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Mgr Léon Kalenga, nonce apostolique au GhanaPar JP Melu 17/07/2008 ___
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Par JP Melu 17/07/2008 ___
A Paris, Joseph Kabila humilie le Congo et l'Afrique 
Contrairement aux kabilistes purs et durs croyant que la sortie parisienne de Joseph Kabila a été un succès, nous nous la considérons comme une humiliation, non pas seulement pour le Congo, mais aussi pour l'Afrique. Explicitons.
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A Paris, Joseph Kabila humilie le Congo et l'Afrique 

Par JP Mbelu, 18 Juillet 2008 ___  Les Congolais(es) ayant suivi de près le déroulement de la visite que Joseph Kabila a rendu à Nicolas Sarkozy savant que le président congolais a demandé à son homologue français une intervention auprès du FMI afin que la dette extérieure de notre pays (auprès de cette IFI) soit allégée. La réponse de Nicolas Sarkozy à cette demande fait penser à don discours de Dakar. (Joseph Kabila sait-il que le président Français a prononcé à Dakar le 26 juillet 2007, dans un amphithéâtre de l'université Cheikh Anta Diop un discours "décomplexé" sur l'Afrique qui n'est jamais rentrée dans l'histoire?)

En effet, à Dakar, le chef de l'Etat Français avait eu recours à Hegel, Gobineau, à Lévy-Bruhl, etc. pour dresser le portait d'une Afrique immature. Et quand, répondant à Joseph Kabila Nicolas Sarkozy relève la contradiction qu'il y a à solliciter un allègement de la dette extérieure auprès du FMI tout en en contractant d'autres auprès de la Chine (sous forme de troc ?), il renvoie son homologue congolais à Lévy-Bruhl soutenant que les nègres sont insensibles à la contradiction. Contrairement aux kabilistes purs et durs croyant que la sortie parisienne de Joseph Kabila a été un succès, nous nous la considérons comme une humiliation, non pas seulement pour le Congo, mais aussi pour l'Afrique. Explicitons. 

Nicolas Sarkozy: une mauvaise porte 

A moins que Joseph Kabila ait voulu jouer la France contre la Belgique, singeant en cela le dernier Maréchal de l'Afrique, nous ne voyons pas à quoi rime la demande de l'allègement de la dette du Congo auprès du FMI. Cela d'autant plus que cette demande est formulée après le passage des représentants du FMI au Congo et leur proposition de donner 3 milliards de dollars à ce pays pour qu'il résilie le contrat chinois. Que Joseph Kabila se rende en France après le rejet de la proposition du FMI par son gouvernement (parallèle?) pour que Nicolas Sarkozy opère un miracle, voilà qui dépasse tout entendement. Et puis, est-ce chez Nicolas Sarkozy qu'il fallait se rendre au  CADTM?

Des études expertes faites par le Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-monde (en Belgique et en France) ont montré clairement que la dette du Zaïre/Congo contractée auprès du FMI est une dette odieuse. Des Congolais, membres du CADTM ont travaillé sur cette question. Victor Nzuzi en est un.

Avec le FMI, les bailleurs de fonds suisses, français, états-uniens ou belges savent que la dette du Congo est odieuse. Cet argent détourné par Mobutu et ses dinosaures n'a pas servi la cause des populations congolaises. "Un des outils essentiels pour prouver que les créanciers connaissaient l'existence d'un système organisé de détournements est le rapport Blumenthal. La Banque centrale du Zaïre faisait l'objet de nombreuses ponctions par les dirigeants au pouvoir, en lien avec leurs soutiens occidentaux, car elle représentait une source importante de devises étrangères." (D. MILLET, L'argent du leurre. L'Afrique ligotée, dans www.cadtm.org).

Après Mobutu, la RDC des Kabila a été "une démonstration du pillage et de la soumission". A ce sujet, Eric Toussaint et Damien Millet écrivaient ce qui suit: "Pour qui veut comprendre des notions aussi complexes que le pillage des richesses d'un pays, la perte de souveraineté intolérable d'un Etat et la notion de la dette odieuse, la République démocratique du Congo (RDC) est un cas d'école. La façon dont le budget 2007 a été constitué et les orientations prises par le gouvernement dirigé par Antoine Gizenga fournissent des preuves saisissantes de ce que le Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde et tant d'autres mouvements sociaux avancent depuis des années." (E. TOUSSAINT, D. MILLET, RDC: la démonstration du pillage et de la soumission, dans www.cadtm.org du 6 juillet 2007).

Le budget 2007 a suivi les orientations dictées par le FMI. "Gardons à l'esprit que le FMI est le fer de lance de la mondialisation financière, particulièrement réputé sur tous les continents au sein des populations pauvres pour les ravages commis par les mesures antisociales qu'il a imposées depuis un quart de siècle…" (Ibidem)

Dans ce contexte, si Joseph Kabila avait besoin des conseils experts pouvant aider le Congo à se reconstruire, c'est aux audits initiés par le CADTM qu'il devrait se référer et non à Nicolas Sarkozy et aux autres Bolloré.

Donc, en allant à Paris, Joseph Kabila et son gouvernement ont donné la preuve supplémentaire d'être les agents de la recolonisation du Congo et de l'Afrique. Cette fois-ci par la dette utilisée par les pays du Nord comme nouvelle arme de domination des pays du Sud.

En recevant Joseph Kabila à Paris et en maintenant ses relations aves les Bongo et les Sassou, Nicolas Sarkozy prouve qu'il n'a pas rompu avec la françafrique. Ainsi, "aucune solution juste et durable ne pourra être trouvé tant que les puissances occidentales, dont la France, n'auront pas tiré toutes les conséquences de leur complicité avec des régimes dictatoriaux et corrompus, voire génocidaires. Les signes d'amitié adressés à des dictateurs corrompus ne font que les renforcer dans leur attitude prédatrice et sont une insulte aux peuples qui en sont victimes." (D. MILLET, R. PELUCHON, Sarkozy en Afrique: quelle rupture, dans www.cadtm.org du 28 juillet 2007) 
 

Mobutu n'explique pas tout 

Se laisser conseiller par le FMI pour les orientations majeures du budget, tourner le dos au FMI quand il demande de renoncer aux contrats chinois, aller chez Nicolas Sarkozy pour que le même FMI allège la dette et après s'en prendre à "ceux qui ont fait du Congo l'enfer qu'il est aujourd'hui", tel est le jeu auquel nous habituent les kabilistes purs et durs. Ils n'ont pas honte de soutenir, après plus de 10 ans de gestion du pouvoir politique sans partage que se sont les mobutistes et les kengistes qui ont, seuls, mis le pays à genou. Ils tiennent à l'écart de toute remise en question la gestion hasardeuse voulue de la chose publique qu'ils pratiquent. Si Mobutu et ses dinosaures ont leur part de responsabilité dans la situation catastrophique que connaît notre pays, ils n'expliquent pas tout.

Il y a dans la politique du "tout le monde a sa place au Congo" (sauf les Congolais(es)) quelque chose qui ne va pas.  

 

 

    Mgr Léon Kalenga, nonce apostolique au Ghana"Nous sommes loin de bâtir un Congo toujours plus beau qu'avant" Essai de relecture du dernier message de la CENCO 
    17 Juillet 2008. Par JP Mbelu

    Le 10 juillet 2008, nos Pères les évêques de la Conférence Episcopale du Congo ont lancé "un appel vibrant à la vigilance  aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté à l'occasion du 48ème anniversaire de l'indépendance" de notre pays. Cet appel intitulé "Il est temps de nous réveiller" invite tous "les Congolais à se mettre debout, à s'unir dans l'effort pour l'indépendance, à redresser les fronts longtemps courbés, à prendre le plus bel élan pour bâtir dans le labeur un pays plus beau qu'avant."

