent pas, bien plus ils doivent se fuir l'un l'autre. Pourtant, ils se rapprochent par Le biais d'un besoin criant à combler. Jésus fait comprendre au légiste qu'il doit se faire proche de toute personne en détresse, quelle qu'elle soit. Jésus franchi toute barrière, et va au-delà pour nous dire que ce qufil compte cfest avant tout lfhomme, nfimporte à quelle race, ou religions, ou état social IL appartient. Tout homme EST sacré et tout homme apporte en lui la marque de Dieu.

 

Le cœur du Samaritain a été spontanément touché. Peut-être qufune longue expérience Des insultes subies par les autres juifs lui a-t-elle révélé les ressources de courage et de patience qufil portait en lui et que les autres nfavaient pas. Dieu a déposé au creux du cœur de toute personne un besoin d'aimer et d'être aimé. En général, nous avons la compassion assez spontanée. Nous NE supportons pas de voir les gens dans la misère. Nous NE pouvons pas soulager toute la misère du monde. En cette semaine les images de Sange, de ces corps calcifiés nous Ont touché fortement et nous obligent à faire quelque choses pour les rescapés qui dans les différents hôpitaux de la Province versent dans Le besoin et dans la détresse.  

 

Nous avons un cœur capable de compassion même is nous NE prenons pas toujours Le temps de nous faire proche de ce prochain au bord du chemin ou sur le trottoir de nos villes. Sans oublier que nous craignons parfois de nous approcher de certaines personnes. Comment faire pour aimer notre prochain? Nous pouvons nous faire aider, mais nous devons aussi payer de notre personne pour que notre prochain soit réconforté et soulagé. Notre présence, notre sourire, notre parole, notre main tendue, tout cela fait partie de la miséricorde envers celui qui souffre pour une raison ou pour une autre. Cela ne demande pas forcément beaucoup de temps ni beaucoup dfargent.

 

Le samaritain est devenu un mot, il est devenu synonyme de celui qui se donne pour aider, pour soulager, pour intervenir et secourir.  Quiconque ne pratique pas la justice n'est pas de Dieu, ni celui qui n'aime pas son frère (1 Jn 3,10). Homme, le Seigneur t'a fait savoir ce qui est bien, ce qu'il réclame de toi : rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu.(Michée, 6, 1-8)

 

Le frère et la sœur qui sont dans lfurgence dfun besoin ou dans une tragédie , comme celle de Sange, nfon pas besoin de paroles, mais ils sont besoin seulement de gestes réels et précis de solidarité, dfempathie, de rencontre.

 

Quand nous nous tournons vraiment vers Dieu, nous voyons autrement, comme Lui, et  nous aussi nous sommes amenés à un type d'auberge. Le prochain cfest la personne aimée, et cfest aussi la personne aimante. C'est une émotion de compassion qui fait la communication entre les personnes, qufil y a relation humaine. La nouveauté, à la limite choquante et révolutionnaire pour les juifs à qui Jésus parle, c'est qu'un Samaritain n'est pas un modèle recommandable pour les juifs croyants, et pourtant cfest lui qui agit. Il n'attend rien en retour de la part de celui qu'il a sauvé. Il ne sait même pas qui il est. Un voyageur comme lui, rien de plus.

 

3. AGIR

 

Jésus demande à ce légaliste : « Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. »

 

Jésus ne blâme ni le prêtre ni le lévite. Il raconte des faits. Il ne juge pas. Faisons de même! C'est à celui qui a été sauvé que Jésus enseigne l'amour. Toute sa vie il aimera l'homme dont il a reçu attention, assistance et secours matériels, celui sans qui il serait mort. Jamais il ne devra oublier cet homme qui l'a remis en selle. Le samaritain de lfévangile laisse l'autre libre. Il se retire de notre chemin et continue le sien. Notre dette d'amour, de reconnaissance,  nous ne pouvons la régler qu'en faisant de même avec d'autres. Il nous reste à la vivre lfhistoire du bon Samaritain avec notre cœur. Nous servons Dieu quand nous nous soucions du prochain. Nous aimons Dieu quand nous aimons le prochain. Tout est là.

 

Jésus dit enfin au légaliste : « Va, et toi aussi fais de même. » Lfamour va au-delà des masques et des  miroirs, des mensonges et des certitudes de notre monde. Il nous conduit d'expériences en expériences, d'actes en actes d'amour, à Dieu lui-même.

 

4. PRIER

Seigneur, donnes-nous la force et le courage de nous faire davantage prochain de nos frères et sœurs qui souffrent. Amen.

 

© kakaluigi juillet 2010

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Vocation et prière, mission et prière   

14e dimanche TOC – 04 juillet 2010

 

1, ECOUTER

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10, 1-12.17-20

 

Parmi ses disciples, Le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et IL les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.

Il leur dit : « La moisson EST abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc Le maître de la moisson d'envoyer Des ouvriers pour as moisson. Allez ! Je vous envoie comme Des agneaux au milieu Des loups. N'emportez in argent, in sac, in sandales, et NE vous attardez pas en salutations sur la route.

Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison.' S'il y a là un ami de la paix, votre paix Ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.

Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car Le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu EST tout proche de vous.' Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous NE serez pas accueillis, sortez sur les places et dites : 'Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-Le : Le règne de Dieu EST tout proche.' Je vous Le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville. »

Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Vous, je vous AI donné pouvoir d'écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l'Ennemi ; et rien NE pourra vous faire du mal. Cependant, NE vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

 

2. REFLECHIR

 

Dans lfextrait de lfévangile de Luc, Jésus appelle et  envoie en mission un grand groupe de personnes qui avaient accepté de Le suivre. Il nfenvoie pas seulement les douze apôtres, mais aussi soixante-douze disciples. Cfest un nombre symbolique qui désignait la totalité Des nations païennes.

 

Tous ceux qui acceptent de suivre Jésus, sont envoyés pour une mission qui EST universelle. Aller dans Le monde pour annoncer, baptiser, témoigner, faire Des autres disciples. À leur retour, IL les félicite, IL les accueille et IL les laisse lui raconter les bons coups qu'ils Ont vécus. Le texte se termine par une bonne nouvelle : «Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux.»

 

Les soixante-douze Ont été envoyés deux par deux. Ce NE sont pas Des individus isolés que Jésus a appelés. Ils sont désignés et envoyés deux par deux pour être Des témoins. Être envoyé deux par deux, c'est découvrir et prendre en compte l'autre qui EST différent de soi. C'est faire ses premières armes avec les rudiments de la vie communautaire. C'est faire une expérience d'Église. C'est pouvoir communiquer, parler du chemin parcouru, Des personnes rencontrées, Des événements vécus au point dfy reconnaître la présence de Jésus. Le témoignage EST celui dfune communauté, un témoignage dfÉglise. Etre envoyé deux par deux cfest lfEglise qui envoie aujourdfhui, au nom du Christ. LfEglise apporte Le message de paix : « Paix à cette maison », à cette ville, à cette nation !

Le disciple de Jésus EST lfhomme de la paix.

 

Les disciples, doivent être accueillis, tels qufils sont. Hommes parmi les hommes. Fragiles et faibles. Ils  NE peuvent rejoindre tout et certaines urgences seront nécessairement négligées. Certains villages NE sont pas visités. Des malades NE peuvent se rendre sur la place. Des femmes NE peuvent entrer au temple. Des familles NE peuvent faire Le trajet jusqu'au lieu de rencontre. Il reste tant à faire.   Face à l'énormité de la tâche et aux besoins de main d'ouvre, Jésus invite à prier pour qufà plusieurs plus d'ouvrage soit abattu, ce qui résultera en plus de réussites et de réjouissances. La moisson EST abondante. 

 

Fortement EST bien ressenti Le bois de prêtres, religieux, personnes qui choisissent la vie consacrée et se mettent à disposition de lfannonce du Royaume de Dieu, c'est-à-dire de lfamour, de la justice et de la paix. La présence du prêtre dans Notre société EST seulement pour cela, pas pour autre chose.

 

La mission et la prière vont toujours ensemble. Les vocations et la prière aussi. Jésus nous demande de prier incessamment. Les vocations à cette mission dépendent seulement de Lui. Ce nfest pas vous qui mfavez choisi, mais cfest moi qui vous a choisi.

 

Il faut savoir être dans Le monde en évitant de sfisoler dans Notre confort communautaire.  Il faut transpirer un idéal qui correspond aux valeurs de lfÉvangile. Il faut une attitude qui nfest pas répressive, moralisatrice, mais qui EST ouverture dans la vérité. Communiquer, être en mission pour donner sens à la vie, cela exige dfêtre vrai plutôt que dfêtre fondamentaliste, légaliste. Les consignes de Jésus sont simples.

Jésus a envoyé tous ses disciples en mission, et puisqufil les envoie tous, nous en faisons nous aussi partie. Oserons-nous répondre à lfappel ? Oserons-nous partir en mission et nous réjouir ? Il y a plein d'urgences dans notre coin de pays et plus encore dans le monde. Les ouvriers sont peu nombreux pour annoncer notre Dieu dont lfamour donne sens à la vie de lfhumain. Il faut des croyants qui acceptent dfêtre témoins de cet amour, qui osent croire que leur vie peut parler de Dieu et donner sens à lfhumanité. La mission est loin dfêtre réalisée, mais comme le dit la première lecture, « Réjouissez-vous avec Jérusalem, soyez pleins d'allégresse » car le Règne de Dieu est paix et joie dans l'Esprit.

 

3. AGIR

 

Porter l'espérance, ne rien emporter.

Offrir la paix en consentant à la vulnérabilité, à la fragilité en sachant se tenir debout grâce à d'autres et pour d'autres.

Se laisser toucher par celles et ceux avec lesquels nous partageons une parole, un moment, un repas, une affection, un idéal, un souci, etc.

Risquer un pas vers ce qui est inconnu, oser une rencontre.

 

Être chacun à notre façon, témoin de la parole reçue. Mais répondre avec générosité et sans aucune hésitation à lfappel de Dieu. Ce qui compte, don, de ne pas rater cet appel. Beaucoup sont ceux qui sont appelés, mais très peu les éluscEt pourquoi ? Tout dépend de notre liberté.

 

Cfest Dieu qui prépare, qui appelle et qui envoie ; mais il ne peut envoyer que ceux et celles qui auront répondu. Les ouvriers sont peu nombreux, nous devons prier. Prions parce que nous manquons de bras, parce qufil y a pénurie. Cfest une parole dfoptimisme que Jésus nous a légué puisque l'amour dans notre chemin vers le Royaume de Dieu est une réalité bien concrète, vécue à tout instant dans son intensité. Cfest un amour plus fort que tout.

 

Nous venons de célébrer 50 ans de notre indépendance. On été bien remarqués certaines scissures, très profondes, dans notre société. Au-delà des grand discours de circonstance et des promesses, la nation a besoin de personnes capables en humanisme, en moralité et en intelligence pour gouverner et pour gérer le bien publique.  Le Ps.127.1 nous dit: «Si l'Éternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain; Si l'Éternel ne garde la ville, Celui qui la garde veille en vain.» A lforigine de tout et de tous il y a lfEternel. Lfoublier ou le mettre à coté, cfest travailler en vain et faire de sa vie, de son pouvoir, de sa manière dfêtre chef, un champ de violences, de guerres, de mensonges, de viols, de meurtres, dfassassinats, dfégoïsmes, de vengeances, etc.c Si nous regardons bien, alors, il faut nous dire ouvertement et courageusement que notre pays le Congo est à la proie de devenir un terrain sans Dieu, loin de Dieu. Et alors que faut-il faire ?  Notre mission est celle de faire retourner nos gouvernants vers Dieu, et prier sans cesse pour que ce même Dieu met sur leurs pas des hommes courageux qui puissent leur annoncer tout cela.

 

 

4. PRIER

 

Seigneur, rien nfest impossible à toi. Tu nous appelle nous envoie pour être signes dfespérance. Avec toi nous pourrons rendre possible tout lfimpossible qui nous entoure et nous fait peiner. Amen.

 

© kakaluigi, juillet 2010

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Voila comment suivre Jésus

13e dimanche TOC - 27 juin 2010

 

Bonjour mes amis, bonjour à vous tous. Jfanticipe mes vœux de Bon Anniversaire à Notre grand pays du Congo, dans son jour radieux de libération, son jubilée dfor. Fêter cette date EST avant tout sfasseoir pour réfléchir, loin Des bruits, Des musiques, Des fêtes pour nous poser seulement deux questions : « Dfoù venons » , et  « où nous allons ». Parmi les multiples écrits de ces jours, IL en a un qui mfa frappé : CINQUANTE ANS DfINDEPENDANCE, UN PALMIER SANS FRUIT. Mon souhait pour Le pays et pour tous les congolais et congolaises EST que ce  que nous avons vécu de mal (comme les guerres, les pillages, les assassinats, lfimpunité, Le viol, la mauvaise gestion du patrimoine publique, Le tribalisme et collinisme, la corruption, Le mensonge et Le vol, etc..) soit enfin banni avec courage et force par tous. Cfest Le droit, la justice, la paix, Le développement qui doivent  régner dés maintenait

 

 

 

1. ECOUTER

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : Lc 9, 51-62

 

Comme Le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, IL prit avec courage la route de Jérusalem. Il envoya Des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer as venue.

Mais on refusa de Le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem. Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-TU que nous ordonnions que Le feu tombe du ciel pour les détruire ? » Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un autre village.

En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où TU iras. » Jésus lui déclara : « Les renards Ont Des terriers, les oiseaux du ciel Ont Des nids ; mais Le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi.» L'homme répondit : « Permets-moi d'aller d'abord enterrer Mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. To, va annoncer Le règne de Dieu.»

Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour Le royaume de Dieu. »

 

2. REFLECHIR

 

Luc rapporte  trois rencontres de Jésus au cours du même voyage. La première NE bouleverse pas nos valeurs, mais IL en EST bien autrement Des deux autres. Quoi de plus normal que de vouloir embrasser ses parents ? D'aller ensevelir son parent ? De vouloir dire au revoir à as famille ?  Élie a accepté d'Élisée ce geste, mais Jésus l'a refusé. Au-delà de ces coutumes,  IL y a certainement plus à comprendre. En quoi donc une soumission à celles-ci  EST-elle une entrave à la liberté, EST-elle un esclavage ? 

 

Jésus a fait Le choix de se mettre en route pour Jérusalem avec courage. Le temps approche où IL va aller jusqufau bout de lfamour qufil EST venu manifester aux hommes. Jésus sait que cfest son dernier voyage. Jésus invite tous ses disciples à Le suivre. Dans lfévangile, ceux qui sont interpelés par Jésus sont confrontés à un choix décisif. Ils sont à un tournant de leur existence, ils sont à la croisée Des chemins. Jésus nfabolit pas la famille humaine, mais IL révèle une nouvelle famille dans laquelle Le père EST Dieu et les hommes et les femmes sont tous frères et sœurs. Suivre Jésus,  cfest faire passer son appel avant les devoirs les plus traditionnels, les plus sacrés. Suivre Jésus  nfest pas une sorte dfassurance pour la vie, de gagne-pain, un moyen dfatteindre une position sociale. Il y a parfois trop de calcul et de réticence dans Notre manière de répondre à l'appel de Jésus. Pour suivre Jésus, nous devons faire Des choix difficiles qui impliquent modifier nos manières de penser et d'agir, s'engager et s'appliquer à vivre l'enseignement de l'Évangile dans Le concret de tous les jours. Lfappel de Jésus NE tolère pas un temps partiel in un cœur partagé. Is nous sommes tièdes, ennuyeux, nous NE pourrons pas renouveler  ce monde, nous NE pourrons pas apporter la force de la conversion. 

 

Saint Paul nous dit : « vous avez été appelé à la liberté » et «NE reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage, vous avez été appelés à la liberté.» ( Galates 5,1.13-18) . La liberté que Jésus nous propose EST un chemin, qui demande de lfinvestissement, de donner de as personne, de savoir se détacher. La liberté que Jésus nous invite à partager avec lui EST une attitude de tous les instants, mais cfest avant tout un chemin exigeant. Le chemin du chrétien n'est pas préparé d'avance. Jésus veut nous offrir la liberté qui EST la sienne, la liberté de marcher avec lui sans entraves et sans paralysies. 

