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Par
JP Melu 17/07/2008 ___ "Nous
sommes loin de bâtir un Congo toujours plus beau qu'avant"
Essai de relecture du dernier message de la CENCO"
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JP Melu 17/07/2008 ___ A
Paris, Joseph
Kabila humilie le Congo et l'Afrique Contrairement
aux kabilistes purs et durs croyant que la sortie parisienne de
Joseph Kabila a été un succès, nous nous la considérons comme
une humiliation, non pas seulement pour le Congo, mais aussi pour
l'Afrique. Explicitons.
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| COMMUNIQUE:
La revue de la
presse reprendra dans queslques jours. Votre serviteur Jean-Pierre
Mbelu prend quelques jours de vacance. Vous pouvez neamoins le
joindre par e-mail en cas de besoin:
jpmbelu@yahoo.fr
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A
Paris, Joseph Kabila humilie le Congo et l'Afrique
Par JP Mbelu, 18 Juillet
2008 ___ Les Congolais(es) ayant suivi de près le déroulement
de la visite que Joseph Kabila a rendu à Nicolas Sarkozy savant
que le président congolais a demandé à son homologue français
une intervention auprès du FMI afin que la dette extérieure de
notre pays (auprès de cette IFI) soit allégée. La réponse de
Nicolas Sarkozy à cette demande fait penser à don discours de
Dakar. (Joseph Kabila sait-il que le président Français a
prononcé à Dakar le 26 juillet 2007, dans un amphithéâtre de
l'université Cheikh Anta Diop un discours "décomplexé"
sur l'Afrique qui n'est jamais rentrée dans l'histoire?)
En effet, à Dakar, le
chef de l'Etat Français avait eu recours à Hegel, Gobineau, à Lévy-Bruhl,
etc. pour dresser le portait d'une Afrique immature. Et quand, répondant
à Joseph Kabila Nicolas Sarkozy relève la contradiction qu'il y
a à solliciter un allègement de la dette extérieure auprès du
FMI tout en en contractant d'autres auprès de la Chine (sous
forme de troc ?), il renvoie son homologue congolais à Lévy-Bruhl
soutenant que les nègres sont insensibles à la contradiction.
Contrairement aux kabilistes purs et durs croyant que la sortie
parisienne de Joseph Kabila a été un succès, nous nous la
considérons comme une humiliation, non pas seulement pour le
Congo, mais aussi pour l'Afrique. Explicitons.
Nicolas Sarkozy: une
mauvaise porte
A moins que Joseph Kabila
ait voulu jouer la France contre la Belgique, singeant en cela le
dernier Maréchal de l'Afrique, nous ne voyons pas à quoi rime la
demande de l'allègement de la dette du Congo auprès du FMI. Cela
d'autant plus que cette demande est formulée après le passage
des représentants du FMI au Congo et leur proposition de donner 3
milliards de dollars à ce pays pour qu'il résilie le contrat
chinois. Que Joseph Kabila se rende en France après le rejet de
la proposition du FMI par son gouvernement (parallèle?) pour que
Nicolas Sarkozy opère un miracle, voilà qui dépasse tout
entendement. Et puis, est-ce chez Nicolas Sarkozy qu'il fallait se
rendre au CADTM?
Des études expertes
faites par le Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-monde
(en Belgique et en France) ont montré clairement que la dette du
Zaïre/Congo contractée auprès du FMI est une dette odieuse. Des
Congolais, membres du CADTM ont travaillé sur cette question.
Victor Nzuzi en est un.
Avec le FMI, les
bailleurs de fonds suisses, français, états-uniens ou belges
savent que la dette du Congo est odieuse. Cet argent détourné
par Mobutu et ses dinosaures n'a pas servi la cause des
populations congolaises. "Un des outils essentiels pour
prouver que les créanciers connaissaient l'existence d'un système
organisé de détournements est le rapport Blumenthal. La Banque
centrale du Zaïre faisait l'objet de nombreuses ponctions par les
dirigeants au pouvoir, en lien avec leurs soutiens occidentaux,
car elle représentait une source importante de devises étrangères."
(D. MILLET, L'argent du leurre. L'Afrique ligotée, dans www.cadtm.org).
Après Mobutu, la RDC des
Kabila a été "une démonstration du pillage et de la
soumission". A ce sujet, Eric Toussaint et Damien Millet écrivaient
ce qui suit: "Pour qui veut comprendre des notions aussi
complexes que le pillage des richesses d'un pays, la perte de
souveraineté intolérable d'un Etat et la notion de la dette
odieuse, la République démocratique du Congo (RDC) est un cas d'école.
La façon dont le budget 2007 a été constitué et les
orientations prises par le gouvernement dirigé par Antoine
Gizenga fournissent des preuves saisissantes de ce que le Comité
pour l'annulation de la dette du tiers-monde et tant d'autres
mouvements sociaux avancent depuis des années." (E.
TOUSSAINT, D. MILLET, RDC: la démonstration du pillage et de la
soumission, dans www.cadtm.org
du 6 juillet 2007).
Le budget 2007 a suivi
les orientations dictées par le FMI. "Gardons à l'esprit
que le FMI est le fer de lance de la mondialisation financière,
particulièrement réputé sur tous les continents au sein des
populations pauvres pour les ravages commis par les mesures
antisociales qu'il a imposées depuis un quart de siècle…"
(Ibidem)
Dans ce contexte, si
Joseph Kabila avait besoin des conseils experts pouvant aider le
Congo à se reconstruire, c'est aux audits initiés par le CADTM
qu'il devrait se référer et non à Nicolas Sarkozy et aux autres
Bolloré.
Donc, en allant à Paris,
Joseph Kabila et son gouvernement ont donné la preuve supplémentaire
d'être les agents de la recolonisation du Congo et de l'Afrique.
Cette fois-ci par la dette utilisée par les pays du Nord comme
nouvelle arme de domination des pays du Sud.
En recevant Joseph Kabila
à Paris et en maintenant ses relations aves les Bongo et les
Sassou, Nicolas Sarkozy prouve qu'il n'a pas rompu avec la françafrique.
Ainsi, "aucune solution juste et durable ne pourra être
trouvé tant que les puissances occidentales, dont la France,
n'auront pas tiré toutes les conséquences de leur complicité
avec des régimes dictatoriaux et corrompus, voire génocidaires.
Les signes d'amitié adressés à des dictateurs corrompus ne font
que les renforcer dans leur attitude prédatrice et sont une
insulte aux peuples qui en sont victimes." (D. MILLET, R.
PELUCHON, Sarkozy en Afrique: quelle rupture, dans www.cadtm.org
du 28 juillet 2007)
Mobutu n'explique pas
tout
Se laisser conseiller par
le FMI pour les orientations majeures du budget, tourner le dos au
FMI quand il demande de renoncer aux contrats chinois, aller chez
Nicolas Sarkozy pour que le même FMI allège la dette et après
s'en prendre à "ceux qui ont fait du Congo l'enfer qu'il est
aujourd'hui", tel est le jeu auquel nous habituent les
kabilistes purs et durs. Ils n'ont pas honte de soutenir, après
plus de 10 ans de gestion du pouvoir politique sans partage que se
sont les mobutistes et les kengistes qui ont, seuls, mis le pays
à genou. Ils tiennent à l'écart de toute remise en question la
gestion hasardeuse voulue de la chose publique qu'ils pratiquent.
Si Mobutu et ses dinosaures ont leur part de responsabilité dans
la situation catastrophique que connaît notre pays, ils
n'expliquent pas tout.
Il y a dans la politique
du "tout le monde a sa place au Congo" (sauf les
Congolais(es)) quelque chose qui ne va pas.
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"Nous
sommes loin de bâtir un Congo toujours plus beau qu'avant"
Essai de relecture du dernier message
de la CENCO
17 Juillet 2008. Par JP
Mbelu
Le 10 juillet 2008, nos
Pères les évêques de la Conférence Episcopale du Congo ont
lancé "un appel vibrant à la vigilance aux fidèles
catholiques et aux hommes de bonne volonté à l'occasion du 48ème
anniversaire de l'indépendance" de notre pays. Cet appel
intitulé "Il est temps de nous réveiller" invite
tous "les Congolais à se mettre debout, à s'unir dans
l'effort pour l'indépendance, à redresser les fronts longtemps
courbés, à prendre le plus bel élan pour bâtir dans le
labeur un pays plus beau qu'avant."
