ETIENNE TSHISEKEDI
REPREND LES CHOSES EN MAINS
Premier congrès : lfUDPS relookée est là
.
Le
Blog du Congolais
Kinshasa, Limete,
samedi 17 novembre 2007. Le Docteur Etienne Tshisekedi tient une
conférence de presse à sa résidence sur le
lancement de la campagne pour la préparation du premier
congrès de son parti. Le congrès où
personne, même pas Tshisekedi, nfirait avec son titre
actuel !
De retour de chez
mon mécanicien à Yolo, je me dis : eeEt si
tu passais juste voir ?ff. Et je me rends sur la rue de
Tshisekedi. Il est 14h30f quand jfarrive devant la résidence
de lfhomme de Limete. Malgré la pluie, une
foule de combattants arbore déjà des calicots qui
affirment tous le soutien des structures de base à
Tshisekedi et au premier congrès de lfUDPS.
Pendant que
jfavance lentement en cherchant un espace libre où
parquer, je sens sur moi des regards des gens qui doivent bien
se dire ne jamais avoir vu cette tête-là par ici.
Je finis par parquer. Je sors de la voiture et me pointe devant
lfentrée de la résidence de Tshisekedi. Sur moi,
pèsent des regards de plus en plus persistants. Moi-même
je commence à me sentir mal à lfaise.
Jfobserve comment lfon fait pour entrer. On présente
une invitation, ou on cite un nom. La porte sfouvre, parfois
elle reste fermée.
eeTu
tfes imaginé qufil te suffisait de te présenter
comme ça pour entrer chez Tshisekedi ?ff, me
dis-je.
Enfin, je trouve
la formule. Mon ami Raoul Nsolwa voulait qufon se voie.
Pourquoi on ne se verrait pas maintenant ? Coup de téléphone.
eeTu es à la porte ?ff demande dubitatif
le président des Compagnons de Tshisekedi.
Il me prie de
patienter 5 minutes. Il se pointe dans moins que ça. On
ne sfétait jamais vu jusqufici. Mais ça ne
nous a pas empêché de sympathiser au téléphone,
jusqufà nous tutoyer. Heureusement pour moi, Raoul, il
est comme sur la photo. Je le reconnais et mfavance vers lui.
Je me présente.
Il me demande ma carte de presse pour qufil la présente
aux portiers et que ces derniers me laissent entrer. Je rigole.
eeJfen ai pasff. Raoul est embêté
: eeMais comment je vais mfy prendre pour te faire
entrer moiff. Ça mfamuse de le voir si embêté
surtout que je sais qufil ne peut pas me laisser là.
eeEnfin
Raoul, tu veux une carte de CongoNet Radio, CongoOne
et Culturek, des médias qui nfont aucune chance de
se faire reconnaître ici ?ff. Jfai atteint la
corde sensible. Un exclu ne va pas en exclure un autre, quand même.
Et surtout que cet autre récite comme ça les noms
des organes auxquels le parti de Limete doit tant.
eeVous le
laissez entrer, il écrit sur Internetff, ordonne
Raoul aux portiers. Courbettes. eeCfest vous le comitéff.
La porte sfouvre. Contrôle de sécurité.
Raoul mfexplique qufil ne peut pas mfinstaller avec les
journalistes comme je nfai pas de carte de presse. Il
mfindique la petite paillote vers laquelle je me dirige et me
trouve une chaise encore vide.
Pas si mal chez
Tshisekedi. Murs rafraîchis, jardin bien tenu. Puissantes
baffles diffusant la musique de Franck Mulaja sur Parole
Eternelle. On se croirait à lféglise de la
Borne. Du coup, je me sens à lfaise et ne regrette pas
dfêtre là.
eeMesdames,
Messieurs, le Président de lfUDPS !, nous annonce-t-on
à 15h10fff. Je mfattendais à voir un
homme gros, joufflu, vieilli, fatigué, marchant péniblement,
comme se plaisent à le décrire la presse du
pouvoir, et sur Internet, certains transfuges de lfUDPS, passés
avec armes et bagages de lfautre côté.
On se met debout,
on acclame un homme frais, teint clair, vêtu dfun
costume dfune coupe de classe à ses mesures dfoù
ne sort pas la moindre protubérance ventrale.
Il sfavance dfun pas assuré, suivi de Marthe
son épouse, lfindex et le majeur en lfair, lféternel
V de la victoire.
eeNyunyiff!,
crient deux de mes voisins.