    Cet appel, spécifique par bien des côtés, partage la conclusion des observations des analystes et des personnes avisées sur "la chose congolaise": "le spectacle dramatique d'un Congo toujours exsangue et extraverti".

    A travers ce message, nos Pères les évêques, dénoncent, sur un ton classique, les cinq plaies du Congo: la corruption, l'insécurité, la faiblesse de l'Etat, la misère sociale, l'exploitation irrégulière et illégale des ressources minières et forestières.

    L'une des spécificités de ce message est de souligner l'urgence de l'action par-delà les discours. Au regard des cinq plaies et à l'analyse des situations catastrophiques de notre pays, nos évêques notent ce qui suit: " Nous devons élaborer des propositions concrètes susceptibles de relever ces grands défis. L'heure n'est plus aux beaux discours. Il est temps de passer à l'action à travers des engagements urgents à réaliser."

    Joignant l'acte à la parole, nos évêques font des propositions concrètes en matière sociale, en matière sécuritaire, en matière d'éducation civique et en matière d'exploitation de ressources naturelles. Ils concluent leur message en réitérant leur appel au peuple congolais: "Réveillons-nous! L'Heure de nous mettre au travail a sonné. Il n'est pas question des ajournements. Nous avons souvent subi notre destin. Il est temps de choisir de bâtir notre destinée. La tâche est certes immense, les défis à relever innombrables, les obstacles majeurs, mais ne succombons pas à la tentation du défaitisme." 

    1. Une espérance lucide et responsable 

    L'église catholique du Congo est une des institutions les mieux implantées au Congo. Elle est présente à travers tout notre pays. Elle se retrouve dans les coins recoins de ce géant de l'Afrique.

    Mais, comment se fait-il  que cette église n'ait pas été, à l'exemple de sa sœur latino-américaine, celle qui met le peuple debout? Quand, exerçant son rôle prophétique, elle en arrive à confesser, à travers ses évêques, que "nous avons souvent subi notre destin", elle pousse à poser la question de savoir si elle ne gagnerait pas dans ce qu'elle croit être sa nouvelle orientation en examinant ce qui, en son sein, "a souvent mangé" l'audace de l'action? C'est-à-dire qu'elle aurait besoin d'un temps de pause pendant lequel elle se livrerait à un examen de conscience collectif lui permettant de mettre à nu, sans complaisance, (ses forces et) ses faiblesses internes. Ce faisant, elle verrait si ses faiblesses (organisationnelles) ne l'emportent pas sur "ses forces". Ainsi pourrait-elle s'exercer à enraciner sa nouvelle orientation dans du solide.

    Elle aurait besoin d'une sorte de Conférence Nationale Souveraine Ecclésiale que plusieurs chrétiens appellent de plus en plus de tous leurs vœux. Celle-ci s'organiserait à partir de toutes les communautés ecclésiales vivantes de base et ses résultats remonteraient de ces communautés aux paroisses et aux organes diocésains de concertation et de dialogue. Ceux-ci les transmettraient à la Conférence Episcopale Nationale du Congo qui se chargerait de les étudier avec et à partir de la participation des délégués de toutes les communautés ecclésiales vivantes de base du Congo.

    Il y aurait un va-et-vient entre la base et la tête de l'église du Congo engagées à bâtir, avec les hommes et les femmes de bonne volonté, un pays plus beau qu'avant. Sans ce va-et-vient des actions menées en synergie, les messages de nos Pères les évêques risquent de rester, pendant longtemps, des déclarations des bonnes intentions, des discours de trop.

    En effet, les communautés ecclésiales vivantes mises en condition de penser leur fatigue sur fond de l'évangile de Celui qui invite "à se lever et à marcher" peuvent devenir les lieux de résistance contre les cinq fléaux dénoncés. C'est-à-dire des lieux où la pensée collective permet de retrouver la capacité de discuter, d'objecter, de contredire, de négocier. Elles peuvent devenir des lieux où des hommes et femmes essaient de reconquérir leurs capacités de lucidité, d'inventivité et de coopération intelligente et solidaire et de se recevoir les uns des autres comme coauteurs des valeurs porteuses de vie telles que la fraternité, l'amitié, la solidarité, la convivialité.

    Une espérance lucide et responsable se fabrique à partir des actions collectives où chacun se sent intégré comme un maillon indispensable de la chaîne de la conversion de la fatigue née de l'attentisme et de la démission en énergie créatrice d'une destinée assumée collectivement en conscience. Cette fabrication responsable de la destinée commune ne peut pas se passer d'une identification lucide des défis et obstacles majeurs auxquels le Congo fait face. 

    2. Identification lucide des défis et des obstacles 

    Il est vrai qu'une relecture des messages de nos Pères les évêques publiés depuis que le Zaïre est devenu La République Démocratique (?) du Congo permet une certaine identification de ces défis et obstacles. Mais, il nous semble que cette identification reste un peu floue. Explicitions.

    Quand nos évêques mentionnent la faiblesse de l'Etat parmi les cinq fléaux congolais et en appellent à l'émergence d'un" leadership plus visionnaire et dynamique", ils nous font tiquer.

    D'un, ils donnent l'impression de ne pas comprendre que la faiblesse actuelle de l'Etat congolais est beaucoup plus une étape d'un long processus de son affaiblissement, de son anéantissement qu'une génération spontanée. Le ver étant dans le fruit, les acteurs politiques actuels, par la parallélisation des institutions issues des élections de 2006, travaillent à l'anéantissement de l'Etat au Congo. Et ce qui en fait office actuellement est "un Etat manqué". C'est-à-dire un réseau maffieux de politicailleurs  recourant à la violence, aux assassinats ciblés, aux massacres extrajudiciaires, aux emprisonnements dans des cachots privés pour créer la peur et fatiguer psychologiquement, spirituellement et moralement nos populations afin de les rendre corvéables à merci. Cette violence délibérée alliée au non-respect des règles édictées par le droit national et international transforme le Congo en une jungle où ne peuvent tenir le coup que les seigneurs de guerre.

    Donc, croire à l'émergence d'"un leadership visionnaire et dynamique" en ayant aux affaires des obscurantistes volontaires et des pêcheurs en eau trouble, c'est mettre la charrue avant les bœufs: la menace n'est pas bien identifiée. Cela risque de remettre aux calendes grecques l'émergence de cet autre leadership.

    De deux, nos évêques critiquent la conférence de Goma sans établir explicitement le lien existant entre l'orientation donnée cette conférence et les fléaux qu'ils dénoncent. Pour avoir accepté que les Congolais étaient en guerre ethnique entre eux, cette conférence a innocenté le véritable agresseur du Congo: l'empire américain par le Rwanda (et l'Ouganda) interposé. En appelant Nkunda à la table de la négociation sans Bush-Kagame, la conférence de Goma a été un théâtre de mauvais goût. La construction de la base militaire des U.S.A. à Kigali n'augure pas des lendemains de paix au Congo.

    Dans ce contexte, quand nos évêques exigent, en matière de sécurité que la communauté internationale fasse pression sur les chefs de la guerre maintenant en otages les populations congolaises, ils semblent prêcher dans le désert. La communauté internationale a plusieurs rapports attestant que le Rwanda a agressé le Congo et est au Congo par Nkunda et d'autres infiltrés. Qu'a-t-elle fait? Rien. Dernièrement, un soldat de la Monuc a félicité l'instrument de Kagame au Congo( Nkunda), prouvant à suffisance que la dite communauté internationale est complice des malheurs de notre pays. C'est la communauté internationale qui, par "l'opération turquoise", a ramené les Rwandais chez nous. Pourquoi ne se charge-t-elle pas de les ramener au Rwanda ?

    Pour tout prendre, disons qu'une identification biaisée des défis et des obstacles dressés sur la voie de la lutte pour notre autodétermination peut rendre inefficaces nos actions. Donc, une bonne identification théorique de ces défis et obstacles sera toujours indispensable aux actions concrètes de fabrication collective de notre destinée. Elle est l'un des moyens d'actions urgentes. L'église en a-t-elle d'autres? 
     