 

La liberté de lfÉvangile NE se comprend que is l'humain  peut décider de lui-même. La loi, comme certains juifs de l'époque la comprenaient, décidait de tout. Il ne restait quasiment plus rien à décider soi-même. Plus de liberté, mais plutôt une soumission à la loi, et à toutes les prescriptions de la vie quotidienne. Pour Jésus, celui qui vit selon l'Esprit se met au service de Dieu et de tous. Toutes ses actions, toutes ses décisions sont confrontées à ce simple critère. Cette liberté-là construit, elle aide, elle soutient. Elle rend la vie à l'autre. 

 

3. AGIR

 

Celui-ci qui vit cette liberté de Jésus doit faire des choix, car il n'y a pas de loi formelle qui lui dicte sa conduite. Jésus ne fournit pas un mode dfemploi tout fait, un guide des bonnes manières chrétiennes à suivre scrupuleusement, sous peine dfinfidélité.  Nous devons privilégier la nouveauté du Royaume et de la mission. Cfest à chacun de nous dfinventer constamment une façon de mettre au centre de notre vie quotidienne lfannonce de la Bonne Nouvelle en actes et en paroles.

 

Dans trois jours nous fêtons le jubilée dfor de notre Indépendance. 50 ans dfindépendance sont passés. Mais comment ?  Il nous faut alors retourner sur le passé, pas pour  le récriminer et continuer à lfexorciser, comme si tous les maux dont nous souffrons dans notre pays ont comme origine ce passé, qui malgré tout est encore présent dans différentes structures. Sfen prendre toujours au colonialisme, sfest vouloir ne pas bien regarder le présent et penser le futur. Il faut que nous nous ayons le courage de nous dégagés des ces entraves du passé, que nous examinons bien les fautes de notre passé, et avec cet anniversaire de 50 ans dfIndépendance, nous pensons à construire un avenir bien différent. Le pays a besoin de faire un saut de qualité, mais avec des personnes capables qui ne regardent pas et seulement leurs intérêts personnels et intellectuellement adultes et murs.

 

Être libre à la manière de Jésus, cfest savoir prendre de la distance par rapport à tout ce qui nous entoure, ce qufon possède, et qui nous aide à mieux vivre. Cfest vivre lfessentiel et ne pas sfemprisonner dans le superflu qui encombre trop souvent nos vies. Cfest dfaccepter dfaller toujours de lfavant sur le chemin, cfest tout simplement avoir foi en celui qui nous prend la main.

Etre libre pour aider les autres à se libérer. Etre libre pour semer lfespérance de la libération. Etre libre de penser et de parler. Etre libre vis-à-vis des pouvoir et des idéologies à la mode. Etre libre de choisir parti politique et les personnes qui puissent les représenter au gouvernement.

 

4. PRIER

Jésus, tu  nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres. Donne-nous force et courage pour que nous puissions demeurer fermement dans cette liberté et prendre garde de ne pas redevenir des esclaves. Ta liberté, Jésus, est faite de choix qui bouleversent nos vies, elle est faite de renouveau et nous appelle à nous mettre en route. Amen.

 

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Bonne fête de lfindépendance à vous tous. E que Dieu bénisse le Congo et tous ses habitants.

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© kakaluigi, juin 2010

 

 
AUDIO: https://download.yousendit. com/dXFVT2pGaTFTRTVjR0E9PQ
 
 
Qui dites-vous que je suis ? Voila lfhomme de la souffrance

12e dimanche TOC -20 juin 2010


Luc 9, 18-24

Un jour que Jésus priait à l'écart, ayant avec lui ses disciples, il leur posa cette question: Qui dit-on que je suis? Ils répondirent: Jean Baptiste; les autres, Élie; les autres, qu'un des anciens prophètes est ressuscité. Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis? Pierre répondit: Le Christ de Dieu. Jésus leur recommanda sévèrement de ne le dire à personne.

Il ajouta qu'il fallait que le Fils de l'homme souffrît beaucoup, qu'il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu'il fût mis à mort, et qu'il ressuscitât le troisième jour. Puis il dit à tous: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera.

Tout homme est à la recherche du bonheur. Notre foi nous dit que Dieu nous a créés pour un bonheur éternel.

Le mot évangile signifie : « heureuse nouvelle ». Pourtant les déclarations de Jésus, aujourdfhui, ressemblent plus à une « mauvaise nouvelle » : il annonce qufil va souffrir, être rejeté, broyé par la souffrancec tout ce qui va à lfencontre de nos désirs. Et pourtant, cfest une bonne nouvelle, un passage qui nous fera passer de lféchec à la gloire, de la mort à la vie. Essayons de comprendre lfattitude de Jésus face à la souffrance.

 

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Car Jésus est tout le contraire dfun philosophe stoïcien, qui se résigne à serrer les dents devant lfépreuve. Nous le voyons pleurer le deuil de son ami Lazare, verser des larmes devant les malheurs de Jérusalem qufil pressent pour lfavenir. Il ne se cache pas pour supplier son Père de lui épargner la souffrance : «  Que ce calice sféloigne de moi. » Sur la croix, ce supplice abominable, il laisse échapper des gémissements  et crie même sa douleur. Quel est donc son secret à lui, un être dfune si grande sensibilité, pour que la croix puisse devenir une « bonne nouvelle » ?

On peut dire dfabord qufil sfy attend. La médecine nous fournit aujourdfhui toute une panoplie dfanesthésiants et de narcotiques qui suppriment beaucoup de souffrances physiques. Cfest un bien certes, mais qui nous a rendu plus fragiles devant les difficultés qufon ne peut éviter. Lfhomme de lfAntiquité, mais aussi les paysans des petits villages du sud de la planète, sont plus forts que nous devant la douleur. Ce qui ne veut pas dire qufau temps de Jésus, les hommes, comme nous, ne cherchaient pas à éviter de souffrir. Et le Messie était attendu parmi ces populations occupées par les Romains comme celui qui allait apporter de manière merveilleuse la prospérité et la félicité sur terre. Jésus nfest jamais entré dans ces illusions-là. Il avertit qufil est un messie tout à fait  inattendu : « Le fils de lfhomme doit beaucoup souffrir, être rejeté, être tuéc » Le monde est comme un champ mêlé, pour lfinstant, de bon grain et dfivraie, où la souffrance ne peut pas être toujours retirée. Quand on sfy attend, on est plus fort.

Mais si Jésus annonce sa souffrance qufil sent venir, sa sensibilité le rend extrêmement attentif à soulager celle qufil rencontre sur son chemin : aveugles, boiteux, lépreux, affamés, exclus, pécheurs, tous trouvent en lui un regard rempli de compassion. Jésus a généreusement et longuement ôté la croix de tous ceux qufil voyait souffrir. Et il nous demande de nous battre résolument contre la souffrance qui meurtrit nos frères : « vêtir ce lui qui est nu, nourrir celui qui a faim, visiter celui qui est en prisonc (Matthieu 25). Lui, Jésus, qui guérissait les autres, il sfest laissé meurtrir et défigurer par la douleur jusqufà crier : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi mfas-tu abandonné ? »Plus : cfest librement qufil sfest avancé vers sa passion : « ma vie, nul ne la prend, mais cfest moi qui la donne. »(Jean 10, 18).

Dfoù lui vient donc cette force ? Dfun amour, plus fort que nos folies et nos horreurs, dfun amour radicalement non-violent qui se laisse atteindre dans toutes les ignominies qui dépravent lfhumanité. Ce qui est un signe dfinfamie, ce qui est destruction et humiliation systématique de la personne humaine, ce qui est une torture avilissante, une invention satanique, Jésus le retourne en signe plus, en symbole de lfavènement dfun monde nouveau par lfamour qui va jusqufau bout : « il nfy a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qufon aime. » (Jean 15, 13). La croix d'infamie devient un signe "+"' (plus).

Jésus nfa pas disserté sur le problème du mal. Il a laissé venir la souffrance inéluctable qui lui est tombée dessus. IL lfa dominée. Il ne sfest pas laissé détruire par elle. Il est resté debout sous ses coups terribles : il a souffert dignement, debout, jusqufau pardon, sachant que sa souffrance nfétait pas une absurdité, mais une réussite de lfamour. Ainsi nos épreuves, à nous aussi, ne sont pas forcément des choses ratées, inutiles et perdues. Pour qui ose les vivre à la lumière de la croix de Jésus, elles deviennent force de vie, passage de résurrection.

©Kakaluigi, juin 2010

 

 

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 A cause de son grand amour

11e dimanche TOC ,   13 juin 2010

 

1, ECOUTER

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : Lc 7,36-50;8,1-3

 

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.

En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même: "Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qufelle est: une pécheresse." Jésus prit la parole: "Simon, jfai quelque chose à te dire. - Parle, Maître." Jésus reprit: "Un créancier avait deux débiteurs; le premier lui devait cinq cents pièces dfargent, lfautre cinquante. Comme ni lfun ni lfautre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux lfaimera davantage?" Simon répondit: "Cfest celui à qui il a remis davantage, il me semble. - Tu as raison", lui dit Jésus.

Il se tourna vers la femme, en disant à Simon: "Tu vois cette femme? Je suis entré chez toi, et tu ne mfas pas versé dfeau sur les pieds; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne mfas pas embrassé; elle, depuis son entrée, nfa pas cessé dfembrasser mes pieds. Tu ne mfas pas versé de parfum sur la tête; elle, elle mfa versé un parfum précieux sur les pieds. Je te le dis: si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, cfest à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu dfamour."

Puis il sfadressa à la femme: "Tes péchés sont pardonnés." Les invités se dirent: "Qui est cet homme, qui va jusqufà pardonner les péchés?" Jésus dit alors à la femme: "Ta foi tfa sauvée. Va en paix!"

Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze lfaccompagnaient, ainsi que des femmes qufil avait délivrées dfesprits mauvais et guéries de leurs maladies: Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, lfintendant dfHérode, Suzanne, et beaucoup dfautres, qui les aidaient de leurs ressources.

 

2. REFLECHIR

 

Dans le livre de Samuel (l2S 12, 7-10.13), le roi David a commis l'adultère avec Bethsabée et il fait périr le mari trompé tout en jouant sur les apparences. En bon roi, il prend soin de la veuve qui n'a personne pour lui assurer sa survie. Le prophète Nathan va au-delà des apparences pour lui révéler la vérité de son geste. David reconnaît son péché devant Dieu. David, loin de se prévaloir de sa majesté, confesse humblement sa faute et se repent. Dieu lui dit alors par la bouche du prophète Nathan : « Le Seigneur a pardonné ton péché; tu ne mourras pas. » Ces paroles font du bien à entendre même si le pardon n'élimine pas les conséquences sociales de la faute commise. Dieu ne rejette pas un cœur brisé. Il pardonne.

 

 

Dans lfévangile de Luc, Simon est l'hôte de Jésus. Cfétait certainement un homme honnête comme lfétait la majorité des pharisiens.  Il est un homme en recherche et il veut voir si Jésus est vraiment le grand prophète que ses miracles annoncent.  Mais, Simon s'est fabriqué un Dieu de justice, un Dieu qui condamne, et Simon doit condamner le pécheur. Simon est déçu car Jésus ne ressemble pas à un bon pharisien, il se laisse approcher par cette femme, pécheresse reconnue. Les pharisiens mettent au ban cette coupable ainsi que, par association, Jésus. Simon ne peut comprendre que Dieu nous regarde non avec une justice sans pitié, mais avec une justice dfamour. Par aimer davantage, Jésus parle aussi de reconnaissance. Ill compare un créancier qui avait deux débiteurs; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Il compare ces remises de dette avec la remise des péchés, du pardon.

 

Seul Dieu peut voir le fond des cœurs, mais les bien-pensants s'imaginent toutes sortes de choses et ils jugent. Jésus, lui, aimait faire réagir les gens pour les faire retourner à leur cœur plutôt qufà leur code. Jésus ne nie pas les péchés de cette femme. Bien au contraire, il dit qu'ils sont nombreux tout en regardant en priorité ce qufelle a de bon. Dieu se réserve à lui seul, le jugement.

 

Simon a raté la chance dfune rencontre véritable avec Dieu.

La parole de ce dimanche nous oblige à faire aussi des autres considérations à lfapproche des festivités du cinquantième  anniversaire de lfindépendance du Congo et actualiser ainsi cette Parole de Vie dans les situations assez critiques qufon vit dans notre pays, où règnent le mensonge, lfhypocrisie, lfimpunités, les injustices de tout genre.

Dans la proximité de ces festivités je ne sait pas si nous autorités administratives et religieuses ont le courage du roi David. Le courage dfavouer le péché, le courage de confesser le péché, le courage du repentir et du changement vital et radical.

On nfest pas naïfs pour ne pas voir et écouter le mal qui règne dans notre beau et grand pays le Congo. Un mal voulu, caressé, prêché, institué à normalité, , , un mal qui peut encore sfappeler dictature, méprise, jalousie, impunité, corruption, enrichissements illicites.

La femme pécheresse, comme le Roi David ont été pardonnés, tous les deux.

Car ils ont fait montre de profond amour.

A lfapproche du 30 juin il nous faut avouer que nos politiciens nfaiment pas, comme il faut, leur terre dforigine, cette terre bénite par de Dieu, avec beaucoup de richesses, cette terre qui pourrait construire un avenir de bien être et de bonheur pour tous.   

Dans un monde accablé par une crise financière profonde, personne, et surtout ces pays, comme le Congo, qui bénéficient des aides pour survivre, ne peut se permettre de dépenser au-delà de ses possibilités et dfemployer ces aides pour des dépenses irraisonnables.

 

3. AGIR

Dans quel esprit recevons-nous cette Parole? Quelle est la nature de nos rapports: savons-nous aimer, savons-nous pardonner? Est-ce que nous nous considérons parfois comme les détenteurs de la vérité, croyant que nous méritons ainsi les faveurs de Dieu? C'est le cœur qui importe dans l'enseignement de Jésus. Ce qui compte, c'est la disposition intérieure, une vraie relation avec Dieu dans la liberté personnelle, dans l'amour de Dieu et du prochain.

 

Le véritable amour est  porteur de pardon, sinon il n'est qu'une recherche de gratification. Aimer Dieu et son prochain, c'est se laisser pardonner par Dieu afin de pouvoir pardonner à son tour. Pardonner ne veut pas dire justifier le mal. Mais personne ne doit pas se faire justice par soi même. N'est-ce pas ce que l'on dit en récitant le Notre Père : "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés." Cet Amour n'est pas gratuit, le pardon en est le prix.

A cause de son amour.

 

4. PRIER

Seigneur, donnez-nous des chefs capables de tfaimer et aimer leur prochain ; capables dfaimer leur terre ; capables dfaimer la misère de leurs populations, Amen

 

© kakaluigi, juin 2010

 

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 La richesse de la Trinité
  Fête de la Sainte Trinité,   30 mai 2010


    1. ECOUTER

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  16, 12-15

À lfheure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : «Jfaurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour lfinstant vous nfavez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

      2. REFLECHIR

Les religions des juifs, des musulmans et des chrétiens professent la foi dans un Dieu exclusivement unique. La religion  chrétienne pourtant a quelque chose de très spécifique. Elle  croit dans la Trinité. Mais pourquoi ? N'est-il pas déjà assez difficile de croire que Dieu existe ? Nfest-il pas aussi difficile  dfen découvrir toute sa mystérieuse identité? Dieu est grand, immense, et nous nous perdons en toute cette grandeur et immensité. Mais pourtant sans Dieu notre vie est impossible. Lfhomme a été crée à lfimage et à la ressemblance de Dieu. Un homme : un peu moindre des anges, mais, nous prions dans le psaume 8 « qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur ; tu l'établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds : les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux. »


La doctrine chrétienne de la Trinité n'est pas un compromis entre le monothéisme et le polythéisme. Notre Dieu unique en trois personnes nfest pas plus lointain ni plus étrange que celui qui est Un et auquel croient les juifs et les musulmans. Au contraire, il est proche puisqufil est Père aimant, il est le plus semblable à nous puisqufil est Fils devenu homme parmi nous, il est le plus intérieur puisqufil est lfEsprit répandu dans nos cœurs.

