Aux
exclus de la société un « relève-toi
et va » suffit-il ?
28e dimancheTOC, 10 octobre 2010
«»
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc, 17, 11-19
Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » En les voyant, Jésus leur dit : «Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu; il n'y a que cet étranger ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé.»
La scène rapportée par Luc se déroule à la frontière de la Samarie et de la Galilée, dans une région caractérisée par une instabilité et des incidents ethnico-religieux. Aux abords dfun village, deux groupes de personnes se croisent. Lfun est formé dfune douzaine dfhommes remplis dfespoir se dirigeant vers Jérusalem. Lfautre groupe est composé dfune dizaine dfhommes pleins de désespoirs, et qui nfavaient pas où aller, car tous ces dix étaient des lépreux
Jésus est en chemin vers Jérusalem, le lieu où atteindra le sommet de sa mission : donner sa vie pour le salut du monde. Sauver tous les hommes, faire en sorte qufaucun dfentre eux ne se perde.. c'est-à-dire sa mort sur le bois dfune croix.
La lèpre était une maladie sociale. Quand on avait la lèpre, on était chassé de la société d'autant plus qu'on croyait que c'était Dieu qui envoyait la lèpre comme une punition des péchés. Selon la Loi juive appliquée à cette époque, les lépreux ne pouvaient pas communiquer avec les personnes ; ils s'étaient réunis, afin de se rendre mutuellement les soins que tous leur refusaient. C'est à cause de la même interdiction qu'ils étaient arrêtés à distance et qufils durent élever la voix pour implorer la pitié de Jésus.
Jésus entre dans le monde des exclus. Il va à la rencontre de ceux qui sont chassés, oubliés, les marginaux, de ceux que nous ne voulons pas voir. Le groupe de lépreux crie vers Jésus, et Jésus leur dit dfaller se montrer aux prêtres, car c'était les prêtres qui avaient le pouvoir de décréter si quelqu'un était lépreux ou s'il était guéri.
C'était les prêtres qui effectuaient la réintégration sociale. Quand Jésus dit aux lépreux dfaller vers les prêtres, tout comme Élisée disait à Naaman dfaller se baigner dans le Jourdain, les lépreux comme le syrien Naaman auraient pu mal réagir devant la banalité du propos. Mais ils font immédiatement confiance à Jésus. Il fallait beaucoup de foi à ces dix lépreux pour se rendre au Temple et y faire constater une guérison qui ne se produisit que sur leur route.
Jésus, mon Sauveur je le rencontre souvent sur la route, aux croisées des routes, là où il y a des hommes et femmes qui pleurent, qui manquent du nécessaire pour vivre, qui luttent chaque jour pour survivre.
Cfest sur le chemin de la vie que nous rencontrons les pauvres, les affamés, les femmes violées, les enfants sorciers, les clochards, les étrangersc
Un seul, un étranger, – probablement un Samaritain- jugea plus urgent d'aller remercier Dieu et Jésus plutôt que dfaller voir les prêtres. Lui l'étranger, il n'avait rien à faire au temple. De toute façon, les prêtres l'auraient chassé. Alors comme beaucoup d'autres dans l'Évangile, il prend le seul chemin qui vaille, celui de Jésus. Un seul sur les dix à qui Jésus venait de faire du bien. Neuf se sont contentés de la compassion générale de Dieu sans aspirer à rencontrer le Dieu compatissant, sans faire une Action de grâce, sans se vérifier avec ce Jésus miséricordieux et plein de pardon. Les neuf étaient tous de la maison, et ils se croient bien autosuffisants.
Lfétranger au contraire a compris que lui faut quelque chose en plus, que la seule guérison ne lui donne pas.
Dans les lettres de Paul, les Actions de grâce sont nombreuses, car elles reflètent la vie de lfÉglise qui se laisse peu à peu féconder par la Pâque de Jésus. LfAction de grâce, ce nfest pas simplement dire merci. Cfest une action. Cfest le don de soi dans lfémerveillement et la gratitude. Pour Jésus, l'amour de Dieu et la reconnaissance envers lui priment les préceptes de la Loi, parce qu'ils témoignent dfune vraie foi, celle qui nous sauve et nous qui transforme. Cfétait choquant pour les témoins de voir un étranger reconnaitre les bienfaits de Jésus au moment où les juifs ne savaient pas le faire. Qufen est-il de chrétiens aujourdfhui par rapport aux païens? Qufest-ce qui est le plus urgent? Est-ce que le plus urgent c'est d'accueillir d'abord dans nos communautés les personnes qui sont déjà dans la société, ou plutôt celles qui n'ont pas leur place dans la société ? Est-ce que le modèle est basé sur des règles, ou sur le cœur de Dieu et de toute personne? Est-ce que les exclus doivent attendre d'être guéris pour être aimés, ou est-ce que nous aimons tout le monde et même ceux qui sont marginaux ?
Les soucis que nous avons aujourd'hui, c'est trop souvent comment faire pour nous débarrasser de tous ces lépreux venus d'ailleurs, de tous ces parias qui mangent notre pain quotidien, celui que dans nos prières nous demandons à Dieu.
Lfétranger cfest toujours étranger et il nous fait peur.
Comme Élisée nous devons accomplir la parole de Dieu, nous devons changer nos comportements, reconnaître dans l'autre notre frère, notre sœur. Chasser, marginer, assassiner lfautre cfest un acte ignoble contre lfhumanité. Jésus était arrivé à dire : « Priez pour vos ennemisc » Mais pourquoi classer tous comme des ennemis à éliminer ? Parce qufils ne pensent comme moi, ne se comportent comme moi,
Nous sommes capables de guérir toutes les lèpres du cœur, même la lèpre de la guerre, même la lèpre des conflits, même la lèpre des rancœurs. Dieu nous accompagne, mais c'est à nous de savoir comment guérir en disant oui à Dieu, puis en passant à lfaction.
Cfest ce que vit le lépreux. Il revient et tombe aux pieds de Jésus comme pour dire : « Je suis à toi », je me remets à toi ! Cfest ta vie qui me fait vivre. Et le lépreux reste là aux pieds de Jésus, en remise de soi, en attente, en offrande de tout son être. Et cela, jusqufà ce que Jésus lui dise: « Va, ta foi tfa sauvé ».
Relève- toi et vac suffit-il ? Non. Il faut une foi qui sauve, qui engage, qui devient partage et solidarité.
Nous sommes tous les lépreux. Nous sommes tous atteints de la lèpre du cœur. On sfenferme en soi et on va. Mais avons-nous le réflexe de venir à la rencontre de Jésus, et de le supplier dfavoir pitié de nous ?
Comme nous le dit Paul : « on n'enchaîne pas la parole de Dieu. » C'est une parole qui ne sera libre que si nous la mettons en pratique. C'est une parole libre, parce qu'elle engage à l'amour, à la charité...
Seigneur, pitié ! Pitié de mon grand égoïsme ! Pitié de mon orgueil ! Pitié pour avoir manqué au rendez-vous du merci. Pitié, Seigneur et mets dans mon cœur le feu de ton amour et de ta solidarité. Amen.
Lecture du second livre des Rois : 2R 5, 14-17
Le général syrien Naaman, qui était lépreux descendit jusqu'au Jourdain et s'y plongea sept fois, pour obéir à l'ordre d'Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l'homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Je le sais désormais : il n'y a pas d'autre Dieu, sur toute la terre, que celui d'Israël ! Je t'en prie, accepte un présent de ton serviteur. » Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n'accepterai rien. » Naaman le pressa d'accepter, mais il refusa. Naaman dit alors : « Puisque c'est ainsi, permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays autant que deux mulets peuvent en transporter, car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d'autres dieux qu'au Seigneur Dieu d'Israël. »
Mois dfoctobre, mois des missions: Prions pour les vocations missionnaires.
© kakaluigi, octobre 2010
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[2010/10/08 20:52:11] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu: merci
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Le juste vivra par sa fidelité
27e dimancheTOC, 3 octobre 2010
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1. ECOUTER
Deux passages de la Bible : Habacuc et Luc
Lecture du livre d'Habacuc, Ha 1, 2-3; 2, 2-4
« Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas ! Pourquoi m'obliges-tu à voir l'abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. Je guetterai ce que dira le Seigneur. » Alors le Seigneur me répondit : « Tu vas mettre par écrit la vision, bien clairement sur des tablettes, pour qu'on puisse la lire couramment. Cette vision se réalisera, mais seulement au temps fixé ; elle tend vers son accomplissement, elle ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, à son heure. Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc, Lc 17, 5-10
Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit: « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait. Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.' Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.' »
2. REFLECHIR
Mois dfoctobre, mois du Rosaire, moi des missions. La saison des pluies, lfautomne reprennent leurs rythmes dans la nature. Dans certains pays de ce monde le soleil va se coucher et se lèver plus tard. Les problèmes sociopolitiques sont là sur les bureaux des grands de la terre. Et la vie des hommes et femmes continuent à suivre son chemin de préoccupations, de craintes et de doutes.
La Vierge Marie nous montre son arme pour vaincre notre bataille : la prière du chapelet. La mission, de son coté nous montre la souffrance de lfhumanité qui semble tâtonner dans lfégoïsme et sans Dieu
Il nous arrive à tous de ne pas être maître de nous-mêmes, de ne pas arriver de pardonner même une petite chose, ou dfignorer les valeurs qui doivent prévaloir, de continuer à agir comme si Dieu nfexiste pas. . Les disciples de Jésus ont donc raison, pour suivre Jésus il faut la foi. » Augmente en nous la foi ! Lorsque les disciples disent à Jésus « augmente-nous la foi », ils veulent sortir de leur quotidien, sortir lfordinaire, car seulement le juste vivra de sa fidélité. La foi que les disciples appellent de leurs vœux est une foi miraculeuse, une foi qui doit permettre de faire des choses extraordinaires. Une foi capable de vaincre lfinsolence, la violence, le mensonge. Jésus corrige le tir, car n'est-ce repousser le problème que de demander à Jésus d'augmenter leur foi. Jésus leur répond d'une façon mitigée, étrange.
Jésus leur dit d'abord : Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à un grand arbre de se jeter dans la mer. En réalité, la foi des disciples n'est pas trop petite pour faire déjà ce miracle. La question est donc tout simplement de la mobiliser, ou plutôt de laisser Dieu agir en nous grâce à notre petite foi pour qu'il nous débarrasse des médiocres obstacles qui nous encombrent. La foi est comme une graine, qui doit mourir dans la terre, qui doit être capable du changement. Elle comporte en elle-même sa propre capacité à grandir et à porter du fruit, mais nous devons la cultiver comme le précise Jésus dans la parabole qui suit. Nous devons piocher, approfondir, creuser un peu si nous voulons que notre foi grandisse, piocher par la prière et aussi par la réflexion. Piocher par la conviction que tout seul lfhomme est incapable de faire, dfagir, de se retrouver. Nous devons labourer dans l'attente de ce que Dieu sèmera et fera pousser. Et cette graine de foi que nous avons nous permet déjà de faire des prodiges de défrichage et de labourage. Ceux qui vont derrière les émotions miraculeuses momentanées, vivent seulement dfillusions. Ce nfest pas là la foi. La foi sans les œuvre est morte-
Jésus nous propose de nous mettre aujourd'hui, avec notre foi minuscule, au service, de Dieu et des autres. Il n'y a rien de tel que de témoigner de son début de foi pour qu'elle grandisse.
Ce que Jésus nous promet, c'est une chose extraordinaire. Notre foi nous fera découvrir la présence de Dieu en nous. Dieu est là, au plus profond de nous-mêmes, l'urgence est de le nourrir. Cependant, nous vivons souvent comme si nous étions seuls sur terre, comme sfil nfexistait pas un Dieu Père qui nous aime. Croire, nfest-ce pas nous sentir regardés et aimés par Dieu ? Jésus ne demande pas une foi plus ou moins grande, il veut qufelle soit authentique, fondée sur lui. Si nous croyons en un Dieu qui nous aime, tout obstacle peut être surmonté. Si nous déracinons lfindifférence et lfégoïsme qui nous entourent bien souvent et qui prennent place jusque dans notre cœur, alors nous résoudrons des situations de divisions, nous saurons pardonner, nous saurons discerner les vraies valeurs. Si nous permettons à Dieu dfagir, tout est possible.
3. AGIR
« Augmente-nous la foi ». Cette demande des disciples nous la faisons nous aussi à notre tour, avec le même désir que les disciples. Jésus replace les disciples, et nous replace, non pas dans l'extraordinaire et le miraculeux, mais dans le quotidien de notre travail. Le miracle de la foi, c'est le quotidien de notre travail, le quotidien de notre service dans l'Église et dans le monde, le quotidien de notre engagement dans la société.
Combien de nos politiciens, de nos administrateurs, de ceux qui nous gouvernent, dans notre RDC, sont passé dans nos Ecoles Catholiques, nos séminaires, nos paroisses. Aujourdfhui, ces gens donnent lfimpression de nfavoir rien appris et il se comportent, comme si les valeurs appris ne comptent plus, comme si la religion avec lfhonnêteté, la propreté, la justice , ne doit pas se mélanger avec la politique.
Mais qui est le sujet de votre politique, mes amis politiciens ? Nfest pas le bien commun, la nation, lfhomme ? Et cet homme nfa pas été crée par Dieu, père de nous tous, « selon son image et ressemblance » ?
La mèsquinité de la politique est vouloir séparer la religion, pour mettre en silence la conscience, mais aussi pour mettre en silence la voix de Dieu.
Et ces politiciens sont très fier de vous dire : « Oh, moi jfétais enfant de cœur, jfétais dans le groupe de prière, jfai suivi le catéchisme à la paroissec je suis baptisé » Et chaque fois je leur répond : « Mon cher, voila le moment est venu pour le montrer. »
Le miracle de la foi, c'est d'être présent comme chrétien dans notre monde malgré tout ce qui pourrait nous en éloigner. Le miracle de la foi, c'est être constamment prêt à servir l'annonce de l'Évangile.
4. PRIER
Seigneur augmente-nous la foi!
Mon Église est le lieu où des hommes et des femmes peuvent ensemble chercher le développement de leur foi, dans la réflexion, la prière, et le service de l'autre. Et pour voir notre foi augmenter, nous devons renouveler notre confiance en Dieu. Seigneur nous tfinvitons donc à réorganiser notre vie.
Et alors, donne nous lfhumilité de vivre dans la communauté de nos Eglises et de te faire place dans nos vies. Si tes apôtres se sont sentis victorieux, il en sera de même pour nous. Amen.
© kakaluigi, octobre 2010
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Sur quoi miser et risquer
26e dimanche TOC , 26 septembre 2010
1. ECOUTER
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc,Lc 16, 19-31
Jésus disait cette parabole :
« Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies.
Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. Alors il cria : 'Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. — Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.'
Le riche répliqua : 'Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. J'ai cinq frères : qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture !f Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.' Abraham répondit : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.' »
2. REFLECHIR
Voila deux mots qui semblent contraster entre eux : dfun coté la douceur de Jésus et de lfautre l'intransigeance d'un Dieu. Comment comprendre encore la sympathie de Jésus à l'égard des publicains, corrompus par l'argent et cette sévérité impitoyable à l'égard d'un nanti qui ne voit pas le pauvre à sa porte? Il faut généraliser la parole : «Toi, tu as eu le bonheur pendant ta vie et Lazare le malheur. Maintenant, il trouve ici la consolation et toi, c'est ton tour de souffrir» ? Non. Mais pourtant, elle est une indication, pour que nous puissions porter une attention spéciale à nos façons dfêtre.
Après la panique suscitée par la grande crise, très provisoirement endiguée à coups de deniers publics, la machine ultralibérale sfest remise en route, et les hyper-riches sont devenus encore plus riches. Si la question de leur place dans la société sfimpose comme une véritable question, cfest moins parce que la crise financière a aiguisé le sentiment dfinjustice que parce que les ordres de grandeur sont devenus effectivement incommensurables entre le haut et le bas de lféchelle sociale. La fortune cumulée des millionnaires de la planète sfélèverait à 50 000 milliards de dollars. Cfest trois fois et demi le produit intérieur brut américain ; 50 fois le montant des pertes occasionnées par la crise financière décrite comme la plus grave depuis 1929.
Lfhomme riche de lfévangile reste inconnu, nfa pas un nom ; mais cfest un hyper-riche. Il est le pro type de tous les riches de ce monde. Le 18% de la population mondiale possède le 80% des richesses du monde.
Comment ce riche est-il présenté dans lfEvangile ? Il porte des vêtements de luxe et fait «chaque jour» des festins somptueux. Le problème de cet homme, c'est que sa manière de vivre, sa philosophie de vie a fini par affecter sa vue. Il ne voit que son monde, le monde de sa richesse. Il nfest plus capable de voir ceux qui frappent à sa portec ou ceux qui nfont pas la force de frapper, et qui sont assis aux alentours de sa porte.
Combien de fois notre égoïsme, nous enferme en nous, dans nos personnelles manières de voir la réalité, de nous rendre compte de la réalité.
Ce riche à sa mort, il fait appel à Abraham, le père des croyants, qui est un symbole de la proximité de Dieu. Il implore Abraham. Il avait rêvé toute autre situation après sa morte, au contraire il se voit dans le plus profond châtiment, dévoré par le feu, dans la souffrance absolue, dans un état de détresse. Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.'
Mais, Abraham lui rappelle : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus.' »
Cfest ce que racontait le prophète Amos Lecture du livre d'Amos 6, 1a. 4-7
Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Jérusalem, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. Couchés sur des lits d'ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les meilleurs agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres ; ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique ; ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d'Israël ! C'est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n'existera plus
Voila donc des gens qui continuent se vautrer sur leurs divans pendant qu'un désastre est en train de détruire Israël. Cfest la photo de tant de situations pareilles que nous vivons jour après jour dans notre pays le Congo. Festins de tout genre par ci et par la, par nos autorités, nos pasteurs, nos richards, insouciants dfune situation socio-économique qui sfempire de plus en plus.
Lazare est là tous les matins couché à la porte de son château: le riche passe juste au côté de lui peut-être même par-dessus lui, et il ne le voit même pas. Pourtant, Lazare serait satisfait des petites miettes qui tombent de la table du riche. Les choix que nous faisons maintenant ont quelque chose à faire avec l'éternité. Nous ne pouvons pas vivre les valeurs du Royaume de Dieu dans l'au-delà, alors que nous avons toujours passé au côté du Royaume ici-bas, sans même le voir. La justice de Dieu est toute autre que la justice de ce monde.
La pauvreté des riches, c'est d'être incapables de combler, au moins un tout petit peu, les fossés qui existent entre eux et les plus pauvres. La richesse des pauvres, c'est de donner aux riches la chance de se faire un nom auprès de Dieu, un nom qui durera pour l'éternité, car la foi en Jésus, vainqueur du mal, ne peut conduire à l'indifférence devant la détresse du pauvre.
3. AGIR
Encore une fois les sociétés riches nfont pas eu lfhardiesse de faire un grand pas en avant pour éliminer la pauvreté dans ce monde. La dernière rencontre ONU, encore une fois a échouée. Les politiciens ont besoin des populations pour être élus, mais ils ne leurs donnent que des miettes, pour les contenter et les obligés au silence.
La façon dont se nouent les échanges entre les peuples et les personnes crée des privilégiés et des exclus. Le riche, c'est un anonyme comme c'est souvent le cas dans nos sociétés. Le riche, ce sont des multinationales qui peuvent faire des profits exorbitants, mais dont la tête se trouve nous ne savons trop où. «Les pays riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres, de plus en plus pauvres». Aujourd'hui, au vu et au su de tous, le libre arbitre de l'humain l'amène à détruire non seulement la terre, mais à se détruire lui-même en faisant un mauvais usage des biens. Nous devons apprendre à décider pour le mieux afin d'éviter de se placer en situation de malheur. Savoir discerner, tôt dans la vie, ce qui est bon pour soi et pour les autres constitue l'un des meilleurs atouts pour être heureux et vivre ici-bas le Royaume de Dieu. Dieu peut donner plus à l'un qu'à l'autre, mais il s'attend à ce que chacun utilise bien ce qu'il a reçu.
Les hyper-riches ? Ils ne sont pas hyper-productifs, hyper-inventifs, hyper-créatifs mais le plus souvent héritiers etc malins. Sans aller jusqufau chameau de lfÉvangile et le chas de lfaiguille à coudre, sans aller jusqufà condamner la richesse et son bonheur, nous devons nous interroger sur le bien-fondé dfune telle situation.
Nous sommes des hyper-riches de Dieu quand nous le gardons pour nous-mêmes. Quand nous ne témoignons pas de lui et de la Bonne Nouvelle. Nous devons propager ce qui nous rend riches afin de mieux vivre ensemble plutôt que de consommer seuls.
4. PRIER
Seigneur, ouvre mes yeux pour que je voie le pauvre Lazare qui, devant ma porte, attend mon aide et mon affection. Amen.
© kakaluigi, septembre 2010
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Chercher ce qui est perdu
24e dimanche TOC , 12 septembre 2010
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1. ECOUTER
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : 15, 1-32
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre luicAlors Jésus leur dit cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? c Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Diront-ils 'Réjouissez-vous avec nous, car nous avons retrouvé ce que nous avions perdu »c
Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs .Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils.. 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.'
2. REFLECHIR
Jésus raconte trois paraboles de miséricorde bâties sur le même modèle : quelqufun perd une partie de ce qufil possède, la retrouve et se réjouit en faisant la fête. La troisième parabole est plus intense que les deux précédentes.
Le fils prodigue est un texte bien connu du Nouveau Testament Jésus monte à Jérusalem, entraînant des hommes et des femmes à sa suite. Pendant cette longue marche, il forme ses disciples. Les uns viennent à Jésus pour lfécouter, les autres pour récriminer à propos de son bon accueil aux pécheurs, pire encore, ils pensent même qufil cherche leur compagnie ! Il y aussi des curieux.
La curiosité fait partie de tout humain. Je ne sais pas si la curiosité est toujours positive. Jfen doute beaucoup. Surtout quand la curiosité se revêt de lfhabit de passivité, de lfintromission, de la malignité. Comme ces pharisiens qui sont toujours là, omniprésents, pour cueillir les fautes de Jésus.
La curiosité qui est blague, jugement, accusation, métrage, etcc La curiosité dans la recherche cfest formidablement une bonne chose.
Mais la curiosité souvent sfassociée à lfindiscrétion, voire à lfespionnage, la curiosité est considérée comme un "vilain défaut" ! Pourtant, elle est loin dfêtre aussi négative et toute négative ! Elle traduit au contraire une attention portée au monde et lfenvie de connaître. Parmi les curieux qui sfapprochent à Jésus il y a aussi ceux qui veulent le connaitrec
Alors Jésus élève la voix pour que tous lfentendent et parle en paraboles. Il leur raconte les paraboles du bon Samaritain, de la brebis perdue, de la drachme perdue, du fils prodigue. Il invite ses disciples à se méfier des richesses et à gérer leurs biens au mieux en vue du Royaume de Dieu. Pour Saint Luc, Jésus est le Seigneur qui sauve ; à son contact, les aveugles voient, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Jésus veut nous révéler lfAmour de son Père qui est fait surtout de miséricorde et de pardon.
Deux mots clés sont présents dans les paraboles que nous venons dfécouter : la patience et le pardon. Dans un monde terriblement en mouvement et les gens semblent super excités et préoccupés, où la maladie de la dépression atteigne davantage les personnes, être patient devient toujours plus difficile. On sfénerve, on devient irascible, on est là toujours avec la montre en mainc
Il est parfois difficile de pardonner, dfoublier sa rancune, que ce soit envers ses parents, ses frères et sœurs ou ses amis. Voilà le bonheur du ciel : une brebis retrouvée, un pécheur qui se convertit, un fils qui revient vers son père, un trésor retrouvé. Pris dans les épines de la vie, de nos errances, de nos fuites, Dieu vient nous libérer, nous rendre à notre identité dfenfants de Dieu. Et Dieu agit avec tact, toujours patient envers nos fautes, nos doutes, nos négations. Dieu attend, sur la seuil de la maison , pour le retour de son fils.
Et nous ? Nous les chercheurs de Dieu. Nous passons des entières âpres midi du dimanche dans des séances de prières en train de louer Dieu, et nous ne sommes pas capables de pardonner les torts reçus. Qui sommes-nous ? Nous nous croyons être plus que Dieu ?
Nous sommes aimés jusque dans la démesure, à lfimage du berger qui abandonne tout son troupeau pour aller à la recherche de cette brebis folle, à lfimage encore du père aux bras grands ouverts devant son fils qui était perdu. Dieu nfenferme aucun dans ce qufil est, il prend chacun là où il en est, et déjà il entrevoit toute la beauté et le possible qui sont en lui.
Les paraboles dfaujourdfhui parlent également de notre conception, de notre regard et de notre façon de gérer et de vivre lfargent. Lfenfant prodigue a gaspillé lfargent, menant une vie dissolue avec des femmes, derrière la boisson, dans le plaisir.
Si lfargent nfest là que pour soi et ses amis, si lfargent nous encercle, il nous enferme dans un monde qui semble nous ouvrir, bien sûr, à plein de possibilités. Mais si nous voyons tout à la lueur de cet argent, nous faisons fausse route, nous ne sommes pas sur le chemin du Royaume.
Les hyper-riches de notre société sont la preuve vivante que quelque chose ne tourne pas rond.