    3. Des moyens d'actions 

    En dehors de sa dénonciation prophétique, l'église catholique du Congo peut se servir de l'éducation civique comme moyen d'action politique. Une éducation civique bien assumée dans des interstices où l'on apprend et désapprend avec et à partir des autres peut mener à des actions de résistance dignes de ce nom.

    Néanmoins, son efficacité serait liée à sa capacité de s'évaluer à court, moyen et long terme. Notre église dispose-t-elle des structures d'évaluation des actions qu'elle mène? C'est possible!

    Décidée à renverser la vapeur, elle ne peut mieux mener sa lutte que par l'organisation (de la base au sommet), la discipline et l'étude. Dans le cas contraire, si elle ne sort pas de sentiers battus, nous ne voyons pas comment elle pourra procéder pour exiger des gouvernants qu'ils répondent aux propositions concrètes qu'elle leur fait. La question lancinante ici est de savoir de quels moyens coercitifs et/ou coopératifs dispose notre église pour assurer un suivi à la demande de la mise en pratique des propositions faites aux gouvernants de notre "Etat manqué".

    Dans  leur message, nos évêques citent, à plus d'une reprise, le pape Benoît XVI. Ainsi manifestent-ils leur lien à l'église universelle. La mise à contribution de ce lien serait de grande utilité dans la lutte qu'ils voudraient désormais mener. Ils pourraient travailler davantage en synergie avec les autres églises, (et surtout) avec les Commissions Justice et Paix de l'Occident et de l'Amérique Latine. L'universalité de l'église serait un atout pour un travail d'éveil des peuples chrétiens d'ailleurs, capables de peser sur leurs opinions publiques. (Ces peuples pris en otages par la pensée unique et les médias dominants ne sont pas toujours au courant de ce qui se vit chez nous.)

    Un exemple. Les questions posées par le Groupe Afrique de la Commission Justice et Paix Belgique francophone dans une réflexion intitulée "République Démocratique du Congo: les viols et violences sexuelles sont-ils utilisés comme tactique de guerre dans le Sud-Kivu" auraient aidé nos Pères évêques à identifier "concrètement" les défis et les obstacles majeurs auxquels notre pays fait face. Cela aurait eu le mérite de rompre avec le ton classique de leurs dénonciations. Il est tellement généralisant qu'à un certain moment les premiers responsables du gâchis congolais risquent de s'en tirer avec une conscience tranquille.

    Pour bâtir un pays plus beau qu'avant, n'avons-nous pas besoin que parmi nos pasteurs et nos chrétiens, la parole prophétique soit assumée à la Nathan (parlant au Roi David en face), à la Jean-Baptiste (disant à Hérode qu'il ne lui est pas permis prendre la femme de son frère), à la Jésus (parlant sans ambages aux scribes et aux pharisiens)? La peur de la mort, de la perte des privilèges acquis et le goût du lucre auront-ils toujours raison de l'audace d'une parole libre, libérée et libératrice chez nous? 

    J.-P. Mbelu

 

 
François Muamba justifie "la grave décision" de suspendre la participation du MLC au Sénat…  Par Jean-Pierre Mbelu

Dans une interview au journal Le Potentiel, François Muamba, secrétaire général du MLC, justifie "la grave décision de suspendre la participation du MLC au Sénat, à l'Assemblée nationale, à l'Assemblée provinciale ville de Kinshasa". (Lire Le Potentiel de ce mercredi 9 juillet 2008). A notre humble avis, cette interview cerne mieux la question de l'insécurité sévissant au Congo. Elle en retrace une historique permettant de percer tant soit peu la nature exacte. Cette interview pourrait jouer le rôle d'un début d'une cure spirituelle que nous appelons depuis tout un temps de tous nos vœux. Elle aide à identifier la nature de la menace planant comme une épée de Damoclès sur les têtes des Congolais en tant que peuple. Cette interview mène à une conclusion que François ne tire pas: les dés sont pipés; le système est verrouillé.

Ce système impuissante les institutions issues des élections dites libres, transparentes et démocratiques. Les acteurs politiques siégeant au sein de ces institutions sont "envoûtés", c'est-à-dire leurs cœurs et leurs esprits ont été mangés par l'idolâtrie de l'argent et du pouvoir. A telle enseigne que vautrant dans ces institutions "sorcières" comme dans la boue, ils ont accepté de ne plus en sortir. Et les rares fois que les écailles leur tombent des yeux, ils estiment qu'ils ont fait un mauvais rêve; l'attrait de leurs idoles les conduit à remettre aux calendes grecques la défection du cercle "sorcier". Revenons à l'interview.

Menace identifiée

Prenant l'opinion publique congolaise à témoin, François Muamba lui rappelle "cette nuit où tout le monde s'attendait à la publication des résultats du premier tour au mois d'août 2006, la résidence du président du MLC, Jean-Pierre, notre permanence ont été l'objet d'une attaque par l'armée de la république démocratique du Congo, avec chars, mortiers, etc.".Après ce premier coup de semonce, "au mois de novembre, toujours dans les alentours de la résidence du président Bemba, des échanges des tirs ont lieu, avec toujours le MLC comme point de mire. Je ne reviens pas, dit François Muamba, sur les événements du 22-23 mars 2007 marqués par des attaques dirigées contre MLC."

Evoquant le cas de l'assassinat de Daniel Botethi, François Muamba avoue qu'"il se trouve qu'il a été assassiné dans des conditions qui ressemblent à toute une série d'attaques qui concernent la population en général, mais d'une manière particulière, un certain nombre d'élus." Il rappelle le cas d'Adolphe Onosumba, "ensuite Matadi Nenga, voire des officiers supérieurs de l'armée, en ce compris le secrétaire général de la défense. Je ne parle pas de Shabani Nonda, qui n'est pas un élu, mais une figure de proue du football, de ce que nous avons de meilleur dans ce pays." (La pègre s'attaque aussi à ce que notre pays a de meilleur!)

Cette violence délibérée ne semble  même pas épargner "les Congolais de service" présents aux côtés de Joseph Kabila. François Muamba a "entendu dire que le Conseiller du président de la République, Antoine Ghonda, a été attaqué dans le même périmètre (de Ma Campagne transformé en un no man's land)." 

L'instrument utilisé pour entretenir cette menace est "l'armée congolaise" (!) et plus particulièrement la Garde dite Républicaine. C'est-à-dire des Congolais et des étrangers réunis au sein de quelque chose semblable à une armée! "Ce sont les gens qui disent que ce sont des militaires de la Garde Républicaine. D'autres relèvent que ce n'est pas politique, c'est crapuleux. Ils prennent le risque d'être contredits par les faits. Nous constatons (…) qu'il y a dans ce quartier un stationnement anarchique des éléments disposant d'armes et minutions, ayant imposé dans ce périmètre la loi du Talion, du plus fort; donnant la mort à qui ils veulent, dépouillant qui ils veulent, faisant passer qui ils veulent. Ce sont quand même des faits vérifiables. Cette présence, sous cette forme-là, est porteuse d'insécurité en soi."

Dans l'assassinat de Daniel Botethi, "on est en train de nous dire par l'auditorat militaire qu'il ya trois ou quatre gardes républicains qui sont concernés. Eux-mêmes disent qu'il y a un militaire déserteur, un civil, ce n'est pas le MLC qui le dit." Et remontant la chaîne de responsabilités, François Muamba pose une question en y répondant lui-même: "Qui est le patron de l'armée dans ce pays, c'est le président de la République Joseph Kabila." Et le périmètre protégé par les escadrons de la mort est celui où Joseph Kabila a une demeure.