Le livre des Proverbes (8,22-31) nous affirme que Dieu, la Sagesse,  crée un monde beau, bon et assez riche pour que tous ceux et celles qui l'habitent puissent y naître, s'y développer et s'y épanouir sans manquer de rien. Dieu est amour et il doit aimer, même avant la création du monde ou son évolution.  Dieu est amour en lui-même, car depuis toujours il a en lui-même un Fils qu'il aime d'un amour infini, qui est l'Esprit Saint. Lfépitre aux Romains est claire en ce qui concerne les trois visages de Dieu, de même que lfévangile de Jean qui nous dit que cfest lfEsprit qui nous fera connaître Dieu.

La richesse, la splendeur et la bonté du monde sont voulues du Dieu Amour. Dans chaque amour il y a toujours trois réalités : quelqufun qui aime, quelqufun qui est aimé et l'amour qui les unit. Ils sont différents mais la solidarité et l'harmonie qui existent entre eux sont parfaites. Ils se connaissent intimement et agissent ensemble dans le respect le plus grand du rôle de chacun d'eux, et ne peuvent « exister » sans lfautre.

Ceci nous fait découvrir la véritable identité de Dieu. Savoir qui est le Dieu auquel nous ressemblons est la question la plus importante que nous devons nous poser pour savoir nous-mêmes qui nous sommes. Ce nfest pas à un jeu intellectuel, à la solution dfun problème, que nous invite la fête de la Trinité, cfest à un engagement de foi, à une remise de soi à Dieu amour. Consentir à perdre ses repères, ses idées toutes faites, ses théories sur Dieu, cfest la seule manière de se définir, cfest-à-dire de comprendre ce que veut dire être à lfimage de Dieu et dfaccepter son invitation à vivre en sa présence. Cfest une présence agissante, capable de nous convertir, de nous faire participer à lfœuvre de Jésus envoyé pour sauver le monde et lui donner la vraie vie.


     3. AGIR

Le Père, le Fils et l'Esprit Saint sont l'image et la réalisation de ce que notre monde devrait devenir. Au lieu de partager équitablement les biens et les richesses destinés à tous, quelques-uns ont voulu et veulent encore s'accaparer les biens du monde. Des pauvres et des injustices, il y en a encore dans le monde même si le Dieu Amour est le défenseur des pauvres, l'ami des abandonnés, le frère des exploités. Les inégalités persistent parce que nous nfavons pas expérimenté que nous sommes Un. Le bonheur et le malheur sur terre dépendent dans une large mesure de la qualité de nos relations; et, ce qui rend une relation belle, libre et gratifiante, c'est l'amour dans ses diverses expressions. Aimer quelqu'un, c'est l'aimer pour lui-même, et non pour nous, pour notre utilité.
Aimer Dieu trinitaire, c'est nous laisser initier peu à peu à l'amour véritable, à l'amour du vrai Dieu, tel qu'il est en lui-même. Cfest cela qui va changer le monde.
Témoigner de ce Dieu dans la vie de tous les jours, dans nos occupations au quotidien, dans nos soucis et préoccupations. Est question toujours et davantage dfamour, cfest question dfenvelopper notre monde de cet amour. Seulement lfamour dfun Dieu, unique mais en trois personnes, égales et distinctes, un amour qui est communion et partage, un amour qui est coresponsabilité et souci, un amour qui est donation et capacité de miséricorde et de pardon.

     4. PRIER

O Dieu
Je n'aime que Toi seul.
Je ne cherche que Toi seul.
Je ne veux servir que Toi seul.
Toi seul dois être mon Maître.

Chasse de moi la vanité,
afin que je puisse Te reconnaître.
Dis-moi où regarder pour Te voir.
J'espère accomplir tout ce que Tu attends.

Fais, ô Père, que je Te cherche,
préserve-moi de l'erreur.
Que dans ma recherche,
rien d'autre que Toi ne se présente à moi.
S'il est vrai que je ne désire rien d'autre que Toi,
Fais, ô Père, que je Te trouve.

Et s'il y avait encore en moi
quelque désir superflu,
veuille m'en dévêtir Toi-même
et rends-moi capable de Te voir.

© kakaluigi, mai 2010

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BONNE FETE DE PENTECOTE 2010 - QUE L'ESPRIT SAINT VOUS REMPLISSE DE SA FORCE, SON COURAGE ET SA LUMIERE ET VOUS FASSE DAVANTAGE DES TEMOINS DE LA VERITE', DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX

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Ouverture pour sfapprocher au monde des hommes

Fête de  Pentecôte, 23 mai 2010

 

 

1.   ECOUTER

Lecture du livre des Actes des Apôtres Ac  2, 1-11

 

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux. Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit. Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »

 

 

Le passage de lfÉvangile qufon lira au cours des messes de cette fête de Pentecôte est tiré de saint Jean  14, 15-16.23b-26

 

 

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2. REFLECHIR

 

Après l'Ascension de Jésus au ciel, nous trouvons ses disciples assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus. Et voici que l'Esprit Saint fait irruption dans la vie de ces premiers chrétiens pour les transformer en témoins crédibles de l'amour de Dieu. La religion nfest pas une façon dféchapper aux réalités de la vie. Comme nous le voyons dans le texte des Actes, les apôtres recherchaient la sécurité de la chambre haute, derrière des portes closes, mais lfEsprit Saint les obligea à sortir dans la rue. Les apôtres étaient enfermés parce qufils avaient peur. LfEsprit leur a donné le courage dfaller dans le monde et dfaffronter les défis de la vie. La vie de lfÉglise cfest dfêtre un signe de lfamour de Dieu pour notre monde. LfEglise est église si sfapproche de lfhomme, là où il vit le quotidien de sa vie.

 

La Pentecôte, cfest le contraire de la Tour de Babel, là où les gens parlaient différentes langues et ne se comprenaient pas. LfÉglise doit se faire entendre et se faire comprendre de tous, dans tous les langages et dans toutes les cultures. Même avant dfenvoyer des missionnaires, la première communauté de Jérusalem a vu des foules des villes voisines converger vers Jérusalem parce que la Bonne Nouvelle sfétait rendue jusqufà elles. Les gens de cette communauté avaient quelque chose dfunique: ils sfaimaient les uns les autres, réellement. Ils étaient heureux. La bonté, lfauthenticité et la joie ne peuvent qufinspirer et attirer les autres. Autant de visages, de langues, de races, de cultures, de façons de prier, et une joie sans bornes, autant de signes vivants que lfEsprit de Dieu a été répandu parce que Dieu est là présent.

La Pentecôte nous invite donc à entrer dans les problématiques de tout homme et de toute culture, pour pouvoir entrer en empathie et parler le même langage compréhensible.

 

La Pentecôte nous invite à recevoir lfEsprit qui nous donne le courage de vivre en chrétiens et elle nous enseigne les vraies valeurs de notre monde. LfEsprit est présent en nous. LfEsprit veut nous donner un cœur nouveau, il veut changer notre cœur de pierre pour un cœur de chair. L'espoir jaillit là où il y a une attente fécondée par la prière. LfEsprit agit par contagion. Une petite flamme peut en allumer une autre. Un sourire en engendre un autre. Une petite bougie dissipe la nuit. Un geste dfaccueil et de gentillesse en suscite dfautres. La nouvelle se répand, et nous nfy pouvons rien! Jésus Christ est venu allumer un grand feu sur la terre.

 

Le 30 juin prochain la RDC célèbre ses 50 ans dfindépendance. Une date significative pour prendre en peu de souffle et vérifier le chemin fait en 5 décennies de vie socio politique et financière de notre grands pays. LfEtat et lfEglise, avant de penser aux fastes de cérémonies, doivent pouvoir relever les défis de leurs parcours, de leurs choix et de leurs échecs.  

Une célébration ne résoudra pas les grands problèmes qui existent. La majorité des populations continuera leur vie de peines et de souffrances dans la misère dfinsécurité et de peurs. LfEtat va dépenser beaucoup dfargent.

 

LfEglise congolaise célèbre elle aussi ses 50 ans de mariage avec lfEtat congolais, 50 ans des complicités, mais aussi de combats. Beaucoup de documents, charismatiques et prophétiques, sont sortis des mains de nos évêques, qui ont donné espoirs, mais qui malheureusement très souvent sont restés dans le tiroirs des évêchés.  LfEglise catholique, qui au lendemain de lfindépendance avait bien manifesté de courage et dfesprit de sacrifice, lentement sfétait assoiffée au tram tram dfune vie quotidienne de la souffrance silencieuse dfun peuple plus davantage piétiné et opprimé par une dictature despote, et avait sacrifié souvent ce souffle de force prophétique de l Esprit de vérité.

 

3. AGIR

 

Nous sommes remplis de lfEsprit quand nous permettons à lfEsprit de mettre en nous la joie, la paix, la sainteté. Quand lfEsprit nous habite, nous devenons créatifs, imaginatifs. Le devenir de lfÉglise dépend de nous si nous savons être au service de l'évangile, et non pas d'une institution. Une communauté de pensée est faite de personnes humaines. Les initiatives et les projets dépendent d'elles. Il se peut que certaines activités très classiques se développent. Il se peut que d'autres semblent très innovantes. Il se peut encore que certains projets apparaissent, dont nous n'avons aujourd'hui aucune idée.

 

À la Pentecôte, pour un moment, les nations ont interrompu leurs querelles et ont fait lfexpérience dfune communauté rassemblée par Dieu. Les premiers chrétiens ont formé une Église radicalement tournée vers Dieu pour lfhumain, et non vers la domination et le pouvoir. À la Pentecôte se lève une espérance neuve: pourrons-nous enfin vivre sans divisions le message de lfÉvangile? Nous sommes aujourd'hui dans une phase de reconstruction. Nous pouvons renouer avec l'enthousiasme des commencements. Pouvons-nous continuer à rêver ? Notre Eglise de la RDC pourrait enfin revenir aux sources et se déshabiller de toutes ses incrustations qui la rendent de plus en plus lié avec le pouvoir et par crédible ? Lfesprit nous appelle aussi à la conversion. Mais aussi à des engagements nouveaux. Les apôtres de Pentecôte ont ouvert les portes et ont pris le chemin des routes de lfhomme, sans rien apporter avec eux, si non obéissant à lfimpulsion de lfEsprit Saint qui leur avait donné courage et force pour annoncer le message de Jésus Christ.

 

4. PRIER

 

    Esprit Saint, Esprit de Dieu, notre Père, esprit de Jésus Christ, notre sauveur. Nous te prions, avec toutes nous-mêmes, de descendre en abondance sur nos Eglises locales de la RDC, afin qufelles deviennent davantage des signes visibles et parlants de ta sainteté, ta justice et ta paix. Qufelles puissent  continuer à témoigner, aujourdfhui mieux, et sans aucune complicité, les véritables valeurs  de lfesprit, telles que la vérité, la transparence, la justice, la solidarité, la tolérance, et lfunité. AMEN.

 

© kakaluigi, mai 2010

 

 
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BONNE FETE DE L'ASCENSION 2010

 

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EMPORTE AU CIELc MAIS AUTREMENT PRESENT

Fête de l'Ascension – 16 mai 2010

 

 

1.   ECOUTER

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 46-53

 

Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force venue d'en haut. »

Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie.  Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

 

 

   2. REFLECHIR

 

Dans beaucoup dféglises du monde entier les communautés chrétiennes sont appelées à célébrer la fête de lfAscension. Jadis lfAscension se célébrait le jeudi. Certaines conférences épiscopales nationales ont du se confronter avec la situation sociale des temps modernes et ont  du choisi le dimanche, pour venir à la rencontre de leurs fideles occupés dans le travail au cours de la semaine.

La résurrection de Jésus est un événement extraordinaire. La communauté chrétienne n'a pas de mots pour en parler. Comment dire avec des  mots humains ce qui est divin ? Les évangiles s'orientent dans plusieurs directions en utilisant plusieurs langages qui se complètent et qui éclairent les multiples facettes du mystère de Pâques.

 

Aujourd'hui c'est tout autre langage, celui de l'exaltation qui nous est proposé dans une manière très simple par Luc, qui raconte le même événement aussi dans le premier chapitre de son livre des Actes des Apôtres.  Après  de s'être montré à plusieurs reprises à ses disciples, Jésus ressuscité se sépara dfeux et fut emporter au ciel ».

 

Au cours de ce 40 jours, de Pâques jusqufaujourdfhui, les disciples sont passés par des émotions  très fortes. D'abord le Vendredi Saint c'est la fin de toutes leurs illusions  sur le monde, sur Dieu, sur eux-mêmes. Puis à Pâques c'est l'espérance folle. Pourtant le monde ne change pas, il y a déception. Maintenant, Jésus Ressuscité lui-même disparaît !  Jésus sfen va, il disparait de leurs yeux, ne sera plus présent ?

 

Que s'est-il passé exactement? Quel est ce ciel où Jésus est emmené, auprès de son Père? Peu importe où se  situe ce ciel! Le centre du récit est dans les paroles du Christ, qui s'en va, qui n'apparaîtra plus, et qui  laisse les disciples avec une promesse et une bénédiction.

 

« Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel » (Actes, 1.11). Le ciel est déjà parmi nous, sur cette terre, dans notre histoire au quotidien. Le ciel est cette présence, bien comprise, selon Luc, par le disciples qui « retournent à Jérusalem, remplis de joie ».  

 

L'Ascension n'est pas un abandon, c'est l'invitation au passage à l'étape suivante. Jésus se retire et il laisse aux disciples, et après eux à nous tous, la mission d'humaniser le monde pour le rendre à l'image de Dieu.  C'est avant tout des disciples, et de nous, dont il s'agit dans ce récit.

Lfépoque humaine du Crist semble sfachever, cfest lfépoque de lfEglise maintenant où sa présence est marqué par la présence de lfEsprit.

L'Ascension, c'est une manière de nous dire que les disciples acceptent de faire face à leur destinée et sont prêts à aller de l'avant. Nous sommes invités à être les témoins de Jésus Ressuscité dans cette Eglise qui nait.

 

Jésus disparaît auprès du Père, mais il nous laisse pas nous débrouiller tous seuls. Jésus, personne ne peut plus le toucher physiquement. Il faut désormais parler d'une autre forme de présence de Jésus! Il est discret, mais il est au milieu de nous, c'est ça l'important! Quand on a de vrais problèmes, il est là. Nous avons le soutien de l'Esprit Saint, qui va être donné aux disciples à la Pentecôte.

 

Mais cfest aussi sa présence sacramentelle par lfEucharistie. Une présence vraie, mais discrète, très parlante dans ce silence du tabernacle, très agissante dans le profond dfune véritable foi.

 

 

3. AGIR

 

C'est à nous de nous laisser interpeller par la mission qui est devenue la nôtre. Cela exige la réflexion personnelle, la réflexion communautaire, et l'audace missionnaire des chrétiens qui ne se limitent pas  à des recettes pastorales alors que l'Esprit invite à exprimer avec de nouveaux modèles de pensée la richesse et l'originalité de l'Evangile 

 

Il faut oser affirmer notre foi au Christ Jésus, de mille façons et selon les circonstances de notre vie.

Par exemple :

-      il faut défendre les droits des plus démunis et affirmer la justice sociale, dénoncer l'oppression, les guerres, les mauvais traitements.

-       Il faut refuser d'établir des relations humaines bâties sur le pouvoir et la domination. À travers toutes les facettes de l'existence,

-      il faut suivre les pas de Jésus. Nous sommes toujours  invités à être les disciples de Jésus qui se mettent au service les uns des autres à cause de sa parole.

 

Nous sommes invités à nous laisser guider par l'Esprit pour humaniser davantage les projets et les structures de notre société, de nos églises et aussi de nos paroisses.

Il y a  tout un travail de purification et de renouvellement à faire. Et il nous faut savoir regarder vers le futur.

Il nous faut ainsi faire un grand saut de qualité pour arriver à une mise en commun des nos ressources, humaines, financières, spirituelles, etc.

 

Et enfin laissons-nous guider par l'Esprit de Jésus pour nous mettre au service les uns des autres et humaniser nos projets communs.

 

Nous sommes toujours les héritiers de la mission des premiers disciples. Et travaillons en église, ouvrant et projetant ensemble, et luttant contre lfindividualisme de cavaliers  solitaires, qui croient dfavoir des charismes et des missions personnelles.

 

 Ce n'est pas un engagement facile à tenir. Jésus est parti, mais il est là tout près! Jésus est là ... présent pour nous aider, à réussir le pari de lfEglise avec ce monde.