3. AGIR
Le monde que désire lfÉvangile est ouvert, difficile à construire, à gérer, à rendre plus solidaire. Un monde où tous sont capables de voir les besoins et que lfargent peut aider à changer, dans le partage, dans la solidarité, dans le fait de sfouvrir les yeux pour voir et les mains pour partagerc dans les rêves dfun monde plus juste, toujours à construire. Il est plus difficile dans la vie de travailler à faire la lumière et la justice que de se fabriquer un monde fermé où tout le monde se ressemble, là où on exploite la naïveté des gens; là où se jouent et sfinventent plein dfastuces pour éviter dfaffronter vraiment les difficultés de la vie.
Pour suivre Jésus, cela suppose la liberté. Dieu nous a créés libres. Personne a le droit de nous lfenlever ou de nous la limiter. Etre libres de penser, dfécrire, de crier, de parler, de prierc Et devant la liberté de lfhomme Dieu sfincline et ne fait qufobéir. Grandeur de Dieu et grandeur de lfhomme !
Cela ne ressemble pas à un bonheur tranquille, mais à un bonheur qufon accueille en faisant la lumière, dans le respect de soi, des autres et aussi de Dieu. Notre propre vie, d'homme ou de femme, comme de communauté, est faite de bribes empruntées à chacun de ces personnages! Il nous suffit de regarder notre peu d'ouverture à autrui, surtout sfil nfest pas « de notre tradition », notre peu de souci de l'autre, mais aussi, ce peu d'effort individuel ou collectif que nous faisons pour que nos convictions soient plus présentes dans le monde pour que la Bonne Nouvelle dépasse enfin nos cercles fermés et se répande aux quatre coins du monde.
4. PRIER
Seigneur, donne moi la force et la patience de bien soigneur le bien de ma liberté et de la liberté des autres. On dit que ma liberté sfarrête là où rencontre la liberté des autres. Et alors, Seigneur : que je sois libre, mais avec mes freres et sœurs libres, eux aussi, comme moi. Amen !
© kakaluigi, septembre 2010
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Kakaluigi
et Congonet Radio en
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Congonet
Radio a la profonde
douleur d'annoncer la mort de Mamade Glaune
Marrocco,
la tante maternelle de
Kakaluigi (Pere Luigi) .
Ce deces est survenu
en Italie le samedi 21
Aout 2010 à 17h (Italie).
Kakaluigi et sa famille
ont passé une semaine terrible, toujours près de son lit de
souffrances de la
defunte. Mamade Glaune Marrocco nous laisse à l'age de 92 ans,10 mois et 17 jours. L'enterrement a eu lieu
le dimanche 22 aout
2010. La Messe d'action de grace
sera dite le 23 Aout
2010 dans son village natal
(Lenola -Latina) dans l'église du Sanctuaire de la Madonna del Colle. Merci pour les prières
pour le repos de son ame.
Contact:
lostocco@email.it |
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Ne
va pas te mettre à la première place
22e
dimanche TOC , 29 août 2010
1.
ECOUTER
Évangile
de Jésus Christ selon saint Luc : Lc 14, 1a.7-14
Un
jour de sabbat, Jésus était entré chez un
chef des pharisiens pour y prendre son repas. Remarquant que les
invités choisissaient les premières places, il
leur dit cette parabole :
«
Quand tu es invité à des noces, ne va pas te
mettre à la première place, car on peut avoir
invité quelqu'un de plus important que toi. Alors, celui
qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui
ta place', et tu irais, plein de honte, prendre la dernière
place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre
à la dernière place. Alors, quand viendra celui
qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut',
et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont
à table avec toi.
Qui
s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera
élevé. »
AUDIO:
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download/
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2. REFLECHIR
Toute
la réflexion dfaujourdfhui part dfune situation
courante. Jésus est reçu à manger chez un
chef des pharisiens. Il remarque que les invités
choisissaient les premières places car le bien le plus précieux
dfun être humain est lfhonneur, lfestime de soi.
Cfest lfambition de tous être toujours le premier.
Cfest la mode de lfexclusivité, du scoop. Nous
voulons faire bonne figure et nous ne voulons pas être
humiliés devant les autres.
Jésus
part donc de ce constat pour sa parabole, et lfhistoire est
celle de Jésus, cfest celle de sa vie. Il est celui qui
a choisi de se mettre à la dernière place, sur la
croix, dans la confiance en son Père dans un mouvement
volontaire.
Que
peut-on faire de la parabole de Jésus? Il y a quelque
chose de profond à saisir dans ce passage de Luc. Mais
quoi exactement?
L'humilité ?
Cette humilité , qui aux yeux du monde est une faiblesse,
se révèle comme la vérité, la nécessité
dans la communication, dans les relations avec les autres et
dans les solidarités. C'est le chemin vers la vraie
grandeur.
Aujourdfhui
on se croit grand si on est arrogant, orgueilleux, puissant,
violent.
On
se croit grand avec des armes dans la main, pour pouvoir
exterminer qui ne la pense pas comme qui a le pouvoir.
Quand
on nfa pas dfhumilité pour admettre ses propres
échecs, on est capable de tout. Et la violence appelle
autre violence, le mensonge appelle autres mensonges,
lfarrogance autre arrogancec
Les
nouvelles de ces jours nous racontent la vie de nos frères
et sœurs du Congo, encore dans lfinsecurité, la
peur et la violence.
L'ONU
en accusation après les viols collectifs de RDC et on se
demandenpourquoi
la Monusco, la mission des Nations unies au Congo, n'est-elle
pas intervenue pour empêcher les viols massifs perpétrés
du 30 juillet au 3 août à 30 km de sa base ? Un
rapport de l'Onu évoque pour la première fois des
crimes de « génocide » en RDC et Kagame dos
au mur.
Le document fait état de tensions entre Kigali et les
Nations Unies en raison de son contenu, le Rwanda étant
particulièrement visé dans le rapport. L'acte
d'accusation de dix ans de crimes au Congo RDC. Le rapport du
Haut-Commissariat aux droits de l'Homme, dont le quotidien français
Le Monde publie une version présentée comme quasi
définitive, fait état dfattaques systématiques
et généralisées contre les Hutus réfugiés
en RDC en 1996-1997 qui pourraient être qualifiés
de « crimes de génocide ». A première
vue, le rapport du Haut Commissariat des Nations unies aux
droits de lfhomme (HCDH) est accablant. Cfest lfavis
émis par le journal Le Monde qui a pu se procurer une
copie du document dont la parution est projetée pour
septembre prochain. Cfest terrible ! Nous lfavions
toujours dit ouvertement, mais personne nous avait donné
un crédit à nos paroles. La vérité
commence donc à faire ses pas et la lumière
commence à se faire sur ces 4 millions et demi victimes
congolaises qui finalement auront, elles
aussi, leur justice.
Sirac
le Sage, dans son journal spirituel, a pressenti tout cela
lorsqu'il écrit au deuxième siècle avant
notre ère, « Plus tu es grand, plus il faut
t'abaisser. La condition de l'orgueilleux est sans remède
car la racine du mal est en lui. »
La
parabole parle à la fois de Dieu et de nous. Dfun Dieu
qui nous désire et qui veut que nous trouvions notre
vraie place dans la vie; que nous ayons un regard juste sur
nous-mêmes. Dieu nous veut à notre place, et il
nous redit : « connais-toi toi-même ». Cfest
un appel à nous ouvrir les yeux, à nous ouvrir le
cœur et à agir en conséquence. Un appel
à prendre notre place dans la vie et pas la place des
autres. En somme, une parabole qui parle de lfhumain, qui nous
dit quelque chose sur la façon de recevoir sa vie, de se
mettre à la suite de Jésus. En perdant notre vie
à la manière de Jésus, à la manière
du grain de blé qui tombe en terre, nous ne perdons pas définitivement,
nous nous trouvons sur le chemin du Royaume.
Jésus
enseigne également lfart de nous mettre à table.
Il nous dit étrangement de ne plus inviter «
ni ses amis, ni ses frères, ni ses parents, ni ses riches
voisines » pour le repas. Il faut un brin dfhumour pour
vivre lfespérance de Jésus. Il ne vient pas
faire un discours moralisateur aux pharisiens et à nous-mêmes,
il vient nous ouvrir les yeux. Il est là pour sauver tous
les humains.
Quand
nous progressons dans la foi, nous pouvons tomber dans le piège
: je suis un bon chrétien, je vaux plus que les autres. Jésus
nous rappelle aujourdfhui que la porte du Royaume est une
porte par laquelle seuls les petits peuvent passer. Comme le dit
la deuxième lecture, le Dieu de la nouvelle alliance
vient sans les fastes du Sinaï. Il invite à la
liberté, à la fête et à la joie tous
les premiers nés du monde nouveau qu'il est venu établir.
Ce texte se situe à la fin de Lettre dite aux Hébreux.
Lfauteur ne cesse dfencourager les jeunes chrétiens
qui doutent, se demandant comment se sanctifier sans les rites
du Temple et sans faste liturgique. La sanctification nfest
pas le produit dfun culte extérieur. La vie chrétienne,
cfest être accueilli dans le Royaume de Dieu, cfest
vivre une nouvelle relation dfintimité avec Jésus,
par lfEsprit.
3.
AGIR
Dans
sa vie comme dans sa mort, Jésus a pris la dernière
place pour inviter au festin des noces tous les pauvres et
humbles de cœur, aux malchanceux dans la vie. Il nous
demande d'aller à la rencontre de ceux qui refusent la
parole car il est venu annoncer par sa présence un monde
nouveau, une nouvelle échelle de valeurs, un autre ordre
de préséance dont l'essentiel est de se mettre au
dernier rang pour servir en toute confiance. Ce sont là
les mœurs provocantes du Royaume des Cieux.
Plus
nous restons uniquement entre nous, moins nous progressons. Il
nous faut ouvrir une oreille qui écoute lfhumanité
à lfimage de Dieu. Savoir prendre notre place, cfest
avoir assez dfestime de soi pour ne jamais oublier les autres.
4.
PRIER
Seigneur,
Nous devons être une communauté ouverte
à tous, une communauté qui doit veiller à
nous rendre meilleurs et à rendre le monde meilleur,
à faire preuve dfhumanité, sachant que lfÉvangile
ne passe que là. Seigneur, aide-nous- Amen
©
kakaluigi, aout 2010
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Assomption
15 août 2010
Lecture de l'Apocalypse de saint Jean : Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab
Le Temple qui est dans le ciel s'ouvrit, et l'arche de l'Alliance du Seigneur apparut dans son Temple. Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et elle criait, torturée par les douleurs de l'enfantement.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : Lc 1, 39-56
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
.
Au milieu de lfété, au milieu des vacances nous voila avec une fête pour la Mère de Dieu, Marie de Nazareth.
Le 15 août est la fête de lfAssomption. Ce mot vient du latin et veut dire «prendre avec soi, du verbe assumer. Pour Jésus il y a eu lfAscension (monter vers le haut), pour Marie, sa mère Jésus la honore avec lfAssomption ( la prendre avec lui, là où il est éternellement. Dieu est partout et Marie est aussi partout comme son Fils. Parce qufelle a accepté dfêtre la Mère de Jésus, de le prendre en elle et le porter jusqufaux extrémités de la terre, de partout là où il ya des hommes et des femmes.
Marie accompagne la vie de Jésus et elle est, à sa manière, une disciple. Ce nfest pas par hasard qufelle avait dit le jour de lfAnnonciation : je suis la servante du Seigneur, qufil fasse en moi, ce qufil veutc
Marie est une femme dfIsraël. À l'époque de Jésus, l'honneur de la femme c'est d'être mère. Lorsqu'elle met au monde un enfant, elle est estimée, valorisée, surtout s'il s'agit d'un garçon! Le danger, c'est de considérer la femme comme une «chose» dont on se sert pour avoir des enfants. Quand Élisabeth élève la voix et déclare heureuse la mère de Jésus parce qu'elle a porté et nommé le Messie, c'est le plus grand honneur qu'une femme juive pourrait espérer. La vie de Marie a été marquée par les joies, les peines, lfensemble de la condition humaine. Sa vie a également été remplie par la présence de lfEsprit de Dieu.
Après sa mort (les chrétiens dfOrient appellent cette fête du nom de Dormition) Marie a été enlevée à la vie terrestre pour entrer dans la vie en Dieu.
Les écrits du Nouveau Testament ne font aucune allusion à cette assomption de Marie. Tout est affaire de tradition et du bon sens de la foi du peuple de Dieu. Pour les premiers chrétiens, la mort de Marie ne pouvait n'être qu'un sommeil - une dormition - qui a été un passage vers le Royaume de Dieu. L'achèvement total de Marie, après la fin de sa vie terrestre, comprend dès maintenant sa réalité corporelle. Marie fut la première à vivre la Résurrection. Fêter l'Assomption de Marie, c'est célébrer son passage de la mort à la vie, de la terre à la gloire de Dieu. Cfest fêter les véritables valeurs, que malheureusement, notre monde semble avoir perdues.
Dieu prend au sérieux l'être humain dans toute son histoire. Marie n'était pas seulement un emballage qui entourait le Fils de Dieu. C'est en elle que le Fils de Dieu a pris corps. Cela anoblit le corps humain et lui promet une victoire sur la mort. Lfhomme est fait pour vivre. Vie terraine qui prépare lfavenir de la vie éternelle. Et Dieu ne veut pas nous sauver sans nous, sans notre apport de responsabilités et de vie.
La vision de Jean : « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles », dans lfassomption elle se réalise et ouvre des lumières et dfespoir pour lfhumanité.
LfAssomption, c'est la célébration de l'espérance chrétienne. Pour suivre Marie, nous devons nous laisser féconder par la Parole de Dieu afin dfêtre des porteurs de la Bonne Nouvelle.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous. Amen
© kakaluigi, aout 2010
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Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur
19e dimanche TOC , 8 août 2010
1. ECOUTER
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 32-48
Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail.
Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
2. REFLECHIR
Au moment où Luc écrit son évangile, les chrétiens semblent sfêtre un peu assoupis car ils trouvent que Dieu tarde à revenir, comme il lfavait promis. « Mon maitre tarde à venirc mais soyez comme des gens qui attendentc en tenue de servicecet les lampes alluméesc » Ont-ils les disciples oublié qufil avait annoncé son retour à lfimproviste ? « Heureux les serviteurs qufil trouvera à veiller » « tenez-vous prêts. »
Luc revient sur lfévangile de dimanche pour le compléter.
Jésus tient beaucoup à faire déguerpir toute sorte de peur, même de lfhomme riche qui avait accumulé ses richesses pour lui-même. : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. »
Mais Luc souligne aussi qufil nous faut gagner ce don.
Cfest notre vie de chrétiens, bien actuelle qui est également évoquée dans lfévangile dfaujourdfhui. Il faut avoir le courage dféliminer toutes les causes qui entrainent cette peur. Il faut vivre une vie dans une manière plus radicale et dans toute sa totalité.
Vendre ses biens, les distribuer en aumône pour acquérir des placements plus sûrs et un trésor au ciel, est-ce vraiment faisable ?
Se retrouver sans rien, être dénué de tout, qui peut envisager cela à moins dfêtre un peu fou?
Et pourtant, au cours des siècles, certains hommes et femmes nfont pas hésité à le faire. Lfexemple de François dfAssise qui encore aujourdfhui enthousiasme et ne fait que conquérir les cœurs de tant de jeunes et filles. Même si exceptionnel ce choix nfest pas impossible. « Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône ; faites-vous une bourse qui ne sfuse pas », nous dit Jésus.
Il nous invite à accumuler autrement pour constituer un autre trésor.
Nous cherchons à le faire, mais comment ? A partir de ce qui se voit et sfévalue dans la société, à partir de ce qui est de lfordre dfune concurrence l es hommes cherchent tout autre trésor, comme celui de la beauté, de la richesse, de la notoriété, de lfinfluence, du pouvoir, des jouissances diverses et jfen passe. Et lorsque ce trésor nous paraît inaccessible alors , nous devenons sombres, nous entrons dans un état de ténèbres où plus rien de beau ne nous goûtera, où lfamertume sera la reine de notre cœur, ou le sourire nous manquera.
Jésus nous propose au contraire de nous faire un trésor dans le ciel, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur nfapproche pas, où la mite ne ronge pas : là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Notre cœur est le bien le plus précieux, et savoir à quoi nous appliquons notre cœur est le choix le plus grand que nous avons à faire. Pour atteindre la vraie stature dfhumain, plusieurs ont quitté et refusé les biens qui, en les encombrant, ne les nourrissaient pas. Ces exemples nous attirent, mais en même temps nous sentons en nous une certaine repousse. Sans aller à ces extrêmes, nous sommes tous invités à vivre la liberté intérieure apportée par Jésus. Il nous conseille de veiller. Car attrait et repousse font partie de ce choix incontestable du ciel.
3. AGIR
Le Père nous donne le Royaume à construire, à cultiver, à faire advenir ; nous en voyons déjà les signes autour de nous et en nous. Dieu est toujours avec nous, au cœur des événements humains, cfest pourquoi il faut rester éveillé. La trace de Dieu est sans cesse présente. Cfest à nous de la découvrir, mais la société nous distrait de mille façons. Il nous faut allumer notre lampe intérieure, et donner des réponses à la question fondamentale: Qufest-ce que nous faisons de beau de notre vie? Qufest-ce qufil y a de grand, dféternel, de vraiment digne dans notre vie? Qufest-ce qui est notre trésor ?
Veiller renverse totalement la routine. Cfest lfattitude de celui qui attend et qui manifeste ainsi que la personne attendue a du prix à ses yeux. Et que cfest bien cette personne qui sera son trésor.
4. PRIER
Seigneur Jésus, tu nous dit de ne pas craindre, et que Notre Père nous a donné le Royaume. Cela nous rempli dfimmense joie, car cfest précisément ce Royaume que nous cherchons incessamment dans notre vie. Le Royaume est l'héritage de ceux qui se sont mis en route comme Abraham, comme les Hébreux et tant d'autres. Le Royaume est pour ceux qui mettent toute leur confiance en toi, Seigneur Jésus. Le Royaume est le trésor éternel de ceux qui ont donné tout ce qu'ils avaient reçu pour te suivre, même dans les coins les plus reculés de la terre. Seigneur Jésus tu nous invites à rester vigilants et à travailler pour le Royaume au quotidien. Et alors sois notre accompagnateur sur le chemin de notre vie, car « a qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage » . Amen.
© kakaluigi, aout 2010
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1.ECOUTER
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc :Lc 12, 13-21
Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » Puis, s'adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. »
Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait : 'Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte.' Puis il se dit :
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SOS
Aidons
nos compatriotes de Sange.
Aujourdfhui
nous sommes appelés à faire des gestes
pour aider nos compatriotes de Sange. Je vous
propose de vous unir à la campagne que ASFCO
(Antenne Libre Amis Sans Frontières du Congo
à Bukavu) est en train de faire. Vos aides peuvent
leur parvenir :
*
via WESTERN UNION adressé à Me
JEAN CHRYSOSTOME KIJANA, Bukavu,
RDCongo. (E-mail:criskijana@yahoo.fr
Tel. +243810651917
ou +243859446686)
*
par lfintermédiaire de moi-même P.
Luigi Lo Stocco. Je suis membre fondateur de
notre groupe et qui coordonne lfAntenne dfItalie en
employant son CCP n 75212407 et sans oublier de bien spécifier
« pour Sange ».
*
par lfintermédiaire de notre Congonet Radio (CongonetRadio.com)
Et
je remercie de tout cœur tous ceux qui
sfaccompagneront à nous pour solidariser avec
nos frères et sœurs de Sange.
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'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence.'
Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ?' Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu.
Lecture du livre de lf Ecclésiaste : Qo 1, 2; 2, 21-23
Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité ! Un homme s'est donné de la peine ; il était avisé, il s'y connaissait, il a réussi. Et voilà qu'il doit laisser son bien à quelqu'un qui ne s'est donné aucune peine. Cela aussi est vanité, c'est un scandale. En effet, que reste-t-il à l'homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? Tous les jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n'a pas de repos. Cela encore est vanité. »
2. REFLECHIR
Tout nfest vanité, cependant il nfy a aucun scrupule à recevoir de lfargent dûment et honnêtement gagné, ni à hériter. Cfest comme sfil y avait toujours quelque chose de louche et de suspect à être riche. Jésus fait lfeloge de la pauvrete, jamais de la richesse. Au contraire il dira malheur aux riches. La question donc ne porte pas sur la morale de la richesse, et du travail ou sur les théories économiques. Le malaise devant la richesse mine les relations entre les êtres quand la sagesse nfest pas là, quand nous tendons vers les réalités terrestres plutôt que vers celles de Dieu.
Lfextrait d'évangile part du refus de Jésus de prendre partie dans une histoire d'héritage matériel. Un homme vient solliciter la justice. La loi portant sur les droits de succession était assez bien détaillée mais elle ne couvrait pas toutes les situations de la vie de sorte qufil fallait parfois faire appel à lfopinion dfun rabbin quand il y avait un désaccord. Dans ce cas-ci, Jésus était sollicité pour réconcilier deux frères qui nfarrivaient pas à sfentendre. Qui mfa établi pour être votre juge? répond Jésus. Il ne veut pas assumer un rôle de juge.
Mais Jésus répond par une parabole. Les paraboles sont en référence permanente avec les psaumes, qui étaient la prière du peuple juif, ainsi qufavec les textes prophétiques, dont les passages étaient lus et commentés dans les synagogues. Les psaumes éclairaient la vraie mesure des jours pour que les cœurs pénètrent la sagesse.
Ce nfest pas révolutionnaire ou extraordinaire le choix à faire devant les biens matériels. Tout est vanité ! Tout passe ! Cfest la traduction de la sagesse populaire qui nous dit : le jour de la mort tu ne lfemporteras pas avec toi. Par contre, ce que Jésus demande, cfest plutôt qufest-ce que nous apporterons au paradis.
Dfun point de vue purement spirituel, la richesse est beaucoup plus perçue comme une épreuve que comme un bien en soi. La richesse nfa pas à être mal ou bien vue. Sfenrichir pour entreprendre et fructifier les investissements en vue de produire et faire profiter tout lfentourage et la société est un acte louable. Amonceler des fortunes sans les recapitaliser ni les réinjecter dans les circuits de production est vraiment détestable. Accumuler de lfargent pour ses propres intérêts personnels cfest un mal.
La parabole de Jésus sfadresse à la fois à celui qui réclame et celui qui refuse le partage. Elle semble prononcée pour notre époque de société de consommation et de recherche du profit comme finalité de lfexistence et ou les problèmes financiers sont devenus le souci incontournable de la société. La crise financière ne fait qufaccroitre la préoccupation et on pense et on parle seulement dfargent, de salaires, de taxes, de fin du mois.
Jésus ne prend le parti de personne, mais sa parole tranche dans le vif.
Ne ferions-nous pas comme le riche propriétaire fermier?
La force de cette parabole réside dans le fait que le comportement de cet homme semble tout à fait raisonnable. La folie du riche est d'entasser pour lui seul toutes les richesses de ses terres. Il avait sans doute le sens des affaires mais il nfavait pas le sens des réalités spirituelles. Il a planifié sa vie sans tenir compte des plans de Dieu. Et sans tenir compte de ses semblables. Dans ce sens, il est un insensé. Il ne sfest pas occupé de ses intérêts éternels, de valeurs humaines de fraternité et de solidarité. En consacrant ses énergies à accumuler des richesses, il nfa pris en considération qufun seul aspect de lfexistence humaine, lfaspect matériel. Tout le côté immatériel, tout le côté spirituel a été délaissé.
3. AGIR
Lfargent est nécessaire, mais nfest pas tout dans la vie. Lfargent répond à beaucoup de besoins matériels, mais il ne répond pas à tout. Difficile de prétendre aimer Dieu si nous plaçons lfargent au premier rang de nos amours. Il nfy a que deux amours sur terre : lfamour de Dieu et lfamour de soi. Lfamour de soi passe par lfamour de lfargent, tandis que lfamour de Dieu ne passe jamais par aucun autre amour, sauf par lfamour de celles et de ceux qui nous entourent. Pour Dieu, la manière dont lfhomme considère la richesse et les façons dont il lfaccumule et en dispose sont dfune importance capitale. Lfargent nfest pas la condition nécessaire au bonheur. Bien au contraire, cfest plutôt la générosité qui rendra heureux et procurera un sentiment de satisfaction.
Il faut savoir discerner où est la vraie richesse, celle que la mort ne peut nous enlever. La vraie richesse est celle du cœur. Le seul héritage est le royaume de Dieu. La vraie vie, cfest celle à laquelle nous appelle Dieu et pour laquelle il nous a créés, cfest la vie éternelle. Il est possible dfemployer nos possessions terrestres afin qufelles produisent des dividendes éternels. Il est toujours temps dfinvestir dans les cieux. Cfest ainsi que nous saisissons ce qufest vraiment la vie.
La justice de Jésus nfest pas affaire de code, elle se situe dans le cœur dfune personne. Aimer son prochain en Dieu, cfest dfabord lui donner le pas sur soi-même. Dieu ou lfargent ? Cfest lfévidence même, diront certains : Dieu dfabord, lfargent ensuite. Pas si sûr pour bon nombre de chrétiens.
« Tous les jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n'a pas de repos. Cela encore est vanité » (Ecclésiaste : Qo 1, 2; 2, 21-23)
4. PRIER
Seigneur, lfargent et les richesses me font rêver et parfois je les emploie très mal et je les mets à la première place dans mes soucis quotidiens. Seigneur, je ne suis pas libre vis-à-vis de lfargent et de la richesse. Je tfimplore alors de me faire libre. Amen.