Impuissance des institutions

François Muamba soutient que "depuis tout un temps, il y a des décisions que l'Etat (manqué) n'a pas prises." Et pour lui, "depuis longtemps, on n'a cessé, du haut de la tribune du Sénat, de l'Assemblée nationale, de décrier cette situation (de violence délibérée). Rappelez-vous cette affaire d'Onosumba. Tout le monde est monté au créneau, que ce soit dans la presse, ou au niveau de deux Chambres du Parlement pour réclamer des mesures de protection. Ces mesures n'ont jamais été prises."

Depuis qu'il est aux affaires, François témoigne que "dans ce pays, on nous a habitué à des déclarations et non pas des actions. La léthargie, ce n'est pas seulement en termes économiques et sociaux, mais aussi en termes sécuritaires." Il donne des exemples historiques vérifiables. "Regardez dit-il, ce que nous avions demandé quand un avion est tombé à Kingasani. Le discours était de condamner avant les enquêtes. Ensuite, laisser faire les commissions d'enquête parlementaire et gouvernementale. Et lorsque les conclusions sont déposées, ce sont des décisions idoines qui sont prises. Avez-vous le souvenir depuis les événements de Kingasani que quelqu'un a été puni par rapport à toutes ces missions d'enquête? N'est-ce pas qu'il y a eu entretemps un autre problème d'avion à Goma, même si ce n'est pas de même nature? Combien de temps, de morts nous faut-il pour sanctionner ou sinon prendre de véritables mesures pour que plus rien ne soit comme avant? Nous avons joué notre rôle, avoue François Muamba, et le sentiment qui s'est dégagé, c'est que cela ne sert pas à grand-chose. Partant, nous changeons de méthodes. Nous nous mettons dehors et nous disons: "Nous reviendrons quand vous aurez agi."

En effet, François Muamba n'est pas le premier député à constater que le rôle joué par les institutions de la troisième République ne sert pas à grand-chose.

Après ce constat, faut-il seulement changer de méthodes? Et changer de méthodes n'aurait-il pas exigé une étude minutieuse de la façon dont procède le camp d'où vient la menace? Passer du constat de la léthargie de l'action gouvernementale à l'étude des actions entreprises par les réseaux maffieux opérant avec les gouvernants pour que le Congo soit à jamais une vallée des larmes? Quand François Muamba pose cette question: "Combien de temps, de morts nous faut-il pour sanctionner ou sinon prendre de véritables mesures pour que plus rien ne soit comme avant?", il passe à côté de la plaque. La véritable question serait, à notre avis, celle-ci: " Combien de temps, de morts nous faut-il pour que" les Congolais de service" siégeant dans les institutions actuelles comprennent qu'ils sont les dindons d'une farce dont se moquent les tireurs de ficelles?

Une interview à conserver à jamais

Nous devrions rompre avec cette habitude nous poussant à parler de nos hommes politique, quelle que soit leur qualité, après leur passage sur cette terre des hommes. La sortie médiatique de François Muamba  nous permet d'identifier davantage la menace qui pèse sur le Congo et ses commanditaires. Mais aussi les cibles privilégiées de cette menace.

Il ressort de cette interview que nous n'avons pas un Etat digne de ce nom mais un réseau de mercenaires. La langue de bois que François Muamba adopte à une certaine étape  cette interview n'enlève rien à sa clarté.

Après avoir identifié cette menace et ses commanditaires, François Muamba et tous les siens devraient examiner ce qu'ils ont comme points forts. Et cela sans complaisance. Examiner froidement les atouts et les moyens dont ils disposent et les soutiens dont ils bénéficient. Après, examiner les points forts de leur propre camp et les moyens dont ils disposent.

(Soulignons que nos plus de 5000.000 de morts n'ont jamais ému les responsables politiques du monde entier. La fameuse communauté internationale n'a jamais inquiété Paul Kagame, Joseph Kabila, Laurent Nkunda comme elle est en train de le faire avec Mugabe. Passons.)

En lisant cette interview, il y a des questions qui demeurent sans réponse et des constats à faire Le pays ne dispose pas d'une armée citoyenne. Comment  pouvons-nous, dès lors, sans une armée citoyenne, faire face à ceux qui instrumentalisent les escadrons de la mort commis aux trousses de notre peuple? De quels moyens disposons-nous pour faire face à ceux dont l'accession à de hauts postes de responsabilité a permis de disposer des réseaux efficaces dans l'entretien de la violence délibérée chez nous? Comment nous, Congolais, en sommes-nous arriver à croire que nous pouvons changer le monde par la simple parole? Combien de fois, les commanditaires de cette violence délibérée chez nous parlent-ils? Changer de méthode ne serait-il pas, pour plusieurs d'entre nous, engagés dans la lutte pour le renversement de la vapeur, nouer une alliance avec le silence et la discrétion? Changer de méthode ne consisterait-il pas aussi à rompre avec l'idolâtrie de l'argent et du pouvoir? Tant que nos hommes politiques seront des "Congolais de service" pour les prédateurs, se mettre momentanément en dehors des institutions favorisant l'impunité, la corruption, la prédation et la mort ne sera d'aucun secours pour un autre Congo que nous appelons de tous nos vœux. Les questions susmentionnées devraient nous mobiliser dans une quête collective et ininterrompue de sortie de l'imbroglio politique où notre pays est plongé…

Relisons cette interview, nous nous rendrons compte que les dés sont pipés. Le système est verrouillé. Rien de consistant ne se fera sans une grande rupture avec ce système criminogène, génocidaire et mortifère. Nos petites dénonciations, bien que nécessaires, n'y changeront rien. Même pas nos gris-gris (autour des reins et du cou).

Comprendre cela n'est pas au bout d'une petite sortie médiatique, mais au cœur d'une méditation permanente retraçant l'histoire de notre pays telle qu'elle faite à travers la résistance de certains de ses fils et  de certaines de ses filles. Mais aussi à travers la trahison et la compromissions de certains autres, idolâtres de l'argent et du pouvoir.

Non. On ne peut pas servir deux maîtres, disait un certain Etranger d'Emmaüs. Non. On ne peut pas servir l'Amour Fraternel, la Vérité, la Justice, la Liberté, le Courage (en Dieu) et l'Argent (et le pouvoir pour le pouvoir). Sans un choix rationnel pour "Dieu" (Dieu est Amour dit Jean l'évangéliste), on devient comme l'or et l'argent. Ces idoles ont des yeux et ne voient pas. Des oreilles et n'entendent pas. Ils deviennent comme elles ceux et celles qui les adorent. Ils ont des yeux et ne voient pas. Des oreilles et n'entendent pas.

Il ne s’agit pas ici d’une prédication d’un illuminé. Mais plutôt d’une sagesse tirée de l’expérience millénaire des peuples et de la vie d’un Maître (de Sagesse) nommé Jésus. Le service de l’Argent et du Pouvoir élevés au niveau des divinités entraîne la haine des valeurs susmentionnées, le cynisme et le sadomasochisme.

Tel est le piège dans lequel de l'homme et de la femme politique congolais sont englués ainsi que tous ceux qui leur sont soumis. Voilà pourquoi une thérapeutique collective de désenvoûtement des cœurs et des esprits est devenue, pour nous, incontournable. Elle prendra beaucoup de temps et d'énergie ; elle invitera au silence certains d'entre nous et sacrifiera beaucoup  de postes et de vies. Pour les morts en sursis que sont les veilleurs-protecteurs de la mémoire historique de nos populations et les autres ascètes du provisoire empêchant de penser en rond, faire avec la menace permanente de la mort suspendue sur leurs têtes est devenu une réalité quotidienne. François Muamba et le MLC le savent-ils?