 

 

4. PRIER

Seigneur Jésus, nous te prions.

-      Pour lféglise appelée porter la Bonne nouvelle jusqufaux extrémités de la terre.

-      Pour les missionnaires, envoyés semer espérance et amour.

-      Pour tous ceux qui travaillent pour la réconciliation et la paix entre les hommes et les nations.

-      Pour notre jeunesse appelée à se laisser travailler par lfEsprit.

Amen.

 

© kakaluigi, mai 2010

 

Un départ  pour bien vivre la liberté de lfautonomie

Laisser que nos enfants prennent leur envol et se livrent dans les cieux de ce monde

 

6e dimanche de Pâques , 9 mai 2010

 

 

1.   ECOUTER

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 14, 23-29

 

À lfheure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples :  « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui..  C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu'elles n'arrivent ; ainsi, lorsqu'elles arriveront, vous croirez.

 

2.   REFLECHIR

 

Nous avons besoin de communiquer avec les autres, avec toute la création. Lfhomme en soi est un être social. Nous avons besoin de présence pour voir, sentir, toucher, étreindre. L'absence est toujours un déchirement. Les mots dfentente, de réconciliation,  d'amour éclatent dans la rencontre et dans l'étreinte. La déclaration de Jésus est donc pour le moins inquiétante et mystérieuse : « Je mfen vais et je reviens vers vous. » Le départ de Jésus nfest pas une absence car il nfy a pas de distance entre Dieu et nous, mais son départ fait partie du processus de lfacquisition de lfautonomie. Le départ fait partie de la maturation.

 

Jésus parle aussi dfune autre présence de Dieu, plus profonde, même si nfest pas visible, mais réelle, celle de lfEsprit.

 

Pour bien comprendre je touche notre expérience de parents. Très tôt, nous les parents, nous développons chez nos enfants une force intérieure solide. Nous réalisons rapidement que nous ne pouvons tout contrôler et mettre à lfabri nos enfants de toutes les menaces, ou les prendre continuellement par la main en route vers leur futur. Les liens parentaux en particulier avec la mère (cfest bien leur fête aujourdfhui), sont si forts qufil en demeure toujours  quelque chose dfimportant malgré le temps, la distance ou même lfabsence. Le dernier mot de tout moribond reste toujours celui de lfappel de la mère, comme si on pense toujours de sfen remettre à elle jusqufà la fin.

 

Laissons que nos enfants puissent un jour prendre le vol et se livrer en toute autonomie dans les cieux de ce monde. Laissons qufils fassent leurs expériences. Laissons qufils vivent leurs vies. La préoccupation ne manquera jamais. Cfest plus que naturel pour une mère et pour un père.  Mais lfamour paternel et maternel savent bien faire ces  pas et laisser leurs enfants vivre leurs libertés.

 

Nfest-ce pas le même discours que tient Jésus à ses disciples? L'absence ne tue jamais l'amour.

 

Ceux qui adhèrent au Christ ont été affublés du surnom ironique de chrétiens très tôt à Antioche. LfÉglise a multiples visages. Lfaction de lfEsprit Saint a ouvert le cœur des disciples dans les deux premières lectures. Ils ont compris leur mission. Chacun de nous doit également découvrir Dieu dfune manière originale, personnelle. Soyons assez sensibles pour percevoir à quel point la présence de Dieu est originale et particulière, car lfEsprit Saint vient toujours comme la nouveauté absolue qui  nous renouvelle. Tout est appelé à se renouveler, comme lfherbe des champs et les fleurs.

 

Nous ne sommes pas, ni lfÉglise, en possession de structures durables. Le caractère  provisoire et précaire de toutes nos élaborations est là depuis toujours, est là depuis  le départ de Jésus à lfAscension) et le don de lfEsprit à la Pentecôte.

 

3.   AGIR

 

Nous sommes appelé a bien changer et continuera dfévoluer. Nous avons besoin de dessiner le futur.  Dieu est toujours là qui nous accompagne. L'Église est là qui, formée par des hommes et femmes, si fragiles, a besoin encore de secousses de lfEsprit.

 

Pourquoi ne pas saisir cela comme une chance offerte à une nouvelle liberté. Pourquoi ne pas se donner la peine de se vérifier, et dfavoir le courage dfetre vraiment église au milieu des chrétiens. Pourquoi ne se contenter de lfessentiel, de lfindispensable, du nécessaire, que aller à la rencontre de pompes, de richesses, de pouvoir ?   

 

lfÉglise ne doit servir que Dieu.

L'Église est plus petite et plus pauvre, mais davantage centrée sur sa mission. LfÉglise manque de prêtres. Elle manque dfhommes mais de nombreuses femmes, de nombreuses mères, sont engagées par amour de leur communauté.

Lfamour nfest pas un mystère, il  affirme une volonté de  reconnaître à lfautre sa condition dfenfant de Dieu.

Lfamour est le moteur, le fondement de toute vie.

 

Alors comment aimer Dieu ?

Jésus indique le chemin : rester fidele à sa Parole.

Comment aimer Jésus sans que ce ne soit que paroles des lèvres et non du cœur ?

Aimer Dieu c'est rester fidèle à sa parole qui est présence. La parole qu'il nous laisse, celle qui en elle contient toutes les autres,

c'est de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Et cfest par cet amour qufon nous connaitra comme ses disciples.

 

Il faut aimer pour connaître, il faut connaître pour aimer.

Il faut aimer pour écouter, il faut écouter pour aimer.

Et alors ouvrons nos cœurs à Dieu et aux autres.

 

Bonne fêtes des mères à toutes les mères du monde. Symboliquement à chacune je voudrais offrir ma petite rose rouge

 

4.   PRIER

 

Seigneur. Donne aujourdfhui à nos mère la force de ne pas desesperer , mais de continuer à etre les anges gardiens de leurs maisons et foyers. Amen.

 

© kakaluigi, mai 2010

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Ouvrir les portes de son cœur

Pour un monde où vit le commandement nouveaux

5e dimanche de Pâques,   2 mai 2010

 

 

1.   ECOUTER 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 13, 31.34-35

 

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Juda fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres. »

 

Lecture du livre de lfApocalypse 21,1-4

 

Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis du trône une forte voix qui disait: Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.

 

        2. REFLECHIR

 

Dans le passage de l'Apocalypse (21,1-4), saint Jean  nous présente deux images de lfÉglise : elle est une Cité, Jérusalem, et elle est l'Épouse qui vit de l'amour de Jésus. Une Cité, c'est des frères et des sœurs réunis qui vivent d'un amour mutuel. Jésus nous l'a dit dans l'évangile, c'est le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés », alors lfamour rejaillit de notre cœur vers celui de nos frères et sœurs.

 

L'Église qui nait avec la Résurrection est comme un ciel nouveau, un monde nouveau car Jésus dit aussi dans lfévangile : «Voici que Je fais toutes choses nouvelles, l'univers nouveau». Nous sommes renouvelés de l'intérieur par cette nouveauté qui est la caractéristique même de Dieu. Une seule famille, où règne lfamour et des frères et sœurs qui travaillent les uns pour les autres, pour améliorer la situation.

Dieu est toujours neuf. Et il est neuf surtout avec la résurrection et ce tombeau vide, où la mort et le mal nfauront plus rien à gagner.  

C'est bien le même monde de hier, du vendredi saint, mais ce monde est devenu neuf à l eaube de ce premier jour de la semaine; il a été restauré, renouvelé par cette lumière,  cette force, ce feu qui est lfEsprit de Dieu.

 

Le monde est renouvelé, mais il y a des moments où nous pouvons être tentés par le désespoir ou le doute, par l'impression que tout est perdu, que toutes choses vont vers leur ruine.  Ce n'est pas un renouvellement magique et inexplicable que Jésus annonce, tout en sortant de ce tombeau.  C'est  plutôt sa miséricorde au cœur même de nos propres vies et de ce qu'elles ont de plus douloureux qui agit doucement, et qui se fait présente aux hommes avec ces petits gestes dfamour. C'est là la nouveauté de Dieu. Lfamour de Dieu au cœur de nos vulnérabilités apporte un changement radical.

 

Les paroles de Jésus prononcées au cours de son dernier repas avec ses disciples sont lourdes de sens et de conséquences. Ce sont des paroles dfadieux qui sont devenues un testament spirituel. Le legs dfun commandement  qui le continuent et qui rendent encore efficaces sa vie et ses gestes de salut.  « Comme je vous ai aimé », est certainement la phrase la plus connue de tous les évangiles. Demandez à nfimporte qui, ce qufil a retenu des évangiles, il vous répondra: « Aimez-vous les uns les autres. » Trop souvent malheureusement, il nfira pas plus loin. Il dira: «Aimez-vous les uns les autres » comme nous disons machinalement : «Comment ça va » Se pourrait-il que notre formule tirée de lfévangile soit devenue phrase passe-partout que nous savons par cœur, mais qui nfa pas dfimpact dans la vie de tous les jours? Lorsque Jésus a dit: « Aimez-vous les uns les autres,» il a tout de suite ajouté: » Comme je vous ai aimé. » Ça fait toute la différence.

 

Il faut avoir le comportement de Jésus, il faut avoir les attitudes dfune vie partagée au quotidien, dfune vie axée vers la libération, pour le bonheur des autres.

 

Ce ne sont pas des discours, cfest lfamour que nous aurons les uns pour les autres qui sera le témoignage que nous sommes les disciples de Jésus. Cfest une manière dfagir qui dépasse notre propre intérêt, qui fait entrer lfintérêt de lfautre dans nos propres objectifs. Cfest un don qui nfest pas refus ou destruction de soi, mais qui est partage.  Aimer comme il a aimé, et ainsi continuer sa présence, être sa présence au-delà des signes de lfabsence, en ce monde.

 

3.   AGIR

 

Jésus, pas plus que son Père, ne se manifeste dfabord aux sages et aux savants, mais aux petits et aux humbles. Paul et Barnabé, revenus de leur première mission à Derbé où ils firent de nombreux disciples,  racontent aux fidèles de Syrie comment Dieu a ouvert aux nations païennes la porte de la foi. Cfétait une nouveauté. Ce récit nous montre avec quelle ardeur Paul annonça l'Évangile aux nations païennes.

L'Église cherche aujourd'hui encore des chemins nouveaux pour faire connaître Jésus. Participons à ses efforts. Il ne sfagit pas de connaître par cœur, il sfagit plutôt de connaître par le cœur. Il sfagit dfaimer. 

 

Aimez-vous les uns les autres. Si déjà nous nous efforcions dfessuyer toute larme des yeux les uns des autres? Ce serait peut-être le moyen de faire vivre la consigne de Jésus : Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres!

La gratuité, mais aussi la disponibilité dfun accueil fraternel, qui ouvre les portes de son cœur.

 

 

 

Prions

Seigneur, apprends-nous à aimer comme tu nous a aimé. Amen

 

© kakaluigi, mai 2010

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La vocation et les vocations : affaire de nous tous 
4e dimanche de Pâques, 25 avril 2010


1. ECOUTER

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 27-30

Jésus avait dit aux Juifs : « Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger). » Il leur dit encore : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

2. REFLECHIR

« Le Père et moi, nous sommes UN ». Cfest dans ce contexte que Jésus, le ressuscité dfentre les mort, se présente comme le Bon Pasteur, utilisant une image qui parlait sans doute plus immédiatement à ses concitoyens qufà nous, mais qui nfa quand même pas perdu, même de nos jours, sa valeur évocatrice. Il faut, loin des villes, dans nos campagne, pour voir encore un troupeau et ses bergers, et savourer toute la poésie dfun passé qui nfest jamais passé, dfune scène qui doit nécessairement pouvoir se répéter aussi dès nos jours. 

À travers ce langage symbolique, Saint Jean, présente Jésus comme le bon berger, le bon pasteur, c'est-à-dire comme celui qui se préoccupe des autres, celui qui sfapplique à soulager toute souffrance, celui qui redonne espérance, celui dont la vie est au service des autres. 

Il nous parle de la vocation et de la mission de Jésus. Il répond à la question : mais pourquoi Jésus, Fils de Dieu, sfest fait homme et entré aussi dans le monde des hommes ? Et voila, Jésus avait bien répondu subitement, et subitement il avait pris possession de la terre où réaliser « sa vocation » et « sa mission ».

Heureux ceux qui croient sans voir avons-nous lu dans lfépisode de Thomas il y a à peine deux semaines. Nous ne pouvons plus voir, mais nous pouvons entendre. Il suffit de tendre lforeille pour entendre la voix du Berger : « Mes brebis écoutent ma voix, dit Jésus ; moi, je les connais, et elles me suivent». Cette voix nfest jamais une voix qui sfimpose, mais cfest une voix qui propose, qui encourage et qui guidec Si tu veuxc laisse, renonce, accueillec et suis-moi. 

Jésus avait appelé Paul sur le chemins de Damas. Et Paul était parti. Lfenvoi de saint Paul en mission sfapplique aussi à nous. 

Nous sommes envoyés jusqufau bout du don de nous-mêmes. Notre vocation, cfest de répondre à lfappel de Dieu qui nous invite à nous engager pour une cause qui en vaut la peine. 
· Cfest de mettre notre compétence et notre capacité dfaimer au service de lfautre dans la foule pour le soutenir dans sa croissance, pour le soulager dans ses peines, pour lfouvrir au bonheur. 
· Cfest de mettre notre vie dans les mains de Dieu et avoir confiance à lui. 
· Cfest de nous laisser guider par Dieu, et nfavoir pas peur de cette foule immense en marche avec nous, et où nous apprenons à nous connaître, à nous aimer, tout en avançant vers le Royaume. 

Il est encourageant et plein dfespérance savoir que Dieu est une main qui nous tient et qui nous protège le long de notre chemin, même dans les jours où lfépreuve se fait plus lourde et la fidélité plus difficile, des jours où nous sommes fatigués dfêtre en route, fatigués de nous-mêmes et déçus de la foule. 

Jésus est clair : seules les brebis qui écoutent sa voix et accueillent sa Parole dans un cœur disponible et aimant, entrent dans son intimité – « je les connais » ; seules celles qui le suivent en mettant en œuvre ce qufelles ont entendu, échappent aux dangers qui les menacent, elles « ne périront pas ». Personne ne pourra les arracher de sa main.

3. AGIR

- La vocation chrétienne cfest adhérer par la foi à la personne de Jésus, et à travers lui au Père, dans un abandon confiant de tout notre être au Dieu dfAmour. Cfest la vocation de nous tous !
- La vocation aux différents ministères dans lfEglise est un appel particulier que Dieu fait à certains. Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as, et puis viens et suis-moi. Voila donc les vocations particulières et spécifiques ! 
- La communauté chrétienne est appelé a savoir discerner les différents appels et aider les personnes à répondre positivement à ces appels. Cfest le travail immense de la promotion vocationnelle au sein de chaque communauté.

- La vocation et les vocations cfest lfaffaire de nous tous. 

4. PRIER

· Dans ce moment très difficile pour lfEglise toute entière, nfayons pas peur de prier pour que Dieu suscite des vocations sacerdotales, religieuses et missionnaires. LfEglise a toujours besoin de bons bergers, de partout dans le monde.
· Prions pour que chaque chrétien découvre sa propre vocation. Et sa propre mission tout en sfengagent à vivre sa propre vie chrétienne avec courage et force. 
· Prions pour que nos familles découvrent davantage leurs rôles à jouer dans lfEglise et la société, surtout dans lféducation et la formation de la jeunesse. Encourageons nos jeunes garçons et filles à devenir prêtres, religieux et missionnaires, ne soyons pas des obstacles à leur vocations. 

Jésus nous invite à le choisir tous les jours pour engager notre vie et mettre nos pas dans les siens. Nous sommes dans la foule. Il est notre berger.

© kakaluigi, avril 2010
 

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CfEST LE SEIGNEUR !
18/04/2010    3e Dimanche de PAQUES 2010
 

ECOUTER 

Jean 21, 1-19
Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.


Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.


Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau. Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres. En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. » Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré. Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.