© kakaluigi, juillet 2010
[20:46:19] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu: Ficher audio: Here's the link to this file:
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Dieu
s'invite comme ami parmi des amis
16e dimanche TOC , 18 juillet 2010
- ECOUTER
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc :Lc
10, 38-42
Alors qu'il était en route avec ses disciples, Jésus
entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut
dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie qui,
se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Marthe était accaparée par les multiples occupations
du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te
fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le
service. Dis-lui donc de m'aider. » Le Seigneur lui répondit
: « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites
pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a
choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée.
»
- REFLECHIR
Jésus est peut-être arrivé à
lfimproviste chez ses amis Marthe, Marie et Lazare. Il les
aimait, nous dit lfÉvangile. Il se sentait à
lfaise dans leur maison. Il sfest invité sans préavis,
sans réserver, sans sfannoncer.
Comme aux chênes de Marbré, comme chez Zachée.
Il sfinvite sans toquer, car il y a des amis, et les amis ne
sfinvitent, ils se rencontrent à nfimporte quel moment.
Notre monde est plein dfinvitations, de faire part, et
les relations entre les hommes sont terriblement changées
et se sont abimées. La véritable amitié
semble nfexister plus, car au fond il ya toujours des intérêts
qui doivent être sauvegardés. Cfest terrible, mais
cfest ça.
Mais
continuons avec le passage de lfEvangile.
Alors que Marthe s'affaire à son travail, absorbée
à servir ses invités, sa sœur ne fait
apparemment rien. Marthe doit préparer le diner, faire des
derniers achats, les invités sont arrivés à
lfimproviste. Marie reste assise aux pieds de Jésus, elle
l'écoute. Jésus dit à Marthe de ne pas trop
sfénerver dans les préparatifs et le service de la
table. Une des clés pour comprendre la signification et la
portée du texte se trouve dans le contraste entre les
coutumes sociales et religieuses de lfépoque, et
l'attitude de Jésus. Jésus vivait dans une société
patriarcale, le père dirigeant la famille et la communauté.
Les femmes dépendaient de ce dernier jusqu'à leur
mariage, pour ensuite dépendre de leur mari. La femme se dédiait
pour la maison, pour les enfants, et
pour lfaccueil des invités en préparant lfeau,
lfendroit, la nourriture, la chambre à coucher, etcc.
Les évangiles apportent comme un vent frais et
nouveau sur ce monde en renversant un ordre établi et en
bouleversant des coutumes parfois très peu humaines. Par
son attitude envers les femmes, le respect qu'il leur a témoigné
et la place qu'il leur a donnée dans ses paraboles, Jésus
détonne complètement d'avec les pratiques de l'époque.
La manière dont il approchait les femmes était toute
différente de celle de la société: il considérait
les gens, hommes ou femmes, comme des personnes, des êtres
humains créés et aimés par Dieu.
Une leçon à nous tous : le respect de
nos femmes, car elles
ont nos mêmes
droits à nous les hommes. Les fléaux terribles des
maux que nous enregistrons presque chaque jour, où la
spirale des violences de tout genre envers la femme semble sfaccroitre
tous les jours, fait montre dfune incapacité et
mauvaise volonté de ces qui ont le pouvoir en main.
La femme est devenue partout objet
de plaisir publicitaire et de jeux sexuels pour beaucoup de
personnes.
Deux sœurs, très différentes lfune de
lfautre
Luc présente Marie comme disciple de Jésus
tandis que Marthe incarne le rôle traditionnel de la
femme. Jésus déclare que Marie a choisi la meilleure
part : La quelle ? Etre disciple de Jésus ? Se
mettre à lfécoute ? Contempler Jésus ?
Tous sont appelés à devenir de véritables
disciples. Cela prend diverses formes. Nous croyons souvent que
lfaction est primordiale. Tous nos sens sont en éveil
pour travailler, aimer, jouir de la vie, créer. Toute notre
personne, quelle soit masculine ou féminine doit louer,
servir, aimer, suivre Dieu sur cette terre, pour le contempler
enfin pour lféternité. Mais
nous sentons vite que cette énergie à nous dépenser
est limitée. Prendre régulièrement le temps
pour revoir sa vie est essentiel pour que nous puissions voir avec
discernement nos faiblesses et nos forces et ce qufil faut
changer chaque jour dans nos vies. Cfest lfattitude de Marie.
Cfest sa meilleure part.
Prendre le temps. Savoir de temps en temps reculer du
quotidien, des préoccupations du quotidien. Parfois il
semble que tout dépend de nous, et si on ne le fait nous même,
personne dfautre le fera. Et alors nous sommes toujours surchargés.
Rien est possible faire sans nous?
Cfest nous seulement les seuls capables de faire cette
chose ? Etre
indispensable !
- AGIR
Marie communique avec Jésus. Elle le met au centre
de son attention et sa présence l'illumine : elle l'écoute.
Écouter au lieu de s'agiter. Marie, ensuite,
est apte à se mettre au service. Jésus ne
voulait pas minimiser la table dressée par Marthe. Il
voulait dire : « Je suis là, avec vous. Ne perdez pas
une minute pour que je vous laisse mon message ». Jésus
veut qufon fasse le tout en Lui, par Lui et avec Lui. Être
disciple revient à jeter un autre regard sur la
perspective traditionnelle des relations humaines et change les
priorités. Il y a en chacun de nous du Marthe et du Marie.
L'important est de bien choisir la bonne hiérarchie : Marie
d'abord, Marthe ensuite ou savoir conjuguer les deux dans une manière
juste et claire. Marthe ne doit prendre la parole de Jésus
comme une reproche, au contraire savoir discerner.
Ce Dieu que nous avons tendance à imaginer là-haut,
loin dans son ciel, ce Dieu sait entrer dans l'étroitesse
de nos cœurs et de nos âmes, avec son Esprit.
Dieu sfinvite au cœur de la vie, de notre vie, en
nous laissant libre de faire lfhistoire. Dieu est au milieu de
nous comme le rappelle Paul. Nous sommes appelés à
parler de Dieu comme à une personne qui se fait rencontrer
et apprécier comme un cœur plein dfamour. Jésus
peut venir se proposer dféclairer nos nuits, celles du
doute, celles de lfimpatience, celles de la souffrance.
Dieu s'invite aujourd'hui chez moi, chez toi, chez chacun
d'entre nous, dedans l'étroitesse de nos vies et de nos espérances.
Dieu sfinvite. Ne gaspillons pas ces moments. A Zachée
dira : « Aujourdfhui le salut est entré
dans cette maisonc »
- PRIER
Seigneur, les journaux de ce matin mfapportent nouvelles de meurtres, de
violence, de souffrance et me parlent aussi des hommes plus riches
du monde. Seigneur,
nous les hommes nous sommes toujours, avides, orgueilleux et
égoïstes, et avec notre comportement, nous ne faisons
que creuser davantage des énormes frontières
dfincompréhensibilités, de divisions, de la haine.
Mais pourtant nous portons en nous dans notre imaginaire les rêves
dfun monde meilleur, plein de paix, de justice, et de légalité.
Seigneur, nous sommes très pris par les choses matériels,
préoccupés, jusqufau paroxysme et à la dépression,
et nous oublions davantage lfessentiel, la partie meilleure, ce
qui compte. Seigneur, donne-nous la lumière pour bien
discerner et tfaccueillir pour tfécouter, et te servir.
Amen.
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© kakaluigi, juillet 2010
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QUI
EST DONC MON PROCAIN ? UNE RENCONTRE
15e
dimanche TOC , 11 juillet 2010
AUJOURDfHUI
RECOLTE DfAIDES POUR LES RESCAPES DE SANGE
1.
ECOUTER
Évangile
de Jésus Christ selon saint Luc :Lc 10, 25-37
Pour
mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la
Loi lui posa cette question : « Maître, que
dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ?
» Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y
a-t-IL d'écrit ? Que lis-TU ? » L'autre répondit
: « Tu aimeras Le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur,
de toute ton âme, de toute at force et de tout ton esprit,
et ton prochain comme to-même. » Jésus lui
dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et TU auras
la vie. » Mais lui, voulant montrer qu'il était un
homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc
EST Mon prochain ?»
Jésus
reprit : « Un homme descendait de Jérusalem
à Jéricho, et IL tomba sur Des bandits ; ceux-ci,
après l'avoir dépouillé, roué de
coups, s'en allèrent en Le laissant à moitié
mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; IL
Le vit et passa de l'autre côté. De même un lévite
arriva à cet endroit ; IL Le vit et passa de l'autre côté.
Mais
un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de
lui ; IL Le vit et fut saisi de pitié. Il s'approcha,
pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis IL Le
chargea sur as propre monture, Le conduisit dans une auberge et
prit soin de lui. Le lendemain, IL sortit deux pièces
d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant :
'Prends soin de lui ; tout ce que TU auras dépensé
en plus, je te Le rendrai quand je repasserai.' Lequel Des
trois, à ton Avis, a été Le prochain de
l'homme qui était tombé entre les mains Des
bandits ? » Le docteur de la Loi répond : «
Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus
lui dit : « Va, et to aussi fais de même. »
2.
REFLECHIR
Dans
Le livre du Deutéronome (Dt 30, 10-14) lfauteur
nous dit qu'il n'y a pas à chercher bien loin
Le Royaume de Dieu. La loi n'est pas au-delà Des mers.
Elle EST tout près de nous, dans Notre bouche et dans nos
cœurs Tout Le monde peut prendre les chemins de la vie. Elle
EST tout près de to, cette Parole, elle EST dans at
bouche et dans ton cœur afin que TU la mettes en pratique.
Dans
la seconde lecture Paul dit aux Colossiens que Jésus
EST l'image du Dieu invisible. Il peut donc nous faire
comprendre Le Dieu Amour.
Dans
lfévangile dfaujourdfhui, Jésus répond
à deux questions suite à as rencontre avec Le légiste.
Ce sont Des questions qui pourraient être les nôtres.
Le légiste voudrait délimiter l'espace où
IL devra exercer l'amour fraternel. Sfagit-IL dfun clan,
dfune race ou Des croyants ? La première question EST
que faire pour avoir son «nom inscrit dans les cieux
»? Et la seconde : «Qui EST Mon prochain? »
Les vraies réponses à ces questions vont bien
au-delà Des mots Des textes que Le légiste maîtrise
bien. La Loi de Dieu EST simple. Dieu nous l'a fait connaître
par ses prophètes et son Fils Jésus. Toutes les réponses
résident dans Le commandement de l'amour: « Tu
aimeras Le Seigneur ton Dieu, et ton prochain comme to-même.
» Pour bien saisir ce qufil y a derrière les
mots, Jésus répond en racontant une parabole. Une
histoire sur laquelle chacun pourrait mettre Des noms, son
propre nom. Le blessé EST un juif et l'aidant un
samaritain : en Principe, ils sont ennemis; ils NE se parlent
pas, bien plus ils doivent se fuir l'un l'autre. Pourtant, ils
se rapprochent par Le biais d'un besoin criant à combler.
Jésus fait comprendre au légiste qu'il doit se
faire proche de toute personne en détresse, quelle
qu'elle soit. Jésus franchi toute barrière, et va
au-delà pour nous dire que ce qufil compte cfest
avant tout lfhomme, nfimporte à quelle race, ou
religions, ou état social IL appartient. Tout homme EST
sacré et tout homme apporte en lui la marque de Dieu.
Le
cœur du Samaritain a été spontanément
touché. Peut-être qufune longue expérience
Des insultes subies par les autres juifs lui a-t-elle révélé
les ressources de courage et de patience qufil portait en lui
et que les autres nfavaient pas. Dieu a déposé
au creux du cœur de toute personne un besoin d'aimer et d'être
aimé. En général, nous avons la compassion
assez spontanée. Nous NE supportons pas de voir les gens
dans la misère. Nous NE pouvons pas soulager toute la misère
du monde. En cette semaine les images de Sange, de ces corps
calcifiés nous Ont touché fortement et nous
obligent à faire quelque choses pour les rescapés
qui dans les différents hôpitaux de la Province
versent dans Le besoin et dans la détresse.
Nous
avons un cœur capable de compassion même is nous NE
prenons pas toujours Le temps de nous faire proche de ce
prochain au bord du chemin ou sur le trottoir de nos villes.
Sans oublier que nous craignons parfois de nous approcher de
certaines personnes. Comment faire pour aimer notre prochain?
Nous pouvons nous faire aider, mais nous devons aussi payer de
notre personne pour que notre prochain soit réconforté
et soulagé. Notre présence, notre sourire, notre
parole, notre main tendue, tout cela fait partie de la miséricorde
envers celui qui souffre pour une raison ou pour une autre. Cela
ne demande pas forcément beaucoup de temps ni beaucoup
dfargent.
Le
samaritain est devenu un mot, il est devenu synonyme de celui
qui se donne pour aider, pour soulager, pour intervenir et
secourir. Quiconque
ne pratique pas la justice n'est pas de Dieu,
ni
celui qui n'aime pas son frère (1
Jn 3,10). Homme,
le Seigneur t'a fait savoir ce qui est bien,
ce
qu'il réclame de toi : rien d'autre que pratiquer la
justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec
ton Dieu.(Michée,
6, 1-8)
Le
frère et la sœur qui sont dans lfurgence dfun
besoin ou dans une tragédie , comme celle de Sange,
nfon pas besoin de paroles, mais ils sont besoin seulement de
gestes réels et précis de solidarité,
dfempathie, de rencontre.
Quand
nous nous tournons vraiment vers Dieu, nous voyons autrement,
comme Lui, et nous aussi nous sommes amenés
à un type d'auberge. Le prochain cfest la personne aimée,
et cfest aussi la personne aimante. C'est une émotion
de compassion qui fait la communication entre les personnes,
qufil y a relation humaine. La nouveauté, à la
limite choquante et révolutionnaire pour les juifs
à qui Jésus parle, c'est qu'un Samaritain n'est
pas un modèle recommandable pour les juifs croyants, et
pourtant cfest lui qui agit. Il n'attend rien en retour de la
part de celui qu'il a sauvé. Il ne sait même pas
qui il est. Un voyageur comme lui, rien de plus.
3.
AGIR
Jésus
demande à ce légaliste : « Lequel
des trois, à ton avis, a été le prochain de
l'homme qui était tombé entre les mains des
bandits ? » Le docteur de la Loi répond : «
Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. »
Jésus
ne blâme ni le prêtre ni le lévite. Il
raconte des faits. Il ne juge pas. Faisons de même! C'est
à celui qui a été sauvé que Jésus
enseigne l'amour. Toute sa vie il aimera l'homme dont il a reçu
attention, assistance et secours matériels, celui sans
qui il serait mort. Jamais il ne devra oublier cet homme qui l'a
remis en selle. Le samaritain de lfévangile laisse
l'autre libre. Il se retire de notre chemin et continue le sien.
Notre dette d'amour, de reconnaissance, nous ne pouvons la
régler qu'en faisant de même avec d'autres. Il nous
reste à la vivre lfhistoire du bon Samaritain avec
notre cœur. Nous servons Dieu quand nous nous soucions du
prochain. Nous aimons Dieu quand nous aimons le prochain. Tout
est là.
Jésus
dit enfin au légaliste : « Va, et toi aussi fais
de même. » Lfamour va au-delà des
masques et des miroirs, des mensonges et des certitudes de
notre monde. Il nous conduit d'expériences en expériences,
d'actes en actes d'amour, à Dieu lui-même.
4.
PRIER
Seigneur,
donnes-nous la force et le courage de nous faire davantage
prochain de nos frères et sœurs qui souffrent. Amen.
©
kakaluigi juillet 2010
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Vocation
et prière, mission et prière
14e
dimanche TOC – 04 juillet 2010
1,
ECOUTER
Évangile
de Jésus Christ selon saint Luc 10, 1-12.17-20
Parmi
ses disciples, Le Seigneur en désigna encore
soixante-douze, et IL les envoya deux par deux devant lui dans
toutes les villes et localités où lui-même
devait aller.
Il
leur dit : « La moisson EST abondante, mais les ouvriers
sont peu nombreux. Priez donc Le maître de la moisson
d'envoyer Des ouvriers pour as moisson. Allez ! Je vous envoie
comme Des agneaux au milieu Des loups. N'emportez in argent, in
sac, in sandales, et NE vous attardez pas en salutations sur la
route.
Dans
toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix
à cette maison.' S'il y a là un ami de la paix,
votre paix Ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez
dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ;
car Le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de
maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où
vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira. Là,
guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne
de Dieu EST tout proche de vous.' Mais dans toute ville où
vous entrerez et où vous NE serez pas accueillis, sortez
sur les places et dites : 'Même la poussière de
votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons
pour vous la laisser. Pourtant sachez-Le : Le règne de
Dieu EST tout proche.' Je vous Le déclare : au jour du
Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement
que cette ville. »
Les
soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient
: « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont
soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je
voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Vous, je vous
AI donné pouvoir d'écraser serpents et scorpions,
et pouvoir sur toute la puissance de l'Ennemi ; et rien NE
pourra vous faire du mal. Cependant, NE vous réjouissez
pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous
parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »
2.
REFLECHIR
Dans
lfextrait de lfévangile de Luc, Jésus appelle
et envoie en mission un grand groupe de
personnes qui avaient accepté de Le suivre. Il nfenvoie
pas seulement les douze apôtres, mais aussi soixante-douze
disciples. Cfest un nombre symbolique qui désignait la
totalité Des nations païennes.
Tous
ceux qui acceptent de suivre Jésus, sont envoyés
pour une mission qui EST universelle. Aller dans Le monde pour
annoncer, baptiser, témoigner, faire Des autres
disciples. À leur retour, IL les félicite, IL les
accueille et IL les laisse lui raconter les bons coups qu'ils
Ont vécus. Le texte se termine par une bonne nouvelle :
«Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits
dans les cieux.»
Les
soixante-douze Ont été envoyés deux par
deux. Ce NE sont pas Des individus isolés que Jésus
a appelés. Ils sont désignés et envoyés
deux par deux pour être Des témoins. Être
envoyé deux par deux, c'est découvrir et prendre
en compte l'autre qui EST différent de soi. C'est faire
ses premières armes avec les rudiments de la vie
communautaire. C'est faire une expérience d'Église.
C'est pouvoir communiquer, parler du chemin parcouru, Des
personnes rencontrées, Des événements vécus
au point dfy reconnaître la présence de Jésus.
Le témoignage EST celui dfune communauté, un témoignage
dfÉglise. Etre envoyé deux par deux cfest lfEglise
qui envoie aujourdfhui, au nom du Christ. LfEglise apporte
Le message de paix : « Paix à cette
maison », à cette ville, à cette nation !
Le
disciple de Jésus EST lfhomme de la paix.
Les
disciples, doivent être accueillis, tels qufils sont.
Hommes parmi les hommes. Fragiles et faibles. Ils NE
peuvent rejoindre tout et certaines urgences seront nécessairement
négligées. Certains villages NE sont pas visités.
Des malades NE peuvent se rendre sur la place. Des femmes NE
peuvent entrer au temple. Des familles NE peuvent faire Le
trajet jusqu'au lieu de rencontre. Il reste tant à
faire. Face à l'énormité de la
tâche et aux besoins de main d'ouvre, Jésus invite
à prier pour qufà plusieurs plus d'ouvrage soit
abattu, ce qui résultera en plus de réussites et
de réjouissances. La moisson EST abondante.
Fortement
EST bien ressenti Le bois de prêtres, religieux, personnes
qui choisissent la vie consacrée et se mettent à
disposition de lfannonce du Royaume de Dieu, c'est-à-dire
de lfamour, de la justice et de la paix. La présence du
prêtre dans Notre société EST seulement pour
cela, pas pour autre chose.
La
mission et la prière vont toujours ensemble. Les
vocations et la prière aussi. Jésus nous demande
de prier incessamment. Les vocations à cette mission dépendent
seulement de Lui. Ce nfest pas vous qui mfavez choisi, mais
cfest moi qui vous a choisi.
Il
faut savoir être dans Le monde en évitant de
sfisoler dans Notre confort communautaire. Il faut
transpirer un idéal qui correspond aux valeurs de lfÉvangile.
Il faut une attitude qui nfest pas répressive,
moralisatrice, mais qui EST ouverture dans la vérité.
Communiquer, être en mission pour donner sens à la
vie, cela exige dfêtre vrai plutôt que dfêtre
fondamentaliste, légaliste. Les consignes de Jésus
sont simples.
Jésus
a envoyé tous ses disciples en mission, et puisqufil
les envoie tous, nous en faisons nous aussi partie. Oserons-nous
répondre à lfappel ? Oserons-nous partir en
mission et nous réjouir ? Il y a plein d'urgences dans
notre coin de pays et plus encore dans le monde. Les ouvriers
sont peu nombreux pour annoncer notre Dieu dont lfamour donne
sens à la vie de lfhumain. Il faut des croyants qui
acceptent dfêtre témoins de cet amour, qui osent
croire que leur vie peut parler de Dieu et donner sens à
lfhumanité. La mission est loin dfêtre réalisée,
mais comme le dit la première lecture, « Réjouissez-vous
avec Jérusalem, soyez pleins d'allégresse »
car le Règne de Dieu est paix et joie dans l'Esprit.
3.
AGIR
Porter
l'espérance, ne rien emporter.
Offrir
la paix en consentant à la vulnérabilité,
à la fragilité en sachant se tenir debout grâce
à d'autres et pour d'autres.
Se
laisser toucher par celles et ceux avec lesquels nous partageons
une parole, un moment, un repas, une affection, un idéal,
un souci, etc.
Risquer
un pas vers ce qui est inconnu, oser une rencontre.
Être
chacun à notre façon, témoin de la parole
reçue. Mais répondre avec générosité
et sans aucune hésitation à lfappel de Dieu. Ce
qui compte, don, de ne pas rater cet appel. Beaucoup sont ceux
qui sont appelés, mais très peu les éluscEt
pourquoi ? Tout dépend de notre liberté.
Cfest
Dieu qui prépare, qui appelle et qui envoie ; mais il ne
peut envoyer que ceux et celles qui auront répondu. Les
ouvriers sont peu nombreux, nous devons prier. Prions parce que
nous manquons de bras, parce qufil y a pénurie. Cfest
une parole dfoptimisme que Jésus nous a légué
puisque l'amour dans notre chemin vers le Royaume de Dieu est
une réalité bien concrète, vécue
à tout instant dans son intensité. Cfest
un amour plus fort
que tout.
Nous
venons de célébrer 50 ans de notre indépendance.
On été bien remarqués certaines scissures,
très profondes, dans notre société. Au-delà
des grand discours de circonstance et des promesses, la nation a
besoin de personnes capables en humanisme, en moralité et
en intelligence pour gouverner et pour gérer le bien
publique. Le Ps.127.1 nous dit: «Si l'Éternel
ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent
travaillent en vain; Si l'Éternel ne garde la ville,
Celui qui la garde veille en vain.» A lforigine de tout
et de tous il y a lfEternel. Lfoublier ou le mettre à
coté, cfest travailler en vain et faire de sa vie, de
son pouvoir, de sa manière dfêtre chef, un champ
de violences, de guerres, de mensonges, de viols, de meurtres,
dfassassinats, dfégoïsmes, de vengeances,
etc.c Si nous regardons bien, alors, il faut nous dire
ouvertement et courageusement que notre pays le Congo est
à la proie de devenir un terrain sans Dieu, loin de Dieu.
Et alors que faut-il faire ? Notre
mission est celle de faire retourner nos gouvernants vers Dieu,
et prier sans cesse pour que ce même Dieu met sur leurs
pas des hommes courageux qui puissent leur annoncer tout cela.
4.
PRIER
Seigneur,
rien nfest impossible à toi. Tu nous appelle nous
envoie pour être signes dfespérance. Avec toi
nous pourrons rendre possible tout lfimpossible qui nous
entoure et nous fait peiner. Amen.
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kakaluigi, juillet 2010
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Voila
comment suivre Jésus
13e
dimanche TOC - 27 juin 2010
Bonjour
mes amis, bonjour à vous tous. Jfanticipe mes vœux
de Bon Anniversaire à Notre grand pays du Congo, dans son
jour radieux de libération, son jubilée dfor. Fêter
cette date EST avant tout sfasseoir pour réfléchir,
loin Des bruits, Des musiques, Des fêtes pour nous poser
seulement deux questions : « Dfoù
venons » , et « où
nous allons ». Parmi les multiples écrits de
ces jours, IL en a un qui mfa frappé : CINQUANTE
ANS DfINDEPENDANCE, UN PALMIER SANS FRUIT. Mon
souhait pour Le pays et pour tous les congolais et congolaises
EST que ce que nous avons vécu de mal
(comme les guerres, les pillages, les assassinats, lfimpunité,
Le viol, la mauvaise gestion du patrimoine publique, Le
tribalisme et collinisme, la corruption, Le mensonge et Le vol,
etc..) soit enfin banni avec courage et force par tous. Cfest
Le droit, la justice, la paix, Le développement qui
doivent régner dés maintenait
1.
ECOUTER
Évangile
de Jésus Christ selon saint Luc : Lc 9, 51-62
Comme
Le temps approchait où Jésus allait être
enlevé de ce monde, IL prit avec courage la route de Jérusalem.
Il envoya Des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer
as venue.
Mais
on refusa de Le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem.
Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent :
« Seigneur, veux-TU que nous ordonnions que Le feu tombe
du ciel pour les détruire ? » Mais Jésus se
retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un
autre village.
En
cours de route, un homme dit à Jésus : « Je
te suivrai partout où TU iras. » Jésus lui déclara
: « Les renards Ont Des terriers, les oiseaux du ciel Ont
Des nids ; mais Le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où
reposer la tête. » Il dit à un autre :
« Suis-moi.» L'homme répondit : «
Permets-moi d'aller d'abord enterrer Mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts
enterrer leurs morts. To, va annoncer Le règne de Dieu.»