"Nous nous mettons dehors et nous disons: "Nous reviendrons quand vous aurez agi""

Voici un bout de phrase qui devrait se passer de tout commentaire! Depuis que François Muamba est aux affaires, il sait qu'il y a chez nous "ceux qui agissent efficacement" et ceux qui obéissent c'est-à-dire ceux qui subissent les actions des acteurs majeurs de la scène politique congolaise. L'opposition dite institutionnelle n'est qu'"une force de proposition". Or, aux dires de François Muamba, les propositions faites par cette opposition jusqu'à ce jour n'ont pas servi à grand-chose.

Au lieu de poser avec les siens la question du comment de cette inefficacité et d'initier des actions pouvant conduire ces acteurs majeurs à rompre avec un désordre politique suicidaire pour nos populations, François et le MLC leur disent: "Nous nous mettons dehors et nous disons: "Nous reviendrons quand vous aurez agi."" A supposer que les acteurs majeurs répondent à cet appel par une action stratégique préparant d'autres assassinats mais appâtant François Muamba et le MLC avec l'or et l'argent, comment ces derniers le sauront-ils? Parce qu'il ne dit pas: "Agissons ensemble mais "agissez" et nous reviendrons". Quelle garantie François Muamba a-t-il que ces acteurs majeurs changeront leur mode opératoire? Agir pourrait aussi signifier corrompre l'un ou l'autre "dignitaire" du MLC pour que l'opposition dite institutionnelle rentre dans les rangs. Quelle garantie François Muamba nous donne-t-il pour que quand le MLC aura repris les travaux demain, nous puissions croire qu'il a échappé à une action stratégie forte des conséquences négatives pour notre devenir commun? Cela d'autant plus que François Muamba sait, comme nous, que "dans ce pays, on nous a habitués à des déclarations et non pas d'actions." Qu'il ne comprenne pas que se fier aux initiateurs des déclarations non suivies d'actions est une porte ouverte sur le suicide collectif, voilà où se situe la sorcellerie.

Non. Sans une rupture de l'ordre politique actuel pour une refondation d'un autre Congo, il n'y aura rien  de bon sous le soleil congolais. Il appartient aux "utopistes Congolais" de continuer de fourbir les armes de cette rupture refondatrice. Car, à lire l'interview de François Muamba donnée au journal Le Potentiel, il semble que le MLC et l'opposition dite institutionnelle "ensorcelés" ne sont pas partants pour cette autre lutte. "Baza ko rond point"!

CongoOne, Mise en ligne le 09-07-08
 
Messe de l'independance le 29 juin 2008 a Bruxelles ....Cliquez  >>>
 

Colette déballe "le modus operandi" des politiques occidentaux au Congo et en Afrique (suite et fin)

 

Quand Colette Braeckman dévoile "le modus operandi" des politiques occidentaux au Congo et en Afrique, elle s'arrête à mi-parcours. Elle ne va pas jusqu'au bout de sa dénonciation. Elle tait le fait que ce "modus operandi" pour être toléré par une certaine opinion publique occidentale doit être avalisé  par '"les médias dominants" dont un bon nombre est classifié par Michel Collon (un belge atypique!) parmi "les médiamensonges". En d'autres termes, pour que les politiques en arrivent à "la solution finale", ils mettent à contribution leur opinion publique en instrumentalisant  les médias de leurs pays. Souvent, ce sont les mêmes médias qui, après coup, plusieurs années (par exemple) après, mettent à nu le "licence to kill".

Donc, il y a souvent eu (et il y a encore) une complicité entre les politiques occidentaux et "les médias dominants" dans la mise en pratique de leur "solution finale".

 

D'autres Belges écrivent sur le Congo

 

 "Les médias dominants" abusent de leur occupation du terrain médiatique mondial pour servir "les faiseurs des rois". Nos populations, "fanatiques" de La Voix de l'Amérique, de la RFI, de la B BC , de La Libre Belgique , du Le Soir, etc. gobent tout ce que ces médias déversent sur la place publique; y compris les contre-vérités, les mensonges et la falsification de l'histoire de plusieurs pays du Sud. Accédant difficilement aux Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, plusieurs de nos compatriotes ne savent pas par exemple qu'il y a des médias occidentaux alternatifs aux "médias dominants". En dehors du site de Michel Collon, il y a celui de Stopusa et de Congoforum. Le traitement de l'information sur ces médias alternatifs (belges) s'inscrit dans une perspective plus critique et "humaine" que celle des "médias traditionnels dominants".

Prenons un exemple. Quand Colette Braeckman traite du différend belgo-congolais, elle tombe dans ce que Guy De Boeck nomme "le belgo-belge et le communautaire, pour faire de De Gucht le porte-parole d’une politique « flamande » envers le Congo. Les Flamands, déçus de s’être fait piquer le chantier de Matadi par les Emirats, et trouvant les affaires peu prometteuses du fait de la présence des Chinois, chercheraient la rupture (…) ". (G. DE BOECK, Belgique/Congo: l'autre bout de la lorgnette…, dans Dialogue du 16 juin 2008) Elle fait semblant d'oublier que "les conflits congolais sont de nature avant tout géopolitique." En faisant croire aux Congolais que la mondialisation peut leur être profitable, elle met entre parenthèses, pour le besoin de la cause, les données fondamentales du problème qui sont: "- la thèse de la « nouvelle conférence de Berlin » avancée par ces « impérialistes tropicalisés »que sont les Chefs d’Etat de la « Renaissance africaine », appuyés par les Etats-Unis.- le projet d’Africom des Etats-Unis, qui tournera certainement autour d’un axe Washington-Kigali. Notons en passant, écrit Guy De Boeck, qu’on n’a jamais vu les Américains installer un commandement militaire quelque part sans que la guerre s’ensuive, fut-elle « froide » ou « de basse intensité ».- l’importance stratégique énorme du Congo, pour les bonnes vieilles raisons connues (cuivre, cobalt, uranium, coltan, or) mais encore plus à cause de ses véritables richesses inexploitées :sa capacité de nourrir deux milliards de personnes et ses ressources en eau et en hydroélectricité." (Ibidem) Elle fait comme si les rapports de force n'étaient pas défavorables au Congo que son "chef", Joseph Kabila, a décidé de transformer en un mouroir où seuls ses laudateurs et autres flatteurs ont droit à la parole, à la jouissance et aux privilèges fabuleux.

De plus en plus, le Congo a, en Belgique, des lecteurs critiques de son histoire immédiate. Il ne se passe plus un seul jour que rédigeant sa revue de la presse congolaise, Guy de Boeck ouvre des parenthèses où il glisse des commentaires d'une rare pertinence. Le site de Michel Collon revient sur les contre-vérités des "médias dominants" et publie des articles "indexés" par lesdits médias.

Cette autre "race de belges" n'est pas très bien connue chez nous. Le viol de l'imaginaire opéré par les médias traditionnels dominants a fini par convaincre plusieurs de nos compatriotes que la Belgique a un ou deux "experts du Congo" dont Colette Braeckman. Ceci relève d'une méconnaissance et/ou d'une ignorance liée à la réduction des médias belges aux deux journaux du monde francophone: La Libre Belgique et Le Soir.

 

Déshabiller De Gucht pour habiller Louis Michel

 

Dans l'article de Colette Braeckman que nous analysons (L'indépendance se fêtera à Kananga), le conflit Wallon-flamand transparaît. M. Braeckman critique "un faiseur des rois" au profit d'un autre. Il déshabille De Gucht pour habiller Louis Michel. Et pourtant, M. Michel a une part non négligeable de responsabilité dans les malheurs actuels du Congo pour l'avoir poussé à s'enfermer dans un schéma reproduit "au cinéma de Goma" dénommé abusivement "Conférence pour la paix et la sécurité dans les Kivu".