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AUDIO du 18/04/2010
A TELECHARGER
avant le 25/04/2010

Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime. »
Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t'emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »


RELECHIR

Pourquoi cette seconde finale au quatrième évangile ? Pourquoi cet ultime rebondissement alors que le dernier verset du chapitre 20 clôturait fort bien le livre ? La Bible de Jérusalem titre ce chapitre comme appendice, c'est-à-dire pour préciser ou souligner davantage  son point de vue sur la résurrection, et pour dire aux hommes de tous les temps et les races que ce Jésus est vivant, vivant dans une Eglise, vivant dans son successeur qui est Pierre.
De plus tout est étrange dans ce récit : les « disciples » ne sont pas onze, mais sept, dont cinq seulement son nommés - tous des appelés de la première heure, excepté Natahanael... Et que font-ils ? Parcourent-ils les villes et villages comme le Seigneur le leur avait dit et  enseigné ( 20,25), invitant tous les hommes à la conversion et à la foi ? Pas du tout : ils retournent à leurs filets, et vont tout simplement cà la pêche !
Certainement nous devons croire que ce chapitre 21 cfest une ajoute de Jean. Il avait probablement oublié de souligner un aspect que maintenant veut mettre devant ses propres lecteurs.
On pourrait croire que dans le désarroi suite à la crucifixion, les apôtres reprennent leur activité professionnelle, ne sachant que penser et que faire. Mais non : les rencontres avec le Ressuscité, longuement relatées au chapitre 20, ont permis de rassembler le groupe dispersé par la tourmente. Le Seigneur les a même explicitement envoyés, avec la mission dfêtre les témoins de sa miséricorde victorieuse (Jn 20, 23). Il est vraiment difficile de comprendre comment Pierre, Jacques, Jean, Nathanaël, et Thomas - dont on se souvient qufil a bénéficié dfune apparition particulière (20, 28) - sfembarquent tranquillement pour une partie de pêche sur le lac de Tibériade !

Bref : ce chapitre ne saurait être une simple « suite » du chapitre précédant. Il apparaît plutôt, au terme du récit, comme une ultime ouverture sur la dimension universelle de la mission. Autrement dit, la péricope ne veut pas nous parler seulement de la communauté des premiers disciples, mais de toute communauté se réclamant du Christ.
Essayons de comprendre le texte.
Les événements rassemblés autour du récit dfune pêche miraculeuse, constituent une sorte dfitinéraire que tout compagnon du Seigneur et toute communauté chrétienne ont à parcourir. Le chiffre sept évoque en effet une plénitude qui déborde le contexte strictement juif (où nous trouverions plutôt le chiffre douze) et qui ouvre sur les nations païennes. Et ce chiffre 7 est bien lié aussi à cette 3e manifestations de Jésus ressuscité à ses propres disciples.

Ces hommes qui vaquent à leur ouvrage sont spécifiés comme étant des « disciples ». Le double nom - Simon-Pierre - et le contexte dfune pêche miraculeuse, font écho à lfappel de celui qui deviendra le chef du collège apostolique. Le récit en Luc 5, 1-11 se termine par cette parole prophétique de Jésus adressée à son apôtre : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5, 10). Et lfévangéliste dfajouter : « Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5, 11).
Rien ne nous autorise à penser que Simon-Pierre et ses compagnons seraient revenus sur cette décision. Nous pouvons donc interpréter la pêche nocturne en Jean 21 comme la description symbolique du travail dfévangélisation - comme le confirme dfailleurs le nombre de poissons capturés en jetant le filet de la Parole sur lfordre de Jésus : le chiffre « cent cinquante-trois » correspond au total des nations connues à lfépoque de la rédaction du quatrième évangile.
Ainsi donc nos sept compagnons sfactivent à lfannonce de la Parole, mais leurs efforts demeurent stériles. Pourtant, ils connaissent leur « métier » : nfont-ils pas été à lfécole du Seigneur lui-même ? On imagine sans peine le désarroi de ces hommes devant la fin de non-recevoir qufopposent leurs interlocuteurs à leurs efforts dfévangélisation. Le Seigneur les aurait-il abandonnés ? LfEsprit se serait-il retiré ? Nfayant plus rien à perdre, ces hommes répondent à lfappel dfun inconnu et lui obéissent en dépit du bon sens. Traduisons : ils acceptent de sortir du cadre bien structuré de leur pastorale. Et voilà que la réponse à leur acte de foi, est au-delà de toute espérance.

Non, Jésus ne sfétait pas éloigné ; mais il fallait que la communauté passe par cette expérience de lféchec, pour retrouver son dynamisme originel. Lfécoute attentive du Seigneur et lfobéissance à son appel, sont bien plus importantes que nos stratégies longuement réfléchies et patiemment mises en place ; car le Maître cfest le Christ (Mt 23, 10) : cfest lui qui appelle et qui envoie, cfest lui qui assure la fécondité.
Toute communauté évangélisatrice commence dans lfEsprit ; mais elle court le risque dfattribuer insensiblement le succès de son travail au fruit de ses propres efforts. Aussi est-il indispensable qufelle fasse lfexpérience amère de la stérilité. Heureuse la communauté qui devant lféchec, au lieu de poursuivre avec acharnement, ou de chercher à inventer dfautres techniques pastorales plus performantes, sait se remettre humblement à lfécoute du Seigneur, et discerner son second appel, qui passe souvent par des sollicitations totalement inattendues.

La fécondité dfune mission menée en dépit de toute prévision et programmation, laisse entrevoir qui agit dans le secret, afin de nous faire revenir à lui, source et fin de toute évangélisation.
Simon-Pierre comprend : oui cfest bien « le Seigneur » qui appelle à un plus grand dépouillement, à un plus radical abandon. Il prend conscience que sans même sfen apercevoir, il avait quitté le vêtement de la foi, pour agir plus librement en son nom propre. Se ressaisissant, « il passe un vêtement et se jette à lfeau », abandonnant tous ses stratagèmes pour rejoindre Jésus sur le rivage, où celui-ci a préparé pour les siens un repas.
AGIR
Cfest autour de lfEucharistie que toute communauté se constitue, se structure ; cfest dans lfEucharistie qufelle se retrouve et refait son unité. Cfest de lfEucharistie qufelle est envoyée pour récolter ce qufelle nfa pas planté, moissonner ce qufelle nfa pas semé.
Lfépisode de la rencontre personnelle de Pierre et de Jésus est parmi les plus émouvantes de lfÉvangile. La triple demande de Jésus sfexplique par son désir de donner à Pierre la possibilité dfeffacer son triple reniement au cours de la passion. Dieu donne toujours aux hommes une deuxième possibilité ; souvent une troisième, une quatrième, un nombre infini de possibilités. Il ne raye pas les personnes de son livre à la première erreur de leur part. La confiance et le pardon du Maître ont fait de Pierre une personne nouvelle, forte, qui sera fidèle jusqufà la mort. Il conduira le troupeau du Christ dans les moments difficiles du commencement, lorsqufil sfagira de sortir de Galilée et de se lancer sur les routes du monde. Au terme de sa course, Pierre sera même en mesure de tenir sa promesse de donner sa vie pour le Christ.
Des vents diaboliques font trembler lfEglise en ces jours avec toutes ces accusations, calomnies et mensonges qui se lèvent de partout dans le monde. Les attaques contre le Pape Benoit XVI nous semblent trop exagérées et montrent ouvertement le désarroi de notre société moderne.  Le mal reste toujours du mal à stigmatiser et à reprouver fermement.

Saint Augustin affirme : « En interrogeant Pierre, Jésus interrogeait également chacun de nous ». La question : « Mfaimes-tu ? » sfadresse à tous les disciples. Le christianisme nfest pas un ensemble de doctrines et de pratiques ; cfest quelque chose de beaucoup plus intime et profond. Cfest une relation dfamitié avec la personne de Jésus Christ. Jésus explique que la manière de lfaimer est de servir les autres : « Mfaimes-tu ? Pais mes brebis ». Il ne veut pas recevoir les fruits de cet amour, il veut que ce soient ses brebis à les recevoir. Il est le destinataire de lfamour de Pierre, mais pas son bénéficiaire.
Cfest comme sfil lui disait : « Je considère que ce que tu feras pour mon troupeau, cfest à moi que tu lfauras fait ». Notre amour pour le Christ ne doit pas non plus demeurer quelque chose dfintimiste et de sentimental, mais il doit sfexprimer dans le service aux autres, dans le bien que nous faisons à notre prochain. Mère Térésa de Calcutta aimait répéter : « Le fruit de lfamour est le service et le fruit du service est la paix ».

PRIER
Seigneur Jésus, vivant et ressuscité parmi nous, fais de nous des instruments capables de chanter avec nos vies la symphonie de ton amour. Nos reniements au quotidien ne doivent pas nous faire douter de la grande miséricorde qui demeure intarissable et infinie dans ton cœur et qui sans cesse tu nous donnes à tout moment. « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime » et cela me suffit. Amen

© Frère Elie et Kakaluigi, avril 2010
[2010/04/17 19:19:17] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu: Bonjour
[2010/04/17 19:19:28] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu:  Avez-eu mon message?
[2010/04/17 19:21:19] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu: Ficher AUDIO: https://download.yousendit. com/THE3eW55SWU5NVd4dnc9PQ
 
TEXTE
CfEST LE SEIGNEUR                                                                                  3e Dimanche de PAQUES 2010

 

ECOUTER: Jean 21, 1-19
Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau. Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres. En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. » Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré. Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime. »
Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t'emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »

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Pourquoi cette seconde finale au quatrième évangile ? Pourquoi cet ultime rebondissement alors que le dernier verset du chapitre 20 clôturait fort bien le livre ? La Bible de Jérusalem titre ce chapitre comme appendice, c'est-à-dire pour préciser ou souligner davantage  son point de vue sur la résurrection, et pour dire aux hommes de tous les temps et les races que ce Jésus est vivant, vivant dans une Eglise, vivant dans son successeur qui est Pierre.
De plus tout est étrange dans ce récit : les « disciples » ne sont pas onze, mais sept, dont cinq seulement son nommés - tous des appelés de la première heure, excepté Natahanael... Et que font-ils ? Parcourent-ils les villes et villages comme le Seigneur le leur avait dit et  enseigné ( 20,25), invitant tous les hommes à la conversion et à la foi ? Pas du tout : ils retournent à leurs filets, et vont tout simplement cà la pêche !

Certainement nous devons croire que ce chapitre 21 cfest une ajoute de Jean. Il avait probablement oublié de souligner un aspect que maintenant veut mettre devant ses propres lecteurs.
On pourrait croire que dans le désarroi suite à la crucifixion, les apôtres reprennent leur activité professionnelle, ne sachant que penser et que faire. Mais non : les rencontres avec le Ressuscité, longuement relatées au chapitre 20, ont permis de rassembler le groupe dispersé par la tourmente. Le Seigneur les a même explicitement envoyés, avec la mission dfêtre les témoins de sa miséricorde victorieuse (Jn 20, 23). Il est vraiment difficile de comprendre comment Pierre, Jacques, Jean, Nathanaël, et Thomas - dont on se souvient qufil a bénéficié dfune apparition particulière (20, 28) - sfembarquent tranquillement pour une partie de pêche sur le lac de Tibériade !


Bref : ce chapitre ne saurait être une simple « suite » du chapitre précédant. Il apparaît plutôt, au terme du récit, comme une ultime ouverture sur la dimension universelle de la mission. Autrement dit, la péricope ne veut pas nous parler seulement de la communauté des premiers disciples, mais de toute communauté se réclamant du Christ.

Essayons de comprendre le texte.

Les événements rassemblés autour du récit dfune pêche miraculeuse, constituent une sorte dfitinéraire que tout compagnon du Seigneur et toute communauté chrétienne ont à parcourir. Le chiffre sept évoque en effet une plénitude qui déborde le contexte strictement juif (où nous trouverions plutôt le chiffre douze) et qui ouvre sur les nations païennes. Et ce chiffre 7 est bien lié aussi à cette 3e manifestations de Jésus ressuscité à ses propres disciples.

 

Ces hommes qui vaquent à leur ouvrage sont spécifiés comme étant des « disciples ». Le double nom - Simon-Pierre - et le contexte dfune pêche miraculeuse, font écho à lfappel de celui qui deviendra le chef du collège apostolique. Le récit en Luc 5, 1-11 se termine par cette parole prophétique de Jésus adressée à son apôtre : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5, 10). Et lfévangéliste dfajouter : « Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5, 11).

Rien ne nous autorise à penser que Simon-Pierre et ses compagnons seraient revenus sur cette décision. Nous pouvons donc interpréter la pêche nocturne en Jean 21 comme la description symbolique du travail dfévangélisation - comme le confirme dfailleurs le nombre de poissons capturés en jetant le filet de la Parole sur lfordre de Jésus : le chiffre « cent cinquante-trois » correspond au total des nations connues à lfépoque de la rédaction du quatrième évangile.
Ainsi donc nos sept compagnons sfactivent à lfannonce de la Parole , mais leurs efforts demeurent stériles. Pourtant, ils connaissent leur « métier » : nfont-ils pas été à lfécole du Seigneur lui-même ? On imagine sans peine le désarroi de ces hommes devant la fin de non-recevoir qufopposent leurs interlocuteurs à leurs efforts dfévangélisation. Le Seigneur les aurait-il abandonnés ? LfEsprit se serait-il retiré ? Nfayant plus rien à perdre, ces hommes répondent à lfappel dfun inconnu et lui obéissent en dépit du bon sens. Traduisons : ils acceptent de sortir du cadre bien structuré de leur pastorale. Et voilà que la réponse à leur acte de foi, est au-delà de toute espérance.

 

Non, Jésus ne sfétait pas éloigné ; mais il fallait que la communauté passe par cette expérience de lféchec, pour retrouver son dynamisme originel. Lfécoute attentive du Seigneur et lfobéissance à son appel, sont bien plus importantes que nos stratégies longuement réfléchies et patiemment mises en place ; car le Maître cfest le Christ (Mt 23, 10) : cfest lui qui appelle et qui envoie, cfest lui qui assure la fécondité.
Toute communauté évangélisatrice commence dans lfEsprit ; mais elle court le risque dfattribuer insensiblement le succès de son travail au fruit de ses propres efforts. Aussi est-il indispensable qufelle fasse lfexpérience amère de la stérilité. Heureuse la communauté qui devant lféchec, au lieu de poursuivre avec acharnement, ou de chercher à inventer dfautres techniques pastorales plus performantes, sait se remettre humblement à lfécoute du Seigneur, et discerner son second appel, qui passe souvent par des sollicitations totalement inattendues.


La fécondité dfune mission menée en dépit de toute prévision et programmation, laisse entrevoir qui agit dans le secret, afin de nous faire revenir à lui, source et fin de toute évangélisation.
Simon-Pierre comprend : oui cfest bien « le Seigneur » qui appelle à un plus grand dépouillement, à un plus radical abandon. Il prend conscience que sans même sfen apercevoir, il avait quitté le vêtement de la foi, pour agir plus librement en son nom propre. Se ressaisissant, « il passe un vêtement et se jette à lfeau », abandonnant tous ses stratagèmes pour rejoindre Jésus sur le rivage, où celui-ci a préparé pour les siens un repas.

AGIR
Cfest autour de lfEucharistie que toute communauté se constitue, se structure ; cfest dans lfEucharistie qufelle se retrouve et refait son unité. Cfest de lfEucharistie qufelle est envoyée pour récolter ce qufelle nfa pas planté, moissonner ce qufelle nfa pas semé.
Lfépisode de la rencontre personnelle de Pierre et de Jésus est parmi les plus émouvantes de lfÉvangile. La triple demande de Jésus sfexplique par son désir de donner à Pierre la possibilité dfeffacer son triple reniement au cours de la passion. Dieu donne toujours aux hommes une deuxième possibilité ; souvent une troisième, une quatrième, un nombre infini de possibilités. Il ne raye pas les personnes de son livre à la première erreur de leur part. La confiance et le pardon du Maître ont fait de Pierre une personne nouvelle, forte, qui sera fidèle jusqufà la mort. Il conduira le troupeau du Christ dans les moments difficiles du commencement, lorsqufil sfagira de sortir de Galilée et de se lancer sur les routes du monde. Au terme de sa course, Pierre sera même en mesure de tenir sa promesse de donner sa vie pour le Christ.

Des vents diaboliques font trembler lfEglise en ces jours avec toutes ces accusations, calomnies et mensonges qui se lèvent de partout dans le monde. Les attaques contre le Pape Benoit XVI nous semblent trop exagérées et montrent ouvertement le désarroi de notre société moderne.  Le mal reste toujours du mal à stigmatiser et à reprouver fermement.

