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Le
Phare (Kinshasa)
Congo-Kinshasa:
Congrès de l'Udps - l'éternel
phénomène des taupes
ANALYSE
8 Octobre 2007
Publié
sur le web le 9 Octobre 2007
Jean N'saka
Wa N'saka
«L'UDPS
: le congrès fait peur
», titrait Le Phare dans son
article paru en bas de la page 3 de
son édition du mercredi 26
septembre.
Conçu
dans un style-maison propre à
ce quotidien, celui de dire des
choses vraies ou graves avec
élégance, en se
gardant d'égratigner personne
nommément, alors que les
auteurs de ces choses sont
clairement identifiés par le
leadership rédactionnel, il y
a lieu de se demander si le contenu
de cet article a été
bien compris à l'UDPS. La réponse
doit être négative, car
ce n'est pas la première fois
que les sympathisants et les
observateurs acquis au changement
attirent l'attention du sommet et
des cadres sur les velléités
de déstabilisation et de
destruction de l'UDPS qui se développent
en son sein depuis longtemps.
Boiteux au
niveau de ses cadres depuis le temps
des pères fondateurs, l'UDPS
a la chance exceptionnelle de
disposer d'une base solide, intacte,
vigilante, constante et inébranlable
qui ne jure que par son président
national qui en est le rempart
symbolique. C'est cela qui la
distingue des autres partis qu'elle
fait pâlir d'envie et qui, en
revanche, font flèche de tout
bois pour lui causer des misères
et provoquer sa ruine. On peut dire
que les sympathisants et les
observateurs connaissent l'évolution
historique de l'UDPS et son
importance mieux que la plupart de
ses cadres et collaborateurs du président
national.
On est fondé
à soutenir cela en voyant ou
en entendant les remous qui se
dessinent autour des travaux préalables
au congrès. Pour les
sympathisants et les observateurs,
ces remous n'ont rien
d'extraordinaire et ne datent pas
d'aujourd'hui. Ils s'inscrivent dans
l'histoire immanente à l'UDPS
et évoquent les hauts et les
bas qui ne cessent de secouer ce
parti depuis son enfance du temps
des fondateurs qui, l'un après
l'autre, avaient fini par trahir et
déserter le parti. Si les
cadres et les collaborateurs
d'aujourd'hui étaient bien
imprégnés de cette
évolution historique et du
sort subi par tous les renégats
sans jamais provoquer le naufrage de
l'UDPS, ils auraient pu assimiler la
leçon et s'abstenir du
recours aux mêmes procédés
déloyaux qui s'accompagnent
fatalement plus tard du retour de
manivelle.
Les remous qui
sourdent des préparatifs du
congrès rappellent justement
l'éternel phénomène
des taupes au sein de l'UDPS. Le phénomène
est tel que des cadres et des
collaborateurs, ainsi que certains
combattants naïfs, acceptent
volontiers de se laisser manipuler
par des adversaires et des ennemis
de leur parti.
«Malheureusement,
comme cela arrive bien souvent dans
ce genre de situations où des
organisations politiques ayant opté
pour la lutte sont infiltrées,
noyautées et même
manipulées par les régimes
au pouvoir, on observe une certaine
agitation autour des travaux de la
commission préparatoire du
congrès de l'UDPS »,
soulignait Le Phare dans son article
précité. Des bandes
d'individus qui vont faire du désordre
à la permanence ou à
l'avenue de Pétunias, et qui
agressent d'autres cadres,
sont-elles réellement des
combattants du parti agissant dans
l'intérêt de l'UDPS ? Même
s'il y a des combattants parmi
elles, ces bandes ne seraient-elles
pas instrumentalisées par des
cadres du parti à la solde
des adversaires et ennemis tant
nationaux qu'étrangers ? On
voit des cadres, des collaborateurs,
des bandes d'individus déguisés
en combattants, tous s'érigeant
en fauteurs de troubles,
s'entraccusant et se vouant
mutuellement la haine viscérale.
Ils sont la partie émergée
de l'iceberg. Les tireurs de
ficelles invisibles sont ailleurs,
tapis dans les sphères
officielles, dans les chancelleries,
dans certaines capitales
occidentales. Même les
ex-belligérants majeurs bien
identifiés ne sont pas
étrangers au complot
permanent contre l'UDPS. Ce sont ces
forces coalisées qui
constituent des officines de
conception des plans de naufrage de
l'UDPS, des taupes leur servant de
marchepieds.
Laisser-faire
du leadership
Il en était
ainsi pour l'exclusion du parti de
la transition et du processus
électoral. Aucun ex-belligérant
majeur ne peut nier qu'il ait appuyé
cette exclusion ouvertement ou secrètement.
Ils étaient tous persuadés
que c'est le parti qui leur portait
collectivement ombrage. Quand on
cherche à identifier les
animateurs des institutions des régimes
qui se succèdent depuis celui
de Mobutu jusqu'à cette IIIème
République, on s'aperçoit
que beaucoup sont des renégats
de l'UDPS, qui étaient ses ténors
soit ici au pays, soit à l'étranger,
notamment en Europe et aux
Etats-Unis ou au Canada.
Les uns
étaient des taupes qui,
à la longue, ont jeté
le masque ; les autres minés,
par le chômage indéfini
dans les structures du parti pendant
des années sans que le bout
du tunnel soit visible, se vendaient
aux régimes successifs. Dans
un parti comme l'UDPS, qui n'est pas
révolutionnaire au propre et
au figuré, bien que
progressiste et populaire,
reniements et trahisons sont
contagieux et impunis. Ils sont
parfois favorisés par le
laisser-faire du leadership qui
pratique la démocratie
à l'européenne ou
à l'américaine, dans
un pays où mêmes les règles
élémentaires du jeu démocratique
sont considérées comme
de l'algèbre.
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