Cet
appel, spécifique par bien des côtés, partage la conclusion
des observations des analystes et des personnes avisées sur
"la chose congolaise": "le spectacle dramatique
d'un Congo toujours exsangue et extraverti".
A
travers ce message, nos Pères les évêques, dénoncent, sur un
ton classique, les cinq plaies du Congo: la corruption, l'insécurité,
la faiblesse de l'Etat, la misère sociale, l'exploitation irrégulière
et illégale des ressources minières et forestières.
L'une
des spécificités de ce message est de souligner l'urgence de
l'action par-delà les discours. Au regard des cinq plaies et à
l'analyse des situations catastrophiques de notre pays, nos évêques
notent ce qui suit: " Nous devons élaborer des
propositions concrètes susceptibles de relever ces grands défis.
L'heure n'est plus aux beaux discours. Il est temps de passer à
l'action à travers des engagements urgents à réaliser."
Joignant
l'acte à la parole, nos évêques font des propositions concrètes
en matière sociale, en matière sécuritaire, en matière d'éducation
civique et en matière d'exploitation de ressources naturelles.
Ils concluent leur message en réitérant leur appel au peuple
congolais: "Réveillons-nous! L'Heure de nous mettre au
travail a sonné. Il n'est pas question des ajournements. Nous
avons souvent subi notre destin. Il est temps de choisir de bâtir
notre destinée. La tâche est certes immense, les défis à
relever innombrables, les obstacles majeurs, mais ne succombons
pas à la tentation du défaitisme."
L'église
catholique du Congo est une des institutions les mieux implantées
au Congo. Elle est présente à travers tout notre pays. Elle se
retrouve dans les coins recoins de ce géant de l'Afrique.
Mais,
comment se fait-il que cette église n'ait pas été, à
l'exemple de sa sœur latino-américaine, celle qui met le
peuple debout? Quand, exerçant son rôle prophétique, elle en
arrive à confesser, à travers ses évêques, que "nous
avons souvent subi notre destin", elle pousse à poser la
question de savoir si elle ne gagnerait pas dans ce qu'elle
croit être sa nouvelle orientation en examinant ce qui, en son
sein, "a souvent mangé" l'audace de l'action? C'est-à-dire
qu'elle aurait besoin d'un temps de pause pendant lequel elle se
livrerait à un examen de conscience collectif lui permettant de
mettre à nu, sans complaisance, (ses forces et) ses faiblesses
internes. Ce faisant, elle verrait si ses faiblesses (organisationnelles)
ne l'emportent pas sur "ses forces". Ainsi
pourrait-elle s'exercer à enraciner sa nouvelle orientation
dans du solide.
Elle
aurait besoin d'une sorte de Conférence Nationale Souveraine
Ecclésiale que plusieurs chrétiens appellent de plus en plus
de tous leurs vœux. Celle-ci s'organiserait à partir de toutes
les communautés ecclésiales vivantes de base et ses résultats
remonteraient de ces communautés aux paroisses et aux organes
diocésains de concertation et de dialogue. Ceux-ci les
transmettraient à la Conférence Episcopale Nationale du Congo
qui se chargerait de les étudier avec et à partir de la
participation des délégués de toutes les communautés ecclésiales
vivantes de base du Congo.
Il y
aurait un va-et-vient entre la base et la tête de l'église du
Congo engagées à bâtir, avec les hommes et les femmes de
bonne volonté, un pays plus beau qu'avant. Sans ce va-et-vient
des actions menées en synergie, les messages de nos Pères les
évêques risquent de rester, pendant longtemps, des déclarations
des bonnes intentions, des discours de trop.
En
effet, les communautés ecclésiales vivantes mises en condition
de penser leur fatigue sur fond de l'évangile de Celui qui
invite "à se lever et à marcher" peuvent devenir les
lieux de résistance contre les cinq fléaux dénoncés. C'est-à-dire
des lieux où la pensée collective permet de retrouver la
capacité de discuter, d'objecter, de contredire, de négocier.
Elles peuvent devenir des lieux où des hommes et femmes
essaient de reconquérir leurs capacités de lucidité,
d'inventivité et de coopération intelligente et solidaire et
de se recevoir les uns des autres comme coauteurs des valeurs
porteuses de vie telles que la fraternité, l'amitié, la
solidarité, la convivialité.
Une espérance
lucide et responsable se fabrique à partir des actions
collectives où chacun se sent intégré comme un maillon
indispensable de la chaîne de la conversion de la fatigue née
de l'attentisme et de la démission en énergie créatrice d'une
destinée assumée collectivement en conscience. Cette
fabrication responsable de la destinée commune ne peut pas se
passer d'une identification lucide des défis et obstacles
majeurs auxquels le Congo fait face.
Il est
vrai qu'une relecture des messages de nos Pères les évêques
publiés depuis que le Zaïre est devenu La République Démocratique
(?) du Congo permet une certaine identification de ces défis et
obstacles. Mais, il nous semble que cette identification reste
un peu floue. Explicitions.
Quand
nos évêques mentionnent la faiblesse de l'Etat parmi les cinq
fléaux congolais et en appellent à l'émergence d'un"
leadership plus visionnaire et dynamique", ils nous font
tiquer.
D'un,
ils donnent l'impression de ne pas comprendre que la faiblesse
actuelle de l'Etat congolais est beaucoup plus une étape d'un
long processus de son affaiblissement, de son anéantissement
qu'une génération spontanée. Le ver étant dans le fruit, les
acteurs politiques actuels, par la parallélisation des
institutions issues des élections de 2006, travaillent à l'anéantissement
de l'Etat au Congo. Et ce qui en fait office actuellement est
"un Etat manqué". C'est-à-dire un réseau maffieux
de politicailleurs recourant à la violence, aux
assassinats ciblés, aux massacres extrajudiciaires, aux
emprisonnements dans des cachots privés pour créer la peur et
fatiguer psychologiquement, spirituellement et moralement nos
populations afin de les rendre corvéables à merci. Cette
violence délibérée alliée au non-respect des règles édictées
par le droit national et international transforme le Congo en
une jungle où ne peuvent tenir le coup que les seigneurs de
guerre.
Donc,
croire à l'émergence d'"un leadership visionnaire et
dynamique" en ayant aux affaires des obscurantistes
volontaires et des pêcheurs en eau trouble, c'est mettre la
charrue avant les bœufs: la menace n'est pas bien identifiée.
Cela risque de remettre aux calendes grecques l'émergence de
cet autre leadership.
De deux,
nos évêques critiquent la conférence de Goma sans établir
explicitement le lien existant entre l'orientation donnée cette
conférence et les fléaux qu'ils dénoncent. Pour avoir accepté
que les Congolais étaient en guerre ethnique entre eux, cette
conférence a innocenté le véritable agresseur du Congo:
l'empire américain par le Rwanda (et l'Ouganda) interposé. En
appelant Nkunda à la table de la négociation sans Bush-Kagame,
la conférence de Goma a été un théâtre de mauvais goût. La
construction de la base militaire des U.S.A. à Kigali n'augure
pas des lendemains de paix au Congo.
Dans ce
contexte, quand nos évêques exigent, en matière de sécurité
que la communauté internationale fasse pression sur les chefs
de la guerre maintenant en otages les populations congolaises,
ils semblent prêcher dans le désert. La communauté
internationale a plusieurs rapports attestant que le Rwanda a
agressé le Congo et est au Congo par Nkunda et d'autres infiltrés.
Qu'a-t-elle fait? Rien. Dernièrement, un soldat de la Monuc a félicité
l'instrument de Kagame au Congo( Nkunda), prouvant à suffisance
que la dite communauté internationale est complice des malheurs
de notre pays. C'est la communauté internationale qui, par
"l'opération turquoise", a ramené les Rwandais chez
nous. Pourquoi ne se charge-t-elle pas de les ramener au Rwanda
?