Un
autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais
laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison.
» Jésus lui répondit : « Celui qui met
la main à la charrue et regarde en arrière n'est
pas fait pour Le royaume de Dieu. »
2.
REFLECHIR
Luc
rapporte trois rencontres de Jésus au cours du même
voyage. La première NE bouleverse pas nos valeurs, mais
IL en EST bien autrement Des deux autres. Quoi de plus normal
que de vouloir embrasser ses parents ? D'aller ensevelir son
parent ? De vouloir dire au revoir à as famille ?
Élie a accepté d'Élisée ce geste,
mais Jésus l'a refusé. Au-delà de ces
coutumes, IL y a certainement plus à comprendre. En
quoi donc une soumission à celles-ci EST-elle une
entrave à la liberté, EST-elle un esclavage ?
Jésus
a fait Le choix de se mettre en route pour Jérusalem avec
courage. Le temps approche où IL va aller jusqufau bout
de lfamour qufil EST venu manifester aux hommes. Jésus
sait que cfest son dernier voyage. Jésus invite tous
ses disciples à Le suivre. Dans lfévangile, ceux
qui sont interpelés par Jésus sont confrontés
à un choix décisif. Ils sont à un tournant
de leur existence, ils sont à la croisée Des
chemins. Jésus nfabolit pas la famille humaine, mais IL
révèle une nouvelle famille dans laquelle Le père
EST Dieu et les hommes et les femmes sont tous frères et
sœurs. Suivre Jésus, cfest faire passer son
appel avant les devoirs les plus traditionnels, les plus sacrés.
Suivre Jésus nfest pas une sorte dfassurance
pour la vie, de gagne-pain, un moyen dfatteindre une position
sociale. Il y a parfois trop de calcul et de réticence
dans Notre manière de répondre à l'appel de
Jésus. Pour suivre Jésus, nous devons faire Des
choix difficiles qui impliquent modifier nos manières de
penser et d'agir, s'engager et s'appliquer à vivre
l'enseignement de l'Évangile dans Le concret de tous les
jours. Lfappel de Jésus NE tolère pas un temps
partiel in un cœur partagé. Is nous sommes tièdes,
ennuyeux, nous NE pourrons pas renouveler ce monde, nous
NE pourrons pas apporter la force de la conversion.
Saint
Paul nous dit : « vous avez été appelé
à la liberté » et «NE reprenez pas les
chaînes de votre ancien esclavage, vous avez été
appelés à la liberté.» ( Galates
5,1.13-18) . La liberté que Jésus nous propose EST
un chemin, qui demande de lfinvestissement, de donner de as
personne, de savoir se détacher. La liberté que Jésus
nous invite à partager avec lui EST une attitude de tous
les instants, mais cfest avant tout un chemin exigeant. Le
chemin du chrétien n'est pas préparé
d'avance. Jésus veut nous offrir la liberté qui
EST la sienne, la liberté de marcher avec lui sans
entraves et sans paralysies.
La
liberté de lfÉvangile NE se comprend que is
l'humain peut décider de lui-même. La loi,
comme certains juifs de l'époque la comprenaient, décidait
de tout. Il ne restait quasiment plus rien à décider
soi-même. Plus de liberté, mais plutôt une
soumission à la loi, et à toutes les prescriptions
de la vie quotidienne. Pour Jésus, celui qui vit selon
l'Esprit se met au service de Dieu et de tous. Toutes ses
actions, toutes ses décisions sont confrontées
à ce simple critère. Cette liberté-là
construit, elle aide, elle soutient. Elle rend la vie à
l'autre.
3.
AGIR
Celui-ci
qui vit cette liberté de Jésus doit faire des
choix, car il n'y a pas de loi formelle qui lui dicte sa
conduite. Jésus ne fournit pas un mode dfemploi tout
fait, un guide des bonnes manières chrétiennes
à suivre scrupuleusement, sous peine dfinfidélité.
Nous devons privilégier la nouveauté du Royaume et
de la mission. Cfest à chacun de nous dfinventer
constamment une façon de mettre au centre de notre vie
quotidienne lfannonce de la Bonne Nouvelle en actes et en
paroles.
Dans
trois jours nous fêtons le jubilée dfor de notre
Indépendance. 50 ans dfindépendance sont passés.
Mais comment ? Il nous faut alors
retourner sur le passé, pas pour le récriminer
et continuer à lfexorciser, comme si tous les maux dont
nous souffrons dans notre pays ont comme origine ce passé,
qui malgré tout est encore présent dans différentes
structures. Sfen prendre toujours au colonialisme, sfest
vouloir ne pas bien regarder le présent et penser le
futur. Il faut que nous nous ayons le courage de nous dégagés
des ces entraves du passé, que nous examinons bien les
fautes de notre passé, et avec cet anniversaire de 50 ans
dfIndépendance, nous pensons à construire un
avenir bien différent. Le pays a besoin de faire un saut
de qualité, mais avec des personnes capables qui ne
regardent pas et seulement leurs intérêts
personnels et intellectuellement adultes et murs.
Être
libre à la manière de Jésus, cfest savoir
prendre de la distance par rapport à tout ce qui nous
entoure, ce qufon possède, et qui nous aide à
mieux vivre. Cfest vivre lfessentiel et ne pas
sfemprisonner dans le superflu qui encombre trop souvent nos
vies. Cfest dfaccepter dfaller toujours de lfavant sur
le chemin, cfest tout simplement avoir foi en celui qui nous
prend la main.
Etre
libre pour aider les autres à se libérer. Etre
libre pour semer lfespérance de la libération.
Etre libre de penser et de parler. Etre libre vis-à-vis
des pouvoir et des idéologies à la mode. Etre
libre de choisir parti politique et les personnes qui puissent
les représenter au gouvernement.
4.
PRIER
Jésus,
tu nous a libérés pour que nous
soyons vraiment libres. Donne-nous force et courage pour que
nous puissions demeurer fermement dans cette liberté et
prendre garde de ne pas redevenir des esclaves. Ta liberté,
Jésus, est faite de choix qui bouleversent nos vies, elle
est faite de renouveau et nous appelle à nous mettre en
route. Amen.
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Bonne
fête de lfindépendance à vous tous. E que
Dieu bénisse le Congo et tous ses habitants.
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kakaluigi, juin 2010
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Qui dites-vous que je suis ? Voila lfhomme de la souffrance
12e dimanche TOC -20 juin 2010
Luc 9, 18-24
Un jour que Jésus priait à l'écart, ayant
avec lui ses disciples, il leur posa cette question: Qui dit-on
que je suis? Ils répondirent: Jean Baptiste; les autres,
Élie; les autres, qu'un des anciens prophètes est
ressuscité. Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que
je suis? Pierre répondit: Le Christ de Dieu. Jésus
leur recommanda sévèrement de ne le dire à
personne.
Il ajouta qu'il fallait que le Fils de l'homme souffrît
beaucoup, qu'il fût rejeté par les anciens, par les
principaux sacrificateurs et par les scribes, qu'il fût mis
à mort, et qu'il ressuscitât le troisième
jour. Puis il dit à tous: Si quelqu'un veut venir après
moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque
jour de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver
sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi
la sauvera.
Tout homme est à la recherche du bonheur. Notre foi nous
dit que Dieu nous a créés pour un bonheur éternel.
Le mot évangile signifie : « heureuse nouvelle
». Pourtant les déclarations de Jésus,
aujourdfhui, ressemblent plus à une « mauvaise
nouvelle » : il annonce qufil va souffrir, être
rejeté, broyé par la souffrancec tout ce qui va
à lfencontre de nos désirs. Et pourtant, cfest
une bonne nouvelle, un passage qui nous fera passer de lféchec
à la gloire, de la mort à la vie. Essayons de
comprendre lfattitude de Jésus face à la
souffrance.
@
Car Jésus est tout le contraire dfun philosophe stoïcien,
qui se résigne à serrer les dents devant lfépreuve.
Nous le voyons pleurer le deuil de son ami Lazare, verser des
larmes devant les malheurs de Jérusalem qufil pressent
pour lfavenir. Il ne se cache pas pour supplier son Père
de lui épargner la souffrance : « Que ce calice
sféloigne de moi. » Sur la croix, ce supplice
abominable, il laisse échapper des gémissements
et crie même sa douleur. Quel est donc son secret à
lui, un être dfune si grande sensibilité, pour que
la croix puisse devenir une « bonne nouvelle » ?
On peut dire dfabord qufil sfy attend. La médecine
nous fournit aujourdfhui toute une panoplie dfanesthésiants
et de narcotiques qui suppriment beaucoup de souffrances
physiques. Cfest un bien certes, mais qui nous a rendu plus
fragiles devant les difficultés qufon ne peut éviter.
Lfhomme de lfAntiquité, mais aussi les paysans des
petits villages du sud de la planète, sont plus forts que
nous devant la douleur. Ce qui ne veut pas dire qufau temps de Jésus,
les hommes, comme nous, ne cherchaient pas à éviter
de souffrir. Et le Messie était attendu parmi ces
populations occupées par les Romains comme celui qui allait
apporter de manière merveilleuse la prospérité
et la félicité sur terre. Jésus nfest
jamais entré dans ces illusions-là. Il avertit
qufil est un messie tout à fait inattendu : «
Le fils de lfhomme doit beaucoup souffrir, être rejeté,
être tuéc » Le monde est comme un champ mêlé,
pour lfinstant, de bon grain et dfivraie, où la
souffrance ne peut pas être toujours retirée. Quand
on sfy attend, on est plus fort.
Mais si Jésus annonce sa souffrance qufil sent venir,
sa sensibilité le rend extrêmement attentif à
soulager celle qufil rencontre sur son chemin : aveugles,
boiteux, lépreux, affamés, exclus, pécheurs,
tous trouvent en lui un regard rempli de compassion. Jésus
a généreusement et longuement ôté la
croix de tous ceux qufil voyait souffrir. Et il nous demande de
nous battre résolument contre la souffrance qui meurtrit
nos frères : « vêtir ce lui qui est nu, nourrir
celui qui a faim, visiter celui qui est en prisonc (Matthieu
25). Lui, Jésus, qui guérissait les autres, il
sfest laissé meurtrir et défigurer par la douleur
jusqufà crier : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi
mfas-tu abandonné ? »Plus : cfest librement
qufil sfest avancé vers sa passion : « ma vie,
nul ne la prend, mais cfest moi qui la donne. »(Jean 10,
18).
Dfoù lui vient donc cette force ? Dfun amour, plus
fort que nos folies et nos horreurs, dfun amour radicalement
non-violent qui se laisse atteindre dans toutes les ignominies qui
dépravent lfhumanité. Ce qui est un signe
dfinfamie, ce qui est destruction et humiliation systématique
de la personne humaine, ce qui est une torture avilissante, une
invention satanique, Jésus le retourne en signe plus, en
symbole de lfavènement dfun monde nouveau par lfamour
qui va jusqufau bout : « il nfy a pas de plus grand
amour que de donner sa vie pour ceux qufon aime. » (Jean
15, 13). La croix d'infamie devient un signe "+"'
(plus).
Jésus nfa pas disserté sur le problème
du mal. Il a laissé venir la souffrance inéluctable
qui lui est tombée dessus. IL lfa dominée. Il ne
sfest pas laissé détruire par elle. Il est resté
debout sous ses coups terribles : il a souffert dignement, debout,
jusqufau pardon, sachant que sa souffrance nfétait pas
une absurdité, mais une réussite de lfamour. Ainsi
nos épreuves, à nous aussi, ne sont pas forcément
des choses ratées, inutiles et perdues. Pour qui ose les
vivre à la lumière de la croix de Jésus,
elles deviennent force de vie, passage de résurrection.
©Kakaluigi, juin 2010
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A
cause de son grand amour
11e
dimanche TOC , 13 juin 2010
1,
ECOUTER
Évangile
de Jésus Christ selon saint Luc : Lc 7,36-50;8,1-3
Un
pharisien avait invité Jésus à manger avec
lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait
appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle
apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs,
elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses
larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait
avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En
voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se
dit en lui-même: "Si cet homme était prophète,
il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qufelle est:
une pécheresse." Jésus prit la parole:
"Simon, jfai quelque chose à te dire. - Parle, Maître."
Jésus reprit: "Un créancier avait deux débiteurs;
le premier lui devait cinq cents pièces dfargent,
lfautre cinquante. Comme ni lfun ni lfautre ne pouvait
rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des
deux lfaimera davantage?" Simon répondit:
"Cfest celui à qui il a remis davantage, il me
semble. - Tu as raison", lui dit Jésus.
Il
se tourna vers la femme, en disant à Simon: "Tu vois
cette femme? Je suis entré chez toi, et tu ne mfas pas
versé dfeau sur les pieds; elle, elle les a mouillés
de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne mfas pas
embrassé; elle, depuis son entrée, nfa pas cessé
dfembrasser mes pieds. Tu ne mfas pas versé de parfum
sur la tête; elle, elle mfa versé un parfum précieux
sur les pieds. Je te le dis: si ses péchés, ses
nombreux péchés, sont pardonnés, cfest
à cause de son grand amour. Mais celui à qui on
pardonne peu montre peu dfamour."
Puis
il sfadressa à la femme: "Tes péchés
sont pardonnés." Les invités se dirent:
"Qui est cet homme, qui va jusqufà pardonner les péchés?"
Jésus dit alors à la femme: "Ta foi tfa sauvée.
Va en paix!"
Ensuite
Jésus passait à travers villes et villages,
proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze
lfaccompagnaient, ainsi que des femmes qufil avait délivrées
dfesprits mauvais et guéries de leurs maladies: Marie,
appelée Madeleine (qui avait été libérée
de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, lfintendant dfHérode,
Suzanne, et beaucoup dfautres, qui les aidaient de leurs
ressources.
2.
REFLECHIR
Dans
le livre de Samuel (l2S 12, 7-10.13), le roi David a commis
l'adultère avec Bethsabée et il fait périr le
mari trompé tout en jouant sur les apparences. En bon roi,
il prend soin de la veuve qui n'a personne pour lui assurer sa
survie. Le prophète Nathan va au-delà des apparences
pour lui révéler la vérité de son
geste. David reconnaît son péché devant Dieu.
David, loin de se prévaloir de sa majesté, confesse
humblement sa faute et se repent. Dieu lui dit alors par la bouche
du prophète Nathan : « Le Seigneur a pardonné
ton péché; tu ne mourras pas. » Ces paroles
font du bien à entendre même si le pardon n'élimine
pas les conséquences sociales de la faute commise. Dieu ne
rejette pas un cœur brisé. Il pardonne.
Dans
lfévangile de Luc, Simon est l'hôte de Jésus.
Cfétait certainement un homme honnête comme lfétait
la majorité des pharisiens. Il est un homme en
recherche et il veut voir si Jésus est vraiment le grand
prophète que ses miracles annoncent. Mais, Simon
s'est fabriqué un Dieu de justice, un Dieu qui condamne, et
Simon doit condamner le pécheur. Simon est déçu
car Jésus ne ressemble pas à un bon pharisien, il se
laisse approcher par cette femme, pécheresse reconnue. Les
pharisiens mettent au ban cette coupable ainsi que, par
association, Jésus. Simon ne peut comprendre que Dieu nous
regarde non avec une justice sans pitié, mais avec une
justice dfamour. Par aimer davantage, Jésus parle aussi
de reconnaissance. Ill compare un créancier qui avait deux
débiteurs; le premier lui devait cinq cents pièces
d'argent, l'autre cinquante. Il compare ces remises de dette avec
la remise des péchés, du pardon.
Seul
Dieu peut voir le fond des cœurs, mais les bien-pensants
s'imaginent toutes sortes de choses et ils jugent. Jésus,
lui, aimait faire réagir les gens pour les faire retourner
à leur cœur plutôt qufà leur code. Jésus
ne nie pas les péchés de cette femme. Bien au
contraire, il dit qu'ils sont nombreux tout en regardant en
priorité ce qufelle a de bon. Dieu se réserve
à lui seul, le jugement.
Simon
a raté la chance dfune rencontre véritable avec
Dieu.
La
parole de ce dimanche nous oblige à faire aussi des autres
considérations à lfapproche des festivités
du cinquantième anniversaire de lfindépendance
du Congo et actualiser ainsi cette Parole de Vie dans les
situations assez critiques qufon vit dans notre pays, où
règnent le mensonge, lfhypocrisie, lfimpunités,
les injustices de tout genre.
Dans
la proximité de ces festivités je ne sait pas si
nous autorités administratives et religieuses ont le
courage du roi David. Le courage dfavouer le péché,
le courage de confesser le péché, le courage du
repentir et du changement vital et radical.
On
nfest pas naïfs pour ne pas voir et écouter le mal
qui règne dans notre beau et grand pays le Congo. Un mal
voulu, caressé, prêché, institué
à normalité, , , un mal qui peut encore sfappeler
dictature, méprise, jalousie, impunité, corruption,
enrichissements illicites.
La
femme pécheresse, comme le Roi David ont été
pardonnés, tous les deux.
Car
ils ont fait montre de profond amour.
A
lfapproche du 30 juin il nous faut avouer que nos politiciens
nfaiment pas, comme il faut, leur terre dforigine, cette terre
bénite par de Dieu, avec beaucoup de richesses, cette terre
qui pourrait construire un avenir de bien être et de bonheur
pour tous.
Dans
un monde accablé par une crise financière profonde,
personne, et surtout ces pays, comme le Congo, qui bénéficient
des aides pour survivre, ne peut se permettre de dépenser
au-delà de ses possibilités et dfemployer ces
aides pour des dépenses irraisonnables.
3.
AGIR
Dans
quel esprit recevons-nous cette Parole? Quelle est la nature de
nos rapports: savons-nous aimer, savons-nous pardonner? Est-ce que
nous nous considérons parfois comme les détenteurs
de la vérité, croyant que nous méritons ainsi
les faveurs de Dieu? C'est le cœur qui importe dans
l'enseignement de Jésus. Ce qui compte, c'est la
disposition intérieure, une vraie relation avec Dieu dans
la liberté personnelle, dans l'amour de Dieu et du
prochain.
Le
véritable amour est porteur de pardon, sinon il n'est
qu'une recherche de gratification. Aimer Dieu et son prochain,
c'est se laisser pardonner par Dieu afin de pouvoir pardonner
à son tour. Pardonner ne veut pas dire justifier le mal.
Mais personne ne doit pas se faire justice par soi même.
N'est-ce pas ce que l'on dit en récitant le Notre Père :
"Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont offensés." Cet Amour n'est pas
gratuit, le pardon en est le prix.
A
cause de son amour.
4.
PRIER
Seigneur,
donnez-nous des chefs capables de tfaimer et aimer leur prochain ;
capables dfaimer leur terre ; capables dfaimer la misère
de leurs populations, Amen
©
kakaluigi, juin 2010
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La richesse
de la Trinité
Fête de la Sainte Trinité, 30
mai 2010
1. ECOUTER
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16, 12-15
À lfheure où Jésus passait de ce monde
à son Père, il disait à ses disciples :
«Jfaurais encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour lfinstant vous nfavez pas la force de les porter.
Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous
guidera vers la vérité tout entière. En
effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira
tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera
connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient
de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient
au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai
dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
»
2.
REFLECHIR
Les religions des juifs, des musulmans et des chrétiens
professent la foi dans un Dieu exclusivement unique. La religion
chrétienne pourtant a quelque chose de très spécifique.
Elle croit dans la Trinité. Mais pourquoi ? N'est-il
pas déjà assez difficile de croire que Dieu existe ?
Nfest-il pas aussi difficile dfen découvrir toute
sa mystérieuse identité? Dieu est grand, immense, et
nous nous perdons en toute cette grandeur et immensité.
Mais pourtant sans Dieu notre vie est impossible. Lfhomme a
été crée à lfimage et à la
ressemblance de Dieu. Un homme : un peu moindre des anges, mais,
nous prions dans le psaume 8 « qu'est-ce que l'homme pour
que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes
souci ? Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de
gloire et d'honneur ; tu l'établis sur les œuvres de
tes mains, tu mets toute chose à ses pieds : les troupeaux
de bœufs et de brebis, et même les bêtes
sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce
qui va son chemin dans les eaux. »
La doctrine chrétienne de la Trinité n'est pas un
compromis entre le monothéisme et le polythéisme.
Notre Dieu unique en trois personnes nfest pas plus lointain ni
plus étrange que celui qui est Un et auquel croient les
juifs et les musulmans. Au contraire, il est proche puisqufil
est Père aimant, il est le plus semblable à nous
puisqufil est Fils devenu homme parmi nous, il est le plus intérieur
puisqufil est lfEsprit répandu dans nos cœurs.
Le livre des Proverbes (8,22-31) nous affirme que Dieu, la
Sagesse, crée un monde beau, bon et assez riche pour
que tous ceux et celles qui l'habitent puissent y naître,
s'y développer et s'y épanouir sans manquer de rien.
Dieu est amour et il doit aimer, même avant la création
du monde ou son évolution. Dieu est amour en lui-même,
car depuis toujours il a en lui-même un Fils qu'il aime d'un
amour infini, qui est l'Esprit Saint. Lfépitre aux
Romains est claire en ce qui concerne les trois visages de Dieu,
de même que lfévangile de Jean qui nous dit que
cfest lfEsprit qui nous fera connaître Dieu.
La richesse, la splendeur et la bonté du monde sont
voulues du Dieu Amour. Dans chaque amour il y a toujours trois réalités
: quelqufun qui aime, quelqufun qui est aimé et l'amour
qui les unit. Ils sont différents mais la solidarité
et l'harmonie qui existent entre eux sont parfaites. Ils se
connaissent intimement et agissent ensemble dans le respect le
plus grand du rôle de chacun d'eux, et ne peuvent «
exister » sans lfautre.
Ceci nous fait découvrir la véritable identité
de Dieu. Savoir qui est le Dieu auquel nous ressemblons est la
question la plus importante que nous devons nous poser pour savoir
nous-mêmes qui nous sommes. Ce nfest pas à un jeu
intellectuel, à la solution dfun problème, que
nous invite la fête de la Trinité, cfest à
un engagement de foi, à une remise de soi à Dieu
amour. Consentir à perdre ses repères, ses idées
toutes faites, ses théories sur Dieu, cfest la seule manière
de se définir, cfest-à-dire de comprendre ce que
veut dire être à lfimage de Dieu et dfaccepter
son invitation à vivre en sa présence. Cfest une
présence agissante, capable de nous convertir, de nous
faire participer à lfœuvre de Jésus envoyé
pour sauver le monde et lui donner la vraie vie.
3. AGIR
Le
Père, le Fils et l'Esprit Saint sont l'image et la réalisation
de ce que notre monde devrait devenir. Au lieu de partager
équitablement les biens et les richesses destinés
à tous, quelques-uns ont voulu et veulent encore
s'accaparer les biens du monde. Des pauvres et des injustices, il
y en a encore dans le monde même si le Dieu Amour est le défenseur
des pauvres, l'ami des abandonnés, le frère des
exploités. Les inégalités persistent parce
que nous nfavons pas expérimenté que nous sommes
Un. Le bonheur et le malheur sur terre dépendent dans une
large mesure de la qualité de nos relations; et, ce qui
rend une relation belle, libre et gratifiante, c'est l'amour dans
ses diverses expressions. Aimer quelqu'un, c'est l'aimer pour
lui-même, et non pour nous, pour notre utilité.
Aimer Dieu trinitaire, c'est nous laisser initier peu à peu
à l'amour véritable, à l'amour du vrai Dieu,
tel qu'il est en lui-même. Cfest cela qui va changer le
monde.
Témoigner de ce Dieu dans la vie de tous les jours, dans
nos occupations au quotidien, dans nos soucis et préoccupations.
Est question toujours et davantage dfamour, cfest question
dfenvelopper notre monde de cet amour. Seulement lfamour
dfun Dieu, unique mais en trois personnes, égales et
distinctes, un amour qui est communion et partage, un amour qui
est coresponsabilité et souci, un amour qui est donation et
capacité de miséricorde et de pardon.
4. PRIER
O Dieu
Je n'aime que Toi seul.
Je ne cherche que Toi seul.
Je ne veux servir que Toi seul.
Toi seul dois être mon Maître.
Chasse de moi la vanité,
afin que je puisse Te reconnaître.
Dis-moi où regarder pour Te voir.
J'espère accomplir tout ce que Tu attends.
Fais, ô Père, que je Te cherche,
préserve-moi de l'erreur.
Que dans ma recherche,
rien d'autre que Toi ne se présente à moi.
S'il est vrai que je ne désire rien d'autre que Toi,
Fais, ô Père, que je Te trouve.
Et s'il y avait encore en moi
quelque désir superflu,
veuille m'en dévêtir Toi-même
et rends-moi capable de Te voir.
© kakaluigi, mai 2010
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BONNE
FETE DE PENTECOTE 2010 - QUE L'ESPRIT SAINT VOUS REMPLISSE DE SA
FORCE, SON COURAGE ET SA LUMIERE ET VOUS FASSE DAVANTAGE DES
TEMOINS DE LA VERITE', DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX
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Ouverture
pour sfapprocher au monde des hommes
Fête
de Pentecôte, 23 mai 2010
1.
ECOUTER
Lecture
du livre des Actes des Apôtres Ac 2, 1-11
Quand
arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après
Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un
violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient
en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu
qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent
à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon
le don de l'Esprit. Or, il y avait, séjournant à Jérusalem,
des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le
ciel. Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent
en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que
chacun d'eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés,
émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui
parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se
fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie,
de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire,
de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte
et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant
ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes,
tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles
de Dieu. »
Le
passage de lfÉvangile qufon lira au cours des messes de
cette fête de Pentecôte est tiré de saint Jean
14, 15-16.23b-26
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2.