 

Saint Augustin affirme : « En interrogeant Pierre, Jésus interrogeait également chacun de nous ». La question : « Mfaimes-tu ? » sfadresse à tous les disciples. Le christianisme nfest pas un ensemble de doctrines et de pratiques ; cfest quelque chose de beaucoup plus intime et profond. Cfest une relation dfamitié avec la personne de Jésus Christ. Jésus explique que la manière de lfaimer est de servir les autres : « Mfaimes-tu ? Pais mes brebis ». Il ne veut pas recevoir les fruits de cet amour, il veut que ce soient ses brebis à les recevoir. Il est le destinataire de lfamour de Pierre, mais pas son bénéficiaire.

Cfest comme sfil lui disait : « Je considère que ce que tu feras pour mon troupeau, cfest à moi que tu lfauras fait ». Notre amour pour le Christ ne doit pas non plus demeurer quelque chose dfintimiste et de sentimental, mais il doit sfexprimer dans le service aux autres, dans le bien que nous faisons à notre prochain. Mère Térésa de Calcutta aimait répéter : « Le fruit de lfamour est le service et le fruit du service est la paix ».

PRIER

Seigneur Jésus, vivant et ressuscité parmi nous, fais de nous des instruments capables de chanter avec nos vies la symphonie de ton amour. Nos reniements au quotidien ne doivent pas nous faire douter de la grande miséricorde qui demeure intarissable et infinie dans ton cœur et qui sans cesse tu nous donnes à tout moment. « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime » et cela me suffit. Amen

 

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CROIRE AU DELA DES TENEBRES ET DES DOUTES

2e dimance de Pâques , 11 avril 2010

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 20, 19-31

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C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : «Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »

Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.

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Ce dimanche après Pâques, c'est le dimanche de Thomas. C'est huit jours après Pâques que Jésus ressuscité se manifeste à Thomas. Les portes étaient verrouillées même si Pierre et Jean avaient vu le tombeau vide, même si les apôtres avaient reçu le témoignage de Marie-Madeleine et des disciples d'Emmaus. Les disciples avaient peur, ils s'étaient enfermés. Ils n'étaient pas prêts pour comprendre, parce qu'ils manquaient de foi, et qu'ils opposaient bien des résistances au don de Dieu. Il leur faudra encore du temps et surtout attendre la Pentecôte pour être enfin délivrés de cette peur et entrer pleinement dans la joie de Pâques et comprendre le mystère de ce tombeau vide.

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Thomas a donc une réaction bien normale. Et ainsi il est l'image de tous nos autres, et de la mentalité de nos jours. C'est quelqu'un qui n'arrive pas à croire que Jésus a réellement traversé la mort , qu'il est réellement entré dans la mort et réellement sorti de la mort, que Jésus ressuscité n'est pas une hallucination, une vision.

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Présenter Thomas comme le sceptique au milieu d'un groupe d'apôtres croyants est une simplification, voire une injustice, à l'égard de ce disciple qui s'est montré très zélé dans l'évangile. Tous les apôtres ont douté. Ils se sont moqués des femmes qui, les premières, rapportèrent le message de la résurrection. Ils n'ont pas cru davantage les deux disciples revenant d'Emmaüs.

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Thomas est plutôt ici le personnage incarnant tous les apôtres au stade de leur désarroi. Thomas est l'image de nous tous au stade notre désarroi. Ce n'est pas le doute froid, le scepticisme ; c'est la difficulté de croire à l'humainement impossible.

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Jean écrit son Évangile pour amener le lecteur à la foi en Jésus, et lui permettre d'obtenir la vie éternelle. Croire sans voir quoi que ce soit, ce n'est pas si évident que cela. Tout l'évangile de Jean insiste sur la nécessité de voir pour accéder à la foi. On voit Jésus, on voit ses actes, on voit les signes qu'il fait, et à partir de là, on croit que ce Jésus vient de Dieu. Dans sa première lettre, le même Jean commence en parlant de « ce que nos yeux ont vu », de « ce que nos mains ont touché du Verbe de vie. » « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

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Thomas exprime notre confusion et notre souffrance lorsque nous avançons dans la nuit du doute. La vérité spirituelle est bien au-delà des indices. Elle ne relève pas de l'évidence. Elle relève toujours, plus ou moins, de la foi et de l'invisible. La vérité d'un amour relève de la foi en l'amour. On ne peut pas aimer si l'on ne croit pas à l'amour.

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Thomas fait donc aujourd'hui plus qu'une simple constatation. Il fait un acte de foi. Il ne se contente pas de s'émerveiller d'une résurrection qui aurait simplement révélé la puissance de Dieu. Celui qui vient à lui, qui se donne à toucher, c'est Dieu lui-même, mais totalement différent de ce que, jusque là, il imaginait être Dieu. C'est un Dieu Amour transpercé par nos clous et nos lances.

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Il faut nous savoir voir au delà des ténèbres. Pas facile, mais possible si notre foi est bien enraciné et elle va au-delà des personnes, des situations, des scandales. Nous soulignons surtout le négatif qui existe dans nos vies, dans nos société et dans nos églises, et effaçons ainsi le grand et immense positif qui se fait. Mais le bien ne fait pas du bruit. Et c'est sur le bien que nous construisons.

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Souvent nous voulons bien croire, mais à certaines conditions. À condition que cette foi soit prouvée et garantie. Nous voulons pouvoir croire sans intermédiaire, nous voulons nous passer de la foi des autres, mais nous nous trompons lorsque nous pensons pouvoir se passer de la foi des autres.

Nous sommes sous le régime de l'absence, du non-voir. Que reste-t-il sinon uniquement les témoignages.

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C'est la foi en Jésus ressuscité qui nous délivre de la peur et de la paralysie qu'elle engendre.

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C'est la foi en Jésus ressuscité qui nous fait prendre le chemin de vie, d'accomplissement et d'espérance.

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Marchons sur le chemin d'une foi vivante, malgré toutes les difficultés du chemin où la lumière est trop souvent voilée, malgré les faiblesses de l'humanité, malgré les imperfections des institutions.

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Prier :

C'est avec Thomas que nous prierons ce dimanche, tout en nous mettant en genoux devant le Christ vivant du Très Sacrement : « Mon Seigneur, mon Dieu »

© kakaluigi, avril 2010


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Pâques,   4 avril 2010

1. ECOUTER

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  20, 1-9


Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. » Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensembles, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.

2. REFLECHIR

Aujourdfhui nous nous trouvons devant un tombeau vide.
Et il sfagit pas dfun tombeau quelconque, mais dfun tombeau spécial, original, extraordinaire, qui est là devant les yeux de chacun de nous, e ce tombeau est vide pour émerveiller lfhomme et son histoire, et surtout pour  donner à sa vie la secousse dfun changement profond de renversions de marche.
Ce tombeau vide marque profondément lfhistoire.

Contempler cette grande pierre, enlevée du tombeau et renversée par terre, et jeter un coup dfœil au tombeau ouvert, crée en nous tous une immense soif de connaître et de savoir. Où est-il ? Qui est qui lfa enlevé ? « On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on la misc » dira, tout en pleurant, Marie de Magdala à Pierre.

Ce Jésus de Nazareth nfest plus dans ce tombeau, et cela nous bouleverse et nous rend triste. Encore une fois nous tâtonnons dans lfobscurité et un grand poids semble tombé sur nos épaules.  On se sent déconcertés, confus, désolés.
 
Depuis le début de la semaine sainte, nous pouvions demander que savait Jésus des événements à venir ? Depuis quand le savait-il ? Ces questions sont importantes car le tombeau vide après la mort en croix  de Jésus de Nazareth est le fondement de tout ce que les chrétiens croient et de toute la vie chrétienne. " Si le Christ nfest pas ressuscité, alors notre prédication est vaine et vaine aussi notre foi " (1 Co 15, 14).

Jésus ne s'est pas trompé dans sa mission sur terre, sa mort n'a pas été une erreur, ni la croix une défaite. La croix et la mort ne sont  pas arrivées  par hasard - mauvais moment, mauvais lieu. Elles ne sont pas arrivées non plus à cause des complots de certains humains, mal intentionnés, jaloux, méchants, humains du pouvoir politique et religieux de lfépoque.

Jésus a tenu à sa parole, à ses promesses, à son programme. Son dernier mot sur la croix : « Tout est accompli ».

C'était le plan de Dieu pour sauver tout homme et pour rendre ce  monde que nous habitons plus humain, plus fraternel, plus habitable.

Il fallait que Jésus soit livré aux pécheurs. Il fallait la trahison de Judas, le reniement de Pierre, lfabandon de tous.
Il fallait ce Calvaire et cette crucifixion.
Il fallait ce tombeau.
Il fallait qu'il se relève le troisième jour. 
Sinon, il n'existe pas de pardon pour des péchés. Sinon, il n'y a pas de salut et la foi des disciples, la foi des milliers et des milliers de personnes de tous les siècles, y compris la nôtre, est en vaine. Sinon, tout est vain.

La résurrection de Jésus a besoin donc dfune réflexion approfondie. Elle a besoin de notre compréhension, car elle demande une réponse. Elle doit pouvoir envelopper notre raison pour pouvoir ensuite arriver jusqufau cœur.

Il faut comme Jean entrer dans le tombeau, pas y rester dehors. Il nous faut être acteurs et pas spectateurs de cet événement, si extraordinaire et si bouleversant,  et cela même si nous n'avons pas tout compris les détails techniques et les pourquoi, même si nous avons peu de foi. Sentons-nous comme de chercheurs ou de caresseurs dfor, continuellement très soucieux dfarriver à trouver quelque chose qui puisse compter  changer la vie.

La lumière de Pâques, qui nous arrive de ce tombeau vide, nfest pas une petite bougie qui tremble à tous les vents, et qui risque de sféteindre à tout moment. La flamme de notre foi, elle sfalimente, elle luit et elle se développe par la prière et en communauté, renonçant à nos passions et nos faiblesses et en cherchant dfaccueillir avec joie nos croix quotidiennes.
La lumière de ce tombeau brille à jamais, et elle brille pour tous.

Un jeune homme avait perdu sa ferveur pour le Seigneur. Il a cherché le conseil dfun chrétien âgé et plein de sagesse. Mais celui-ci restait silencieux. Comme ils étaient assis près du feu, le vieil homme se lève, prends les pinces à charbon, saisit une braise ardente, la sort du feu, et la pose sur le rebord de la cheminée. Puis il revient sfasseoir, toujours silencieux. Et le jeune homme voit la braise refroidir, sféteindre, et devenir toute noire. Le vieil homme se relève, ramasse le morceau de charbon refroidi, le remet dans le feu et la braise recommence à rougir. Et là, le jeune homme se lève et il sort ayant compris pourquoi il avait perdu son enthousiasme. «Un chrétien isolé; cfest un chrétien en danger. »

Récemment Jean Ferrat est décédé. Vous avez peut-être en mémoire sa chanson  «C'est beau la vie! »
 
 
Le vent dans tes cheveux blonds
Le soleil à l'horizon
Quelques mots d'une chanson
Que c'est beau, c'est beau la vie

Un oiseau qui fait la roue
Sur un arbre déjà roux
Et son cri par dessus tout
Que c'est beau, c'est beau la vie.

Tout ce qui tremble et palpite
Tout ce qui lutte et se bat
Tout ce que j'ai cru trop vite
A jamais perdu pour moi

Pouvoir encore regarder
Pouvoir encore écouter
Et surtout pouvoir chanter
Que c'est beau, c'est beau la vie.

Le jazz ouvert dans la nuit
Sa trompette qui nous suit
Dans une rue de Paris
Que c'est beau, c'est beau la vie.

La rouge fleur éclatée
D'un néon qui fait trembler
Nos deux ombres étonnées
Que c'est beau, c'est beau la vie.

Tout ce que j'ai failli perdre
Tout ce qui m'est redonné
Aujourd'hui me monte aux lèvres
En cette fin de journée

Pouvoir encore partager
Ma jeunesse, mes idées
Avec l'amour retrouvé
Que c'est beau, c'est beau la vie.

Pouvoir encore te parler
Pouvoir encore t'embrasser
Te le dire et le chanter
Oui c'est beau, c'est beau la vie.
 

Dieu l'a faite belle et bonne la vie. Dieu, en ressuscitant Jésus, nous en a montré la force inébranlable dfune vie tout a fait extraordinaire et nouvelle: la vie n'était pas morte; elle a été transformée. La mort et la résurrection de Jésus, que nous célébrons à Pâques, doivent nous apporter une vie nouvelle.

La vie n'est pas toujours belle : il y a de la froidure, de la grisaille et du vide. Il y a les enfants abusés et des femmes violées  dans lfindifférence apparente des témoins ou des décideurs.  La vie nfest pas toujours belle, lfimage de notre Église nfest pas toujours belle, mais nous pouvons y trouver du beau parce que notre cœur s'enracine dans la résurrection : la vie est plus forte que la mort. La mort a été détruite et cette espérance donne un sens à notre vie et à l'histoire de l'humanité. La vie est belle à cause de toutes les lumières qui surgiront pour nous aider sur notre route. La lumière peut parfois être voilée par un manque de transparence, par le comportement humain, mais Jésus, en ressuscitant, illumine le monde et les humains de la lumière du ciel, et il nous invite à vivre désormais avec Dieu et pour Dieu. Si Jésus n'est pas ressuscité, notre foi est vaine, nous sommes encore dans nos péchés.

3. AGIR

Pour chacun dfentre nous, est-ce que la résurrection c'est de la niaiserie ou est-ce qu'il vaut la peine de courir pour l'examiner soit même? Est-ce que nous trouverons les mots la paix et de l'estime de soi, les mots de la miséricorde et de l'espérance. Est-ce que nous trouverons les mots qui viendront de nous, de notre prière, de notre capacité d'ajuster notre cœur au cœur de Dieu. Les beaux discours ne suffisent pas. Au –delà des mots, est-ce que nous saurons mieux discerner les décisions à prendre, les gestes à poser, les voiles à lever ?

Jésus a bien gérer la crise de confiance en son message et en lui-même, aurons-nous le courage de suivre ses pas ?

4. PRIER
Dans la nuit de samedi saint les cloches de Mater Dei se sont déliées. Les voila encore une fois, après trois jours de silence, elles sont là pour nous rappeler, pour nous pousser, pour nous mettre debout et reprendre ce chemin avec  élan.
Mais en cette nuit de Pâques elles semblent chanter dfune manière nouvelle. Elles ont  une force et  un courage tout a fait nouveaux.  Voila donc  leur joie des Pâques de résurrection. 
Jfétais à la maison avec toute ma famille cette nuit, et le chant de ces cloches mfavait réveillé du sommeil,  mfavait obligé à ouvrir la porte de ma maison et mfattarder un peu dans la cour pour respirer lfaire fraiche de la nuit et continuer à bien savourer le son de ces cloches de Pâques.
Pour quelque instant  en contemplant le ciel plein dfétoiles je me suis senti que ces cloches sfadressaient à moi et leurs chansons ne mfétaient pas étranges. 
Jfavais commencé à chanter avec elles ces alléluias et je mfapercevais que inconsciemment jfavais allumé un bougie, comme signe dfespoir pour tous. Amen.

A vous tous Bonne et sainte FETE DE PAQUES DE RESURRECTION.
© kakaluigi, avril 2010
 
DIMANCHE DES RAMEAUX 2010
Merci
 
 
2. TEXTE
 

VOILA LA GRANDE SEMAINE DE LA FOLIE DE LfAMOUR

Dimanche des Rameaux,   28 mars 2010

 

 

ECOUTER

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 19, 28-40

 

Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem. A l'approche de Bethphagé et de Béthanie, sur les pentes du mont des Oliviers, il envoya deux disciples :  « Allez au village qui est en face. A l'entrée, vous trouverez un petit âne attaché : personne ne l'a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Si l'on vous demande : 'Pourquoi le détachez-vous ?' vous répondrez : 'Le Seigneur en a besoin.' » Les disciples partirent et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit. Au moment où ils détachaient le petit âne, ses maîtres demandèrent : « Pourquoi détachez-vous cet âne ? » Ils répondirent : « Le Seigneur en a besoin. » Ils amenèrent l'âne à Jésus, jetèrent leurs vêtements dessus, et firent monter Jésus. A mesure qu'il avançait, les gens étendaient leurs vêtements sur le chemin. Déjà Jésus arrivait à la descente du mont des Oliviers, quand toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus : « Béni soit celui qui vient, lui, notre Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, arrête tes disciples ! » Mais il leur répondit : « Je vous le dis : s'ils se taisent, les pierres crieront. » 

 

 

REFLECHIR

 

Le jour de lfentrée triomphale de Jésus à Jérusalem, les disciples et la foule anonyme,  reprennent presque mot à mot le chant des anges dans la nuit de la Noël: « Gloire à Dieu dans les cieux, et sur la terre paix aux hommes, car il les prend en grâce ». « Hosanna au Fils de Davidc » Mais qui est-il  cet homme qui entre à Jérusalem sur un petit âne ? Mais ces gens savent que cet homme est le Sauveur, il est le Fils de Dieu: vraiment homme et vraiment Dieu ?  