Pour
tout prendre, disons qu'une identification biaisée des défis
et des obstacles dressés sur la voie de la lutte pour notre
autodétermination peut rendre inefficaces nos actions. Donc,
une bonne identification théorique de ces défis et obstacles
sera toujours indispensable aux actions concrètes de
fabrication collective de notre destinée. Elle est l'un des
moyens d'actions urgentes. L'église en a-t-elle d'autres?
En
dehors de sa dénonciation prophétique, l'église catholique du
Congo peut se servir de l'éducation civique comme moyen
d'action politique. Une éducation civique bien assumée dans
des interstices où l'on apprend et désapprend avec et à
partir des autres peut mener à des actions de résistance
dignes de ce nom.
Néanmoins,
son efficacité serait liée à sa capacité de s'évaluer à
court, moyen et long terme. Notre église dispose-t-elle des
structures d'évaluation des actions qu'elle mène? C'est
possible!
Décidée
à renverser la vapeur, elle ne peut mieux mener sa lutte que
par l'organisation (de la base au sommet), la discipline et l'étude.
Dans le cas contraire, si elle ne sort pas de sentiers battus,
nous ne voyons pas comment elle pourra procéder pour exiger des
gouvernants qu'ils répondent aux propositions concrètes
qu'elle leur fait. La question lancinante ici est de savoir de
quels moyens coercitifs et/ou coopératifs dispose notre église
pour assurer un suivi à la demande de la mise en pratique des
propositions faites aux gouvernants de notre "Etat manqué".
Dans
leur message, nos évêques citent, à plus d'une reprise, le
pape Benoît XVI. Ainsi manifestent-ils leur lien à l'église
universelle. La mise à contribution de ce lien serait de grande
utilité dans la lutte qu'ils voudraient désormais mener. Ils
pourraient travailler davantage en synergie avec les autres églises,
(et surtout) avec les Commissions Justice et Paix de l'Occident
et de l'Amérique Latine. L'universalité de l'église serait un
atout pour un travail d'éveil des peuples chrétiens d'ailleurs,
capables de peser sur leurs opinions publiques. (Ces peuples
pris en otages par la pensée unique et les médias dominants ne
sont pas toujours au courant de ce qui se vit chez nous.)
Un
exemple. Les questions posées par le Groupe Afrique de la
Commission Justice et Paix Belgique francophone dans une réflexion
intitulée "République Démocratique du Congo: les viols
et violences sexuelles sont-ils utilisés comme tactique de
guerre dans le Sud-Kivu" auraient aidé nos Pères évêques
à identifier "concrètement" les défis et les
obstacles majeurs auxquels notre pays fait face. Cela aurait eu
le mérite de rompre avec le ton classique de leurs dénonciations.
Il est tellement généralisant qu'à un certain moment les
premiers responsables du gâchis congolais risquent de s'en
tirer avec une conscience tranquille.
Pour bâtir
un pays plus beau qu'avant, n'avons-nous pas besoin que parmi
nos pasteurs et nos chrétiens, la parole prophétique soit
assumée à la Nathan (parlant au Roi David en face), à la
Jean-Baptiste (disant à Hérode qu'il ne lui est pas permis
prendre la femme de son frère), à la Jésus (parlant sans
ambages aux scribes et aux pharisiens)? La peur de la mort, de
la perte des privilèges acquis et le goût du lucre auront-ils
toujours raison de l'audace d'une parole libre, libérée et libératrice
chez nous?
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| François
Muamba justifie "la grave décision" de suspendre la
participation du MLC au Sénat… Par
Jean-Pierre Mbelu |
Dans une
interview au journal Le Potentiel,
François Muamba, secrétaire général du MLC, justifie
"la grave décision de suspendre la participation du MLC
au Sénat, à l'Assemblée nationale, à l'Assemblée
provinciale ville de Kinshasa". (Lire Le
Potentiel de ce mercredi 9
juillet 2008). A notre humble avis, cette interview cerne
mieux la question de l'insécurité sévissant au Congo. Elle
en retrace une historique permettant de percer tant soit peu
la nature exacte. Cette interview pourrait jouer le rôle d'un
début d'une cure spirituelle que nous appelons depuis tout un
temps de tous nos vœux. Elle aide à identifier la nature de
la menace planant comme une épée de Damoclès sur les têtes
des Congolais en tant que peuple. Cette interview mène à une
conclusion que François ne tire pas: les dés sont pipés; le
système est verrouillé.
Ce système
impuissante les institutions issues des élections dites
libres, transparentes et démocratiques. Les acteurs
politiques siégeant au sein de ces institutions sont "envoûtés",
c'est-à-dire leurs cœurs et leurs esprits ont été mangés
par l'idolâtrie de l'argent et du pouvoir. A telle enseigne
que vautrant dans ces institutions "sorcières"
comme dans la boue, ils ont accepté de ne plus en sortir. Et
les rares fois que les écailles leur tombent des yeux, ils
estiment qu'ils ont fait un mauvais rêve; l'attrait de leurs
idoles les conduit à remettre aux calendes grecques la défection
du cercle "sorcier". Revenons à l'interview.
Menace
identifiée
Prenant
l'opinion publique congolaise à témoin, François Muamba lui
rappelle "cette nuit où tout le monde s'attendait à la
publication des résultats du premier tour au mois d'août
2006, la résidence du président du MLC, Jean-Pierre, notre
permanence ont été l'objet d'une attaque par l'armée de la
république démocratique du Congo, avec chars, mortiers,
etc.".Après ce premier coup de semonce, "au mois de
novembre, toujours dans les alentours de la résidence du président
Bemba, des échanges des tirs ont lieu, avec toujours le MLC
comme point de mire. Je ne reviens pas, dit François Muamba,
sur les événements du 22-23 mars 2007 marqués par des
attaques dirigées contre MLC."
Evoquant le
cas de l'assassinat de Daniel Botethi, François Muamba avoue
qu'"il se trouve qu'il a été assassiné dans des
conditions qui ressemblent à toute une série d'attaques qui
concernent la population en général, mais d'une manière
particulière, un certain nombre d'élus." Il
rappelle le cas d'Adolphe Onosumba, "ensuite Matadi Nenga,
voire des officiers supérieurs de l'armée, en ce
compris le secrétaire général de la défense. Je ne parle
pas de Shabani Nonda, qui n'est pas un élu, mais une figure
de proue du football, de ce que nous avons de meilleur dans ce
pays." (La pègre s'attaque aussi à ce que
notre pays a de meilleur!)
Cette
violence délibérée ne semble même pas
épargner "les Congolais de service" présents aux côtés
de Joseph Kabila. François Muamba a "entendu dire que le
Conseiller du président de la République, Antoine Ghonda, a
été attaqué dans le même périmètre (de Ma Campagne
transformé en un no man's land)."
L'instrument
utilisé pour entretenir cette menace est "l'armée
congolaise" (!) et plus particulièrement la Garde dite Républicaine.
C'est-à-dire des Congolais et des étrangers réunis au sein
de quelque chose semblable à une armée! "Ce sont les
gens qui disent que ce sont des militaires de la Garde Républicaine.
D'autres relèvent que ce n'est pas politique, c'est crapuleux.
Ils prennent le risque d'être contredits par les faits. Nous
constatons (…) qu'il y a dans ce quartier un stationnement
anarchique des éléments disposant d'armes et minutions,
ayant imposé dans ce périmètre la loi du Talion, du plus
fort; donnant la mort à qui ils veulent, dépouillant qui ils
veulent, faisant passer qui ils veulent. Ce sont
quand même des faits vérifiables. Cette présence,
sous cette forme-là, est porteuse d'insécurité en soi."
Dans
l'assassinat de Daniel Botethi, "on est en train de nous
dire par l'auditorat militaire qu'il ya trois ou quatre gardes
républicains qui sont concernés. Eux-mêmes disent qu'il y a
un militaire déserteur, un civil, ce n'est pas le MLC qui le
dit." Et remontant la chaîne de responsabilités, François
Muamba pose une question en y répondant lui-même: "Qui
est le patron de l'armée dans ce pays, c'est le président de
la République Joseph Kabila." Et le périmètre protégé
par les escadrons de la mort est celui où Joseph Kabila a une
demeure.