Au sujet de M. Michel, un Belge, Jean-Claude Willam écrit: " La personnalité d'un "faiseur de paix" émerge ici, celle du ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel qui, si l'on doit pourtant reconnaître qu'il a porté le dossier de la RDC à l'attention de la communauté internationale, s'est enfermé avec beaucoup d'obstination dans l'échéancier contestable de l'accord de Lusaka. Même lorsque les actes violant la souveraineté du Congo  ont été avérés, et que l'Ouganda ont été qualifiés par le Conseil de sécurité comme pays agresseurs, le ministre belge, suivi en cela par le département d'Etat américain et d'autres "parrains", a continué à inscrire la réconciliation congolaise en tête de l'agenda des conférenciers et des rencontres internationales sur le Congo."(J.-C. WILL AM E, Les" faiseurs de paix au Congo. Gestion d'une crise internationale dans un Etat sous tutelle, Grip-Editions Complexe, 2007, p.197).

Et s'il y a quelque chose que moult compatriotes Congolais n'ont pas oublié, il y a la présentation que M. Michel a faite de Joseph Kabila sur la RTL-TVI pendant que les élections de 2006 se préparaient au Congo. M. Michel avait dit que "Joseph Kabila est l'espoir du Congo". Il a été, contrairement à sa rhétorique officielle, "le parrain" de ce jeune président qui a fini par militariser la politique au Congo.

 A plusieurs reprises, ce "nationaliste de Colette Braeckman" a eu recours à un usage excessif de la force. Voulant appliquer "la solution finale" à l'encontre de son adversaire-ennemi (Jean-Pierre Bemba) au deuxième tour des élections présidentielles, "ce souverainiste" a utilisé, par sa milice interposée, des armes lourdes en pleine ville de Kinshasa le 22 et le 23 mars 2007 causant des dégâts énormes en vies humaines et en infrastructures. Dernièrement, une mission spéciale de l'ONU envoyée dans le Bas-Congo pour enquêter sur les massacres perpétrés contre les adeptes de Bundu dia Congo par la police de Joseph Kabila a encore déploré l'usage excessif de la force. Un récent article publié sur le site de la radio Okapi mentionne l'usage de la torture dans  "les prisons officieuses" de Joseph Kabila. "Le constat a été fait par le directeur intérimaire du Bureau des Nations unies aux droits de l’homme, à l’occasion des manifestations commémoratives de la 11e journée internationale de soutien aux victimes de la torture. Selon Louis Marie Bouaka, les rapports, aussi bien du Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme que des ONG congolaises des droits de l’homme indiquent que la torture et les pratiques inhumaines et dégradantes sont toujours de mise en République Démocratique du Congo. Même dans des cas d’arrestations légales, il est courant que les personnes arrêtées subissent des actes de torture et de traitement cruel, a souligné la même source (…). De son coté, la Ligue pour la paix et les droits de l’homme, Lipadho, a dénoncé quelques endroits dans la capitale où les tortures sont monnaie courante. Il s’agit, notamment de la Circo, de GLM et de Kin Mazière où, même la Monuc et les activistes des droits de l’homme n’ont pas accès, a indiqué Floribert Sezabo, secrétaire général de cette ONG. « Dieu seul sait comment les victimes sont maltraitées pour leur faire avouer des méfaits, même s’ils ne les ont pas réellement commis », a-t-il déclaré avant de plaider pour le respect, par la RDC, de ses engagements internationaux par rapport aux conventions sur la torture, et pour la disparition sur le territoire congolais des lieux de détention illégale". (Cf www.radio.okapi.net du 26  août 2008)

Des pans entiers de notre pays sont occupés par les pays voisins sans que cela émeuve outre-mesure "le souverainiste de Colette". La vente irrationnelle des carrés miniers par les gouvernements successifs de Joseph Kabila a fini par transformer certaines provinces du Congo en des cadavres dépouillés par "les multinationales" et les réseaux mafieux de tout bord.

Quand certains compatriotes connaissant et palpant du doigt cette réalité du Congo au quotidien lisent les articles de Colette Braeckman comme celui que nous étudions, ils l'assimilent aux politiques occidentaux qu'elle critique. Sans plus. Tous font ou défont "les seigneurs de guerre et les autres dictateurs africains" contre nos populations.

 

 

 

Une petite conclusion

 

Notre attachement sentimental aux "médias dominants", souvent porte-parole de la pensée unique et complices des politiques de la terre brûlée pratiquées au Sud de la planète limite notre approche du regard que l'autre porte sur nous.  En marge des "médias dominants", Internet a permis l'éclosion, au Nord de la planète, du "cinquième pouvoir": ces médias alternatifs, critiques acerbes des "médiamensonges" et/ou épris du dessein d'établir de façon permanente "le dialogue des peuples".

Il est compréhensible que nos populations privées de l'électricité et ayant un accès presque nul aux NTIC soient encore très liées aux "médias dominants traditionnels" et en répercutent les contre-vérités et les mensonges. Ce faisant, elles participent de l'une ou de l'autre façon à "l'écriture officielle de l'histoire" de nos pays à partir des pays du Nord dont les politiques, à quelques exceptions près, ne jurent que par le "licence to kill", par l'application de "la solution finale" à  nos "nationalistes", à nos patriotes résistants et à nos autres veilleurs-protecteurs de notre mémoire historique. Il appartient à ces derniers de faire la publicité des "médias alternatifs" du Nord et du Sud et de lutter pour que l'accès aux NTIC devienne une réalité pour un nombre considérable de nos populations floué par les réseaux de la mondialisation de la prédation du Nord et du Sud de la planète.

 

J.-P. Mbelu

 

Plaidoyer pour une autre indépendance au Congo. Tenter la thérapeutique du "désenvoûtement des cœurs et des esprits"

 

Après 48 ans d'indépendance nominale, la militarisation de la politique congolaise, l'enrichissement facile des gouvernants ayant géré la chose publique pendant la deuxième et la troisième République l'imbécillisation de la majorité de nos populations, la trahison des "techniciens du savoir" et la néocolonisation du Congo sont des constats plusieurs fois ressassés. Cette rengaine pourrait finir par lasser, si elle ne sert qu'à entretenir un nombrilisme congolais irresponsabilisant. La lutte qui vaille la peine d'être encore et toujours menée serait celle qui consiste à "dresser nos fronts longtemps courbés".

 

I. Voir plus loin que le monde virtuel de l'Internet

 

Si cette lutte doit se garder d'être menée en ordre dispersé, elle ne devrait pas s'épanouir au-delà du monde  virtuel. Nous sommes en train de nous laisser piéger par Internet. Si sur Internet, tous nos compatriotes savent ce qu'il faut faire pour que le bonheur soit partagé demain au Congo, l'illusion serait grande de croire qu'à force de débattre sur cette machine, notre pays finira par se transformer, comme par coup de baguette magique, en un paradis terrestre.

En effet, il est louable que le Congo ait plusieurs de ses filles et fils, analystes chevronnés des causes lointaines et immédiates de sa descente en enfer. Mais ces analyses risquent de demeurer lettre morte et pour longtemps, si ces filles et ces fils du Congo remettent toujours les missions pouvant les fédérer aux calendes grecques.

Il serait exagérer de dire que rien de sérieux ne se fait au sein des communautés congolaises vivant au pays ou dans la diaspora. Il y a des groupes homogènes (des partis politiques ou des associations citoyennes) qui se rencontrent.

Souvent, les problèmes surgissent quand le passage de son groupe ou débat avec d'autres groupes est exigé pour des raisons d'unifier les forces, de créer de grandes coalitions ayant comme but et chemin un Congo libre, prospère et démocratique. Ici, les démons de la délation, de la diabolisation, de la division, de l'égocentrisme surgissent. Et tout le monde accuse et dénigre tout le monde. Et tout le monde ne veut pas rencontrer tout le monde et/ou pose des conditions draconiennes devant être remplies au préalable, sans que la chance soit donnée à l'apprentissage en commun. Prudence oblige, entendons-nous souvent.