Il se met devant
la presse. Beltchika, Mayay et les autres membres du comité
préparatoire à ses côtés. Raoul
Nsolwa, le chef des compagnons, juste derrière. Mukendi,
le fidèle conseiller, un peu plus loin, en apparence
seulement. Mayay, le modérateur du jour, donne la parole
à Tshisekedi pour sfadresser au peuple congolais.
Denise Lupetu, la dame intrépide du parti, sfinterpose
: eePrions dfabordff Elle invoque lfEternel,
au nom de Jésus. Nous disons Amen. Jfaime beaucoup.
Tshisekedi parle
dfune voix posée que vient déranger de temps en
temps une petite toux. Il définit le but du premier congrès
: procéder à la relecture de la trajectoire du
parti depuis sa fondation, mettre à jours ses statuts et
autres textes légaux pour sa refondation, et enfin, conquérir
le pouvoir.
Il présente
ensuite les deux cartes de soutien pour le premier congrès,
en achète une de chaque, son épouse aussi, et
laisse la presse aux bons soins de ses collaborateurs pour les
questions éventuelles, non sans avoir invité la
jeunesse à sfapproprier le congrès.
On se met debout,
on acclame Tshisekedi qui quitte le jardin.
eeNyunyiff!,
crient mes deux voisins.
Séance de
questions et réponses. Mukendi nfest finalement pas si
loin que ça. Cfest lui qui modère la partie. Il
rassure qufil nfy a pas de questions tabou. Une table est
placée non loin de moi. Concomitamment aux questions-réponses,
lfachat des cartes de soutien commence.
Nancy Odia veut
connaître la date de la tenue du congrès. Les
propositions, selon Beltchika, sont sur la table du président
qui va se prononcer sur cette date.
Un compte est
ouvert à la BIAC et des reçus seront délivrés,
répond Beltchika à la préoccupation de
savoir comment lfUDPS compte sfy prendre pour éviter
le détournement des fonds que les combattants et
bienfaiteurs vont cotiser pour la réussite du congrès.
Très bonne
question dfun gars du Potentiel : eeEst-ce que les
anciens peuvent revenir et assister au congrès ?ff.
Excellente réponse : eeLe congrès décideraff.
Il décidera aussi de la participation ou non de lfUDPS
aux élections locales et municipales.
Et la question que
tout le monde attend. Elle ne peut venir que du téméraire
et un tantinet polémiste Soft Michel Mukebayi.
eeEt Mubake, le président du comité
national suspendu, il y a-t-il une explication à son
absence prolongée aux activités du parti ? En
est-il toujours membreff.
Et la réponse.
Hautement politique. Belcthika sort le grand jeu, dans toutes
les règles de lfart : eeJusqufici nous avons
des préjugés favorables sur le camarade Mubake et
croyons qufil doit avoir des raisons qui le mettent en empêchement
momentané (c) un de ces jours, nous le verrons venir et
nous apprendrons qufil était peut-être bloqué
dans un embouteillagecff
Rires,
applaudissements.
16h00f, 30
minutes seulement après la cotisation de Tshisekedi, on
annonce, juste dans la parcelle, avoir atteint la somme de
13.000 dollars. A part ça, dans Kinshasa, les gens
souscrivent même au téléphone. On se
bouscule au Canada, en Belgique, en France, en Afrique du Sud,
c
Applaudissements.
Je me lève,
salue Raoul, Mukendi et quelques parlementeurs débout
et pars de chez Tshisekedi avec la conviction qufun vent
nouveau souffle à lfUDPS.
Tout est
maintenant mesure, tempérance, pondération, modération,
sérénité. Pas un mot ni un geste de trop.
LfUdps relooké est bien là.
Les questions des
journalistes sur les anciens, sur Mubake, sur les élections
locales et les réponses conciliantes qui y ont été
réservées
me fondent dans la
conviction que ce parti veut maintenant sfoccuper de
lfessentiel : se critiquer, se réorganiser, toiletter
son cadre légal et se mettre en ordre de bataille pour
remporter les élections prochaines.
Quand une machine
qufon disait en panne arrive à lever 13.000 dollars en
30 minutes dans une parcelle, il ne reste plus aucun doute sur
sa capacité à retrouver dans les prochains jours
sa place au Congo et à conduire le pays vers lfétat
de droit tant espéré.
Tony
Katombe
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