Impuissance
des institutions
François
Muamba soutient que "depuis tout un temps, il y a des décisions
que l'Etat (manqué) n'a pas prises." Et pour lui, "depuis
longtemps, on n'a cessé, du haut de la tribune du Sénat, de
l'Assemblée nationale, de décrier cette situation (de
violence délibérée). Rappelez-vous cette affaire d'Onosumba.
Tout le monde est monté au créneau, que ce soit dans la
presse, ou au niveau de deux Chambres du Parlement pour réclamer
des mesures de protection. Ces mesures n'ont jamais été
prises."
Depuis qu'il
est aux affaires, François témoigne que "dans ce pays,
on nous a habitué à des déclarations et non pas des
actions. La léthargie, ce n'est pas seulement en termes économiques
et sociaux, mais aussi en termes sécuritaires." Il donne
des exemples historiques vérifiables. "Regardez dit-il,
ce que nous avions demandé quand un avion est tombé à
Kingasani. Le discours était de condamner avant les enquêtes.
Ensuite, laisser faire les commissions d'enquête
parlementaire et gouvernementale. Et lorsque les conclusions
sont déposées, ce sont des décisions idoines qui sont
prises. Avez-vous le souvenir depuis les événements de
Kingasani que quelqu'un a été puni par rapport à toutes ces
missions d'enquête? N'est-ce pas qu'il y a eu entretemps un
autre problème d'avion à Goma, même si ce n'est pas de même
nature? Combien de temps, de morts nous faut-il
pour sanctionner ou sinon prendre de véritables mesures pour
que plus rien ne soit comme avant? Nous avons joué notre rôle,
avoue François Muamba, et le sentiment qui s'est dégagé,
c'est que cela ne sert pas à grand-chose.
Partant, nous changeons de méthodes. Nous nous mettons dehors
et nous disons: "Nous reviendrons quand vous aurez agi."
En effet,
François Muamba n'est pas le premier député à constater
que le rôle joué par les institutions de la troisième République
ne sert pas à grand-chose.
Après ce
constat, faut-il seulement changer de méthodes? Et changer de
méthodes n'aurait-il pas exigé une étude minutieuse de
la façon dont procède le camp d'où vient la menace? Passer
du constat de la léthargie de l'action
gouvernementale à l'étude des actions entreprises par les réseaux
maffieux opérant avec les gouvernants pour que le Congo soit
à jamais une vallée des larmes? Quand François Muamba pose
cette question: "Combien de temps, de morts nous faut-il
pour sanctionner ou sinon prendre de véritables mesures pour
que plus rien ne soit comme avant?", il passe à côté
de la plaque. La véritable question serait, à notre avis,
celle-ci: " Combien de temps, de morts nous faut-il pour
que" les Congolais de service" siégeant dans les
institutions actuelles comprennent qu'ils sont les dindons
d'une farce dont se moquent les tireurs de ficelles?
Une
interview à conserver à jamais
Nous devrions
rompre avec cette habitude nous poussant à parler de nos
hommes politique, quelle que soit leur qualité, après leur
passage sur cette terre des hommes. La sortie médiatique de
François Muamba nous permet d'identifier
davantage la menace qui pèse sur le Congo et ses
commanditaires. Mais aussi les cibles privilégiées de cette
menace.
Il ressort de
cette interview que nous n'avons pas un Etat digne de ce nom
mais un réseau de mercenaires. La langue de bois que François
Muamba adopte à une certaine étape cette
interview n'enlève rien à sa clarté.
Après avoir
identifié cette menace et ses commanditaires, François
Muamba et tous les siens devraient examiner ce qu'ils ont
comme points forts. Et cela sans complaisance. Examiner
froidement les atouts et les moyens dont ils disposent et les
soutiens dont ils bénéficient. Après, examiner les points
forts de leur propre camp et les moyens dont ils disposent.
(Soulignons que
nos plus de 5000.000 de morts n'ont jamais ému les
responsables politiques du monde entier. La fameuse communauté
internationale n'a jamais inquiété Paul Kagame, Joseph
Kabila, Laurent Nkunda comme elle est en train de le faire
avec Mugabe. Passons.)
En lisant
cette interview, il y a des questions qui demeurent sans réponse
et des constats à faire Le pays ne dispose pas d'une armée
citoyenne. Comment pouvons-nous, dès lors,
sans une armée citoyenne, faire face à ceux qui
instrumentalisent les escadrons de la mort commis aux trousses
de notre peuple? De quels moyens disposons-nous pour faire
face à ceux dont l'accession à de hauts postes de
responsabilité a permis de disposer des réseaux efficaces
dans l'entretien de la violence délibérée chez nous?
Comment nous, Congolais, en sommes-nous arriver à croire que
nous pouvons changer le monde par la simple parole? Combien de
fois, les commanditaires de cette violence délibérée chez
nous parlent-ils? Changer de méthode ne serait-il pas, pour
plusieurs d'entre nous, engagés dans la lutte pour le
renversement de la vapeur, nouer une alliance avec le silence
et la discrétion? Changer de méthode ne consisterait-il pas
aussi à rompre avec l'idolâtrie de l'argent et du pouvoir?
Tant que nos hommes politiques seront des "Congolais de
service" pour les prédateurs, se mettre momentanément
en dehors des institutions favorisant l'impunité, la
corruption, la prédation et la mort ne sera d'aucun secours
pour un autre Congo que nous appelons de tous nos vœux. Les
questions susmentionnées devraient nous mobiliser dans une quête
collective et ininterrompue de sortie de
l'imbroglio politique où notre pays est plongé…
Relisons
cette interview, nous nous rendrons compte que les dés sont
pipés. Le système est verrouillé. Rien de consistant ne se
fera sans une grande rupture avec ce système criminogène, génocidaire
et mortifère. Nos petites dénonciations, bien que nécessaires,
n'y changeront rien. Même pas nos gris-gris (autour des reins
et du cou).
Comprendre
cela n'est pas au bout d'une petite sortie médiatique, mais
au cœur d'une méditation permanente retraçant l'histoire de
notre pays telle qu'elle faite à travers la résistance de
certains de ses fils et de certaines de ses
filles. Mais aussi à travers la trahison et la compromissions
de certains autres, idolâtres de l'argent et du pouvoir.
Non. On ne
peut pas servir deux maîtres, disait un certain Etranger
d'Emmaüs. Non. On ne peut pas servir l'Amour Fraternel, la Vérité,
la Justice, la Liberté, le Courage (en Dieu) et l'Argent (et
le pouvoir pour le pouvoir). Sans un choix rationnel pour
"Dieu" (Dieu est Amour dit Jean l'évangéliste), on
devient comme l'or et l'argent. Ces idoles ont des yeux et ne
voient pas. Des oreilles et n'entendent pas. Ils deviennent
comme elles ceux et celles qui les adorent. Ils ont des yeux
et ne voient pas. Des oreilles et n'entendent pas.
Il ne
s’agit pas ici d’une prédication d’un illuminé. Mais
plutôt d’une sagesse tirée de l’expérience millénaire
des peuples et de la vie d’un Maître (de Sagesse) nommé Jésus.
Le service de l’Argent et du Pouvoir élevés au niveau des
divinités entraîne la haine des valeurs susmentionnées, le
cynisme et le sadomasochisme.
Tel est le piège
dans lequel de l'homme et de la femme politique congolais sont
englués ainsi que tous ceux qui leur sont soumis. Voilà
pourquoi une thérapeutique collective de désenvoûtement des
cœurs et des esprits est devenue, pour nous, incontournable.
Elle prendra beaucoup de temps et d'énergie ; elle invitera
au silence certains d'entre nous et sacrifiera beaucoup de
postes et de vies. Pour les morts en sursis que sont les
veilleurs-protecteurs de la mémoire historique de nos
populations et les autres ascètes du provisoire empêchant de
penser en rond, faire avec la menace permanente de la mort
suspendue sur leurs têtes est devenu une réalité
quotidienne. François Muamba et le MLC le savent-ils?