Beaucoup de gens sont poussés par la recherche dfémotions toujours nouvelles, par des  sentiments . Les convictions sont bien loin. Ces émotions se perdront bientôt au long de la semaine, lorsque la vie se trouvera encore devant les peurs, lfinsécurité, les faiblesses.  

 

Le paradoxe est que, pour comprendre cet événement de lfentrée messianique à Jérusalem, il faudra comprendre avant tout lfabaissement volontaire de la Passion et de la mort en croix, qui avait déjà commencé à Bethleem, la nuit de Noel.

 

Isaïe(50,4-7)  parle du serviteur de Dieu, le serviteur de Yahweh , qui reçoit de Dieu la mission de proclamer une parole à caractère universel et que cette mission se réalise dans la souffrance, dans la douleur et dans lfabandon total à la Parole et aux projets de Dieu.

 

Paul aux Philippiens (2,6-11), en faisant écho à Isaïe dira : « Cfest pourquoi Dieu a élevé Jésus au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qufau Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans lfabîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : eJésus Christ est le Seigneurf, pour la gloire de Dieu le Père. » Philippe était une ville prospère, dfune population constituée dans sa grande majorité par des vétérans de lfarmée romaine. Une ville organisée à la manière de Rome,  qui dépendait directement de lfempereur. La communauté fondée par Paul, dans cette ville, était une communauté enthousiaste, généreuse, engagée. Cependant, malgré ces signes positifs, Philippe nfétait pas une communauté parfaite : on nfappréciait guère les vertus de lfhumilité et de la simplicité. La petitesse de la petite Thérèse de Lisieux,  Cfest dans ce contexte que nous pouvons comprendre ce texte dans lequel Paul invite les Philippiens à pratiquer ces valeurs qui ont marqué lfexistence même de Jésus.

 

Luc, il a une expression qui pourrait presque nous choquer à la fin de son récit de la Passion ( Lc 22-23): « Et tous les gens qui sfétaient rassemblés pour ce spectacle, voyant ce qui était arrivé, sfen retournaient en se frappant la poitrine. »

 

Lfentrée messianique de Jésus à Jérusalem et sa Passion seraient-elles des spectacles parmi le tant dfautres spectacles que le monde nous offre. Nous sommes habitués aux spectacles. A des fictions théâtrales et cinématographiques, Et le dimanche des rameaux, comme aussi le Calvaire ne deviennent que ces spectacles qui  touchent qufune petites partie de notre vie, sans provoquer ce bouleversement totale.

 

 

Qui parmi ceux qui étaient présents le jour des rameaux a reconnu Dieu dans cet homme Jésus condamné à mort, abandonné, trahi, renié, crucifié entre deux malfaiteurs ? Il sont crié seulement « crucifige, crucifige,,, »

Est-ce plus facile aujourd'hui de le reconnaître dans toute personne que nous rencontronsc Dieu ne cessera donc jamais de nous surprendre en nous amenant à le découvrir au dernier endroit où nous serions portés à le découvrir.

 

La mort de Jésus ne peut pas être comprise et entendue en dehors de ce qufa été sa vie.

 

Voila la grande semaine qui sfouvre.

La semaine des semaines de toute une année ; une année faite de balancements entre bien et mal, entre soupçons et réalités, entre attaques et morts. Une année ou la paranoïa de la modernité a bien marqué la vie de tout homme.

Voila donc la semaine plus importante de toute lfannée et pour tout homme.

La semaine où lfespoir trouve sa pleine réalisation.

La semaine où le ciel et la terre se rencontrent et soufflent un nouveau élan, comme dfun printemps plein de soleil et de couleurs.

Cfest la semaine sainte !

Une semaine dfabondance de pardon et de réconciliation

Une semaine où est lfamour à triompher, où lfamour est sans limites ni frontières, où lfamour se donne totalement en se faisant croix et attirance de tout homme.

Que faire donc en cette semaine ?

 

Trois verbes, mes amis, résument tout ce que nous pouvons et devon faire cette semaine : contempler, vivre et communier.

 

Célébrer la passion et la mort de Jésus, cfest contempler la face dfun Dieu fragilisé par lfamour. Par amour, il vient à notre rencontre, assumant notre condition dfêtres fragiles, il a pris sur lui, tout ce qui est à nous,  nos limites, nos faiblesses, dans le but de partager avec nous tout ce qui est à lui. Cfest la Bonne Nouvelle.

Le projet dfamour que Dieu porte dans son cœur pour tous ceux et celles qui ont besoin du salut et de liberté trouve écho dans nos actions. Aujourdfhui encore, dans notre société, nous avons grandement besoin de vivre les valeurs de lfhumilité, du service, de la gratuité, de la générosité et du don de soi..

 

Célébrer la passion et la mort de Jésus, cfest aussi se solidariser avec les crucifiés de ce monde, communier avec eux: les victimes de la violence, les exploités, les exclus, les privés de droits et de dignité, les enfants maltraitée et abusés, mais aussi les accusés innocents. Cfest dénoncer tout ce qui provoque la haine, la division, la peur, en terme de structures, de valeurs, de pratiques et dfidéologies. Cfest dféviter que certains humains continuent à crucifier dfautres personnes.

 

Célébrer la passion et la mort de Jésus, cfest mettre encore plus de sens dans notre vie de chaque jour.

Prier

 

Seigneur, seul lfamour peut vaincre les peurs de notre monde et la paranoïa de la modernité qui marque  nous tous. . Seigneur, seul lfamour qui se fait croix et don de soi peut changer le visage de ce monde et le rendre plus beau et habitable. Seigneur, ouvre nos yeux avec ton pardon pour que nous puissions te contempler, vivre de toi et communier avec les autres. Amen.

 

© kakaluigi, mars 2010

@

Qui est sans péché, qu'il soit le premier à jeter la pierre

5e dimanche du Carême C,   21 mars 2010

 

 

 

1.   Ecouter

 

Évangile de Jésus Christ selon saint  Jean Jn 8, 1-11

 

Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol. Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : «Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. » Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol. Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

 

 

Lecture du livre d'Isaïe Is 43, 16-21

 

 

Ainsi parle le Seigneur, lui qui fit une route à travers la mer, un sentier au milieu des eaux puissantes,  lui qui mit en campagne des chars et des chevaux, des troupes et de puissants guerriers ; et les voilà couchés pour ne plus se relever, ils se sont éteints, ils se sont consumés comme une mèche. Le Seigneur dit : Ne vous souvenez plus d'autrefois, ne songez plus au passé.

Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer une route dans le désert, des fleuves dans les lieux arides. Les bêtes sauvages me rendront gloire- les chacals et les autruches -parce que j'aurai fait couler de l'eau dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer le peuple, mon élu. Ce peuple que j'ai formé pour moi redira ma louange.

 

 

2.      REFLECHIR

 

Jésus parlait avec autorité, mais aussi avec amabilité. Son regard n'était pas le regard froid des pharisiens ou des scribes, le regard mensonger de ceux qui veulent te mettre à lfépreuve,  mais celui d'un ami, d'un proche parent. Les scribes et les pharisiens sont légalistes. Les scribes et les pharisiens sont hypocrites. Lfhypocrisie cfest un danger toujours et dans tous les domaines. Un affrontement était inévitable entre Jésus et ces scribes et pharisiens.

 

On a traîné une femme adultère vers Jésus pour le mettre à l'épreuve. Pour le tenter. Les tentations du désert du premier dimanche continuent encore. Et le diable maintenant sont des hommes, qui ont lfintention de lféliminer totalement et pour toujours.  Pour le prendre ainsi en défaut, comme ils ont fait pour la femme, en flagrant délit de rébellion contre la Loi de Dieu. Les scribes et les pharisiens considèrent en effet Jésus comme un homme qui prend ses distances avec la Loi et ils tentent de mettre sous son nez un cas bien évident où Jésus, selon eux, va adopter une attitude illégale. En effet ils nfont rien compris de la liberté et dfêtre aussi libre devant toute forme de loi.  La femme n'est qu'un de leurs instruments. Lfhistoire semble se répéter même aujourdfhui, avec toutes ces accusations contre lfEglise catholique. Lfhypocrisie de notre monde ! Lfhypocrisie des médias ! Lfhypocrisie de certaines personnes !  

Mais revenons à la page de lfEvangile : autour dfelle, il y a tout un cercle qui s'était formé. Un cercle de personnes adultes qui voulaient la condamner à la lapidation parce qu'elle a péché.

Personnes adultes qui accusent. Personnes adultes garantes de la Loi ? Personnes adultes, honnêtes, justes, sans aucun péché ! Personnes adultes légalistes et esclaves de la loi ! Le Papa aussi de lfenfant prodigue était une personne adulte, mais capable de miséricorde, de pardon, de compréhension, de cœur. Facilement nous jugeons, et facilement nous nous trompons.

 

Les scribes, les pharisiens et la foule qui jettent en pâture la femme adultère devant Jésus, cfest nous aussi. Les cancans, les médisances, les calomnies, les jugements collectifs sans appel, voilà bien un mal contagieux, un virus tenace qufon nfa toujours pas éradiqué de notre humanité. Parfois même, nous chrétiens, nous sommes du nombre des premiers, prêts  à jeter la pierre. Sans doute, cette femme aurait voulu avoir d'autres personnes pour l'entourer, des personnes qui l'auraient compris, des personnes qui lui auraient donné beaucoup d'amour et surtout des personnes capables de pardonner.

 

Et pourquoi seulement la femme à être condamnée ? Et lfhomme aussi nfaurait du être mis devant ces « adultes » pour la lapidation !  Discrimination, toujours, discrimination. On sfacharne toujours contre le plus faibles.

 

Jésus prêche le pardon.   Comme à son habitude, Jésus désarçonne ses adversaires en répondant de façon inattendue. Ne parlons pas dfhabilité ni de ruse, car il sfagit de la pédagogie de Dieu qui fait tomber les masques sans humilier personne et qui veut sauver tout un chacun.

 

L'évangile nous dit que le groupe s'est défait, qufil sfest désintégré. Qufa-t-il écrit sur la terre, ce Jésus avec son doigt ? On ne sait pas. Mais surement il a écrit des paroles de vérité et de pardon.   Petit à petit, les gens ont  pris leurs distances par rapport à cette femme, mais aussi par rapport à Jésus. «  Qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre »

 

 

Jésus reste seul autour d'elle pour faire un autre cercle, c'est le cercle de son amour. La femme  réalise l'ampleur de son péché et demande intérieurement pardon. La femme contemple sa vie et Jésus. C'est la découverte, pour elle d'un amour nouveau, puissant, et éternel. L'acte d'amour de Dieu nait, la femme commence un nouveau dialogue qui mènera à sa libération. Puis Jésus dit à cette femme: je ne te condamne pas, va et ne pèche plus. Nous ne devons pas conclure que le passé n'a aucun poids, mais retenons que si le passé nous marque, il ne nous enchaîne pas. Elle recommence une nouvelle vie où Dieu prendra enfin sa place. La réconciliation amène une vie nouvelle.

 

3.   Que faire ?

 

Jésus renonce à lapider une femme qui a échoué dans sa fidélité conjugale. Et Paul, en nous mettant en garde nous dit clairement que, le monde de la résurrection défie les catégories de ce monde. Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qufil se convertisse, et qufil vive. Et Isaïe, nous dit qufil faut se tourner vers ce qui vient ; il faut que le peuple déclaré élu devienne un peuple qui louera Dieu.

 

« Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus »

 

Jésus condamne le mal, le péché. Jésus ne condamne pas lfhomme. Il est là pour le mettre encore débout. Il est là pour lfaccueillir, lfembrasser, lui donner le baiser du retour et pour créer en lui un monde nouveau.

 

Contrairement à la justice des tribunaux humains, la justice de Dieu nfenferme pas lfhumain dans son péché, elle ouvre vers un avenir sans péché. Elle ouvre les portes du repentir, de la croissance, de la purification totale, pour reprendre sa propre vie en mains.  Pour Jésus, personne n'appartient à une catégorie. Chacun est unique et doit être reçu, accepté et aimé comme une personne unique.  Le pardon divin, cfest un trésor que lfÉglise a reçu de Jésus pour le transmettre à toutes les générations, et cela malgré la propre fragilité des hommes qui en sont les serviteurs. Une seule chose compte : lfavenir et le but à accomplir.

 

Se préoccuper du passé ? Moi non plus, je ne te condamne pas. Il faut utiliser le moment présent pour changer de route, pas le renvoyer à demain. Il faut penser que ce lendemain soit plus beau et sans nuages. Va et ne pèche plus.

Voila donc ce que je te commande et toi tu obtiendras ce que je tfai promis.

 

Pâques cfest recommencer sa vie, avec la grâce de Dieu, en se découvrant aimé et pardonné.

 

4.   Prier

 

Seigneur, en ce jour je suis devant toi pour te dire que :

Aujourdfhui je m'apprête à renaître à la vie

Sachant reconnaître de celle-ci

Qufhier est déjà loin de demain

Le passé est dépassé

Lfavenir est à venir

Aujourd'hui je projette de réussir ma vie. Amen !

 

© kakaluigi mars 2010

 

 

Fatalité ou patience ?

3e dimanche du Carême C,   7 mars 2010

 

 

 

1.   ECOUTER

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13, 1-9

 

Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus lfaffaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qufils offraient un sacrifice. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qufelles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »

 

Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et nfen trouva pas. Il dit alors à son vigneron : fVoilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je nfen trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ?f Mais le vigneron lui répondit : fSeigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à lfavenir. Sinon, tu le couperas.f »

 

 

Lecture du livre de lfExode 3, 1-8a.10.13-15

 

 

Moïse gardait le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à lfHoreb, la montagne de Dieu. Lfange du Seigneur lui apparut au milieu dfun feu qui sortait dfun buisson. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » Le Seigneur vit qufil avait fait un détour pour venir regarder, et Dieu lfappela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « Nfapproche pas dfici ! Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte ! Je suis le Dieu de ton père, Dieu dfAbraham, Dieu dfIsaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit à Moïse : « Jfai vu, oui, jfai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et jfai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre spacieuse et fertile, vers une terre ruisselant de lait et de miel, vers le pays de Canaan. La clameur des fils dfIsraël est parvenue jusqufà moi, et jfai vu lfoppression que leur font subir les Égyptiens. Et maintenant, va ! Je tfenvoie chez Pharaon : tu feras sortir dfÉgypte mon peuple, les fils dfIsraël. » Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller trouver Pharaon, et pour faire sortir dfÉgypte les fils dfIsraël ? » Dieu lui répondit : « Je suis avec toi. Et voici à quel signe on reconnaîtra que cfest moi qui tfai envoyé : quand tu auras fait sortir dfÉgypte mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne. » Moïse répondit : « Jfirai donc trouver les fils dfIsraël, et je leur dirai : fLe Dieu de vos pères mfa envoyé vers vous.f Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui suis. Tu parleras ainsi aux fils dfIsraël :fCelui qui mfa envoyé vers vous, cfest : JE-SUIS.f » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils dfIsraël : fCelui qui mfa envoyé vers vous, cfest YAHVÉ, cfest LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, Dieu dfAbraham, Dieu dfIsaac, Dieu de Jacob.f Cfest là mon nom pour toujours, cfest le mémorial par lequel vous me célébrerez, dfâge en âge.