La dureté des jugements que nous portons les uns à l'endroit des autres souffrirait d'un déterminisme aveuglant sur la capacité de l'homme à apprendre de son errance et des espaces où, avec et à partir des autres, il essaie de désapprendre. Aussi, est-il important que nous prenions en compte certains résultats de nos analyses.

Un exemple. Il est de plus en plus établi que la diabolisation des compatriotes "nationalistes", la division des Congolais entre eux, la délation, etc. ont participé et participent encore du "modus operandi" des politiques occidentaux  "faiseurs des rois" chez nous et "petites mains du capital" Mais pourquoi reproduisons-nous cette façon de faire que nous critiquons vertement en créant des clivages entre nous?

En effet, il est sûr que tous les Congolais n'ont pas occupé les mêmes postes de responsabilité pendant la deuxième et la troisième république. Il est plus ou moins certain qu'un jour, ceux et celles d'entre nous qui ont participé de près ou de loin à la descente de notre pays en enfer, répondent de leurs actes. De là à cultiver une méfiance permanente entre nous, il y a un pas que nous franchissement souvent allègrement.

 

II. Initier et entretenir la thérapeutique du "désenvoûtement des cœurs et des esprits"

 

A l'aube de la 49ème année de notre indépendance nominale, ne serait-il pas urgent que "les ascètes du provisoire congolais" initient des actions de cure spirituelle contre la haine de soi, l'auto-flagellation, le mépris de soi (et du différent), l'autodénigrement et tous ces autres vices qui détruisent notre pays en tant que corps. L'une des actions serait la mise sur pied des lieux d'apprentissage en commun où les débats d'idées aideraient à l'approfondissement de la connaissance mutuelle indispensable au travail de la fabrication commune de notre destinée. Il y a comme un appel permanent à une réconciliation permanente du Congolais avec lui-même…

Il est quand même étonnant que ces Congolais qui se tirent souvent dessus à boulet rouge soient de temps en temps des laudateurs de "leurs bourreaux", membres des réseaux mafieux de prédation nationaux et internationaux, donnant ainsi l'impression d'être des sadomasochistes conscients et/ou inconscients!

Quand nous parlons d'une cure spirituelle, nous ne pensons pas directement au remplissage de nos maisons de prière. (L'obscurantisme qui sévit dans certaines d'entre elles contribue à l'esclavage des cœurs et des esprits.) Nous invitons à un travail semblable à ce qui pourrait s'appeler "le désenvoûtement des cœurs et des esprits" dans ces lieux d'apprentissage en commun que pourraient devenir nos cercles de débat d'idées et d'échanges réguliers.

Ces cercles seraient des espaces où la prise de parole réciproque dans le respect du partenaire dialogual (adversaire politique ou membre d'une association différente à ne pas  confondre avec un ennemi) chercherait à poser des questions qui mettent ensemble, qui incitent à l'unification des forces pour bâtir un autre Congo.

"Le désenvoûtement des cœurs et des esprits" est un travail de fabrication de la confiance mutuelle au quotidien. Il ne s'embarrasse pas de la réponse aux questions du genre: "Sommes-nous optimistes ou pessimistes sur l'avenir du Congo?". Non. Ce travail pose des questions d'un tout autre genre: " Comment nous débarrasser des démons de la division, de la diabolisation de l'autre, de l'auto-flagellation, de l'autodénigrement, etc. pour que l'autre Congo advienne à court, moyen et long termes? Comment nous donner des délais d'évaluation qui fassent de nos errances des appels au retour sur le chemin de l'édification mutuelle au nom d'un autre Congo? Qu'apprenons-nous de l'autre qui nous permette de désapprendre en nous débarrassant des préjugés mortifères? Comment pouvons-nous, ensemble, créer un Congo où l'amitié avec l'autre n'est pas l'autre nom d'une extraversion hypocrite? Comment faire pour être, au quotidien, maîtres, chez nous, là?"

"Le désenvoûtement des cœurs et des esprits", porté comme devoir citoyen et humain, incite à porter en permanence (en soi et collectivement) ces questions et tant d'autres avec et à partir des autres (Congolais et amis étrangers) pour "bâtir un pays plus beau qu'avant, dans la paix" et dans l'humilité. Ceci exigera  en permanence un renoncement à l'égocentrisme ravageur. Mais aussi à cet héritage mobutien du "petit chef" plus beau, plus intelligent, plus sage, etc. à l'exception de tous les autres.

"Le désenvoûtement des cœurs et des esprits" est une thérapeutique qui se moque de la toute-puissance du chef en tant qu' "homme seul", "président fondateur" (et/ou fécondateur), "guide éclairé", etc. Cette thérapeutique assume notre imbécillité et nos propensions à l'amnésie comme étant la part de notre vulnérabilité et de notre fragilité. Mais aussi comme un appel à "l'union qui fait la force" sur fond d'un désaccord fondateur d'un autre Congo, d'une autre Afrique et d'une autre humanité. Pour dire les choses simplement, l'autre Congo à recréer devrait démonétiser en permanence les modèles de personnalisation du pouvoir dont les exemples de notre histoire passée et présente indiquent les limites.

La thérapeutique du "désenvoûtement des cœurs et des esprits" se veut une pratique collective portée par les collectifs des veilleurs-protecteurs de la mémoire historique de nos populations, les ascètes du provisoire Congolais et leurs alliés (africains et étrangers) et nos communautés villageoises et/ou citadines de base ayant fait d'un  Congo libre, prospère et démocratique leur raison de vivre et de mourir.

 

J.-P. Mbelu

Mayobo crucifié, l’embarras de Gizenga !

[Kinshasa, le 26-06-2008] » Les méthodes de l’UDPS sont copiées au PALU. Cadres et militants du parti cher à Gizenga, chauffés à blanc devant leur QG de Matete, ont soutenu la décision du Conseil National de discipline d’exclure définitivement Godefroid Mayobo du parti. Deux scénarii sont possibles. Ou bien Gizenga s’incline devant la décision de ceux qui gèrent le parti au quotidien, ou bien il engage un bras de fer. L’un ou l’autre cas ne sera pas sans conséquence. Les dés sont donc jetés pour l’actuel Premier Ministre.

La sanction suprême contre Godefroid Mayobo, ministre près le Premier ministre, est tombée hier mercredi 25 juin 2008. Devant des cadres et militants du PALU chauffés à blanc à leur QG de Matete, Justin Kiluba, porte-parole du Comité Exécutif National, a confirmé la terrible nouvelle de la double exclusion de Mayobo du parti et du Gouvernement. Justin Kiluba rendait publique la décision du Conseil national de discipline du PALU, laquelle instance avait entendu Godefroid Mayobo le week-end. Les choses se sont très vite accélérées. Peu avant que l’instance disciplinaire ne se réunisse, c’est le Groupe parlementaire PALU qui avait appuyé une décision du Cenal. Et pourtant, Antoine Gizenga, quelques jours plus tôt, avait ordonné au Cenal de surseoir à l’exclusion de Mayobo. Gizenga rappelait aux tombeurs du ministre près le Premier ministre la procédure statutaire en la matière. Le Premier ministre, qui se trouve être le Secrétaire général et Autorité morale du PALU, ignorait peut-être que l’action anti Mayobo avait déjà atteint un point de non-retour. Mayobo, sans commentaire

Mais Mayobo ne se trompait pas sur la détermination de ses adversaires. Officiellement, le ministre près le Premier ministre se refuse encore à tout commentaire. Quelqu’un a tout de même réagi. On relève que Mayobo a appris la triste nouvelle par voie de presse pendant qu’il attendait que le Conseil de discipline lui transmette le PV de son audition pour signature. La copie du PV ne lui est pas parvenue. Mayobo, dit un membre de son entourage, a été quelque peu surpris de voir que les extrémistes du parti ont mobilisé cadres et militants, brandissant banderoles, calicots hostiles dans le seul objectif de montrer qu’il est vomi à jamais par la base. Les proches de Mayobo voient dans la démarche une façon de l’empêcher d’aller fêter le 48ème anniversaire de l’indépendance du pays à Kananga. On se permet aussi de faire un lien avec le remaniement ministériel annoncé mais qui se fait attendre.
Que va faire Gizenga ?
Le sort de Mayobo est suspendue à la volonté de Gizenga de le maintenir ou pas contre vents et marrées. Deux scénarii sont possibles. Ou bien Gizenga s’incline devant la décision de ceux qui gèrent le parti au quotidien, ou bien il engage un bras de fer. L’un ou l’autre cas ne sera pas sans conséquence.