"Nous
nous mettons dehors et nous disons: "Nous reviendrons
quand vous aurez agi""
Voici un bout
de phrase qui devrait se passer de tout commentaire! Depuis
que François Muamba est aux affaires, il sait qu'il y a chez
nous "ceux qui agissent efficacement" et ceux qui obéissent
c'est-à-dire ceux qui subissent les actions des acteurs
majeurs de la scène politique congolaise. L'opposition dite
institutionnelle n'est qu'"une force de
proposition". Or, aux dires de François Muamba, les
propositions faites par cette opposition jusqu'à ce jour
n'ont pas servi à grand-chose.
Au lieu de
poser avec les siens la question du comment de cette
inefficacité et d'initier des actions pouvant conduire ces
acteurs majeurs à rompre avec un désordre politique
suicidaire pour nos populations, François et le MLC leur
disent: "Nous nous mettons dehors et nous disons: "Nous
reviendrons quand vous aurez agi."" A supposer que
les acteurs majeurs répondent à cet appel par une action
stratégique préparant d'autres assassinats mais appâtant
François Muamba et le MLC avec l'or et l'argent, comment ces
derniers le sauront-ils? Parce qu'il ne dit pas: "Agissons
ensemble mais "agissez" et nous reviendrons".
Quelle garantie François Muamba a-t-il que ces acteurs
majeurs changeront leur mode opératoire? Agir pourrait aussi
signifier corrompre l'un ou l'autre "dignitaire" du
MLC pour que l'opposition dite institutionnelle rentre dans
les rangs. Quelle garantie François Muamba nous donne-t-il
pour que quand le MLC aura repris les travaux demain, nous
puissions croire qu'il a échappé à une action stratégie
forte des conséquences négatives pour notre devenir commun?
Cela d'autant plus que François Muamba sait, comme nous, que
"dans ce pays, on nous a habitués à des déclarations
et non pas d'actions." Qu'il ne comprenne pas que se fier
aux initiateurs des déclarations non suivies d'actions est
une porte ouverte sur le suicide collectif, voilà où se
situe la sorcellerie.
Non. Sans une
rupture de l'ordre politique actuel pour une refondation d'un
autre Congo, il n'y aura rien de bon sous
le soleil congolais. Il appartient aux "utopistes
Congolais" de continuer de fourbir les
armes de cette rupture refondatrice. Car, à lire l'interview
de François Muamba donnée au journal Le Potentiel,
il semble que le MLC et l'opposition dite institutionnelle
"ensorcelés" ne sont pas partants pour cette autre
lutte. "Baza ko rond point"!
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| CongoOne,
Mise en ligne le 09-07-08 |
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Messe
de l'independance le 29 juin 2008 a Bruxelles ....Cliquez
>>>
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Colette
déballe "le modus operandi" des politiques occidentaux au
Congo et en Afrique
(suite et fin)
Quand Colette Braeckman dévoile "le modus
operandi" des politiques occidentaux au Congo et en Afrique,
elle s'arrête à mi-parcours. Elle ne va pas jusqu'au bout de sa dénonciation.
Elle tait le fait que ce "modus operandi" pour être toléré
par une certaine opinion publique occidentale doit être avalisé par
'"les médias dominants" dont un bon nombre est classifié
par Michel Collon (un belge atypique!) parmi "les médiamensonges".
En d'autres termes, pour que les politiques en arrivent à "la
solution finale", ils mettent à contribution leur opinion
publique en instrumentalisant les
médias de leurs pays. Souvent, ce sont les mêmes médias qui, après
coup, plusieurs années (par exemple) après, mettent à nu le
"licence to kill".
Donc, il y a souvent eu (et il y a encore) une
complicité entre les politiques occidentaux et "les médias
dominants" dans la mise en pratique de leur "solution
finale".
D'autres Belges écrivent sur le Congo
"Les
médias dominants" abusent de leur occupation du terrain médiatique
mondial pour servir "les faiseurs des rois". Nos
populations, "fanatiques" de La Voix de l'Amérique, de la
RFI, de la B
BC
, de
La Libre Belgique
, du Le Soir, etc. gobent tout ce que ces médias déversent sur la
place publique; y compris les contre-vérités, les mensonges et la
falsification de l'histoire de plusieurs pays du Sud. Accédant
difficilement aux Nouvelles Technologies de l'Information et de la
Communication, plusieurs de nos compatriotes ne savent pas par
exemple qu'il y a des médias occidentaux alternatifs aux "médias
dominants". En dehors du site de Michel Collon, il y a celui de
Stopusa et de Congoforum. Le traitement de l'information sur ces médias
alternatifs (belges) s'inscrit dans une perspective plus critique et
"humaine" que celle des "médias traditionnels
dominants".
Prenons
un exemple. Quand Colette Braeckman traite du différend
belgo-congolais, elle tombe dans ce que Guy De Boeck nomme
"le belgo-belge et le communautaire, pour faire de De Gucht le
porte-parole d’une politique « flamande » envers le Congo. Les
Flamands, déçus de s’être fait piquer le chantier de Matadi par
les Emirats, et trouvant les affaires peu prometteuses du fait de la
présence des Chinois, chercheraient la rupture (…) ". (G. DE
BOECK, Belgique/Congo: l'autre bout de la lorgnette…, dans Dialogue
du 16 juin 2008) Elle fait semblant d'oublier que "les
conflits congolais sont de nature avant tout géopolitique."
En faisant croire aux Congolais que la mondialisation peut leur être
profitable, elle met entre parenthèses, pour le besoin de la cause,
les données fondamentales du problème qui sont: "- la thèse
de la « nouvelle conférence de Berlin » avancée par ces « impérialistes
tropicalisés »que sont les Chefs d’Etat de
la « Renaissance
africaine », appuyés par les Etats-Unis.- le projet d’Africom
des Etats-Unis, qui tournera certainement autour d’un axe
Washington-Kigali. Notons en passant, écrit Guy De Boeck, qu’on
n’a jamais vu les Américains installer un commandement militaire
quelque part sans que la guerre s’ensuive, fut-elle « froide »
ou « de basse intensité ».- l’importance stratégique énorme
du Congo, pour les bonnes vieilles raisons connues (cuivre, cobalt,
uranium, coltan, or) mais encore plus à cause de ses véritables
richesses inexploitées :sa capacité de nourrir deux milliards de
personnes et ses ressources en eau et en hydroélectricité." (Ibidem)
Elle fait comme si les rapports de force n'étaient pas défavorables
au Congo que son "chef", Joseph Kabila, a décidé de
transformer en un mouroir où seuls ses laudateurs et autres
flatteurs ont droit à la parole, à la jouissance et aux privilèges
fabuleux.
De
plus en plus, le Congo a, en Belgique, des lecteurs critiques de son
histoire immédiate. Il ne se passe plus un seul jour que rédigeant
sa revue de la presse congolaise, Guy de Boeck ouvre des parenthèses
où il glisse des commentaires d'une rare pertinence. Le site de
Michel Collon revient sur les contre-vérités des "médias
dominants" et publie des articles "indexés" par
lesdits médias.
Cette
autre "race de belges" n'est pas très bien connue chez
nous. Le viol de l'imaginaire opéré par les médias traditionnels
dominants a fini par convaincre plusieurs de nos compatriotes que la
Belgique a un ou deux "experts du Congo" dont Colette
Braeckman. Ceci relève d'une méconnaissance et/ou d'une ignorance
liée à la réduction des médias belges aux deux journaux du monde
francophone:
La Libre Belgique
et Le Soir.
Déshabiller De Gucht pour habiller Louis Michel
Dans l'article de Colette Braeckman que nous
analysons (L'indépendance se fêtera à Kananga), le conflit
Wallon-flamand transparaît. M. Braeckman critique "un faiseur
des rois" au profit d'un autre. Il déshabille De Gucht pour
habiller Louis Michel. Et pourtant, M. Michel a une part non négligeable
de responsabilité dans les malheurs actuels du Congo pour l'avoir
poussé à s'enfermer dans un schéma reproduit "au cinéma de
Goma" dénommé abusivement "Conférence pour la paix et
la sécurité dans les Kivu".