REFLECHIR
Après
l'Ascension de Jésus au ciel, nous trouvons ses disciples
assidus à la prière, avec quelques femmes dont
Marie, mère de Jésus. Et voici que l'Esprit Saint
fait irruption dans la vie de ces premiers chrétiens pour
les transformer en témoins crédibles de l'amour de
Dieu. La religion nfest pas une façon dféchapper
aux réalités de la vie. Comme nous le voyons dans le
texte des Actes, les apôtres recherchaient la sécurité
de la chambre haute, derrière des portes closes, mais lfEsprit
Saint les obligea à sortir dans la rue. Les apôtres
étaient enfermés parce qufils avaient peur. LfEsprit
leur a donné le courage dfaller dans le monde et
dfaffronter les défis de la vie. La vie de lfÉglise
cfest dfêtre un signe de lfamour de Dieu pour notre
monde. LfEglise est église si sfapproche de lfhomme,
là où il vit le quotidien de sa vie.
La
Pentecôte, cfest le contraire de la Tour de Babel, là
où les gens parlaient différentes langues et ne se
comprenaient pas. LfÉglise doit se faire entendre et se
faire comprendre de tous, dans tous les langages et dans toutes
les cultures. Même avant dfenvoyer des missionnaires, la
première communauté de Jérusalem a vu des
foules des villes voisines converger vers Jérusalem parce
que la Bonne Nouvelle sfétait rendue jusqufà
elles. Les gens de cette communauté avaient quelque chose
dfunique: ils sfaimaient les uns les autres, réellement.
Ils étaient heureux. La bonté, lfauthenticité
et la joie ne peuvent qufinspirer et attirer les autres. Autant
de visages, de langues, de races, de cultures, de façons de
prier, et une joie sans bornes, autant de signes vivants que lfEsprit
de Dieu a été répandu parce que Dieu est là
présent.
La
Pentecôte nous invite donc à entrer dans les problématiques
de tout homme et de toute culture, pour pouvoir entrer en empathie
et parler le même langage compréhensible.
La
Pentecôte nous invite à recevoir lfEsprit qui nous
donne le courage de vivre en chrétiens et elle nous
enseigne les vraies valeurs de notre monde. LfEsprit est présent
en nous. LfEsprit veut nous donner un cœur nouveau, il veut
changer notre cœur de pierre pour un cœur de chair.
L'espoir jaillit là où il y a une attente fécondée
par la prière. LfEsprit agit par contagion. Une petite
flamme peut en allumer une autre. Un sourire en engendre un autre.
Une petite bougie dissipe la nuit. Un geste dfaccueil et de
gentillesse en suscite dfautres. La nouvelle se répand,
et nous nfy pouvons rien! Jésus Christ est venu allumer
un grand feu sur la terre.
Le
30 juin prochain la RDC célèbre ses 50 ans dfindépendance.
Une date significative pour prendre en peu de souffle et vérifier
le chemin fait en 5 décennies de vie socio politique et
financière de notre grands pays. LfEtat et lfEglise,
avant de penser aux fastes de cérémonies, doivent
pouvoir relever les défis de leurs parcours, de leurs choix
et de leurs échecs.
Une
célébration ne résoudra pas les grands problèmes
qui existent. La majorité des populations continuera leur
vie de peines et de souffrances dans la misère dfinsécurité
et de peurs. LfEtat va dépenser beaucoup dfargent.
LfEglise
congolaise célèbre elle aussi ses 50 ans de mariage
avec lfEtat congolais, 50 ans des complicités, mais aussi
de combats. Beaucoup de documents, charismatiques et prophétiques,
sont sortis des mains de nos évêques, qui ont donné
espoirs, mais qui malheureusement très souvent sont restés
dans le tiroirs des évêchés. LfEglise
catholique, qui au lendemain de lfindépendance avait bien
manifesté de courage et dfesprit de sacrifice, lentement
sfétait assoiffée au tram tram dfune vie
quotidienne de la souffrance silencieuse dfun peuple plus
davantage piétiné et opprimé par une
dictature despote, et avait sacrifié souvent ce souffle de
force prophétique de l Esprit de vérité.
3.
AGIR
Nous
sommes remplis de lfEsprit quand nous permettons à lfEsprit
de mettre en nous la joie, la paix, la sainteté. Quand lfEsprit
nous habite, nous devenons créatifs, imaginatifs. Le
devenir de lfÉglise dépend de nous si nous savons
être au service de l'évangile, et non pas d'une
institution. Une communauté de pensée est faite de
personnes humaines. Les initiatives et les projets dépendent
d'elles. Il se peut que certaines activités très
classiques se développent. Il se peut que d'autres semblent
très innovantes. Il se peut encore que certains projets
apparaissent, dont nous n'avons aujourd'hui aucune idée.
À
la Pentecôte, pour un moment, les nations ont interrompu
leurs querelles et ont fait lfexpérience dfune
communauté rassemblée par Dieu. Les premiers chrétiens
ont formé une Église radicalement tournée
vers Dieu pour lfhumain, et non vers la domination et le
pouvoir. À la Pentecôte se lève une espérance
neuve: pourrons-nous enfin vivre sans divisions le message de lfÉvangile?
Nous sommes aujourd'hui dans une phase de reconstruction. Nous
pouvons renouer avec l'enthousiasme des commencements.
Pouvons-nous continuer à rêver ? Notre Eglise de
la RDC pourrait enfin revenir aux sources et se déshabiller
de toutes ses incrustations qui la rendent de plus en plus lié
avec le pouvoir et par crédible ? Lfesprit nous
appelle aussi à la conversion. Mais aussi à des
engagements nouveaux. Les apôtres de Pentecôte ont
ouvert les portes et ont pris le chemin des routes de lfhomme,
sans rien apporter avec eux, si non obéissant à
lfimpulsion de lfEsprit Saint qui leur avait donné
courage et force pour annoncer le message de Jésus Christ.
4.
PRIER
Esprit Saint, Esprit de Dieu, notre Père, esprit de
Jésus Christ, notre sauveur. Nous te prions, avec toutes
nous-mêmes, de descendre en abondance sur nos Eglises
locales de la RDC, afin qufelles deviennent davantage des signes
visibles et parlants de ta sainteté, ta justice et ta paix.
Qufelles puissent continuer à témoigner,
aujourdfhui mieux, et sans aucune complicité, les véritables
valeurs de lfesprit, telles que la vérité,
la transparence, la justice, la solidarité, la tolérance,
et lfunité. AMEN.
©
kakaluigi, mai 2010
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BONNE
FETE DE L'ASCENSION 2010
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EMPORTE
AU CIELc MAIS AUTREMENT PRESENT
Fête
de l'Ascension – 16 mai 2010
1.
ECOUTER
Évangile
de Jésus Christ selon saint Luc 24, 46-53
Il
conclut : « C'est bien ce qui était annoncé
par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection
d'entre les morts le troisième jour, et la conversion
proclamée en son nom pour le pardon des péchés
à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais
envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à
vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus
d'une force venue d'en haut. »
Puis
il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il
les bénit. Tandis qu'il les bénissait, il se sépara
d'eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent
devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem,
remplis de joie. Et ils étaient sans cesse dans le
Temple à bénir Dieu.
2. REFLECHIR
Dans
beaucoup dféglises du monde entier les communautés
chrétiennes sont appelées à célébrer
la fête de lfAscension. Jadis lfAscension se célébrait
le jeudi. Certaines conférences épiscopales
nationales ont du se confronter avec la situation sociale des
temps modernes et ont du choisi le dimanche,
pour venir à la rencontre de leurs fideles occupés
dans le travail au cours de la semaine.
La
résurrection de Jésus est un événement
extraordinaire. La communauté chrétienne n'a pas de
mots pour en parler. Comment dire avec des mots humains ce
qui est divin ? Les évangiles s'orientent dans plusieurs
directions en utilisant plusieurs langages qui se complètent
et qui éclairent les multiples facettes du mystère
de Pâques.
Aujourd'hui
c'est tout autre langage, celui de l'exaltation qui nous est
proposé dans une manière très simple par Luc,
qui raconte le même événement aussi dans le
premier chapitre de son livre des Actes des Apôtres. Après
de s'être montré à
plusieurs reprises à ses disciples, Jésus ressuscité
se sépara dfeux et fut emporter au ciel ».
Au
cours de ce 40 jours, de Pâques jusqufaujourdfhui, les
disciples sont passés par des émotions très
fortes. D'abord le Vendredi Saint c'est la fin de toutes leurs
illusions sur le monde, sur Dieu, sur eux-mêmes. Puis
à Pâques c'est l'espérance folle. Pourtant le
monde ne change pas, il y a déception. Maintenant, Jésus
Ressuscité lui-même disparaît ! Jésus
sfen va, il disparait de leurs yeux, ne sera plus présent ?
Que
s'est-il passé exactement? Quel est ce ciel où Jésus
est emmené, auprès de son Père? Peu importe où
se situe ce ciel! Le centre du récit est dans les
paroles du Christ, qui s'en va, qui n'apparaîtra plus, et
qui laisse les disciples avec une promesse et une bénédiction.
« Hommes
de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le
ciel » (Actes, 1.11). Le ciel est déjà
parmi nous, sur cette terre, dans notre histoire au quotidien. Le
ciel est cette présence, bien comprise, selon Luc, par le
disciples qui « retournent à Jérusalem,
remplis de joie ».
L'Ascension
n'est pas un abandon, c'est l'invitation au passage à l'étape
suivante. Jésus se retire et il laisse aux disciples, et
après eux à nous tous, la mission d'humaniser le
monde pour le rendre à l'image de Dieu. C'est avant
tout des disciples, et de nous, dont il s'agit dans ce récit.
Lfépoque
humaine du Crist semble sfachever, cfest lfépoque de
lfEglise maintenant où sa présence est marqué
par la présence de lfEsprit.
L'Ascension,
c'est une manière de nous dire que les disciples acceptent
de faire face à leur destinée et sont prêts
à aller de l'avant. Nous sommes invités à
être les témoins de Jésus Ressuscité
dans cette Eglise qui nait.
Jésus
disparaît auprès du Père, mais il nous laisse
pas nous débrouiller tous seuls. Jésus, personne ne
peut plus le toucher physiquement. Il faut désormais parler
d'une autre forme de présence de Jésus! Il est
discret, mais il est au milieu de nous, c'est ça
l'important! Quand on a de vrais problèmes, il est là.
Nous avons le soutien de l'Esprit Saint, qui va être donné
aux disciples à la Pentecôte.
Mais
cfest aussi sa présence sacramentelle par
lfEucharistie. Une présence vraie, mais discrète,
très parlante dans ce silence du tabernacle, très
agissante dans le profond dfune véritable foi.
3.
AGIR
C'est
à nous de nous laisser interpeller par la mission qui est
devenue la nôtre. Cela exige la réflexion
personnelle, la réflexion communautaire, et l'audace
missionnaire des chrétiens qui ne se limitent pas
à des recettes pastorales alors que l'Esprit invite
à exprimer avec de nouveaux modèles de pensée
la richesse et l'originalité de l'Evangile
Il
faut oser affirmer notre foi au Christ Jésus, de mille façons
et selon les circonstances de notre vie.
Par
exemple :
-
il
faut défendre les droits des plus démunis et
affirmer la justice sociale, dénoncer l'oppression, les
guerres, les mauvais traitements.
-
Il
faut refuser d'établir des relations humaines bâties
sur le pouvoir et la domination. À travers toutes les
facettes de l'existence,
-
il
faut suivre les pas de Jésus. Nous sommes toujours invités à être les disciples de Jésus
qui se mettent au service les uns des autres à cause de sa
parole.
Nous
sommes invités à nous laisser guider par l'Esprit
pour humaniser davantage les projets et les structures de notre
société, de nos églises et aussi de nos
paroisses.
Il
y a tout un travail de purification et de
renouvellement à faire. Et il nous faut savoir regarder
vers le futur.
Il
nous faut ainsi faire un grand saut de qualité pour arriver
à une mise en commun des nos ressources, humaines, financières,
spirituelles, etc.
Et
enfin laissons-nous guider par l'Esprit de Jésus pour nous
mettre au service les uns des autres et humaniser nos projets
communs.
Nous
sommes toujours les héritiers de la mission des premiers
disciples. Et travaillons en église, ouvrant et
projetant ensemble, et luttant contre lfindividualisme de
cavaliers solitaires, qui croient dfavoir des
charismes et des missions personnelles.
Ce
n'est pas un engagement facile à tenir. Jésus est
parti, mais il est là tout près! Jésus est là
... présent pour nous aider, à réussir le
pari de lfEglise avec ce monde.
4.
PRIER
Seigneur
Jésus, nous te prions.
-
Pour lféglise
appelée porter la Bonne nouvelle jusqufaux extrémités
de la terre.
-
Pour les
missionnaires, envoyés semer espérance et amour.
-
Pour tous
ceux qui travaillent pour la réconciliation et la paix
entre les hommes et les nations.
-
Pour notre
jeunesse appelée à se laisser travailler par
lfEsprit.
Amen.
©
kakaluigi, mai 2010
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Un
départ pour bien vivre la liberté de
lfautonomie
Laisser
que nos enfants prennent leur envol et se livrent dans les cieux
de ce monde
6e
dimanche de Pâques , 9 mai 2010
1.
ECOUTER
Évangile
de Jésus Christ selon saint Jean Jn 14, 23-29
À
lfheure où Jésus passait de ce monde à son
Père, il disait à ses disciples : « Si
quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ;
mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons
demeurer auprès de lui.. C'est la paix que je vous
laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la
manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas
bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je
vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous
m'aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père,
car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit toutes
ces choses maintenant, avant qu'elles n'arrivent ; ainsi,
lorsqu'elles arriveront, vous croirez.
2.
REFLECHIR
Nous
avons besoin de communiquer avec les autres, avec toute la création.
Lfhomme en soi est un être social. Nous avons besoin de présence
pour voir, sentir, toucher, étreindre. L'absence est
toujours un déchirement. Les mots dfentente, de réconciliation,
d'amour éclatent dans la rencontre et
dans l'étreinte. La déclaration de Jésus est
donc pour le moins inquiétante et mystérieuse :
« Je mfen vais et je reviens vers vous. » Le départ
de Jésus nfest pas une absence car il nfy a pas de
distance entre Dieu et nous, mais son départ fait partie du
processus de lfacquisition de lfautonomie. Le départ
fait partie de la maturation.
Jésus
parle aussi dfune autre présence de Dieu, plus profonde,
même si nfest pas visible, mais réelle, celle de
lfEsprit.
Pour
bien comprendre je touche notre expérience de parents. Très
tôt, nous les parents, nous développons chez nos
enfants une force intérieure solide. Nous réalisons
rapidement que nous ne pouvons tout contrôler et mettre
à lfabri nos enfants de toutes les menaces, ou les
prendre continuellement par la main en route vers leur futur. Les
liens parentaux en particulier avec la mère (cfest bien
leur fête aujourdfhui), sont si forts qufil en demeure
toujours quelque chose dfimportant malgré le temps,
la distance ou même lfabsence. Le dernier mot de tout
moribond reste toujours celui de lfappel de la mère,
comme si on pense toujours de sfen remettre à elle
jusqufà la fin.
Laissons
que nos enfants puissent un jour prendre le vol et se livrer en
toute autonomie dans les cieux de ce monde. Laissons qufils
fassent leurs expériences. Laissons qufils vivent leurs
vies. La préoccupation ne manquera jamais. Cfest plus que
naturel pour une mère et pour un père. Mais
lfamour paternel et maternel savent bien faire ces pas
et laisser leurs enfants vivre leurs libertés.
Nfest-ce
pas le même discours que tient Jésus à ses
disciples? L'absence ne tue jamais l'amour.
Ceux
qui adhèrent au Christ ont été affublés
du surnom ironique de chrétiens très tôt
à Antioche. LfÉglise a multiples visages.
Lfaction de lfEsprit Saint a ouvert le cœur des disciples
dans les deux premières lectures. Ils ont compris leur
mission. Chacun de nous doit également découvrir
Dieu dfune manière originale, personnelle. Soyons assez
sensibles pour percevoir à quel point la présence de
Dieu est originale et particulière, car lfEsprit Saint
vient toujours comme la nouveauté absolue qui nous
renouvelle. Tout est appelé à se renouveler, comme
lfherbe des champs et les fleurs.
Nous
ne sommes pas, ni lfÉglise, en possession de structures
durables. Le caractère provisoire et précaire
de toutes nos élaborations est là depuis toujours,
est là depuis le départ de Jésus
à lfAscension) et le don de lfEsprit à la Pentecôte.
3.
AGIR
Nous
sommes appelé a bien changer et continuera dfévoluer.
Nous avons besoin de dessiner le futur. Dieu
est toujours là qui nous accompagne. L'Église est là
qui, formée par des hommes et femmes, si fragiles, a besoin
encore de secousses de lfEsprit.
Pourquoi
ne pas saisir cela comme une chance offerte à une nouvelle
liberté. Pourquoi ne pas se donner la peine de se vérifier,
et dfavoir le courage dfetre vraiment église au milieu
des chrétiens. Pourquoi ne se contenter de lfessentiel,
de lfindispensable, du nécessaire, que aller à la
rencontre de pompes, de richesses, de pouvoir ?
lfÉglise
ne doit servir que Dieu.
L'Église
est plus petite et plus pauvre, mais davantage centrée sur
sa mission. LfÉglise manque de prêtres. Elle manque
dfhommes mais de nombreuses femmes, de nombreuses mères,
sont engagées par amour de leur communauté.
Lfamour
nfest pas un mystère, il affirme une volonté
de reconnaître à lfautre sa condition
dfenfant de Dieu.
Lfamour
est le moteur, le fondement de toute vie.
Alors
comment aimer Dieu ?
Jésus
indique le chemin : rester fidele à sa Parole.
Comment
aimer Jésus sans que ce ne soit que paroles des lèvres
et non du cœur ?
Aimer
Dieu c'est rester fidèle à sa parole qui est présence.
La parole qu'il nous laisse, celle qui en elle contient toutes les
autres,
c'est
de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Et
cfest par cet amour qufon nous connaitra comme ses disciples.
Il
faut aimer pour connaître, il faut connaître pour
aimer.
Il
faut aimer pour écouter, il faut écouter pour aimer.
Et
alors ouvrons nos cœurs à Dieu et aux autres.
Bonne
fêtes des mères à toutes les mères du
monde. Symboliquement à chacune je voudrais offrir ma
petite rose rouge
4.
PRIER
Seigneur.
Donne aujourdfhui à nos mère la force de ne pas
desesperer , mais de continuer à etre les anges gardiens de
leurs maisons et foyers. Amen.
©
kakaluigi, mai 2010
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Ouvrir
les portes de son cœur
Pour
un monde où vit le commandement nouveaux
5e
dimanche de Pâques, 2 mai 2010
1.
ECOUTER
Évangile
de Jésus Christ selon saint Jean Jn 13, 31.34-35
Au
cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses
disciples, quand Juda fut sorti, Jésus déclara :
« Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu
est glorifié en lui. Je vous donne un commandement nouveau
: c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés,
vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à
tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour
que vous aurez les uns pour les autres. »
Lecture
du livre de lfApocalypse 21,1-4
Puis
je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel
et la première terre avaient disparu, et la mer n'était
plus. Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la
ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée
comme une épouse qui s'est parée pour son époux.
Et j'entendis du trône une forte voix qui disait: Voici le
tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils
seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il
essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il
n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières
choses ont disparu.
2. REFLECHIR
Dans
le passage de l'Apocalypse (21,1-4), saint Jean nous présente
deux images de lfÉglise : elle est une Cité, Jérusalem,
et elle est l'Épouse qui vit de l'amour de Jésus.
Une Cité, c'est des frères et des sœurs réunis
qui vivent d'un amour mutuel. Jésus nous l'a dit dans l'évangile,
c'est le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les
autres comme Je vous ai aimés », alors lfamour
rejaillit de notre cœur vers celui de nos frères et sœurs.
L'Église
qui nait avec la Résurrection est comme un ciel nouveau, un
monde nouveau car Jésus dit aussi dans lfévangile
: «Voici que Je fais toutes choses nouvelles, l'univers
nouveau». Nous sommes renouvelés de l'intérieur
par cette nouveauté qui est la caractéristique même
de Dieu. Une seule famille, où règne lfamour et
des frères et sœurs qui travaillent les uns pour les
autres, pour améliorer la situation.
Dieu
est toujours neuf. Et il est neuf surtout avec la résurrection
et ce tombeau vide, où la mort et le mal nfauront plus
rien à gagner.
C'est
bien le même monde de hier, du vendredi saint, mais ce monde
est devenu neuf à l eaube de ce premier jour de la
semaine; il a été restauré, renouvelé
par cette lumière, cette force, ce feu
qui est lfEsprit de Dieu.
Le
monde est renouvelé, mais il y a des moments où nous
pouvons être tentés par le désespoir ou le
doute, par l'impression que tout est perdu, que toutes choses vont
vers leur ruine. Ce n'est pas un renouvellement magique et
inexplicable que Jésus annonce, tout en sortant de ce
tombeau. C'est plutôt sa miséricorde au cœur
même de nos propres vies et de ce qu'elles ont de plus
douloureux qui agit doucement, et qui se fait présente aux
hommes avec ces petits gestes dfamour. C'est là la
nouveauté de Dieu. Lfamour de Dieu au cœur de nos
vulnérabilités apporte un changement radical.
Les
paroles de Jésus prononcées au cours de son dernier
repas avec ses disciples sont lourdes de sens et de conséquences.
Ce sont des paroles dfadieux qui sont devenues un testament
spirituel. Le legs dfun commandement qui le continuent et
qui rendent encore efficaces sa vie et ses gestes de salut.
« Comme je vous ai aimé », est certainement la
phrase la plus connue de tous les évangiles. Demandez
à nfimporte qui, ce qufil a retenu des évangiles,
il vous répondra: « Aimez-vous les uns les autres.
» Trop souvent malheureusement, il nfira pas plus loin. Il
dira: «Aimez-vous les uns les autres » comme nous
disons machinalement : «Comment ça va » Se
pourrait-il que notre formule tirée de lfévangile
soit devenue phrase passe-partout que nous savons par cœur,
mais qui nfa pas dfimpact dans la vie de tous les jours?
Lorsque Jésus a dit: « Aimez-vous les uns les autres,»
il a tout de suite ajouté: » Comme je vous ai aimé.
» Ça fait toute la différence.
Il
faut avoir le comportement de Jésus, il faut avoir les
attitudes dfune vie partagée au quotidien, dfune vie axée
vers la libération, pour le bonheur des autres.
Ce
ne sont pas des discours, cfest lfamour que nous aurons les
uns pour les autres qui sera le témoignage que nous sommes
les disciples de Jésus. Cfest une manière dfagir
qui dépasse notre propre intérêt, qui fait
entrer lfintérêt de lfautre dans nos propres
objectifs. Cfest un don qui nfest pas refus ou destruction de
soi, mais qui est partage. Aimer comme il a aimé, et
ainsi continuer sa présence, être sa présence
au-delà des signes de lfabsence, en ce monde.
3.
AGIR
Jésus,
pas plus que son Père, ne se manifeste dfabord aux sages
et aux savants, mais aux petits et aux humbles. Paul et Barnabé,
revenus de leur première mission à Derbé où
ils firent de nombreux disciples, racontent aux fidèles
de Syrie comment Dieu a ouvert aux nations païennes la porte
de la foi. Cfétait une nouveauté. Ce récit
nous montre avec quelle ardeur Paul annonça l'Évangile
aux nations païennes.
L'Église
cherche aujourd'hui encore des chemins nouveaux pour faire connaître
Jésus. Participons à ses efforts. Il ne sfagit pas
de connaître par cœur, il sfagit plutôt de
connaître par le cœur. Il sfagit dfaimer.
Aimez-vous
les uns les autres. Si déjà nous nous efforcions
dfessuyer toute larme des yeux les uns des autres? Ce serait
peut-être le moyen de faire vivre la consigne de Jésus
: Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres!
La
gratuité, mais aussi la disponibilité dfun accueil
fraternel, qui ouvre les portes de son cœur.
Prions
Seigneur,
apprends-nous à aimer comme tu nous a aimé. Amen
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kakaluigi, mai 2010
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La
vocation et les vocations : affaire de nous tous
4e dimanche de Pâques, 25 avril 2010
1. ECOUTER
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 27-30
Jésus avait dit aux Juifs : « Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger). » Il leur dit encore : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »
2. REFLECHIR
« Le Père et moi, nous sommes UN ». Cfest dans ce contexte que Jésus, le ressuscité dfentre les mort, se présente comme le Bon Pasteur, utilisant une image qui parlait sans doute plus immédiatement à ses concitoyens qufà nous, mais qui nfa quand même pas perdu, même de nos jours, sa valeur évocatrice. Il faut, loin des villes, dans nos campagne, pour voir encore un troupeau et ses bergers, et savourer toute la poésie dfun passé qui nfest jamais passé, dfune scène qui doit nécessairement pouvoir se répéter aussi dès nos jours.
À travers ce langage symbolique, Saint Jean, présente Jésus comme le bon berger, le bon pasteur, c'est-à-dire comme celui qui se préoccupe des autres, celui qui sfapplique à soulager toute souffrance, celui qui redonne espérance, celui dont la vie est au service des autres.