La Prospérité
26-06-2008 - 11:19:34

 

Marketing politique Par  Le Potentiel

Le Conseil de ministres demain vendredi (27 juin 2008) à Kananga, chef-lieu du Kasaï Occidental, répondrait-il à un simple marketing politique ? Ou, dans les meilleurs des cas, à un souci de l’Exécutif d’apporter des solutions concrètes aux problèmes qui s’y posent ?

« Sans eau, sans électricité, notre province ne peut pas se développer », s’inquiète son élite, alors qu’arrivent à Kinshasa ingénieurs et matériels chinois dans le cadre de l’exécution des accords conclus entre le gouvernement congolais et un collectif d’investisseurs chinois.

« En échange de concessions minières, exploitées en partenariat avec des entreprises publiques congolaises, donnant de l’emploi aux Congolais et produisant de la valeur ajoutée localement, les banques chinoises acceptent de contribuer au financement de nos Cinq chantiers », avait expliqué le président la République, Joseph Kabila Kabange, dans son discours du 6 décembre 2007 devant le Congrès.

Disposant d’un site touristique extraordinaire avec le lac Munkamba, le secteur touristique souffre malheureusement de l’absence d’investissements dans l’hôtellerie. Pour des raisons évidentes.

Aujourd’hui, avec une densité de 21,56 habitants au kilomètre carré, le Kasaï Occidental ne veut pas rater les opportunités qu’offre le programme de réhabilitation et de reconstruction du gouvernement. C’est ce qu’ont compris ses 58 représentants au parlement (4 sénateurs et 54 députés), parlant pour le compte de l’ensemble des 3,5 millions de citoyennes et de citoyens.

Lors du débat à l’Assemblée nationale sur les «contrats chinois», ils ont exprimé des craintes pertinentes en rapport avec les infrastructures à réhabiliter ou à construire. Quoique le gouvernement ait révélé que les fonds chinois financeraient au Kasaï Occidental une bretelle du chemin de fer Katanga-Bas-Congo, deux routes de terre battue (Kananga-Mbuji Mayi et Kananga-Kapanga), 30 km de voirie urbaine (Kananga), la construction d’un centre de santé par territoire, de deux hôpitaux de 150 lits et d’un barrage hydroélectrique (Katende).

S’agissant de la «compensation» à laquelle devrait avoir droit leur province, ils ont posé le problème en termes clairs. «Que gagnerait le Kasaï Occidental si ses gisements miniers venaient à être mis à la disposition des Chinois pas satisfaits des réalisations prévues au Katanga ?», ont-ils interrogé.

Un autre problème susceptible de figurer à l’ordre du jour, est celui de l’agriculture dans cette partie du pays. Jadis grenier agricole, le Kasaï Occidental est devenu curieusement dépendant des provinces environnantes et de l’étranger au plan alimentaire.

Quel est le programme agricole du gouvernement pour la relance d’un secteur qui, sous d’autres cieux, est la base de l’industrialisation ? La part réservée à l’agriculture dans le budget 2008 pourra-t-elle répondre aux attentes des populations du Kasaï Occidental ? C’est à ces questions et à tant d’autres que le Conseil de ministres doit également répondre.

 

L’ONU bloque le Procès Thomas Lubanga !
23-06-2008 ___ Le premier procès de la Cour pénale internationale, qui devait s’ouvrir le 23 juin, a été suspendu. Thomas Lubanga, ancien chef de milice de l’Est de la République démocratique du Congo, est poursuivi pour avoir enrôlé des enfants dans ses troupes. 
La décision des juges repose sur le refus des Nations Unies de lever la confidentialité sur les pièces du dossier. La cour devrait tenir une nouvelle audience le 24 juin pour décider de la remise en liberté de l’accusé. Incarcéré depuis mars 2006 dans une cellule du centre pénitentiaire de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, l’ancien chef de l’Union des patriotes Congolais (UPC), Thomas Lubanga, pourrait être bientôt remis en liberté.
 
Accusé de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants dans ses troupes, actives dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), le procès de Thomas Lubanga, qui est aussi le premier procès organisé par cette Cour érigée en juillet 2002, devait débuter le 23 juin. Mais dans une décision rendue le 13 juin, les juges de la Cour ont suspendu la procédure. Pour les magistrats, l’accusé ne pourrait pas avoir un procès « juste ».
 
Jugement impossible en l’absence de toutes les pièces
La décision des juges est motivée par le refus des Nations Unies de lever la confidentialité sur 156 pièces du dossier de Thomas Lubanga. Or ces pièces comporteraient des éléments susceptibles de disculper d’accusé ou d’alléger sa responsabilité et pourraient « avoir de l’impact » sur la culpabilité ou l’innocence de l’accusé, écrivent les magistrats dans une décision de 44 pages. Ces pièces pourraient démontrer que des enfants ont volontairement rejoint les forces de Thomas Lubanga, « ou ont été envoyés par leurs parents », que l’accusé aurait par ailleurs participé à la démobilisation des enfants soldats » au cours du conflit.
 
D’autres éléments montreraient qu’il aurait été « intoxiqué » ce qui pourrait avoir altéré sa capacité de contrôle ou de compréhension du caractère illégal de sa conduite.
Ces pièces essentielles pour le dossier Lubanga ont été obtenues par le procureur suite à plusieurs accords de confidentialité passés avec les Nations Unies, et notamment la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc). Le procureur avait expliqué aux juges qu’il n’aurait « pas été en mesure d’ouvrir une enquête en République démocratique du Congo sans les informations fournies par l’ONU en vertu d’un accord de confidentialité ». Or selon la procédure de la cour, qui prévoit une multitude de garde-fous en faveur des Etats, le procureur ne peut lever la confidentialité d’un document qu’avec l’accord du « fournisseur ». Mais en refusant de donner son aval, l’organisation des Nations Unies bloque le procès de Thomas Lubanga.
 
La raison d’Etat
Au cours d’une audience de procédure, tenue le 10 juin à la Haye, Jean-Marie Biju-Duval, l’un des avocats de Thomas Lubanga, avait estimé que les archives des Nations Unies devraient être ouvertes à tous. Le véritable scandale n’est pas du côté du procureur, a t-il dit, mais du côté des Nations Unies qui font obstacle à ce que des informations destinées à la vérité judiciaire parviennent aux juges et à la défense. Pourquoi du côté des Nations Unies veut-on priver monsieur Lubanga de sa défense ? Interrogeait-il. Qui veut-on protéger ? Quelles sont les puissances, les intérêts qui font dire aux Nations Unies nous ne voulons pas que des éléments soient divulgués à la défense. On ne peut pas faire valoir la raison d’Etat internationale sur les intérêts de la justice. Il n’y a qu’une seule solution: constater que les procès est impossible.
Les juges ont retenu les arguments. A moins que les Nations Unies décident finalement de lever la confidentialité sur ces pièces, ou que le procureur fasse appel de la décision, une nouvelle audience devrait se tenir le 24 juin pour débattre de la remise en liberté de l’accusé.
 
Eugide Lalé Mbunda
REVUE DE LA PRESSE
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Des politiques congolais arnaqueurs! Les élections de 2011 seraient-elles gagnées d'avance? Par Jean-Pierre Mbelu