Au sujet de M. Michel, un Belge, Jean-Claude
Willam écrit: " La personnalité d'un "faiseur de paix"
émerge ici, celle du ministre belge des Affaires étrangères,
Louis Michel qui, si l'on doit pourtant reconnaître qu'il a porté
le dossier de la RDC à l'attention de la communauté internationale,
s'est enfermé avec beaucoup d'obstination dans l'échéancier
contestable de l'accord de Lusaka. Même lorsque les actes violant
la souveraineté du Congo ont
été avérés, et que l'Ouganda ont été qualifiés par le Conseil
de sécurité comme pays agresseurs, le ministre belge, suivi en
cela par le département d'Etat américain et d'autres "parrains",
a continué à inscrire la réconciliation congolaise en tête de
l'agenda des conférenciers et des rencontres internationales sur le
Congo."(J.-C. WILL
AM
E, Les" faiseurs de
paix au Congo. Gestion d'une crise internationale dans un Etat sous
tutelle, Grip-Editions Complexe, 2007, p.197).
Et s'il y a quelque chose que moult
compatriotes Congolais n'ont pas oublié, il y a la présentation
que M. Michel a faite de Joseph Kabila sur la RTL-TVI pendant que
les élections de 2006 se préparaient au Congo. M. Michel avait dit
que "Joseph Kabila est l'espoir du Congo". Il a été,
contrairement à sa rhétorique officielle, "le parrain"
de ce jeune président qui a fini par militariser la politique au
Congo.
A
plusieurs reprises, ce "nationaliste de Colette Braeckman"
a eu recours à un usage excessif de
la force. Voulant
appliquer "la solution finale" à l'encontre de son
adversaire-ennemi (Jean-Pierre Bemba) au deuxième tour des élections
présidentielles, "ce souverainiste" a utilisé, par sa
milice interposée, des armes lourdes en pleine ville de Kinshasa le
22 et le 23 mars 2007 causant des dégâts énormes en vies humaines
et en infrastructures. Dernièrement, une mission spéciale de l'ONU
envoyée dans le Bas-Congo pour enquêter sur les massacres perpétrés
contre les adeptes de Bundu dia Congo par la police de Joseph Kabila
a encore déploré l'usage excessif de
la force. Un
récent article publié sur le site de
la radio Okapi
mentionne l'usage de la torture dans
"les prisons officieuses" de Joseph Kabila. "Le constat a été fait par le
directeur intérimaire du Bureau des Nations unies aux droits de
l’homme, à l’occasion des manifestations commémoratives de la
11e journée internationale de soutien aux victimes de
la torture. Selon Louis
Marie Bouaka, les
rapports, aussi bien du Bureau des Nations Unies aux droits de
l’homme que des ONG congolaises des droits de l’homme indiquent
que la torture et les pratiques inhumaines et dégradantes sont
toujours de mise en République Démocratique du Congo. Même dans
des cas d’arrestations légales, il est courant que les personnes
arrêtées subissent des actes de torture et de traitement cruel, a
souligné la même source (…). De son coté, la Ligue pour la paix
et les droits de l’homme, Lipadho, a dénoncé quelques endroits
dans la capitale où les tortures sont monnaie courante. Il
s’agit, notamment de la Circo, de GLM et de Kin Mazière où, même
la Monuc et les activistes des droits de l’homme n’ont pas accès,
a indiqué Floribert Sezabo, secrétaire général de cette ONG.
« Dieu seul sait comment les victimes sont maltraitées pour
leur faire avouer des méfaits, même s’ils ne les ont pas réellement
commis », a-t-il déclaré avant de plaider pour le respect,
par la RDC, de ses engagements internationaux par rapport aux
conventions sur la torture, et pour la disparition sur le territoire
congolais des lieux de détention illégale".
(Cf www.radio.okapi.net
du 26
août 2008)
Des pans entiers de notre
pays sont occupés par les pays voisins sans que cela émeuve
outre-mesure "le souverainiste de Colette". La vente
irrationnelle des carrés miniers par les gouvernements successifs
de Joseph Kabila a fini par transformer certaines provinces du Congo
en des cadavres dépouillés par "les multinationales" et
les réseaux mafieux de tout bord.
Quand certains compatriotes
connaissant et palpant du doigt cette réalité du Congo au
quotidien lisent les articles de Colette Braeckman comme celui que
nous étudions, ils l'assimilent aux politiques occidentaux qu'elle
critique. Sans plus. Tous font ou défont "les seigneurs de
guerre et les autres dictateurs africains" contre nos
populations.
Une petite conclusion
Notre attachement sentimental aux "médias
dominants", souvent porte-parole de la pensée unique et
complices des politiques de la terre brûlée pratiquées au Sud de
la planète limite notre approche du regard que l'autre porte sur
nous. En marge des
"médias dominants", Internet a permis l'éclosion, au
Nord de la planète, du "cinquième pouvoir": ces médias
alternatifs, critiques acerbes des "médiamensonges" et/ou
épris du dessein d'établir de façon permanente "le dialogue
des peuples".
Il est compréhensible que nos populations privées
de l'électricité et ayant un accès presque nul aux NTIC soient
encore très liées aux "médias dominants traditionnels"
et en répercutent les contre-vérités et les mensonges. Ce faisant,
elles participent de l'une ou de l'autre façon à "l'écriture
officielle de l'histoire" de nos pays à partir des pays du
Nord dont les politiques, à quelques exceptions près, ne jurent
que par le "licence to kill", par l'application de
"la solution finale" à
nos "nationalistes", à nos patriotes résistants
et à nos autres veilleurs-protecteurs de notre mémoire historique.
Il appartient à ces derniers de faire la publicité des "médias
alternatifs" du Nord et du Sud et de lutter pour que l'accès
aux NTIC devienne une réalité pour un nombre considérable de nos
populations floué par les réseaux de la mondialisation de la prédation
du Nord et du Sud de la planète.
J.-P. Mbelu
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Plaidoyer
pour une autre indépendance au Congo. Tenter la thérapeutique du
"désenvoûtement des cœurs et des esprits"
Après
48 ans d'indépendance nominale, la militarisation de la politique
congolaise, l'enrichissement facile des gouvernants ayant géré la
chose publique pendant la deuxième et la troisième République
l'imbécillisation de la majorité de nos populations, la trahison
des "techniciens du savoir" et la néocolonisation du
Congo sont des constats plusieurs fois ressassés. Cette rengaine
pourrait finir par lasser, si elle ne sert qu'à entretenir un
nombrilisme congolais irresponsabilisant. La lutte qui vaille la
peine d'être encore et toujours menée serait celle qui consiste à
"dresser nos fronts longtemps courbés".
I.
Voir plus loin que le monde virtuel de l'Internet
Si
cette lutte doit se garder d'être menée en ordre dispersé, elle
ne devrait pas s'épanouir au-delà du monde virtuel.
Nous sommes en train de nous laisser piéger par Internet. Si sur
Internet, tous nos compatriotes savent ce qu'il faut faire pour que
le bonheur soit partagé demain au Congo, l'illusion serait grande
de croire qu'à force de débattre sur cette machine, notre pays
finira par se transformer, comme par coup de baguette magique, en un
paradis terrestre.
En
effet, il est louable que le Congo ait plusieurs de ses filles et
fils, analystes chevronnés des causes lointaines et immédiates de
sa descente en enfer. Mais ces analyses risquent de demeurer lettre
morte et pour longtemps, si ces filles et ces fils du Congo
remettent toujours les missions pouvant les fédérer aux calendes
grecques.
Il
serait exagérer de dire que rien de sérieux ne se fait au sein des
communautés congolaises vivant au pays ou dans la diaspora. Il y a
des groupes homogènes (des partis politiques ou des associations
citoyennes) qui se rencontrent.
Souvent,
les problèmes surgissent quand le passage de son groupe ou débat
avec d'autres groupes est exigé pour des raisons d'unifier les
forces, de créer de grandes coalitions ayant comme but et chemin un
Congo libre, prospère et démocratique. Ici, les démons de la délation,
de la diabolisation, de la division, de l'égocentrisme surgissent.
Et tout le monde accuse et dénigre tout le monde. Et tout le monde
ne veut pas rencontrer tout le monde et/ou pose des conditions
draconiennes devant être remplies au préalable, sans que la chance
soit donnée à l'apprentissage en commun. Prudence oblige,
entendons-nous souvent.