Il nous parle de la vocation et de la mission de Jésus. Il répond à la question : mais pourquoi Jésus, Fils de Dieu, sfest fait homme et entré aussi dans le monde des hommes ? Et voila, Jésus avait bien répondu subitement, et subitement il avait pris possession de la terre où réaliser « sa vocation » et « sa mission ».
Heureux ceux qui croient sans voir avons-nous lu dans lfépisode de Thomas il y a à peine deux semaines. Nous ne pouvons plus voir, mais nous pouvons entendre. Il suffit de tendre lforeille pour entendre la voix du Berger : « Mes brebis écoutent ma voix, dit Jésus ; moi, je les connais, et elles me suivent». Cette voix nfest jamais une voix qui sfimpose, mais cfest une voix qui propose, qui encourage et qui guidec Si tu veuxc laisse, renonce, accueillec et suis-moi.
Jésus avait appelé Paul sur le chemins de Damas. Et Paul était parti. Lfenvoi de saint Paul en mission sfapplique aussi à nous.
Nous sommes envoyés jusqufau bout du don de nous-mêmes. Notre vocation, cfest de répondre à lfappel de Dieu qui nous invite à nous engager pour une cause qui en vaut la peine.
· Cfest de mettre notre compétence et notre capacité dfaimer au service de lfautre dans la foule pour le soutenir dans sa croissance, pour le soulager dans ses peines, pour lfouvrir au bonheur.
· Cfest de mettre notre vie dans les mains de Dieu et avoir confiance à lui.
· Cfest de nous laisser guider par Dieu, et nfavoir pas peur de cette foule immense en marche avec nous, et où nous apprenons à nous connaître, à nous aimer, tout en avançant vers le Royaume.
Il est encourageant et plein dfespérance savoir que Dieu est une main qui nous tient et qui nous protège le long de notre chemin, même dans les jours où lfépreuve se fait plus lourde et la fidélité plus difficile, des jours où nous sommes fatigués dfêtre en route, fatigués de nous-mêmes et déçus de la foule.
Jésus est clair : seules les brebis qui écoutent sa voix et accueillent sa Parole dans un cœur disponible et aimant, entrent dans son intimité – « je les connais » ; seules celles qui le suivent en mettant en œuvre ce qufelles ont entendu, échappent aux dangers qui les menacent, elles « ne périront pas ». Personne ne pourra les arracher de sa main.
3. AGIR
- La vocation chrétienne cfest adhérer par la foi à la personne de Jésus, et à travers lui au Père, dans un abandon confiant de tout notre être au Dieu dfAmour. Cfest la vocation de nous tous !
- La vocation aux différents ministères dans lfEglise est un appel particulier que Dieu fait à certains. Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as, et puis viens et suis-moi. Voila donc les vocations particulières et spécifiques !
- La communauté chrétienne est appelé a savoir discerner les différents appels et aider les personnes à répondre positivement à ces appels. Cfest le travail immense de la promotion vocationnelle au sein de chaque communauté.
- La vocation et les vocations cfest lfaffaire de nous tous.
4. PRIER
· Dans ce moment très difficile pour lfEglise toute entière, nfayons pas peur de prier pour que Dieu suscite des vocations sacerdotales, religieuses et missionnaires. LfEglise a toujours besoin de bons bergers, de partout dans le monde.
· Prions pour que chaque chrétien découvre sa propre vocation. Et sa propre mission tout en sfengagent à vivre sa propre vie chrétienne avec courage et force.
· Prions pour que nos familles découvrent davantage leurs rôles à jouer dans lfEglise et la société, surtout dans lféducation et la formation de la jeunesse. Encourageons nos jeunes garçons et filles à devenir prêtres, religieux et missionnaires, ne soyons pas des obstacles à leur vocations.
Jésus nous invite à le choisir tous les jours pour engager notre vie et mettre nos pas dans les siens. Nous sommes dans la foule. Il est notre berger.
© kakaluigi, avril 2010
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CfEST LE SEIGNEUR
!
18/04/2010 3e Dimanche de PAQUES 2010
ECOUTER
Jean 21, 1-19
Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du
lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom
signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée,
les fils de Zébédée, et deux autres
disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais
à la pêche. » Ils lui répondent :
« Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent
dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien
prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le
rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était
lui. Jésus les appelle : « Les enfants,
auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent
: « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet
à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils
jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient
pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre
: « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre
l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il
passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se
jeta à l'eau. Les autres disciples arrivent en barque,
tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était
qu'à une centaine de mètres. En débarquant
sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé
dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson
que vous venez de prendre. » Simon-Pierre monta dans la
barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros
poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré
cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré.
Jésus dit alors : « Venez déjeuner.
» Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui
es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus
s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le
poisson.
C'était la troisième fois que Jésus
ressuscité d'entre les morts se manifestait à
ses disciples.
Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit
à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean,
m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond :
« Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus
lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il
lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de
Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui,
Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit
: « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon,
fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné
parce que, pour la troisième fois, il lui demandait :
« Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit
: « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime.
»
Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu
mettais ta ceinture toi-même pour aller là où
tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les
mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour
t'emmener là où tu ne voudrais pas aller.
»
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort
Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore :
« Suis-moi. »
RELECHIR
Pourquoi cette seconde finale au quatrième évangile
? Pourquoi cet ultime rebondissement alors que le dernier
verset du chapitre 20 clôturait fort bien le livre ? La
Bible de Jérusalem titre ce chapitre comme appendice,
c'est-à-dire pour préciser ou souligner
davantage son point de vue sur la résurrection,
et pour dire aux hommes de tous les temps et les races que ce
Jésus est vivant, vivant dans une Eglise, vivant dans
son successeur qui est Pierre.
De plus tout est étrange dans ce récit : les
« disciples » ne sont pas onze, mais sept, dont
cinq seulement son nommés - tous des appelés de
la première heure, excepté Natahanael... Et que
font-ils ? Parcourent-ils les villes et villages comme le
Seigneur le leur avait dit et enseigné ( 20,25),
invitant tous les hommes à la conversion et à la
foi ? Pas du tout : ils retournent à leurs filets, et
vont tout simplement cà la pêche !
Certainement nous devons croire que ce chapitre 21 cfest une
ajoute de Jean. Il avait probablement oublié de
souligner un aspect que maintenant veut mettre devant ses
propres lecteurs.
On pourrait croire que dans le désarroi suite à
la crucifixion, les apôtres reprennent leur activité
professionnelle, ne sachant que penser et que faire. Mais non
: les rencontres avec le Ressuscité, longuement relatées
au chapitre 20, ont permis de rassembler le groupe dispersé
par la tourmente. Le Seigneur les a même explicitement
envoyés, avec la mission dfêtre les témoins
de sa miséricorde victorieuse (Jn 20, 23). Il est
vraiment difficile de comprendre comment Pierre, Jacques,
Jean, Nathanaël, et Thomas - dont on se souvient qufil
a bénéficié dfune apparition particulière
(20, 28) - sfembarquent tranquillement pour une partie de pêche
sur le lac de Tibériade !
Bref : ce chapitre ne saurait être une simple «
suite » du chapitre précédant. Il apparaît
plutôt, au terme du récit, comme une ultime
ouverture sur la dimension universelle de la mission.
Autrement dit, la péricope ne veut pas nous parler
seulement de la communauté des premiers disciples, mais
de toute communauté se réclamant du Christ.
Essayons de comprendre le texte.
Les événements rassemblés autour du récit
dfune pêche miraculeuse, constituent une sorte
dfitinéraire que tout compagnon du Seigneur et toute
communauté chrétienne ont à parcourir. Le
chiffre sept évoque en effet une plénitude qui déborde
le contexte strictement juif (où nous trouverions plutôt
le chiffre douze) et qui ouvre sur les nations païennes.
Et ce chiffre 7 est bien lié aussi à cette 3e
manifestations de Jésus ressuscité à ses
propres disciples.
Ces hommes qui vaquent à leur ouvrage sont spécifiés
comme étant des « disciples ». Le double
nom - Simon-Pierre - et le contexte dfune pêche
miraculeuse, font écho à lfappel de celui qui
deviendra le chef du collège apostolique. Le récit
en Luc 5, 1-11 se termine par cette parole prophétique
de Jésus adressée à son apôtre :
« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes
que tu prendras » (Lc 5, 10). Et lfévangéliste
dfajouter : « Alors ils ramenèrent les barques
au rivage et, laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5,
11).
Rien ne nous autorise à penser que Simon-Pierre et ses
compagnons seraient revenus sur cette décision. Nous
pouvons donc interpréter la pêche nocturne en
Jean 21 comme la description symbolique du travail dfévangélisation
- comme le confirme dfailleurs le nombre de poissons capturés
en jetant le filet de la Parole sur lfordre de Jésus
: le chiffre « cent cinquante-trois » correspond
au total des nations connues à lfépoque de la
rédaction du quatrième évangile.
Ainsi donc nos sept compagnons sfactivent à
lfannonce de la Parole, mais leurs efforts demeurent stériles.
Pourtant, ils connaissent leur « métier » :
nfont-ils pas été à lfécole du
Seigneur lui-même ? On imagine sans peine le désarroi
de ces hommes devant la fin de non-recevoir qufopposent
leurs interlocuteurs à leurs efforts dfévangélisation.
Le Seigneur les aurait-il abandonnés ? LfEsprit se
serait-il retiré ? Nfayant plus rien à perdre,
ces hommes répondent à lfappel dfun inconnu
et lui obéissent en dépit du bon sens.
Traduisons : ils acceptent de sortir du cadre bien structuré
de leur pastorale. Et voilà que la réponse
à leur acte de foi, est au-delà de toute espérance.
Non, Jésus ne sfétait pas éloigné
; mais il fallait que la communauté passe par cette expérience
de lféchec, pour retrouver son dynamisme originel.
Lfécoute attentive du Seigneur et lfobéissance
à son appel, sont bien plus importantes que nos stratégies
longuement réfléchies et patiemment mises en
place ; car le Maître cfest le Christ (Mt 23, 10) :
cfest lui qui appelle et qui envoie, cfest lui qui assure
la fécondité.
Toute communauté évangélisatrice commence
dans lfEsprit ; mais elle court le risque dfattribuer
insensiblement le succès de son travail au fruit de ses
propres efforts. Aussi est-il indispensable qufelle fasse
lfexpérience amère de la stérilité.
Heureuse la communauté qui devant lféchec, au
lieu de poursuivre avec acharnement, ou de chercher à
inventer dfautres techniques pastorales plus performantes,
sait se remettre humblement à lfécoute du
Seigneur, et discerner son second appel, qui passe souvent par
des sollicitations totalement inattendues.
La fécondité dfune mission menée en
dépit de toute prévision et programmation,
laisse entrevoir qui agit dans le secret, afin de nous faire
revenir à lui, source et fin de toute évangélisation.
Simon-Pierre comprend : oui cfest bien « le Seigneur
» qui appelle à un plus grand dépouillement,
à un plus radical abandon. Il prend conscience que sans
même sfen apercevoir, il avait quitté le vêtement
de la foi, pour agir plus librement en son nom propre. Se
ressaisissant, « il passe un vêtement et se jette
à lfeau », abandonnant tous ses stratagèmes
pour rejoindre Jésus sur le rivage, où celui-ci
a préparé pour les siens un repas.
AGIR
Cfest autour de lfEucharistie que toute communauté
se constitue, se structure ; cfest dans lfEucharistie
qufelle se retrouve et refait son unité. Cfest de
lfEucharistie qufelle est envoyée pour récolter
ce qufelle nfa pas planté, moissonner ce qufelle
nfa pas semé.
Lfépisode de la rencontre personnelle de Pierre et de
Jésus est parmi les plus émouvantes de lfÉvangile.
La triple demande de Jésus sfexplique par son désir
de donner à Pierre la possibilité dfeffacer
son triple reniement au cours de la passion. Dieu donne
toujours aux hommes une deuxième possibilité ;
souvent une troisième, une quatrième, un nombre
infini de possibilités. Il ne raye pas les personnes de
son livre à la première erreur de leur part. La
confiance et le pardon du Maître ont fait de Pierre une
personne nouvelle, forte, qui sera fidèle jusqufà
la mort. Il conduira le troupeau du Christ dans les moments
difficiles du commencement, lorsqufil sfagira de sortir de
Galilée et de se lancer sur les routes du monde. Au
terme de sa course, Pierre sera même en mesure de tenir
sa promesse de donner sa vie pour le Christ.
Des vents diaboliques font trembler lfEglise en ces jours
avec toutes ces accusations, calomnies et mensonges qui se lèvent
de partout dans le monde. Les attaques contre le Pape Benoit
XVI nous semblent trop exagérées et montrent
ouvertement le désarroi de notre société
moderne. Le mal reste toujours du mal à
stigmatiser et à reprouver fermement.
Saint Augustin affirme : « En interrogeant Pierre, Jésus
interrogeait également chacun de nous ». La
question : « Mfaimes-tu ? » sfadresse à
tous les disciples. Le christianisme nfest pas un ensemble
de doctrines et de pratiques ; cfest quelque chose de
beaucoup plus intime et profond. Cfest une relation
dfamitié avec la personne de Jésus Christ. Jésus
explique que la manière de lfaimer est de servir les
autres : « Mfaimes-tu ? Pais mes brebis ». Il ne
veut pas recevoir les fruits de cet amour, il veut que ce
soient ses brebis à les recevoir. Il est le
destinataire de lfamour de Pierre, mais pas son bénéficiaire.
Cfest comme sfil lui disait : « Je considère
que ce que tu feras pour mon troupeau, cfest à moi
que tu lfauras fait ». Notre amour pour le Christ ne
doit pas non plus demeurer quelque chose dfintimiste et de
sentimental, mais il doit sfexprimer dans le service aux
autres, dans le bien que nous faisons à notre prochain.
Mère Térésa de Calcutta aimait répéter
: « Le fruit de lfamour est le service et le fruit du
service est la paix ».
PRIER
Seigneur Jésus, vivant et ressuscité parmi nous,
fais de nous des instruments capables de chanter avec nos vies
la symphonie de ton amour. Nos reniements au quotidien ne
doivent pas nous faire douter de la grande miséricorde
qui demeure intarissable et infinie dans ton cœur et qui
sans cesse tu nous donnes à tout moment. «
Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime » et
cela me suffit. Amen
© Frère Elie et Kakaluigi, avril 2010
[2010/04/17 19:19:17] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu: Bonjour
[2010/04/17 19:19:28] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu: Avez-eu
mon message?
[2010/04/17 19:21:19] CNR-Italie-kakaluigi-Kivu: Ficher AUDIO:
https://download.yousendit.
com/THE3eW55SWU5NVd4dnc9PQ
TEXTE
CfEST LE SEIGNEUR
3e Dimanche de PAQUES 2010
ECOUTER: Jean 21, 1-19
Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du
lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom
signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée,
les fils de Zébédée, et deux autres
disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais
à la pêche. » Ils lui répondent :
« Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent
dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien
prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le
rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était
lui. Jésus les appelle : « Les enfants,
auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent
: « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet
à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils
jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient
pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre
: « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre
l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il
passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se
jeta à l'eau. Les autres disciples arrivent en barque,
tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était
qu'à une centaine de mètres. En débarquant
sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé
dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson
que vous venez de prendre. » Simon-Pierre monta dans la
barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros
poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré
cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré.
Jésus dit alors : « Venez déjeuner.
» Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui
es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus
s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le
poisson.
C'était la troisième fois que Jésus
ressuscité d'entre les morts se manifestait à
ses disciples.
Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit
à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean,
m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond :
« Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus
lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il
lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de
Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui,
Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit
: « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon,
fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné
parce que, pour la troisième fois, il lui demandait :
« Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit
: « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime.
»
Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu
mettais ta ceinture toi-même pour aller là où
tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les
mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour
t'emmener là où tu ne voudrais pas aller.
»
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort
Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore :
« Suis-moi. »
RELECHIR
Pourquoi cette seconde finale au quatrième évangile
? Pourquoi cet ultime rebondissement alors que le dernier
verset du chapitre 20 clôturait fort bien le livre ? La
Bible de Jérusalem titre ce chapitre comme appendice,
c'est-à-dire pour préciser ou souligner
davantage son point de vue sur la résurrection,
et pour dire aux hommes de tous les temps et les races que ce
Jésus est vivant, vivant dans une Eglise, vivant dans
son successeur qui est Pierre.
De plus tout est étrange dans ce récit : les
« disciples » ne sont pas onze, mais sept, dont
cinq seulement son nommés - tous des appelés de
la première heure, excepté Natahanael... Et que
font-ils ? Parcourent-ils les villes et villages comme le
Seigneur le leur avait dit et enseigné ( 20,25),
invitant tous les hommes à la conversion et à la
foi ? Pas du tout : ils retournent à leurs filets, et
vont tout simplement cà la pêche !
Certainement nous devons croire que ce chapitre 21 cfest
une ajoute de Jean. Il avait probablement oublié de
souligner un aspect que maintenant veut mettre devant ses
propres lecteurs.
On pourrait croire que dans le désarroi suite à
la crucifixion, les apôtres reprennent leur activité
professionnelle, ne sachant que penser et que faire. Mais non
: les rencontres avec le Ressuscité, longuement relatées
au chapitre 20, ont permis de rassembler le groupe dispersé
par la tourmente. Le Seigneur les a même explicitement
envoyés, avec la mission dfêtre les témoins
de sa miséricorde victorieuse (Jn 20, 23). Il est
vraiment difficile de comprendre comment Pierre, Jacques,
Jean, Nathanaël, et Thomas - dont on se souvient qufil
a bénéficié dfune apparition particulière
(20, 28) - sfembarquent tranquillement pour une partie de pêche
sur le lac de Tibériade !
Bref : ce chapitre ne saurait être une simple «
suite » du chapitre précédant. Il apparaît
plutôt, au terme du récit, comme une ultime
ouverture sur la dimension universelle de la mission.
Autrement dit, la péricope ne veut pas nous parler
seulement de la communauté des premiers disciples, mais
de toute communauté se réclamant du Christ.
Essayons de comprendre le texte.
Les événements rassemblés autour du récit
dfune pêche miraculeuse, constituent une sorte
dfitinéraire que tout compagnon du Seigneur et toute
communauté chrétienne ont à parcourir. Le
chiffre sept évoque en effet une plénitude qui déborde
le contexte strictement juif (où nous trouverions plutôt
le chiffre douze) et qui ouvre sur les nations païennes.
Et ce chiffre 7 est bien lié aussi à cette 3e
manifestations de Jésus ressuscité à ses
propres disciples.
Ces hommes qui vaquent à leur ouvrage sont spécifiés
comme étant des « disciples ». Le double
nom - Simon-Pierre - et le contexte dfune pêche
miraculeuse, font écho à lfappel de celui qui
deviendra le chef du collège apostolique. Le récit
en Luc 5, 1-11 se termine par cette parole prophétique
de Jésus adressée à son apôtre :
« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes
que tu prendras » (Lc 5, 10). Et lfévangéliste
dfajouter : « Alors ils ramenèrent les barques
au rivage et, laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5,
11).
Rien ne nous autorise à penser que Simon-Pierre et
ses compagnons seraient revenus sur cette décision.
Nous pouvons donc interpréter la pêche nocturne
en Jean 21 comme la description symbolique du travail dfévangélisation
- comme le confirme dfailleurs le nombre de poissons capturés
en jetant le filet de la Parole sur lfordre de Jésus
: le chiffre « cent cinquante-trois » correspond
au total des nations connues à lfépoque de la
rédaction du quatrième évangile.
Ainsi donc nos sept compagnons sfactivent à
lfannonce de la Parole , mais leurs efforts demeurent stériles.
Pourtant, ils connaissent leur « métier » :
nfont-ils pas été à lfécole du
Seigneur lui-même ? On imagine sans peine le désarroi
de ces hommes devant la fin de non-recevoir qufopposent
leurs interlocuteurs à leurs efforts dfévangélisation.
Le Seigneur les aurait-il abandonnés ? LfEsprit se
serait-il retiré ? Nfayant plus rien à perdre,
ces hommes répondent à lfappel dfun inconnu
et lui obéissent en dépit du bon sens.
Traduisons : ils acceptent de sortir du cadre bien structuré
de leur pastorale. Et voilà que la réponse
à leur acte de foi, est au-delà de toute espérance.
Non, Jésus ne sfétait pas éloigné
; mais il fallait que la communauté passe par cette expérience
de lféchec, pour retrouver son dynamisme originel.
Lfécoute attentive du Seigneur et lfobéissance
à son appel, sont bien plus importantes que nos stratégies
longuement réfléchies et patiemment mises en
place ; car le Maître cfest le Christ (Mt 23, 10) :
cfest lui qui appelle et qui envoie, cfest lui qui assure
la fécondité.
Toute communauté évangélisatrice commence
dans lfEsprit ; mais elle court le risque dfattribuer
insensiblement le succès de son travail au fruit de ses
propres efforts. Aussi est-il indispensable qufelle fasse
lfexpérience amère de la stérilité.
Heureuse la communauté qui devant lféchec, au
lieu de poursuivre avec acharnement, ou de chercher à
inventer dfautres techniques pastorales plus performantes,
sait se remettre humblement à lfécoute du
Seigneur, et discerner son second appel, qui passe souvent par
des sollicitations totalement inattendues.
La fécondité dfune mission menée en dépit
de toute prévision et programmation, laisse entrevoir
qui agit dans le secret, afin de nous faire revenir à
lui, source et fin de toute évangélisation.
Simon-Pierre comprend : oui cfest bien « le Seigneur
» qui appelle à un plus grand dépouillement,
à un plus radical abandon. Il prend conscience que sans
même sfen apercevoir, il avait quitté le vêtement
de la foi, pour agir plus librement en son nom propre. Se
ressaisissant, « il passe un vêtement et se jette
à lfeau », abandonnant tous ses stratagèmes
pour rejoindre Jésus sur le rivage, où celui-ci
a préparé pour les siens un repas.
AGIR
Cfest autour de lfEucharistie que toute communauté
se constitue, se structure ; cfest dans lfEucharistie
qufelle se retrouve et refait son unité. Cfest de
lfEucharistie qufelle est envoyée pour récolter
ce qufelle nfa pas planté, moissonner ce qufelle
nfa pas semé.
Lfépisode de la rencontre personnelle de Pierre et de
Jésus est parmi les plus émouvantes de lfÉvangile.
La triple demande de Jésus sfexplique par son désir
de donner à Pierre la possibilité dfeffacer
son triple reniement au cours de la passion. Dieu donne
toujours aux hommes une deuxième possibilité ;
souvent une troisième, une quatrième, un nombre
infini de possibilités. Il ne raye pas les personnes de
son livre à la première erreur de leur part. La
confiance et le pardon du Maître ont fait de Pierre une
personne nouvelle, forte, qui sera fidèle jusqufà
la mort. Il conduira le troupeau du Christ dans les moments
difficiles du commencement, lorsqufil sfagira de sortir de
Galilée et de se lancer sur les routes du monde. Au
terme de sa course, Pierre sera même en mesure de tenir
sa promesse de donner sa vie pour le Christ.
Des vents diaboliques font trembler lfEglise en ces jours
avec toutes ces accusations, calomnies et mensonges qui se lèvent
de partout dans le monde. Les attaques contre le Pape Benoit
XVI nous semblent trop exagérées et montrent
ouvertement le désarroi de notre société
moderne. Le mal reste toujours du mal à
stigmatiser et à reprouver fermement.
Saint Augustin affirme : « En interrogeant Pierre, Jésus
interrogeait également chacun de nous ». La
question : « Mfaimes-tu ? » sfadresse à
tous les disciples. Le christianisme nfest pas un ensemble
de doctrines et de pratiques ; cfest quelque chose de
beaucoup plus intime et profond. Cfest une relation
dfamitié avec la personne de Jésus Christ. Jésus
explique que la manière de lfaimer est de servir les
autres : « Mfaimes-tu ? Pais mes brebis ». Il ne
veut pas recevoir les fruits de cet amour, il veut que ce
soient ses brebis à les recevoir. Il est le
destinataire de lfamour de Pierre, mais pas son bénéficiaire.
Cfest comme sfil lui disait : « Je considère
que ce que tu feras pour mon troupeau, cfest à moi
que tu lfauras fait ». Notre amour pour le Christ ne
doit pas non plus demeurer quelque chose dfintimiste et de
sentimental, mais il doit sfexprimer dans le service aux
autres, dans le bien que nous faisons à notre prochain.
Mère Térésa de Calcutta aimait répéter
: « Le fruit de lfamour est le service et le fruit du
service est la paix ».
PRIER
Seigneur Jésus, vivant et ressuscité parmi
nous, fais de nous des instruments capables de chanter avec
nos vies la symphonie de ton amour. Nos reniements au
quotidien ne doivent pas nous faire douter de la grande miséricorde
qui demeure intarissable et infinie dans ton cœur et qui
sans cesse tu nous donnes à tout moment. «
Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime » et
cela me suffit. Amen
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2e
dimance de Pâques , 11 avril 2010
@
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Évangile
de Jésus Christ selon saint Jean Jn 20, 19-31
@
@
C'était
après la mort de Jésus, le soir du premier jour
de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les
portes du lieu où ils étaient, car ils avaient
peur des Juifs. Jésus vint, et il était là
au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous
! »
Après
cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus
leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même
que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous
envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit
sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit
Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés,
ils lui seront remis ; tout homme à qui vous
maintiendrez ses péchés, ils lui seront
maintenus. »
Or,
l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était
pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres
disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur !
» Mais il leur déclara : « Si je ne vois
pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon
doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main
dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit
jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans
la maison, et Thomas était avec eux. Jésus
vient, alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d'eux. Il dit : «
La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas :
«Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta
main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être
incrédule, sois croyant. »
Thomas
lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus
lui dit : «
Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans
avoir vu. »
Il
y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits
en présence des disciples et qui ne sont pas mis par
écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été
mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le
Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en
son nom.
@
@
@
@
Ce
dimanche après Pâques, c'est le dimanche de
Thomas. C'est huit jours après Pâques que Jésus
ressuscité se manifeste à Thomas. Les portes
étaient verrouillées même si Pierre et
Jean avaient vu le tombeau vide, même si les apôtres
avaient reçu le témoignage de Marie-Madeleine et
des disciples d'Emmaus. Les disciples avaient peur, ils s'étaient
enfermés. Ils n'étaient pas prêts pour
comprendre, parce qu'ils manquaient de foi, et qu'ils
opposaient bien des résistances au don de Dieu. Il leur
faudra encore du temps et surtout attendre la Pentecôte
pour être enfin délivrés de cette peur et
entrer pleinement dans la joie de Pâques et comprendre
le mystère de ce tombeau vide.
@
Thomas
a donc une réaction bien normale. Et ainsi il est
l'image de tous nos autres, et de la mentalité de nos
jours. C'est quelqu'un qui n'arrive pas à croire que Jésus
a réellement traversé la mort , qu'il est réellement
entré dans la mort et réellement sorti de la
mort, que Jésus ressuscité n'est pas une
hallucination, une vision.
@
Présenter
Thomas comme le sceptique au milieu d'un groupe d'apôtres
croyants est une simplification, voire une injustice, à
l'égard de ce disciple qui s'est montré très
zélé dans l'évangile. Tous les apôtres
ont douté. Ils se sont moqués des femmes qui,
les premières, rapportèrent le message de la résurrection.
Ils n'ont pas cru davantage les deux disciples revenant d'Emmaüs.
@
Thomas
est plutôt ici le personnage incarnant tous les apôtres
au stade de leur désarroi.
Thomas est l'image de nous tous au stade notre désarroi.
Ce n'est pas le doute froid, le scepticisme ; c'est la
difficulté de croire à l'humainement impossible.
@
Jean
écrit son Évangile pour amener le lecteur
à la foi en Jésus, et lui permettre d'obtenir la
vie éternelle. Croire sans voir quoi que ce soit, ce
n'est pas si évident que cela. Tout l'évangile
de Jean insiste sur la nécessité de voir
pour accéder à la foi. On voit Jésus, on
voit ses actes, on voit les signes qu'il fait, et à
partir de là, on croit que ce Jésus vient de
Dieu. Dans sa première lettre, le même Jean
commence en parlant de « ce que nos yeux ont vu »,
de « ce que nos mains ont touché du Verbe de vie.
» « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux
ceux qui croient sans avoir vu. »
@
@
Thomas
exprime notre confusion et notre souffrance lorsque nous avançons
dans la nuit du doute. La vérité spirituelle est
bien au-delà des indices. Elle ne relève pas de
l'évidence. Elle relève toujours, plus ou moins,
de la foi et de l'invisible. La vérité d'un
amour relève de la foi en l'amour. On ne peut pas aimer
si l'on ne croit pas à l'amour.
@
Thomas
fait donc aujourd'hui plus qu'une simple constatation. Il fait
un acte de foi. Il ne se contente pas de s'émerveiller
d'une résurrection qui aurait simplement révélé
la puissance de Dieu. Celui qui vient à lui, qui se
donne à toucher, c'est Dieu lui-même, mais
totalement différent de ce que, jusque là, il
imaginait être Dieu. C'est un Dieu Amour transpercé
par nos clous et nos lances.
@
Il
faut nous savoir voir au delà des ténèbres.
Pas facile, mais possible si notre foi est bien enraciné
et elle va au-delà des personnes, des situations, des
scandales. Nous soulignons surtout le négatif qui
existe dans nos vies, dans nos société et dans
nos églises, et effaçons ainsi le grand et
immense positif qui se fait. Mais le bien ne fait pas du
bruit. Et c'est sur le bien que nous construisons.
@
Souvent
nous voulons bien croire, mais à certaines conditions.
À condition que cette foi soit prouvée et
garantie. Nous voulons pouvoir croire sans intermédiaire,
nous voulons nous passer de la foi des autres, mais nous nous
trompons lorsque nous pensons pouvoir se passer de la foi des
autres.
Nous
sommes sous le régime de l'absence, du non-voir.
Que reste-t-il sinon uniquement les témoignages.
@
C'est
la foi en Jésus ressuscité
qui nous délivre de la peur et de la paralysie qu'elle
engendre.
@
C'est
la foi en Jésus ressuscité
qui nous fait prendre le chemin de vie, d'accomplissement et
d'espérance.
@
Marchons
sur le chemin d'une foi vivante, malgré toutes les
difficultés du chemin où la lumière est
trop souvent voilée, malgré les faiblesses de
l'humanité, malgré les imperfections des
institutions.
@
Prier
:
C'est
avec Thomas que nous prierons ce dimanche, tout en nous
mettant en genoux devant le Christ vivant du Très
Sacrement : « Mon Seigneur, mon Dieu »
©
kakaluigi, avril 2010
@
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Pâques, 4
avril 2010
1. ECOUTER
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
20, 1-9
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au
tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle
voit que la pierre a été enlevée du
tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple,
celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a
enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons
pas où on l'a mis. » Pierre partit donc avec
l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensembles, mais l'autre disciple
courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là
; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait,
arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il
regarde le linceul resté là, et le linge qui
avait recouvert la tête, non pas posé avec le
linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était
arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu
que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus
ressuscite d'entre les morts.
2. REFLECHIR
Aujourdfhui nous nous trouvons devant un tombeau vide.
Et il sfagit pas dfun tombeau quelconque, mais dfun
tombeau spécial, original, extraordinaire, qui est là
devant les yeux de chacun de nous, e ce tombeau est vide pour
émerveiller lfhomme et son histoire, et surtout pour
donner à sa vie la secousse dfun changement profond
de renversions de marche.
Ce tombeau vide marque profondément lfhistoire.
Contempler cette grande pierre, enlevée du tombeau
et renversée par terre, et jeter un coup dfœil
au tombeau ouvert, crée en nous tous une immense soif
de connaître et de savoir. Où est-il ? Qui est
qui lfa enlevé ? « On a enlevé le
Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on la
misc » dira, tout en pleurant, Marie de Magdala
à Pierre.
Ce Jésus de Nazareth nfest plus dans ce tombeau,
et cela nous bouleverse et nous rend triste. Encore une fois
nous tâtonnons dans lfobscurité et un grand
poids semble tombé sur nos épaules. On se
sent déconcertés, confus, désolés.
Depuis le début de la semaine sainte, nous pouvions
demander que savait Jésus des événements
à venir ? Depuis quand le savait-il ? Ces questions
sont importantes car le tombeau vide après la mort en
croix de Jésus de Nazareth est le fondement de
tout ce que les chrétiens croient et de toute la vie
chrétienne. " Si le Christ nfest pas ressuscité,
alors notre prédication est vaine et vaine aussi notre
foi " (1 Co 15, 14).
Jésus ne s'est pas trompé dans sa mission sur
terre, sa mort n'a pas été une erreur, ni la
croix une défaite. La croix et la mort ne sont pas arrivées
par hasard - mauvais moment, mauvais
lieu. Elles ne sont pas arrivées non plus à
cause des complots de certains humains, mal intentionnés,
jaloux, méchants, humains du pouvoir politique et
religieux de lfépoque.
Jésus a tenu à sa parole, à ses
promesses, à son programme. Son dernier mot sur la
croix : « Tout est accompli ».
C'était le plan de Dieu pour sauver tout homme et
pour rendre ce monde que nous habitons plus humain, plus
fraternel, plus habitable.
Il fallait que Jésus soit livré aux pécheurs.
Il fallait la trahison de Judas, le reniement de Pierre,
lfabandon de tous.
Il fallait ce Calvaire et cette crucifixion.
Il fallait ce tombeau.
Il fallait qu'il se relève le troisième jour.
Sinon, il n'existe pas de pardon pour des péchés.
Sinon, il n'y a pas de salut et la foi des disciples, la foi
des milliers et des milliers de personnes de tous les siècles,
y compris la nôtre, est en vaine. Sinon, tout est vain.
La résurrection de Jésus a besoin donc
dfune réflexion approfondie. Elle a besoin de notre
compréhension, car elle demande une réponse.
Elle doit pouvoir envelopper notre raison pour pouvoir ensuite
arriver jusqufau cœur.
Il faut comme Jean entrer dans le tombeau, pas y rester
dehors. Il nous faut être acteurs et pas spectateurs de
cet événement, si extraordinaire et si
bouleversant, et cela même si nous n'avons pas
tout compris les détails techniques et les pourquoi, même
si nous avons peu de foi. Sentons-nous comme de chercheurs ou
de caresseurs dfor, continuellement très soucieux
dfarriver à trouver quelque chose qui puisse compter
changer la vie.
La lumière de Pâques, qui nous arrive de ce
tombeau vide, nfest pas une petite bougie qui tremble
à tous les vents, et qui risque de sféteindre
à tout moment. La flamme de notre foi, elle
sfalimente, elle luit et elle se développe par la prière
et en communauté, renonçant à nos
passions et nos faiblesses et en cherchant dfaccueillir avec
joie nos croix quotidiennes.
La lumière de ce tombeau brille à jamais, et
elle brille pour tous.
Un jeune homme avait perdu sa ferveur pour le Seigneur. Il
a cherché le conseil dfun chrétien âgé
et plein de sagesse. Mais celui-ci restait silencieux. Comme
ils étaient assis près du feu, le vieil homme se
lève, prends les pinces à charbon, saisit une
braise ardente, la sort du feu, et la pose sur le rebord de la
cheminée. Puis il revient sfasseoir, toujours
silencieux. Et le jeune homme voit la braise refroidir, sféteindre,
et devenir toute noire. Le vieil homme se relève,
ramasse le morceau de charbon refroidi, le remet dans le feu
et la braise recommence à rougir. Et là, le
jeune homme se lève et il sort ayant compris pourquoi
il avait perdu son enthousiasme. «Un chrétien
isolé; cfest un chrétien en danger. »
Récemment Jean Ferrat est décédé.
Vous avez peut-être en mémoire sa chanson
«C'est beau la vie! »
Le vent dans tes cheveux blonds
Le soleil à l'horizon
Quelques mots d'une chanson
Que c'est beau, c'est beau la vie
Un oiseau qui fait la roue
Sur un arbre déjà roux
Et son cri par dessus tout
Que c'est beau, c'est beau la vie.
Tout ce qui tremble et palpite
Tout ce qui lutte et se bat
Tout ce que j'ai cru trop vite
A jamais perdu pour moi
Pouvoir encore regarder
Pouvoir encore écouter
Et surtout pouvoir chanter
Que c'est beau, c'est beau la vie.
Le jazz ouvert dans la nuit
Sa trompette qui nous suit
Dans une rue de Paris
Que c'est beau, c'est beau la vie.
La rouge fleur éclatée
D'un néon qui fait trembler
Nos deux ombres étonnées
Que c'est beau, c'est beau la vie.
Tout ce que j'ai failli perdre
Tout ce qui m'est redonné
Aujourd'hui me monte aux lèvres
En cette fin de journée
Pouvoir encore partager
Ma jeunesse, mes idées
Avec l'amour retrouvé
Que c'est beau, c'est beau la vie.
Pouvoir encore te parler
Pouvoir encore t'embrasser
Te le dire et le chanter
Oui c'est beau, c'est beau la vie.
Dieu l'a faite belle et bonne la vie. Dieu, en ressuscitant
Jésus, nous en a montré la force inébranlable
dfune vie tout a fait extraordinaire et nouvelle: la vie n'était
pas morte; elle a été transformée. La
mort et la résurrection de Jésus, que nous célébrons
à Pâques, doivent nous apporter une vie nouvelle.
La vie n'est pas toujours belle : il y a de la froidure, de
la grisaille et du vide. Il y a les enfants abusés et
des femmes violées dans lfindifférence
apparente des témoins ou des décideurs. La
vie nfest pas toujours belle, lfimage de notre Église
nfest pas toujours belle, mais nous pouvons y trouver du
beau parce que notre cœur s'enracine dans la résurrection
: la vie est plus forte que la mort. La mort a été
détruite et cette espérance donne un sens
à notre vie et à l'histoire de l'humanité.
La vie est belle à cause de toutes les lumières
qui surgiront pour nous aider sur notre route. La lumière
peut parfois être voilée par un manque de
transparence, par le comportement humain, mais Jésus,
en ressuscitant, illumine le monde et les humains de la lumière
du ciel, et il nous invite à vivre désormais
avec Dieu et pour Dieu. Si Jésus n'est pas ressuscité,
notre foi est vaine, nous sommes encore dans nos péchés.
3. AGIR
Pour chacun dfentre nous, est-ce que la résurrection
c'est de la niaiserie ou est-ce qu'il vaut la peine de courir
pour l'examiner soit même? Est-ce que nous trouverons
les mots la paix et de l'estime de soi, les mots de la miséricorde
et de l'espérance. Est-ce que nous trouverons les mots
qui viendront de nous, de notre prière, de notre
capacité d'ajuster notre cœur au cœur de
Dieu. Les beaux discours ne suffisent pas. Au –delà
des mots, est-ce que nous saurons mieux discerner les décisions
à prendre, les gestes à poser, les voiles
à lever ?
Jésus a bien gérer la crise de confiance en
son message et en lui-même, aurons-nous le courage de
suivre ses pas ?
4. PRIER
Dans la nuit de samedi saint les cloches de Mater Dei se sont
déliées. Les voila encore une fois, après
trois jours de silence, elles sont là pour nous
rappeler, pour nous pousser, pour nous mettre debout et
reprendre ce chemin avec élan.
Mais en cette nuit de Pâques elles semblent chanter
dfune manière nouvelle. Elles ont une force et
un courage tout a fait nouveaux. Voila donc leur
joie des Pâques de résurrection.
Jfétais à la maison avec toute ma famille
cette nuit, et le chant de ces cloches mfavait réveillé
du sommeil, mfavait obligé à ouvrir la
porte de ma maison et mfattarder un peu dans la cour pour
respirer lfaire fraiche de la nuit et continuer à
bien savourer le son de ces cloches de Pâques.
Pour quelque instant en contemplant le ciel plein dfétoiles
je me suis senti que ces cloches sfadressaient à moi
et leurs chansons ne mfétaient pas étranges.
Jfavais commencé à chanter avec elles ces alléluias
et je mfapercevais que inconsciemment jfavais allumé
un bougie, comme signe dfespoir pour tous. Amen.
A vous tous Bonne et sainte FETE DE PAQUES DE RESURRECTION.
© kakaluigi, avril 2010
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DIMANCHE DES RAMEAUX 2010
Merci
2. TEXTE
VOILA
LA GRANDE SEMAINE DE LA FOLIE DE LfAMOUR
Dimanche
des Rameaux, 28 mars 2010
ECOUTER
Evangile
de Jésus Christ selon saint Luc 19, 28-40
Jésus
marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem.
A l'approche de Bethphagé et de Béthanie,
sur les pentes du mont des Oliviers, il envoya deux
disciples : « Allez au village qui est en
face. A l'entrée, vous trouverez un petit âne
attaché : personne ne l'a encore monté. Détachez-le
et amenez-le. Si l'on vous demande : 'Pourquoi le détachez-vous
?' vous répondrez : 'Le Seigneur en a besoin.'
» Les disciples partirent et trouvèrent tout
comme Jésus leur avait dit. Au moment où ils
détachaient le petit âne, ses maîtres
demandèrent : « Pourquoi détachez-vous
cet âne ? » Ils répondirent : «
Le Seigneur en a besoin. » Ils amenèrent l'âne
à Jésus, jetèrent leurs vêtements
dessus, et firent monter Jésus. A mesure qu'il avançait,
les gens étendaient leurs vêtements sur le
chemin. Déjà Jésus arrivait à
la descente du mont des Oliviers, quand toute la foule des
disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu
à pleine voix pour tous les miracles qu'ils avaient
vus : « Béni soit celui qui vient, lui, notre
Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au
plus haut des cieux ! » Quelques pharisiens, qui se
trouvaient dans la foule, dirent à Jésus :
« Maître, arrête tes disciples ! »
Mais il leur répondit : « Je vous le dis :
s'ils se taisent, les pierres crieront. »
REFLECHIR
Le
jour de lfentrée triomphale de Jésus
à Jérusalem, les disciples et la foule
anonyme, reprennent presque mot
à mot le chant des anges dans la nuit de la Noël:
« Gloire à Dieu dans les cieux, et sur la
terre paix aux hommes, car il les prend en grâce
». « Hosanna au Fils de Davidc »
Mais qui est-il cet homme qui entre
à Jérusalem sur un petit âne ?
Mais ces gens savent que cet homme est le Sauveur, il est
le Fils de Dieu: vraiment homme et vraiment Dieu ?
Beaucoup
de gens sont poussés par la recherche dfémotions
toujours nouvelles, par des sentiments
. Les convictions sont bien loin. Ces émotions se
perdront bientôt au long de la semaine, lorsque la
vie se trouvera encore devant les peurs, lfinsécurité,
les faiblesses.
Le
paradoxe est que, pour comprendre cet événement
de lfentrée messianique à Jérusalem,
il faudra comprendre avant tout lfabaissement volontaire
de la Passion et de la mort en croix, qui avait déjà
commencé à Bethleem, la nuit de Noel.
Isaïe(50,4-7)
parle du serviteur de Dieu, le
serviteur de Yahweh , qui reçoit de Dieu la
mission de proclamer une parole à caractère
universel et que cette mission se réalise dans la
souffrance, dans la douleur et dans lfabandon total
à la Parole et aux projets de Dieu.
.
Paul
aux Philippiens (2,6-11), en faisant écho à
Isaïe dira : « Cfest pourquoi Dieu a
élevé Jésus au-dessus de tout ; il
lui a conféré le Nom qui surpasse tous les
noms, afin qufau Nom de Jésus, aux cieux, sur
terre et dans lfabîme, tout être vivant
tombe à genoux, et que toute langue proclame : eJésus
Christ est le Seigneurf, pour la gloire de Dieu le Père.
» Philippe était une ville prospère,
dfune population constituée dans sa grande
majorité par des vétérans de lfarmée
romaine. Une ville organisée à la manière
de Rome, qui dépendait directement de
lfempereur. La communauté fondée par Paul,
dans cette ville, était une communauté
enthousiaste, généreuse, engagée.
Cependant, malgré ces signes positifs, Philippe
nfétait pas une communauté parfaite : on
nfappréciait guère les vertus de
lfhumilité et de la simplicité. La
petitesse de la petite Thérèse de Lisieux, Cfest
dans ce contexte que nous pouvons comprendre ce texte dans
lequel Paul invite les Philippiens à pratiquer ces
valeurs qui ont marqué lfexistence même de
Jésus.
Luc,
il a une expression qui pourrait presque nous choquer
à la fin de son récit de la Passion ( Lc
22-23): « Et tous les gens qui sfétaient
rassemblés pour ce spectacle, voyant ce qui
était arrivé, sfen retournaient en se
frappant la poitrine. »
Lfentrée
messianique de Jésus à Jérusalem et
sa Passion seraient-elles des spectacles parmi le tant
dfautres spectacles que le monde nous offre. Nous sommes
habitués aux spectacles. A des fictions théâtrales
et cinématographiques, Et le dimanche des rameaux,
comme aussi le Calvaire ne deviennent que ces spectacles
qui touchent qufune petites partie de
notre vie, sans provoquer ce bouleversement totale.
Qui
parmi ceux qui étaient présents le jour des
rameaux a reconnu Dieu dans cet homme Jésus condamné
à mort, abandonné, trahi, renié,
crucifié entre deux malfaiteurs ? Il sont crié
seulement « crucifige, crucifige,,, »
Est-ce
plus facile aujourd'hui de le reconnaître dans toute
personne que nous rencontronsc Dieu ne cessera donc
jamais de nous surprendre en nous amenant à le découvrir
au dernier endroit où nous serions portés
à le découvrir.
La
mort de Jésus ne peut pas être comprise et
entendue en dehors de ce qufa été sa vie.
Voila
la grande semaine qui sfouvre.
La
semaine des semaines de toute une année ; une
année faite de balancements entre bien et mal,
entre soupçons et réalités, entre
attaques et morts. Une année ou la paranoïa de
la modernité a bien marqué la vie de tout
homme.
Voila
donc la semaine plus importante de toute lfannée
et pour tout homme.
La
semaine où lfespoir trouve sa pleine réalisation.
La
semaine où le ciel et la terre se rencontrent et
soufflent un nouveau élan, comme dfun printemps
plein de soleil et de couleurs.
Cfest
la semaine sainte !
Une
semaine dfabondance de pardon et de réconciliation
Une
semaine où est lfamour à triompher, où
lfamour est sans limites ni frontières, où
lfamour se donne totalement en se faisant croix et
attirance de tout homme.
Que
faire donc en cette semaine ?
Trois
verbes, mes amis, résument tout ce que nous pouvons
et devon faire cette semaine : contempler, vivre et
communier.
Célébrer
la passion et la mort de Jésus, cfest contempler
la face dfun Dieu fragilisé par lfamour. Par
amour, il vient à notre rencontre, assumant notre
condition dfêtres fragiles, il a pris sur lui,
tout ce qui est à nous, nos limites, nos
faiblesses, dans le but de partager avec nous tout ce qui
est à lui. Cfest la Bonne Nouvelle.
Le
projet dfamour que Dieu porte dans son cœur pour
tous ceux et celles qui ont besoin du salut et de liberté
trouve écho dans nos actions. Aujourdfhui encore,
dans notre société, nous avons grandement
besoin de vivre les valeurs de lfhumilité, du
service, de la gratuité, de la générosité
et du don de soi..
Célébrer
la passion et la mort de Jésus, cfest aussi se
solidariser avec les crucifiés de ce monde,
communier avec eux: les victimes de la violence, les
exploités, les exclus, les privés de droits
et de dignité, les enfants maltraitée et
abusés, mais aussi les accusés innocents.
Cfest dénoncer tout ce qui provoque la haine, la
division, la peur, en terme de structures, de valeurs, de
pratiques et dfidéologies. Cfest dféviter
que certains humains continuent à crucifier
dfautres personnes.
Célébrer
la passion et la mort de Jésus, cfest mettre
encore plus de sens dans notre vie de chaque jour.
Prier
Seigneur,
seul lfamour peut vaincre les peurs de notre monde et la
paranoïa de la modernité qui marque nous
tous. . Seigneur, seul lfamour qui se fait croix et don
de soi peut changer le visage de ce monde et le rendre
plus beau et habitable. Seigneur, ouvre nos yeux avec ton
pardon pour que nous puissions te contempler, vivre de toi
et communier avec les autres. Amen.
©
kakaluigi, mars 2010
@
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Qui
est sans péché, qu'il soit le premier à
jeter la pierre
5e
dimanche du Carême C, 21 mars 2010
1.
Ecouter
Évangile
de Jésus Christ selon saint Jean Jn 8, 1-11
Jésus
s'était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il
retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à
lui, il s'assit et se mit à enseigner. Les scribes et
les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait
surprise en train de commettre l'adultère. Ils la
font avancer, et disent à Jésus : « Maître,
cette femme a été prise en flagrant délit
d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné
de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ?
» Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve,
afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était
baissé et, du doigt, il traçait des traits sur
le sol. Comme on persistait à l'interroger, il se
redressa et leur dit : «Celui d'entre vous
qui
est sans péché, qu'il soit le premier à
lui jeter la pierre. » Et il se baissa de
nouveau pour tracer des traits sur le sol. Quant à
eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après
l'autre, en commençant par les plus âgés.
Jésus resta seul avec la femme en face de lui. Il se
redressa et lui demanda : «
Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a
condamnée ? » Elle répondit : «
Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais
ne pèche plus. »
Lecture
du livre d'Isaïe Is 43, 16-21
Ainsi
parle le Seigneur, lui qui fit une route à travers la
mer, un sentier au milieu des eaux puissantes, lui qui
mit en campagne des chars et des chevaux, des troupes et de
puissants guerriers ; et les voilà couchés
pour ne plus se relever, ils se sont éteints, ils se
sont consumés comme une mèche. Le Seigneur dit
: Ne vous souvenez plus d'autrefois, ne songez plus au passé.
Voici
que je fais un monde nouveau : il germe déjà,
ne le voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer une route
dans le désert, des fleuves dans les lieux arides.
Les bêtes sauvages me rendront gloire- les chacals et
les autruches -parce que j'aurai fait couler de l'eau dans
le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer
le peuple, mon élu. Ce peuple que j'ai formé
pour moi redira ma louange.
2.
REFLECHIR
Jésus
parlait avec autorité, mais aussi avec amabilité.
Son regard n'était pas le regard froid des pharisiens
ou des scribes, le regard mensonger de ceux qui veulent te
mettre à lfépreuve, mais
celui d'un ami, d'un proche parent. Les scribes et les
pharisiens sont légalistes. Les scribes et les
pharisiens sont hypocrites. Lfhypocrisie cfest un danger
toujours et dans tous les domaines. Un affrontement était
inévitable entre Jésus et ces scribes et
pharisiens.
On
a traîné une femme adultère vers Jésus
pour le mettre à l'épreuve. Pour le tenter.
