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LA
VOIX DES SANS VOIX
Kinshasa
RD Congo
COMMUNIQUE
DE PRESSE N°034/RDC/VSV/CD/2008
POUR L’APPLICATION
EFFECTIVE ET SANS FAILLE DE LA « MESURE ADMINISTRATIVE »
PORTANT LIBERATION DES DETENUS AU CPRK
La
Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) exprime ses vives
inquiétudes sur l’application partielle et sélective de
la mesure administrative prise par le ministère de la Justice et
des Droits Humains du gouvernement de la RDCongo vendredi 25 juillet
2008.
En
application de ladite mesure, trois cent et huit (308) détenus
civils et militaires incarcérés au Centre Pénitentiaire
et de Rééducation de Kinshasa (CPRK, ex prison centrale de
Makala) pour diverses raisons relatives à l’atteinte à
la sûreté de l’Etat devaient en être bénéficiaires.
Il
s’agit, notamment, des cent quatre-vingt-sept (187) civils et
militaires arrêtés suite aux affrontements armés des
22 et 23 mars 2007 à Kinshasa opposant la garde rapprochée
de monsieur Jean-Pierre Bemba Gombo à la Garde Républicaine
(GR), cinquante-huit (58) militaires dans l’affaire de coup d’Etat
du major Eric Lenge, neuf (9) civils et militaires poursuivis dans
l’affaire « Digekisa », onze (11) détenus
civils et militaires dans l’affaire du colonel Malangi enregistrée
sous le RMP N° 438/LML/06/MMU à l’auditorat militaire ainsi
que quarante-trois (43) personnes concernées par le dossier
« Pentecôte ».
Les
trois cent-huit (308) bénéficiaires de la mesure
administrative du gouvernement de la RDCongo avaient préalablement
fait l’objet d’un contrôle physique au CPRK du 23 au 24 juin
2008 par une commission mixte composée de l’Etat-Major-Général
des Forces Armées de la RDCongo, du ministère de la
Justice et Droits Humains et de la direction pénitentiaire du
CPRK.
La
mesure prévoyait aussi la mise en liberté provisoire de
quarante-deux (42) militaires et un (1) civil dans le dossier
« Pentecôte » à l’exception du
lieutenant Gédéon Geremba Kpezo poursuivi pour avoir
commandé l’attaque de l’ex DEMIAP/SICOTTRA au cours de
laquelle un de militaires de garde aurait été tué.
Alors que ces détenus attendaient leur libération, ils ont
été surpris de l’annonce du début de procès
contre eux dont les audiences se déroulent en chambre foraine au
CPRK depuis jeudi 31 juillet 2008. La justice militaire les poursuit
pour atteinte à la sûreté de l’Etat, détention
illégale d’armes et munitions de guerre et meurtre.
La
VSV constate jusqu’à ce jour qu’à l’exception des
militaires , seuls cent dix (110) personnes civils (hommes et femmes) et
sept (7) mineurs sur les trois cent et huit (308) concernés ont
pu bénéficier de la mesure administrative du gouvernement
de la RDCongo.
Il
s’agit de cent et sept (107) personnes des affrontements armés
des 22 et 23 mars 2007, six (6) du groupe Victor Digekisa et quatre (4)
du groupe colonel Malangi.
Quatre-vingts
(80) militaires des affrontements armés des 22 et 23 mars
2007, tous les cinquante-huit (58) militaires du groupe Eric Lenge,
trois (3) militaires du groupe Victor Digekisa, sept (7) militaires
du groupe colonel Malangi ainsi que tous les détenus du
mouvement « Pentecôte » restent en détention
jusqu’à ce jour au CPRK, soit quarante-trois (43) jours après
la prise de la mesure gouvernementale.
S’agissant
particulièrement du groupe Victor Digekisa, il a été
à charge de monsieur Victor Digekisa de demander pardon
publiquement au chef de l’Etat, monsieur Joseph Kabila et de subir un
examen psychiatrique.
Cette
demande constituerait une preuve de personnalisation, d’instrumentalisation
et de politisation de certains dossiers judiciaires au sommet de l’Etat.
La
promesse faite par le ministre de la Justice et des Droits Humains de
les mettre à la disposition de l’Etat-Major des FARDC qui devra
matérialiser leur sortie de la prison lundi 28 juillet 2008
demeure lettre morte jusqu’à ce jour.
Selon
des informations parvenues à la VSV, c’est le manque d’avion
et/ou de carburant pour acheminer les militaires dans de différents
centres de brassage de l’armée du pays qui serait à la
base de leur séjour prolongé en détention. Le
recours à la logistique de la Mission de l’Organisation des
Nations Unies au Congo (MONUC) intervenu seulement samedi 06 septembre
2008, a permis de transporter par avion trente-trois (33) militaires
« volontaires » de la garde du sénateur
Jean-Pierre Bemba réfugiés depuis mars 2007 dans les
installations de la MONUC à Kinshasa/Kingabwa vers la base
militaire de Kamina, province du Katanga pour le brassage contre
cent-trois (103) s’étant réservés à cause
de craintes pour leur sécurité et vie.
Tout
porte à croire que c’est plutôt un manque de réelle
volonté politique des tenants du pouvoir ainsi que la crainte de
voir ces militaires réintégrés les FARDC qui
seraient à la base de leur retenue jusqu’à ce jour au
CPRK. La plupart d’entre ces militaires étant des ex Forces Armées
Zaïroises (ex FAZ) et combattants du Mouvement de Libération
du Congo (MLC) de monsieur Jean-Pierre Bemba Gombo.
Eu
égard à ce qui précède et pour éviter
l’application de la politique de deux poids deux mesures, la VSV
invite :
-
le
gouvernement :
à aller jusqu’au bout de l’action en respectant
scrupuleusement ses engagements pris devant la nation en veillant
scrupuleusement à l’application non discriminatoire de la
mesure administrative incluant ainsi toutes les personnes poursuivies
pour faits de guerre, tous les détenus politiques et d’opinion
poursuivis ou condamnés croupissant non seulement au CPRK mais
aussi dans différents prisons et autres lieux de détention
à travers la RDCongo ;
-
le
parlement :
à réinterpeller le gouvernement, lors de l’ouverture de
sa prochaine session, sur une bonne définition et une application
stricte et sans discrimination de la mesure administrative générale,
gage d’une vraie réconciliation nationale.
Fait
à Kinshasa, le 07 septembre 2008.
LA VOIX DES
SANS-VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)
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