La
dureté des jugements que nous portons les uns à l'endroit des
autres souffrirait d'un déterminisme aveuglant sur la capacité de
l'homme à apprendre de son errance et des espaces où, avec et à
partir des autres, il essaie de désapprendre. Aussi, est-il
important que nous prenions en compte certains résultats de nos
analyses.
Un
exemple. Il est de plus en plus établi que la diabolisation des
compatriotes "nationalistes", la division des Congolais
entre eux, la délation, etc. ont participé et participent encore
du "modus operandi" des politiques occidentaux
"faiseurs des rois" chez nous et "petites
mains du capital" Mais pourquoi reproduisons-nous cette façon
de faire que nous critiquons vertement en créant des clivages entre
nous?
En
effet, il est sûr que tous les Congolais n'ont pas occupé les mêmes
postes de responsabilité pendant la deuxième et la troisième république.
Il est plus ou moins certain qu'un jour, ceux et celles d'entre nous
qui ont participé de près ou de loin à la descente de notre pays
en enfer, répondent de leurs actes. De là à cultiver une méfiance
permanente entre nous, il y a un pas que nous franchissement souvent
allègrement.
II.
Initier et entretenir la thérapeutique du "désenvoûtement
des cœurs et des esprits"
A
l'aube de la 49ème année de notre indépendance
nominale, ne serait-il pas urgent que "les ascètes du
provisoire congolais" initient des actions de cure
spirituelle contre la haine de soi, l'auto-flagellation, le
mépris de soi (et du différent), l'autodénigrement et tous ces
autres vices qui détruisent notre pays en tant que corps. L'une des
actions serait la mise sur pied des lieux d'apprentissage en commun
où les débats d'idées aideraient à l'approfondissement de la
connaissance mutuelle indispensable au travail de la fabrication
commune de notre destinée. Il y a comme un appel permanent à une réconciliation
permanente du Congolais avec lui-même…
Il
est quand même étonnant que ces Congolais qui se tirent souvent
dessus à boulet rouge soient de temps en temps des laudateurs de
"leurs bourreaux", membres des réseaux mafieux de prédation
nationaux et internationaux, donnant ainsi l'impression d'être des
sadomasochistes conscients et/ou inconscients!
Quand
nous parlons d'une cure spirituelle, nous ne pensons pas directement
au remplissage de nos maisons de prière. (L'obscurantisme qui sévit
dans certaines d'entre elles contribue à l'esclavage des cœurs et
des esprits.) Nous invitons à un travail semblable à ce qui
pourrait s'appeler "le désenvoûtement des cœurs et des
esprits" dans ces lieux d'apprentissage en commun que
pourraient devenir nos cercles de débat d'idées et d'échanges réguliers.
Ces
cercles seraient des espaces où la prise de parole réciproque dans
le respect du partenaire dialogual (adversaire politique ou membre
d'une association différente à ne pas confondre
avec un ennemi) chercherait à poser des questions qui mettent
ensemble, qui incitent à l'unification des forces pour bâtir un
autre Congo.
"Le
désenvoûtement des cœurs et des esprits" est un travail de
fabrication de la confiance mutuelle au quotidien. Il ne
s'embarrasse pas de la réponse aux questions du genre: "Sommes-nous
optimistes ou pessimistes sur l'avenir du Congo?". Non. Ce
travail pose des questions d'un tout autre genre: " Comment
nous débarrasser des démons de la division, de la diabolisation de
l'autre, de l'auto-flagellation, de l'autodénigrement, etc. pour
que l'autre Congo advienne à court, moyen et long termes? Comment
nous donner des délais d'évaluation qui fassent de nos errances
des appels au retour sur le chemin de l'édification mutuelle au nom
d'un autre Congo? Qu'apprenons-nous de l'autre qui nous permette de
désapprendre en nous débarrassant des préjugés mortifères?
Comment pouvons-nous, ensemble, créer un Congo où l'amitié avec
l'autre n'est pas l'autre nom d'une extraversion hypocrite? Comment
faire pour être, au quotidien, maîtres, chez nous, là?"
"Le
désenvoûtement des cœurs et des esprits", porté comme
devoir citoyen et humain, incite à porter en permanence (en soi et
collectivement) ces questions et tant d'autres avec et à partir des
autres (Congolais et amis étrangers) pour "bâtir un pays plus
beau qu'avant, dans la paix" et dans l'humilité. Ceci exigera en
permanence un renoncement à l'égocentrisme ravageur. Mais aussi à
cet héritage mobutien du "petit chef" plus beau, plus
intelligent, plus sage, etc. à l'exception de tous les autres.
"Le
désenvoûtement des cœurs et des esprits" est une thérapeutique
qui se moque de la toute-puissance du chef en tant qu' "homme
seul", "président fondateur" (et/ou fécondateur),
"guide éclairé", etc. Cette thérapeutique assume notre
imbécillité et nos propensions à l'amnésie comme étant la part
de notre vulnérabilité et de notre fragilité. Mais aussi comme un
appel à "l'union qui fait la force" sur fond d'un désaccord
fondateur d'un autre Congo, d'une autre Afrique et d'une autre
humanité. Pour dire les choses simplement, l'autre Congo à recréer
devrait démonétiser en permanence les modèles de personnalisation
du pouvoir dont les exemples de notre histoire passée et présente
indiquent les limites.
La
thérapeutique du "désenvoûtement des cœurs et des esprits"
se veut une pratique collective portée par les collectifs des
veilleurs-protecteurs de la mémoire historique de nos populations,
les ascètes du provisoire Congolais et leurs alliés (africains et
étrangers) et nos communautés villageoises et/ou citadines de base
ayant fait d'un Congo libre, prospère et démocratique
leur raison de vivre et de mourir.
J.-P.
Mbelu
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Mayobo
crucifié, l’embarras de Gizenga !
[Kinshasa,
le 26-06-2008] »
Les méthodes de l’UDPS sont
copiées au PALU. Cadres et militants du parti cher à Gizenga,
chauffés à blanc devant leur QG de Matete, ont soutenu la décision
du Conseil National de discipline d’exclure définitivement Godefroid
Mayobo du parti. Deux scénarii sont possibles. Ou bien Gizenga
s’incline devant la décision de ceux qui gèrent le parti au
quotidien, ou bien il engage un bras de fer. L’un ou l’autre cas
ne sera pas sans conséquence. Les dés sont donc jetés pour
l’actuel Premier Ministre.
La sanction suprême
contre Godefroid Mayobo, ministre près le Premier ministre, est
tombée hier mercredi 25 juin 2008. Devant des cadres et militants
du PALU chauffés à blanc à leur QG de Matete, Justin Kiluba,
porte-parole du Comité Exécutif National, a confirmé la terrible
nouvelle de la double exclusion de Mayobo du parti et du
Gouvernement. Justin Kiluba rendait publique la décision du Conseil
national de discipline du PALU, laquelle instance avait entendu
Godefroid Mayobo le week-end. Les choses se sont très vite accélérées.
Peu avant que l’instance disciplinaire ne se réunisse, c’est le
Groupe parlementaire PALU qui avait appuyé une décision du Cenal.
Et pourtant, Antoine Gizenga, quelques jours plus tôt, avait ordonné
au Cenal de surseoir à l’exclusion de Mayobo. Gizenga rappelait
aux tombeurs du ministre près le Premier ministre la procédure
statutaire en la matière. Le Premier ministre, qui se trouve être
le Secrétaire général et Autorité morale du PALU, ignorait peut-être
que l’action anti Mayobo avait déjà atteint un point de non-retour.
Mayobo, sans commentaire
Mais Mayobo ne se
trompait pas sur la détermination de ses adversaires.
Officiellement, le ministre près le Premier ministre se refuse
encore à tout commentaire. Quelqu’un a tout de même réagi. On
relève que Mayobo a appris la triste nouvelle par voie de presse
pendant qu’il attendait que le Conseil de discipline lui
transmette le PV de son audition pour signature. La copie du PV ne
lui est pas parvenue. Mayobo, dit un membre de son entourage, a été
quelque peu surpris de voir que les extrémistes du parti ont
mobilisé cadres et militants, brandissant banderoles, calicots
hostiles dans le seul objectif de montrer qu’il est vomi à jamais
par la base. Les proches de Mayobo voient dans la démarche une façon
de l’empêcher d’aller fêter le 48ème anniversaire de l’indépendance
du pays à Kananga. On se permet aussi de faire un lien avec le
remaniement ministériel annoncé mais qui se fait attendre.