Les tentations du désert du premier dimanche
continuent encore. Et le diable maintenant sont des hommes,
qui ont lfintention de lféliminer totalement et
pour toujours. Pour le prendre ainsi en défaut,
comme ils ont fait pour la femme, en flagrant délit
de rébellion contre la Loi de Dieu. Les scribes et
les pharisiens considèrent en effet Jésus
comme un homme qui prend ses distances avec la Loi et ils
tentent de mettre sous son nez un cas bien évident où
Jésus, selon eux, va adopter une attitude illégale.
En effet ils nfont rien compris de la liberté et
dfêtre aussi libre devant toute forme de loi. La
femme n'est qu'un de leurs instruments. Lfhistoire
semble se répéter même aujourdfhui,
avec toutes ces accusations contre lfEglise catholique.
Lfhypocrisie de notre monde ! Lfhypocrisie des médias !
Lfhypocrisie de certaines personnes !
Mais
revenons à la page de lfEvangile : autour
dfelle, il y a tout un cercle qui s'était formé.
Un cercle de personnes adultes qui voulaient la condamner
à la lapidation parce qu'elle a péché.
Personnes
adultes qui accusent. Personnes adultes garantes de la Loi ?
Personnes adultes, honnêtes, justes, sans aucun péché !
Personnes adultes légalistes et esclaves de la loi !
Le Papa aussi de lfenfant prodigue était une
personne adulte, mais capable de miséricorde, de
pardon, de compréhension, de cœur. Facilement
nous jugeons, et facilement nous nous trompons.
Les
scribes, les pharisiens et la foule qui jettent en pâture
la femme adultère devant Jésus, cfest nous
aussi. Les cancans, les médisances, les calomnies,
les jugements collectifs sans appel, voilà bien un
mal contagieux, un virus tenace qufon nfa toujours pas
éradiqué de notre humanité. Parfois même,
nous chrétiens, nous sommes du nombre des premiers,
prêts à jeter la pierre.
Sans doute, cette femme aurait voulu avoir d'autres
personnes pour l'entourer, des personnes qui l'auraient
compris, des personnes qui lui auraient donné
beaucoup d'amour et surtout des personnes capables de
pardonner.
Et
pourquoi seulement la femme à être condamnée ?
Et lfhomme aussi nfaurait du être mis devant ces
« adultes » pour la lapidation ! Discrimination,
toujours, discrimination. On sfacharne toujours contre le
plus faibles.
Jésus
prêche le pardon. Comme à son
habitude, Jésus désarçonne ses
adversaires en répondant de façon inattendue.
Ne parlons pas dfhabilité ni de ruse, car il
sfagit de la pédagogie de Dieu qui fait tomber les
masques sans humilier personne et qui veut sauver tout un
chacun.
L'évangile
nous dit que le groupe s'est défait, qufil sfest
désintégré. Qufa-t-il écrit
sur la terre, ce Jésus avec son doigt ? On ne
sait pas. Mais surement il a écrit des paroles de vérité
et de pardon. Petit à petit,
les gens ont pris leurs distances par rapport à
cette femme, mais aussi par rapport à Jésus.
« Qui est sans péché, qu'il
soit le premier à lui jeter la pierre »
Jésus
reste seul autour d'elle pour faire un autre cercle, c'est
le cercle de son amour. La femme réalise
l'ampleur de son péché et demande intérieurement
pardon. La femme contemple sa vie et Jésus. C'est la
découverte, pour elle d'un amour nouveau, puissant,
et éternel. L'acte d'amour de Dieu nait, la femme
commence un nouveau dialogue qui mènera à sa
libération. Puis Jésus dit à cette
femme: je ne te condamne pas, va et ne pèche plus. Nous
ne devons pas conclure que le passé n'a aucun poids,
mais retenons que si le passé nous marque, il ne nous
enchaîne pas. Elle recommence une nouvelle vie où
Dieu prendra enfin sa place. La réconciliation amène
une vie nouvelle.
3.
Que
faire ?
Jésus
renonce à lapider une femme qui a échoué
dans sa fidélité conjugale. Et Paul, en nous
mettant en garde nous dit clairement que, le monde de la résurrection
défie les catégories de ce monde. Dieu ne veut
pas la mort du pécheur, mais qufil se convertisse,
et qufil vive. Et Isaïe, nous dit qufil faut se
tourner vers ce qui vient ; il faut que le peuple déclaré
élu devienne un peuple qui louera Dieu.
«
Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a
condamnée ? » Elle répondit : «
Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais
ne pèche plus »
Jésus
condamne le mal, le péché. Jésus ne
condamne pas lfhomme. Il est là pour le mettre
encore débout. Il est là pour lfaccueillir,
lfembrasser, lui donner le baiser du retour et pour créer
en lui un monde nouveau.
Contrairement
à la justice des tribunaux humains, la justice de
Dieu nfenferme pas lfhumain dans son péché,
elle ouvre vers un avenir sans péché. Elle
ouvre les portes du repentir, de la croissance, de la
purification totale, pour reprendre sa propre vie en mains. Pour
Jésus, personne n'appartient à une catégorie.
Chacun est unique et doit être reçu, accepté
et aimé comme une personne unique. Le pardon
divin, cfest un trésor que lfÉglise a reçu
de Jésus pour le transmettre à toutes les générations,
et cela malgré la propre fragilité des hommes
qui en sont les serviteurs. Une seule chose compte :
lfavenir et le but à accomplir.
Se
préoccuper du passé ? Moi non plus, je ne
te condamne pas. Il faut utiliser le moment présent
pour changer de route, pas le renvoyer à demain. Il
faut penser que ce lendemain soit plus beau et sans nuages.
Va et ne pèche plus.
Voila
donc ce que je te commande et toi tu obtiendras ce que je
tfai promis.
Pâques
cfest recommencer sa vie, avec la grâce de Dieu, en
se découvrant aimé et pardonné.
4.
Prier
Seigneur,
en ce jour je suis devant toi pour te dire que :
Aujourdfhui
je m'apprête à renaître à la vie
Sachant
reconnaître de celle-ci
Qufhier
est déjà loin de demain
Le
passé est dépassé
Lfavenir
est à venir
Aujourd'hui
je projette de réussir ma vie. Amen !
©
kakaluigi mars 2010
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Fatalité
ou patience ?
3e
dimanche du Carême C, 7 mars 2010
1.
ECOUTER
Évangile
de Jésus Christ selon saint Luc 13, 1-9
Un
jour, des gens vinrent rapporter à Jésus lfaffaire
des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant
qufils offraient un sacrifice. Jésus leur répondit
: « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de
plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens,
pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ; et si
vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de
Siloé, pensez-vous qufelles étaient plus coupables
que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien non,
je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez
tous de la même manière. »
Jésus
leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un
figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur
ce figuier, et nfen trouva pas. Il dit alors à son
vigneron : fVoilà trois ans que je viens chercher du
fruit sur ce figuier, et je nfen trouve pas. Coupe-le. A quoi
bon le laisser épuiser le sol ?f Mais le vigneron lui répondit
: fSeigneur, laisse-le encore cette année, le temps que
je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être
donnera-t-il du fruit à lfavenir. Sinon, tu le
couperas.f »
Lecture
du livre de lfExode 3, 1-8a.10.13-15
Moïse
gardait le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre
de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et
parvint à lfHoreb, la montagne de Dieu. Lfange du
Seigneur lui apparut au milieu dfun feu qui sortait dfun
buisson. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se
consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour
pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne brûle-t-il
pas ? » Le Seigneur vit qufil avait fait un détour
pour venir regarder, et Dieu lfappela du milieu du buisson :
« Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me
voici ! » Dieu dit alors : « Nfapproche pas dfici
! Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une
terre sainte ! Je suis le Dieu de ton père, Dieu dfAbraham,
Dieu dfIsaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila le
visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur
dit à Moïse : « Jfai
vu, oui, jfai vu la misère de mon peuple qui est en
Égypte, et jfai entendu ses cris sous les coups des chefs
de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis
descendu pour le délivrer de la main des
Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre
spacieuse et fertile, vers une terre ruisselant de lait et de
miel, vers le pays de Canaan. La clameur des fils dfIsraël
est parvenue jusqufà moi, et jfai vu lfoppression que
leur font subir les Égyptiens. Et
maintenant, va ! Je tfenvoie chez Pharaon : tu feras sortir dfÉgypte
mon peuple, les fils dfIsraël. » Moïse
dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller trouver
Pharaon, et pour faire sortir dfÉgypte les fils dfIsraël
? » Dieu lui répondit : « Je suis avec toi. Et
voici à quel signe on reconnaîtra que cfest moi qui
tfai envoyé : quand tu auras fait sortir dfÉgypte
mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette
montagne. » Moïse répondit : « Jfirai
donc trouver les fils dfIsraël, et je leur dirai : fLe
Dieu de vos pères mfa envoyé vers vous.f Ils
vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ?
» Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui
suis. Tu parleras ainsi aux fils dfIsraël :fCelui qui
mfa envoyé vers vous, cfest : JE-SUIS.f » Dieu
dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux
fils dfIsraël : fCelui qui mfa envoyé vers vous,
cfest YAHVÉ, cfest LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères,
Dieu dfAbraham, Dieu dfIsaac, Dieu de Jacob.f Cfest là
mon nom pour toujours, cfest le mémorial par lequel vous
me célébrerez, dfâge en âge.
2.
REFLECHIR
Jésus
est immergé dans la foule, des milliers sfassemblent
autour de lui. Il les écoute, il partage leurs inquiétudes,
il sfinterroge et il interroge. Il exhorte
sur la nécessité de reconnaître les signes des
temps et lfurgence de se réconcilier. Cfest dans ce
contexte qufinterviennent des gens avec des informations
bouleversantes à propos de ce qui sfest passé
à Jérusalem. Pourquoi Dieu a-t-il permis cela ? Les
victimes étaient à célébrer Dieu! Sur
notre chemin de Carême, la redoutable question du mal
vient nous empêcher de rêvasser ou de nous endormir.
La
mort de ces personnes résulte dfune absence de jugement
des humains. Dans dfautres cas, comme la chute de la tour de
Siloé, ou plus près de nous la tragédie qui a
frappé Haïti, et le Chili, en ces derniers jours, ce
sont les circonstances elles-mêmes. Cfest un accident.
Personne nfest responsable de ce malheur?
Nous
tous nous sommes responsables de ces changement climatiques, du réchauffement
de la planète, de la pollution, etc.c Chacun
de nous, petit ou grand, a quelque chose à se dire au fond
de sa conscience
Les
catastrophes ne sont pas une punition divine. Jésus plaide
pour tous ceux qui sont dans le malheur. Il vient les rejoindre au
cœur de leur mal.
La
bêche qufil plante en terre autour du figuier est sa croix
mais le mal reste une énigme. Il semble nous dire qufil
partage, mais, comme nous, il ne comprend pas. Il
risque toujours de nous fasciner au point de nous plonger dans une
sorte de désespoir car il est le plus souvent insensé.
Moïse
(cf. Exode 3,1-13) que nous rencontrons dans la 1ère
lecture de ce 3e dimanche de Carême 2010, ne
sfest pas enfermé dans le cercle des explications
possibles au malheur qui frappait son peuple. Sa vie a changé
lorsqufil a détourné son regard de lfÉgypte
qufil fuyait pour sfattacher fermement à lfInvisible
qui se manifeste dans le buisson ardent. De même, notre vie
est changée lorsque nous nous détournons du mal sous
toutes ses formes pour embrasser la croix, et en faire dfelle le
signe de nos espoirs et de nos rêves et enfin suivre résolument
la voie de Jésus. Il nfest pas venu pour expliquer le
mal, mais pour lutter contre lui et nous en libérer.
Paul
( I Cor. 10,1-12), dans la deuxième lecture de la Messe de
ce dimanche, compare les étapes de la vie chrétienne
aux étapes de cette conquête de la liberté
à la sortie dfÉgypte : le baptême est comparé
au passage de la mer rouge, lfeucharistie à la manne, et
le rocher dont des légendes juives disent qufil
accompagnait le peuple, devient un symbole de Dieu.
Le
mal qui nous arrive, parfois inattendu et à lfimproviste,
nfest pas une punition. Les manifestations du mal, souvent
absurdes et aveugles, ne sont pas des châtiments de Dieu,
mais comment leur donner un sens ? Ont-elles un sens ? « Si
vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux.
» Jésus appelle à la conversion pour ne pas
périr. Jésus affirme clairement une fois de plus
que se couper de Dieu, lui refuser notre confiance ou encore le
renier parce que nous le croyons responsable du mal qui ronge le
monde, que tout cela nous fait courir à notre perte. Jésus
ne tente pas dfexpliquer le pourquoi des événements
tragiques, il nfest pas venu pour cela. Non, il nfest pas
venu pour expliquer la souffrance, mais pour la partager, nous
révéler un Dieu de communion de vie avec Dieu. Là
est tout le sens de la vie. Il nous invite à vivre nos
épreuves et celles de nos proches comme des signes des
temps, comme des appels à nous remettre en question, comme
des piqûres nous sortant de notre anesthésie
spirituelle. Une piqûre ça peut faire mal, mais son
but est bien de guérir ou dfaméliorer notre santé.
Nous le savons bien, Dieu peut toujours tirer dfun mal un bien.
En
cette semaine jfai beaucoup souffert car un de mes amis et frères
à été accusé injustement et amené
en prison. Des accusations horribles, montées
dans le mensonge le plus cruel, ont déshonoré sa réputation
et celle de toute une communauté. Le mal nfa pas de
frontières, une fois qufil prend possession dfune
personne, celle-ci devienne aveugle. La zizanie est toujours
presente dans nos champs. Il faut la déraciner ou il faut
attendre ? Fatalité ou patience ?
3.
AGIR
Au
cœur de notre désarroi, de nos révoltes, il y a
cette espérance que Dieu ne nous oublie jamais, qufil est
présent parmi nous. Dieu nous connaît, chacun par
notre nom, il nous appelle chacun par notre nom, nous révélant
que nous sommes uniques, appelé à vivre avec lui une
relation unique. Il nous invite à nous regarder les uns les
autres, à regarder notre monde avec ses yeux de Père.
Dieu
dira à Moise : « Jfai vu, oui, jfai
vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et
jfai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée.
Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer.
Et maintenant, va ! Je tfenvoie chez Pharaon : tu feras sortir
dfÉgypte mon peuple, les fils dfIsraël. »
(Exode 3, 1-12)
Notre
vocation de chrétien, de croyant en chemin, cfest
dfoser une parole, des gestes qui disent cette confiance en Dieu
et en nous-mêmes. Ne laissons pas la désespérance
éteindre en nous cette conviction que rien ne peut empêcher
Dieu de nous aimer, et surtout qufil nous sait capables dfen
faire autant.
Et
cela je voudrais le conseiller à toutes
les femmes du monde, mais surtout à nos chères
mamans du Congo : ne négocier pas et pour aucune
raison votre dignité de femme et de mère. Ne vous
laissez pas vous manipuler par les promesses politiques. Continuez
dans votre générosité à être le
moteur économique de la société, mais aussi
son moteur étique qui prône les véritables
valeurs de la vie. A vous tous je souhaite une heureuse fête
de ce 08 mars 2010. Et continuons à lutter contre toute
forme de violence sexuelle, morale, intellectuelle, et sociale.
Dieu
a confiance en son œuvre et en nous. Tous ses plans sont
suspendus à notre réponse à son appel. Il sait attendre, mais la conversion, cfest autre chose que le
discours vide et le refus du monde à construire. Le mystère
du mal reste entier. Personne nfest capable de lfexpliquer. Jésus,
non plus, ne lfa pas expliqué. Mais, par toute sa vie, il
nous a montré qufon peut lutter, aider, aimer, que le
seul remède contre le mal, cfest lfAmour.
4.
PRIER
Seigneur,
je vous demande de me donner la force et le courage de ne pas
faire consister ma religiosité en des pures
et seules formulations théoriques.
Tu mfas souvent dit : que la foi sans
les œuvres et inutile, elle est morte. Et alors, Jésus,
aides-moi à être davantage homme
de foi profonde. Amen !
©
kakaluigi, mars 2010
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Dimanche 18 octobre 2009 : Journée mondiale des missions
MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI
POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2009
« Les Nations marcheront à sa
lumière » (Apocalypse 21, 24)
En ce Dimanche consacré aux missions, je mfadresse avant tout à vous, Frères dans le Ministère Episcopal et Sacerdotal, et à vous aussi, frères et sœurs du Peuple de Dieu tout entier, pour inviter chacun a raviver en soi la conscience du Mandat Missionnaire du Christ de faire « de toutes les nations des disciples » (Mathieu 28,19), sur les pas de Saint Paul, lfApôtre des Nations.
« Les Nations marcheront à sa lumière » (Apocalypse 21, 24)
Le but de la mission de lfEglise est en effet dféclairer, par la lumière de lfEvangile, tous les peuples sur leur chemin historique vers Dieu, pour qufils aient en Lui, leur pleine réalisation et leur plein accomplissement. Nous devons ressentir le désir profond et la passion dféclairer tous les Peuples, par la Lumière du Christ, qui resplendit sur le visage de lfEglise, pour que tous se rassemblent dans lfunique famille humaine, sous la paternité aimante de Dieu.
Cfest dans cette perspective que les disciples du Christ, répandus dans le monde entier, agissent, travaillent durement, et gémissent sous le poids des souffrances, et donnent leur vie. Je réaffirme avec force tout ce qui a été dit à plusieurs reprises par mes Vénérés Prédécesseurs : lfEglise nfagit pas pour étendre son pouvoir, ou pour affirmer sa domination, mais pour apporter à tous le Christ, Salut du monde. Nous ne demandons rien dfautre que de nous mettre au service de lfhumanité, et spécialement de celle qui souffre le plus, et qui est la plus marginalisée, parce que nous croyons que « lfengagement dfannoncer lfEvangile à tous les hommes de notre tempsc est sans aucun doute un service rendu non seulement à la communauté chrétienne, mais aussi à toute lfhumanité » (Evangelii Nuntiandi, 1), qui « connaît des conquêtes admirables, mais semble avoir oublié le sens des réalités ultimes et de son existence même » (Redemptoris Missio, 2)
1. Tous les Peuples sont appelés au Salut
Lfhumanité entière, en vérité, a la vocation radicale de retourner à sa source, qui est Dieu, dans Lequel seulement elle trouvera son accomplissement final par la restauration de toutes les choses dans le Christ. La dispersion, la multiplicité, le conflit, lfinimitié, seront apaisés et réconciliés par le Sang de la Croix.
Le nouveau début a déjà commencé avec la Résurrection et avec lfExaltation du Christ, qui attire toutes les choses à soi, les renouvelle, les fait participer à la joie éternelle de Dieu. Lfavenir de la nouvelle création brille déjà dans notre monde, et allume, même si cfest au sein de contradictions et de souffrances, lfespérance dfune vie nouvelle. La Mission de lfEglise consiste à « contaminer » dfespérance, tous les peuples. Pour cela, le Christ appelle, justifie, sanctifie et envoie ses disciples pour annoncer le Royaume de Dieu, pour que toutes les Nations deviennent Peuple de Dieu. Cfest seulement dans cette Mission que se comprend et sfauthentifie le véritable chemin historique de lfhumanité. La Mission universelle doit devenir une constante fondamentale de la vie de lfEglise. Annoncer lfEvangile doit être pour nous, comme ce lfétait déjà pour lfApôtre Paul, un engagement qui ne peut être différé et qui est premier.
2. Eglise pèlerine
LfEglise Universelle, sans limites et sans frontières, se sent responsable de lfannonce de lfEvangile vis-à-vis de peuples entiers (cf. Evangelii Nuntiandi, 53). Germe dfespérance par vocation, Elle doit continuer le service du Christ pour le monde. Sa Mission et son service ne sont pas à la mesure des besoins matériels ou même spirituels qui sfachèvent dans le cadre de lfexistence temporelle, mais dfun salut transcendant qui se réalise dans le Royaume de Dieu (cf. Evangelii Nuntiandi, 27). Ce Royaume, tout en étant dans sa plénitude eschatologique, et non pas edef ce monde (cf. Jean 18, 36), est aussi edansf ce monde et dans son histoire, force de justice et de paix, de vraie liberté et de respect de la dignité de tout homme. LfEglise vise à transformer le monde par la proclamation de lfEvangile de lfAmour, « qui éclaire toujours de nouveau un monde ténébreux, et qui nous donne le courage de vivre et dfagir etc de cette manière, de faire entrer la lumière de Dieu dans le monde » (Deus Caritas est, 39). Cfest à cette Mission et à ce service que, par ce Message, jfappelle également à participer tous les membres et toutes les institutions de
lfEglise.
3. Missio Ad Gentes
La Mission de lfEglise consiste donc à appeler tous les Peuples au salut réalisé par Dieu par lfintermédiaire de son Fils Incarné. Il est donc nécessaire de renouveler lfengagement dfannoncer lfEvangile, qui est ferment de liberté et de progrès, de fraternité, dfunité et de paix (cf. Ad Gentes, 8). Je veux « de nouveau confirmer que le Mandat dfévangéliser tous les hommes, constitue la Mission essentielle de lfEglise » (Evangelii Nuntiandi, 14), tâche et mission que les profonds et vastes changements de la société actuelle rendent plus urgentes encore. Ce qui est en question est le salut éternel des personnes, la fin et lfaccomplissement même de lfhistoire humaine et de lfunivers. Animés et inspirés par lfApôtre des Nations, nous devons eêtre conscients que Dieu a un peuple nombreux dans toutes les villes parcourues, y compris par les apôtres dfaujourdfhui (cf. Actes 18, 10). En effet, « la promesse est pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur les appellera » (Actes 2, 39)
LfEglise entière doit sfengager dans la eMissio Ad Gentesf tant que la souveraineté salvifique du Christ ne sera pas pleinement réalisée. « Actuellement, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis » (Hébreux 2, 8)
4. Appelés à évangéliser y compris par le martyre
En cette Journée consacrée aux Missions, je rappelle dans la prière ceux qui ont fait de leur vie une consécration exclusive au travail dfévangélisation. Une mention particulière sfadresse à ces Eglises locales et à ces missionnaires hommes et femmes qui ont à témoigner et à répandre le Royaume de Dieu dans des situations de persécution, avec des formes dfoppression qui, vont de la discrimination sociale jusqufà la prison, à la torture et à la mort. Ils sont nombreux ceux qui, actuellement, sont mis à mort à cause de Son Nom ». Ce qufécrivait mon vénéré Prédécesseur le Pape Jean Paul II est toujours dfune actualité terrible : « La mémoire jubilaire nous a ouvert un spectacle surprenant, nous montrant que notre temps est particulièrement riche de témoins qui, d'une manière ou d'une autre, ont su vivre l'Évangile dans des situations d'hostilité et de persécution, souvent jusqu'à donner le témoignage suprême du sang ». (Novo Millenio Ineunte, 41)
La participation à la Mission du Christ, en effet, marque aussi la vie des annonciateurs de lfEvangile, auxquels est réservé le même destin que leur Maître. « Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Un serviteur nfest pas plus grand que son maître. Sfils mfont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15, 20). LfEglise se place sur la même voie, et subit le même sort que le Christ, parce qufelle nfagit pas sur la base dfune logique humaine, ou en comptant sur les raisons de la force, mais en suivant la Voie de la Croix, et en se faisant, dans une obéissance filiale au Père, témoin et compagne de voyage de cette humanité.
Aux Eglise antiques tout comme aux Eglises de fondation récente, je rappelle qufelles sont placées par le Seigneur comme sel de la terre et lumière du monde, appelées à répandre le Christ, Lumière des Nations, jusqufaux extrémités de la terre. La eMissio Ad Gentesf doit être la priorité de leurs plans pastoraux.
Mes remerciements et mes encouragements vont aux Œuvres Pontificales Missionnaires, pour le travail indispensable dfanimation, de formation missionnaire, et dfaide économique aux jeunes Eglises. Par ces Institutions Pontificales se réalise de manière admirable la communion entre les Eglises, avec lféchange de dons, dans la sollicitude réciproque, et dans les projets missionnaires communs.
5. Conclusion
Lfélan missionnaire a toujours été signe dfune vitalité de nos Eglises (cf. Redemptoris Missio, 2). Il est nécessaire toutefois de réaffirmer que lfévangélisation est une œuvre de lfEsprit et qufavant même dfêtre action, elle est témoignage et irradiation de la lumière du Christ (cf. Redemptoris Missio, 26) de la part de lfEglise locale qui envoie ses missionnaires hommes et femmes, pour les mener au-delà de ses frontières. Cfest pourquoi je demande à tous les Catholiques de prier le Saint-Esprit, pour qufil accroisse, dans lfEglise, la passion pour la Mission qui consiste à répandre le Royaume de Dieu, et de soutenir les missionnaires, hommes et femmes, et les communautés chrétiennes engagées en première ligne dans cette Mission, parfois dans des milieux hostiles de persécution.
Jfinvite en même temps tous les catholiques à donner un signe crédible de communion entre les Eglises, par une aide économique, spécialement dans la phase de crise que traverse lfhumanité, pour mettre les jeunes Eglises locales, en condition dféclairer les gens par lfEvangile de la charité.
Que la Vierge Marie, Etoile de la nouvelle Evangélisation, nous guide dans notre action missionnaire, Elle qui a donné le Christ au monde, venu comme Lumière des nations, pour qufil apporte le salut « jusqufaux extrémités de la terre » (Actes 13, 47)
Jfaccorde à tous ma Bénédiction
Donné au Vatican le 29 juin 2009
BENEDICTUS PP. XVI
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