 

 

2.   REFLECHIR

 

Jésus est immergé dans la foule, des milliers sfassemblent autour de lui. Il les écoute, il partage leurs inquiétudes, il sfinterroge et il interroge.  Il exhorte sur la nécessité de reconnaître les signes des temps et lfurgence de se réconcilier. Cfest dans ce contexte qufinterviennent des gens avec des informations bouleversantes à propos de ce qui sfest passé à Jérusalem. Pourquoi Dieu a-t-il permis cela ? Les victimes étaient à célébrer Dieu! Sur notre chemin de Carême,  la redoutable question du mal vient nous empêcher de rêvasser ou de nous endormir.

 

La mort de ces personnes résulte dfune absence de jugement des humains. Dans dfautres cas, comme la chute de la tour de Siloé, ou plus près de nous la tragédie qui a frappé Haïti, et le Chili, en ces derniers jours,  ce sont les circonstances elles-mêmes. Cfest un accident. Personne nfest responsable de ce malheur?

Nous tous nous sommes responsables de ces changement climatiques, du réchauffement de la planète, de la pollution, etc.c  Chacun de nous, petit ou grand, a quelque chose à se dire au fond de sa conscience

 

Les catastrophes ne sont pas une punition divine. Jésus plaide pour tous ceux qui sont dans le malheur. Il vient les rejoindre au cœur de leur mal.

 

La bêche qufil plante en terre autour du figuier est sa croix mais le mal reste une énigme. Il semble nous dire qufil partage, mais, comme nous, il ne comprend pas.  Il risque toujours de nous fasciner au point de nous plonger dans une sorte de désespoir car il est le plus souvent insensé.

 

Moïse (cf. Exode 3,1-13) que nous rencontrons dans la 1ère lecture de ce 3e dimanche de Carême 2010,   ne sfest pas enfermé dans le cercle des explications possibles au malheur qui frappait son peuple. Sa vie a changé lorsqufil a détourné son regard de lfÉgypte qufil fuyait pour sfattacher fermement à lfInvisible qui se manifeste dans le buisson ardent. De même, notre vie est changée lorsque nous nous détournons du mal sous toutes ses formes pour embrasser la croix, et en faire dfelle le signe de nos espoirs et de nos rêves et enfin suivre résolument la voie de Jésus. Il nfest pas venu pour expliquer le mal, mais pour lutter contre lui et nous en libérer.

 

Paul ( I Cor. 10,1-12), dans la deuxième lecture de la Messe de ce dimanche, compare les étapes de la vie chrétienne aux étapes de cette conquête de la liberté à la sortie dfÉgypte : le baptême est comparé au passage de la mer rouge, lfeucharistie à la manne, et le rocher dont des légendes juives disent qufil accompagnait le peuple, devient un symbole de Dieu.

 

Le mal qui nous arrive, parfois inattendu et à lfimproviste, nfest pas une punition. Les manifestations du mal, souvent absurdes et aveugles, ne sont pas des châtiments de Dieu, mais comment leur donner un sens ? Ont-elles un sens ? « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. » Jésus appelle à la conversion pour ne pas périr. Jésus affirme clairement une fois de plus que se couper de Dieu, lui refuser notre confiance ou encore le renier parce que nous le croyons responsable du mal qui ronge le monde, que tout cela nous fait courir à notre perte. Jésus ne tente pas dfexpliquer le pourquoi des événements tragiques, il nfest pas venu pour cela. Non, il nfest pas venu pour expliquer la souffrance, mais pour la partager, nous révéler un Dieu de communion de vie avec Dieu. Là est tout le sens de la vie. Il nous invite à vivre nos épreuves et celles de nos proches comme des signes des temps, comme des appels à nous remettre en question, comme des piqûres nous sortant de notre anesthésie spirituelle. Une piqûre ça peut faire mal, mais son but est bien de guérir ou dfaméliorer notre santé. Nous le savons bien, Dieu peut toujours tirer dfun mal un bien.

En cette semaine jfai beaucoup souffert car un de mes amis et frères à été accusé injustement et amené en prison. Des accusations  horribles, montées dans le mensonge le plus cruel, ont déshonoré sa réputation et celle de toute une communauté. Le mal nfa pas de frontières, une fois qufil prend possession dfune personne, celle-ci devienne aveugle. La zizanie est toujours presente dans nos champs. Il faut la déraciner ou il faut attendre ? Fatalité ou patience ?

 

3.   AGIR

 

Au cœur de notre désarroi, de nos révoltes, il y a cette espérance que Dieu ne nous oublie jamais, qufil est présent parmi nous. Dieu nous connaît, chacun par notre nom, il nous appelle chacun par notre nom, nous révélant que nous sommes uniques, appelé à vivre avec lui une relation unique. Il nous invite à nous regarder les uns les autres, à regarder notre monde avec ses yeux de Père.

Dieu dira à Moise : « Jfai vu, oui, jfai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et jfai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer. Et maintenant, va ! Je tfenvoie chez Pharaon : tu feras sortir dfÉgypte mon peuple, les fils dfIsraël. » (Exode 3, 1-12)

 

Notre vocation de chrétien, de croyant en chemin, cfest dfoser une parole, des gestes qui disent cette confiance en Dieu et en nous-mêmes. Ne laissons pas la désespérance éteindre en nous cette conviction que rien ne peut empêcher Dieu de nous aimer, et surtout qufil nous sait capables dfen faire autant.

 

Et cela je voudrais le conseiller à  toutes les femmes du monde, mais surtout à nos chères mamans du Congo : ne négocier pas et pour aucune raison votre dignité de femme et de mère. Ne vous laissez pas vous manipuler par les promesses politiques. Continuez dans votre générosité à être le moteur économique de la société, mais aussi son moteur étique qui prône les véritables valeurs de la vie. A vous tous je souhaite une heureuse fête de ce 08 mars 2010. Et continuons à lutter contre toute forme de violence sexuelle, morale, intellectuelle, et sociale.

 

Dieu a confiance en son œuvre et en nous. Tous ses plans sont suspendus à notre réponse à son appel.  Il sait attendre, mais la conversion, cfest autre chose que le discours vide et le refus du monde à construire. Le mystère du mal reste entier. Personne nfest capable de lfexpliquer. Jésus, non plus, ne lfa pas expliqué. Mais, par toute sa vie, il nous a montré qufon peut lutter, aider, aimer, que le seul remède contre le mal, cfest lfAmour.

 

4.   PRIER

 

Seigneur, je vous demande de me donner la force et le courage de ne pas faire consister ma religiosité en des  pures et seules  formulations  théoriques. Tu mfas  souvent dit : que la foi sans les œuvres et inutile, elle est morte. Et alors, Jésus, aides-moi à être davantage  homme de foi profonde.  Amen !

 

© kakaluigi, mars 2010

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Dimanche 18 octobre 2009 : Journée mondiale des missions

MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI
POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2009


« Les Nations marcheront à sa lumière »  (Apocalypse 21, 24)

En ce Dimanche consacré aux missions, je mfadresse avant tout à vous, Frères dans le Ministère Episcopal et Sacerdotal, et à vous aussi, frères et sœurs du Peuple de Dieu tout entier, pour inviter chacun a raviver en soi la conscience du Mandat Missionnaire du Christ de faire « de toutes les nations des disciples » (Mathieu 28,19), sur les pas de Saint Paul, lfApôtre des Nations. 
« Les Nations marcheront à sa lumière » (Apocalypse 21, 24)
Le but de la mission de lfEglise est en effet dféclairer, par la lumière de lfEvangile, tous les peuples sur leur chemin historique vers Dieu, pour qufils aient en Lui, leur pleine réalisation et leur plein accomplissement. Nous devons ressentir le désir profond et la passion dféclairer tous les Peuples, par la Lumière du Christ, qui resplendit sur le visage de lfEglise, pour que tous se rassemblent dans lfunique famille humaine, sous la paternité aimante de Dieu. 
Cfest dans cette perspective que les disciples du Christ, répandus dans le monde entier, agissent, travaillent durement, et gémissent sous le poids des souffrances, et donnent leur vie. Je réaffirme avec force tout ce qui a été dit à plusieurs reprises par mes Vénérés Prédécesseurs : lfEglise nfagit pas pour étendre son pouvoir, ou pour affirmer sa domination, mais pour apporter à tous le Christ, Salut du monde. Nous ne demandons rien dfautre que de nous mettre au service de lfhumanité, et spécialement de celle qui souffre le plus, et qui est la plus marginalisée, parce que nous croyons que « lfengagement dfannoncer lfEvangile à tous les hommes de notre tempsc est sans aucun doute un service rendu non seulement à la communauté chrétienne, mais aussi à toute lfhumanité » (Evangelii Nuntiandi, 1), qui « connaît des conquêtes admirables, mais semble avoir oublié le sens des réalités ultimes et de son existence même » (Redemptoris Missio, 2) 

1. Tous les Peuples sont appelés au Salut
Lfhumanité entière, en vérité, a la vocation radicale de retourner à sa source, qui est Dieu, dans Lequel seulement elle trouvera son accomplissement final par la restauration de toutes les choses dans le Christ. La dispersion, la multiplicité, le conflit, lfinimitié, seront apaisés et réconciliés par le Sang de la Croix.
Le nouveau début a déjà commencé avec la Résurrection et avec lfExaltation du Christ, qui attire toutes les choses à soi, les renouvelle, les fait participer à la joie éternelle de Dieu. Lfavenir de la nouvelle création brille déjà dans notre monde, et allume, même si cfest au sein de contradictions et de souffrances, lfespérance dfune vie nouvelle. La Mission de lfEglise consiste à « contaminer » dfespérance, tous les peuples. Pour cela, le Christ appelle, justifie, sanctifie et envoie ses disciples pour annoncer le Royaume de Dieu, pour que toutes les Nations deviennent Peuple de Dieu. Cfest seulement dans cette Mission que se comprend et sfauthentifie le véritable chemin historique de lfhumanité. La Mission universelle doit devenir une constante fondamentale de la vie de lfEglise. Annoncer lfEvangile doit être pour nous, comme ce lfétait déjà pour lfApôtre Paul, un engagement qui ne peut être différé et qui est premier. 

2. Eglise pèlerine
LfEglise Universelle, sans limites et sans frontières, se sent responsable de lfannonce de lfEvangile vis-à-vis de peuples entiers (cf. Evangelii Nuntiandi, 53). Germe dfespérance par vocation, Elle doit continuer le service du Christ pour le monde. Sa Mission et son service ne sont pas à la mesure des besoins matériels ou même spirituels qui sfachèvent dans le cadre de lfexistence temporelle, mais dfun salut transcendant qui se réalise dans le Royaume de Dieu (cf. Evangelii Nuntiandi, 27). Ce Royaume, tout en étant dans sa plénitude eschatologique, et non pas edef ce monde (cf. Jean 18, 36), est aussi edansf ce monde et dans son histoire, force de justice et de paix, de vraie liberté et de respect de la dignité de tout homme. LfEglise vise à transformer le monde par la proclamation de lfEvangile de lfAmour, « qui éclaire toujours de nouveau un monde ténébreux, et qui nous donne le courage de vivre et dfagir etc de cette manière, de faire entrer la lumière de Dieu dans le monde » (Deus Caritas est, 39). Cfest à cette Mission et à ce service que, par ce Message, jfappelle également à participer tous les membres et toutes les institutions de lfEglise. 

3. Missio Ad Gentes 
La Mission de lfEglise consiste donc à appeler tous les Peuples au salut réalisé par Dieu par lfintermédiaire de son Fils Incarné. Il est donc nécessaire de renouveler lfengagement dfannoncer lfEvangile, qui est ferment de liberté et de progrès, de fraternité, dfunité et de paix (cf. Ad Gentes, 8). Je veux « de nouveau confirmer que le Mandat dfévangéliser tous les hommes, constitue la Mission essentielle de lfEglise » (Evangelii Nuntiandi, 14), tâche et mission que les profonds et vastes changements de la société actuelle rendent plus urgentes encore. Ce qui est en question est le salut éternel des personnes, la fin et lfaccomplissement même de lfhistoire humaine et de lfunivers. Animés et inspirés par lfApôtre des Nations, nous devons eêtre conscients que Dieu a un peuple nombreux dans toutes les villes parcourues, y compris par les apôtres dfaujourdfhui (cf. Actes 18, 10). En effet, « la promesse est pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur les appellera » (Actes 2, 39)
LfEglise entière doit sfengager dans la eMissio Ad Gentesf tant que la souveraineté salvifique du Christ ne sera pas pleinement réalisée. « Actuellement, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis » (Hébreux 2, 8) 

4. Appelés à évangéliser y compris par le martyre
En cette Journée consacrée aux Missions, je rappelle dans la prière ceux qui ont fait de leur vie une consécration exclusive au travail dfévangélisation. Une mention particulière sfadresse à ces Eglises locales et à ces missionnaires hommes et femmes qui ont à témoigner et à répandre le Royaume de Dieu dans des situations de persécution, avec des formes dfoppression qui, vont de la discrimination sociale jusqufà la prison, à la torture et à la mort. Ils sont nombreux ceux qui, actuellement, sont mis à mort à cause de Son Nom ». Ce qufécrivait mon vénéré Prédécesseur le Pape Jean Paul II est toujours dfune actualité terrible : « La mémoire jubilaire nous a ouvert un spectacle surprenant, nous montrant que notre temps est particulièrement riche de témoins qui, d'une manière ou d'une autre, ont su vivre l'Évangile dans des situations d'hostilité et de persécution, souvent jusqu'à donner le témoignage suprême du sang ». (Novo Millenio Ineunte, 41)
La participation à la Mission du Christ, en effet, marque aussi la vie des annonciateurs de lfEvangile, auxquels est réservé le même destin que leur Maître. « Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Un serviteur nfest pas plus grand que son maître. Sfils mfont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15, 20). LfEglise se place sur la même voie, et subit le même sort que le Christ, parce qufelle nfagit pas sur la base dfune logique humaine, ou en comptant sur les raisons de la force, mais en suivant la Voie de la Croix, et en se faisant, dans une obéissance filiale au Père, témoin et compagne de voyage de cette humanité. 
Aux Eglise antiques tout comme aux Eglises de fondation récente, je rappelle qufelles sont placées par le Seigneur comme sel de la terre et lumière du monde, appelées à répandre le Christ, Lumière des Nations, jusqufaux extrémités de la terre. La eMissio Ad Gentesf doit être la priorité de leurs plans pastoraux.
Mes remerciements et mes encouragements vont aux Œuvres Pontificales Missionnaires, pour le travail indispensable dfanimation, de formation missionnaire, et dfaide économique aux jeunes Eglises. Par ces Institutions Pontificales se réalise de manière admirable la communion entre les Eglises, avec lféchange de dons, dans la sollicitude réciproque, et dans les projets missionnaires communs. 

5. Conclusion
Lfélan missionnaire a toujours été signe dfune vitalité de nos Eglises (cf. Redemptoris Missio, 2). Il est nécessaire toutefois de réaffirmer que lfévangélisation est une œuvre de lfEsprit et qufavant même dfêtre action, elle est témoignage et irradiation de la lumière du Christ (cf. Redemptoris Missio, 26) de la part de lfEglise locale qui envoie ses missionnaires hommes et femmes, pour les mener au-delà de ses frontières. Cfest pourquoi je demande à tous les Catholiques de prier le Saint-Esprit, pour qufil accroisse, dans lfEglise, la passion pour la Mission qui consiste à répandre le Royaume de Dieu, et de soutenir les missionnaires, hommes et femmes, et les communautés chrétiennes engagées en première ligne dans cette Mission, parfois dans des milieux hostiles de persécution.


Jfinvite en même temps tous les catholiques à donner un signe crédible de communion entre les Eglises, par une aide économique, spécialement dans la phase de crise que traverse lfhumanité, pour mettre les jeunes Eglises locales, en condition dféclairer les gens par lfEvangile de la charité.
Que la Vierge Marie, Etoile de la nouvelle Evangélisation, nous guide dans notre action missionnaire, Elle qui a donné le Christ au monde, venu comme Lumière des nations, pour qufil apporte le salut « jusqufaux extrémités de la terre » (Actes 13, 47)
Jfaccorde à tous ma Bénédiction
Donné au Vatican le 29 juin 2009

BENEDICTUS PP. XVI

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La troisieme réunion planétaire a eu lieu le samedi 26 Septembre 2009 de 14H30 a 16H30 heure de Kinshasa.

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