Que va faire Gizenga ?
Le sort de Mayobo est suspendue à la volonté de Gizenga de le
maintenir ou pas contre vents et marrées. Deux scénarii sont
possibles. Ou bien Gizenga s’incline devant la décision de ceux
qui gèrent le parti au quotidien, ou bien il engage un bras de fer.
L’un ou l’autre cas ne sera pas sans conséquence.
La
Prospérité
26-06-2008 - 11:19:34
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Marketing
politique Par
Le Potentiel
Le
Conseil de ministres demain vendredi (27 juin 2008) à Kananga,
chef-lieu du Kasaï Occidental, répondrait-il à un simple
marketing politique ? Ou, dans les meilleurs des cas, à un
souci de l’Exécutif d’apporter des solutions concrètes aux
problèmes qui s’y posent ?
« Sans eau, sans électricité, notre province ne peut pas
se développer », s’inquiète son élite, alors qu’arrivent
à Kinshasa ingénieurs et matériels chinois dans le cadre de
l’exécution des accords conclus entre le gouvernement
congolais et un collectif d’investisseurs chinois.
« En échange de concessions minières, exploitées en
partenariat avec des entreprises publiques congolaises, donnant
de l’emploi aux Congolais et produisant de la valeur ajoutée
localement, les banques chinoises acceptent de contribuer au
financement de nos Cinq chantiers », avait expliqué le président
la République, Joseph Kabila Kabange, dans son discours du 6 décembre
2007 devant le Congrès.
Disposant d’un site touristique extraordinaire avec le lac
Munkamba, le secteur touristique souffre malheureusement de
l’absence d’investissements dans l’hôtellerie. Pour des
raisons évidentes.
Aujourd’hui, avec une densité de 21,56 habitants au kilomètre
carré, le Kasaï Occidental ne veut pas rater les opportunités
qu’offre le programme de réhabilitation et de reconstruction
du gouvernement. C’est ce qu’ont compris ses 58 représentants
au parlement (4 sénateurs et 54 députés), parlant pour le
compte de l’ensemble des 3,5 millions de citoyennes et de
citoyens.
Lors du débat à l’Assemblée nationale sur les «contrats
chinois», ils ont exprimé des craintes pertinentes en rapport
avec les infrastructures à réhabiliter ou à construire.
Quoique le gouvernement ait révélé que les fonds chinois
financeraient au Kasaï Occidental une bretelle du chemin de fer
Katanga-Bas-Congo, deux routes de terre battue (Kananga-Mbuji
Mayi et Kananga-Kapanga), 30 km de voirie urbaine (Kananga), la
construction d’un centre de santé par territoire, de deux hôpitaux
de 150 lits et d’un barrage hydroélectrique (Katende).
S’agissant de la «compensation» à laquelle devrait avoir
droit leur province, ils ont posé le problème en termes clairs.
«Que gagnerait le Kasaï Occidental si ses gisements miniers
venaient à être mis à la disposition des Chinois pas
satisfaits des réalisations prévues au Katanga ?», ont-ils
interrogé.
Un autre problème susceptible de figurer à l’ordre du
jour, est celui de l’agriculture dans cette partie du pays.
Jadis grenier agricole, le Kasaï Occidental est devenu
curieusement dépendant des provinces environnantes et de l’étranger
au plan alimentaire.
Quel est le programme agricole du gouvernement pour la
relance d’un secteur qui, sous d’autres cieux, est la base
de l’industrialisation ? La part réservée à l’agriculture
dans le budget 2008 pourra-t-elle répondre aux attentes des
populations du Kasaï Occidental ? C’est à ces questions et
à tant d’autres que le Conseil de ministres doit également répondre.
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L’ONU
bloque le Procès Thomas Lubanga !
23-06-2008 ___ Le premier procès de
la Cour pénale internationale, qui devait s’ouvrir le 23 juin,
a été suspendu. Thomas Lubanga, ancien chef de milice de l’Est
de la République démocratique du Congo, est poursuivi pour avoir
enrôlé des enfants dans ses troupes.
La décision des juges repose sur le
refus des Nations Unies de lever la confidentialité sur les
pièces du dossier. La cour devrait tenir une nouvelle audience le
24 juin pour décider de la remise en liberté de l’accusé.
Incarcéré depuis mars 2006 dans une cellule du centre
pénitentiaire de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye,
l’ancien chef de l’Union des patriotes Congolais (UPC), Thomas
Lubanga, pourrait être bientôt remis en liberté.
Accusé de crimes de guerre pour avoir
enrôlé des enfants dans ses troupes, actives dans l’Est
de la République Démocratique du Congo (RDC), le procès de
Thomas Lubanga, qui est aussi le premier procès organisé par
cette Cour érigée en juillet 2002, devait débuter le 23 juin.
Mais dans une décision rendue le 13 juin, les juges de la Cour
ont suspendu la procédure. Pour les magistrats, l’accusé ne
pourrait pas avoir un procès « juste ».
Jugement impossible
en l’absence de toutes les pièces
La décision des juges est motivée
par le refus des Nations Unies de lever la confidentialité sur
156 pièces du dossier de Thomas Lubanga. Or ces pièces
comporteraient des éléments susceptibles de disculper
d’accusé ou d’alléger sa responsabilité et pourraient «
avoir de l’impact » sur la culpabilité ou l’innocence de
l’accusé, écrivent les magistrats dans une décision de 44
pages. Ces pièces pourraient démontrer que des enfants ont
volontairement rejoint les forces de Thomas Lubanga, « ou
ont été envoyés par leurs parents », que l’accusé aurait
par ailleurs participé à la démobilisation des enfants soldats
» au cours du conflit.
D’autres éléments montreraient
qu’il aurait été « intoxiqué » ce qui pourrait avoir
altéré sa capacité de contrôle ou de compréhension du
caractère illégal de sa conduite.
Ces pièces essentielles pour le
dossier Lubanga ont été obtenues par le procureur suite à
plusieurs accords de confidentialité passés avec les Nations
Unies, et notamment la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc).
Le procureur avait expliqué aux juges qu’il n’aurait « pas
été en mesure d’ouvrir une enquête en République
démocratique du Congo sans les informations fournies par l’ONU
en vertu d’un accord de confidentialité ». Or selon la
procédure de la cour, qui prévoit une multitude de garde-fous en
faveur des Etats, le procureur ne peut lever la confidentialité
d’un document qu’avec l’accord du « fournisseur ». Mais en
refusant de donner son aval, l’organisation des Nations Unies
bloque le procès de Thomas Lubanga.
La raison d’Etat
Au cours d’une audience de
procédure, tenue le 10 juin à la Haye, Jean-Marie Biju-Duval,
l’un des avocats de Thomas Lubanga, avait estimé que les
archives des Nations Unies devraient être ouvertes à tous. Le
véritable scandale n’est pas du côté du procureur, a t-il dit,
mais du côté des Nations Unies qui font obstacle à ce que des
informations destinées à la vérité judiciaire parviennent aux
juges et à la défense. Pourquoi du côté des Nations Unies veut-on
priver monsieur Lubanga de sa défense ? Interrogeait-il. Qui veut-on
protéger ? Quelles sont les puissances, les intérêts qui font
dire aux Nations Unies nous ne voulons pas que des éléments
soient divulgués à la défense. On ne peut pas faire valoir la
raison d’Etat internationale sur les intérêts de la justice.
Il n’y a qu’une seule solution: constater que les procès est
impossible.
Les juges ont retenu les arguments. A
moins que les Nations Unies décident finalement de lever la
confidentialité sur ces pièces, ou que le procureur fasse appel
de la décision, une nouvelle audience devrait se tenir le 24 juin
pour débattre de la remise en liberté de l’accusé.
Eugide Lalé Mbunda
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Des
politiques congolais arnaqueurs! Les élections de 2011
seraient-elles gagnées d'avance?
Par
Jean-Pierre Mbelu
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